Les roses de décembre...
« Vous cheminez parmi l’étrange, sans le savoir. Vous marchez et parlez avec ces spectres, pensant qu’ils appartiennent à votre monde, jusqu’à ce que, peut-être, ils vous jouent de sales tours… » (J.M.B.)

Où il est question de JAMES MATTHEW BARRIE (qui donne son nom à ce JIACO), de littérature (en particulier victorienne, mais pas exclusivement), de cinéma, de philosophie et de quelques autres petites choses qui font de mon existence un berceau pour les fées ... [Photographies offertes par Andrew Birkin - Possesseurs de MAC, utilisez de préférence SAFARI pour lire ce Journal Intime à Ciel Ouvert ! Les commentaires anonymes sont systématiquement effacés.]

lundi 14 juillet 2008
Rétrojournal 3
Rétrojournal 3 : mardi 8 juillet
Le voiturier est allé chercher notre voiture et nous sommes partis, en milieu de matinée, rejoindre le Roi Lune, tel que le nommait Apollinaire. Je fais ce voyage comme on fait un rêve auquel j'associe les gens que j'aime, bien sûr, mais, à la première place, Sophie, qui connaît Ludwig et Elisabeth mieux que moi. Ils sont ses intimes depuis longtemps. Elle mériterait davantage que moi de faire ce voyage, j'en suis consciente. Je sais également qu'un jour elle le fera. En attendant, j'ai le désir de faire ce voyage pour elle, avec elle, traçant d'elle à moi et de moi à elle les distances qu'il faudra parcourir. J'aimerais avoir mille yeux pour lui rapporter chaque détail. Je ne puis qu'être attentive et me poser dans une attitude d'oblation amicale. Sophie est une personne que j'aime inconditionnellement, un astre à moitié réel, une forme d'alter ego magnifié par des qualités que je ne possède pas et que j'admire en elle. Je mourrais d'émotion de la rencontrer. Pire que tout : j'aurais la peur extrême de la décevoir, de lui déplaire par mes manières brutales, par mon manque de tact.
Nous arrivons après plus de deux heures de route – je n'ose guère les compter, tant je redoute les trajets en voiture, qui sont une épreuve physique pour moi. De la fenêtre de notre petite suite, on aperçoit, comme il était promis, le château, au loin, qui se découpe dans un paysage presque interdit de beautés, de grandeur, de profondeur. Chaque jour, nous le contemplerons, illuminé par les couleurs variantes du soir.
Nous ne visitons pas Neuschwanstein ce jour-là, car je désire me préparer à cette rencontre. Nous nous contentons de l'approcher, de flirter à distance avec sa majesté.

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4 Comments:
Blogger Fauna Amor said...
C'est moi qui aurais peur de te décevoir.
Tu as mille yeux certainement mon Amie, car je vois des détails dans ces châteaux que je n'ai jamais vu avant. Peu importe la distance, je me promène, j'erre là-bas grâce à toi.
Et cette approche silencieuse... Le château au crépuscule doit être une image à consumer le coeur.

Blogger Holly Golightly said...
Jamais cela ne serait possible.
Je sais ce que je dis. C'est au moins une de mes certitudes.
Je suis heureuse, vraiment heureuse, si tu peux y trouver des raisons d'imaginer un peu plus.

Anonymous aurélie said...
Avec un peu de retard, j'ai pris le temps de lire tes différents billets, de m'en imprégner. Je ne sais pas comment te remercier de partager avec nous tes voyages...
Si je laisse une trace de mon passage sur ce billet-ci, c'est parce que la photo du château au crépuscule me pince tout particulièrement le cœur. Je ne sais pas pourquoi. L'endroit est somptueux.
Merci pour tout ça, Céline...

Blogger Holly Golightly said...
Ma chère Aurélie, merci à toi de comprendre, de suivre ces mots et ces images. Je t'embrasse et pense à toi.

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