mardi 1 mai 2007
Avant de reprendre demain le récit de mon voyage en Écosse, je vous livre une succincte mais très précise bibliographie en rapport direct avec Barrie et Kirriemuir, et l'Ecosse au sens large.

Sur le tissage, une intéressante monographie historique (je vous expliquerai, à ce sujet, pourquoi Kirriemuir s'appelle Thrums dans les fictions de Barrie) :


Sur Kirriemuir même :

  • J.A. Hammerton, Barrieland, A thrums Pilgrimage ; j'y avais déjà consacré une page sur mon site Barrie. Un livre ancien, avec des photographies en noir et blanc. Un investissement sûr.
  • Sandra Affleck, l'auteur du précédent livre, a permis la réédition de ce guide dont je vais vous dire un mot et qui date de 1896 ! Il fut compilé par John Ferguson Mills (1874-1952). Il était journaliste et imprimait le journal local fondé par son père, William Black Mills, "The Kirriemuir Observer".
    Through Thrums: A handbook for visitors to Kirriemuir & district, Ed. Sandra Affleck Publications, 1996.
    Barrie lisait ce journal local ; longtemps, il fut son seul journal, de même que la boutique située à Bank Street (au 17) était sa seule librairie pendant fort longtemps. Aujourd'hui cette dernière est une boutique d'articles pour chiens et chats.

  • Kirrie Life, publié en 2000 : une sorte de guide très illustré qui retrace l'histoire de la ville, pour célébrer le Millenium, et qui évoque Barrie à plusieurs reprises.




  • Je ne possède pas ce petit livre, malheureusement, mais je l'ai lu sur place, car il était mis à la disposition des clients de mon hôtel. Je le recherche activement, car il fourmillait d'anecdotes et de détails éminemment utiles (pour moi).

Sur l'Écosse et ses fantômes et légendes, j'ai acquis ce petit livre, lors de ma visite au Glamis Castle (le château le plus hanté d'Ecosse et il m'est arrivé quelque chose en cet endroit...) - je vous en reparlerai en vidéo - mais je ne l'ai pas encore lu :




Quelques-unes de mes emplettes de papier à la maison natale de Sir J. M. Barrie :





Il me reste tant à vous raconter...

*************
Catégorie :
Nous remontons le temps, à l'Origine. Tout a commencé ici. Il n'y a rien à dire de plus. Il faut apprendre à écouter les murmures des vieilles pierres et de la terre brune et généreuse de ce pays où les corbeaux sont rois. Salomon, le monarque des oiseaux, a parlé et a picoré jusqu'au sang mon coeur.D'une petite goutte rouge est né le Rêve, celui que font tous les gens comme moi, qui n'ont jamais rien eu à perdre. Je peux mourir demain. Je suis heureuse.





(Cliquez sur les photographies pour les agrandir. Pardon pour la tenue stylistique déplorable de ce billet. Je n'ai pas assez de temps pour mieux faire.)


(J'utilise désormais YouTube pour poster mes vidéos car DailyMotion met des heures à faire le travail demandé...)

L'arrière de la maison natale de Barrie est situé non loin du poste de police de la ville de Kirriemuir, la petite ville en briques rouges et, néanmoins, la maison de Barrie est blanche (personne n'a pu m'expliquer pourquoi et j'enquête sur le sujet).


Elle fait sa révérence presque en face de la bibliothèque municipale,



où je me suis rendue samedi en fin de journée avant qu'il ne soit trop tard (tout ferme à quatre heures de l'après-midi !). J'ai d'ailleurs déniché une photo de Mary Ansell qui m'était inconnue

dans un livre qui l'était tout autant et que j'ai commandé sur abebooks. Les photos de Mary sont rares. J'en connais quatre ou cinq, pas plus, et il n'existe à ma connaissance aucune photographie de Jimmy et de Mary ensemble. Je ne désespère pas un jour d'en découvrir.

Il suffit de tourner le coin de la rue pour trouver la porte d'entrée du 9 Brechin Road.



Nous entrons, cependant, par le numéro 11, où n'habitaient pas les Barrie, mais toutes les petites maisons de la rangée jouent au coude à coude et l'on a fondu le 9 et le 11. On les appelait des "tenements". Je me demande comment une si nombreuse famille pouvait loger dans un si petit endroit. Mais il me suffit de me souvenir de mon propre taudis, celui de mon enfance, pour ne plus me poser de questions aussi indélicates. Et, à Brechin Road, la vie était peut-être dure mais néanmoins douillette dans ce nid de verdure et très proprette, car Margaret Ogilvy était une femme qui tenait son foyer d'une main de fer. Puis, les morts, y compris les enfants, faisaient place aux Autres.

Et puis le petit Jamie y trouva son inspiration en faisant de la buanderie son premier théâtre de poche avec son ami James Robb


[Photographie extraite du livre de Sandra Affleck,
The Little Red Town, Ed. Authors on line, p. 140]

qu'il reverra bien des années plus tard (il lui apportera un canari offert par la ville de Kirriemuir avant que Barrie ne soit fait citoyen d'honneur de la ville)... J'en reparlerai à l'occasion du prochain billet. Un enregistrement sonore, qui passe en boucle à l'intérieur de cette cabane, nous rappelle qu'elle inspirera la maison de Wendy à Never Land.



[La buanderie ou laverie vue de dos, juste en face de la maison...
Elle servait à plusieurs familles. Ne regardez pas la poubelle, elle n'existe pas.]

Petit tour d'horizon de cette wash-house :






[Le crocodile n'est évidemment pas d'époque...]

Ensuite, on pénètre par le numéo 11, où se tient une minuscule boutique de memorabilia - où vous trouverez, ô sacrilège, la "suite" de Peter Pan écrite par la Vieille Mégère, cette infâme peau d'écrivaillon aux dents de lait ; je vois rouge (c'est bien le cas de dire, eu égard au titre de son torchon) et je dis en français et en anglais ma colère, mon dégoût ; ma réputation est faite... Je m'en moque... Puis, toujours au rez-de-chaussée, se tient ensuite une pièce moderne, une sorte de vestibule pour accueillir le visiteur, une cuisine, qui jure avec tout le reste. Trois pages d'un manuscrit de Barrie sont encadrées et accrochées au mur sans aucune mise en valeur. Il est de très mauvais goût, également, si vous voulez mon avis, puisque cela casse l'ambiance victorienne ou édouardienne, de trouver du liquide vaisselle ou un évier en inox en cette place! Dans cette pièce, est mis à disposition un grand album rempli de coupures de presse, plus ou moins opportunes, de diverses époque et je m'empresse de prendre des notes. Je suis en quête de tout ce que j'ignore - l'essentiel de mes connaissances!





Il me semble que l'on pourrait faire mieux en terme de présentation, mais je ne sais pas si The National Trust of Scotland dispose de beaucoup de moyens financiers. Ceci dit, je me porte volontaire pour aménager différemment les lieux ! Je retarde le moment d'entrer véritablement dans le vif du sujet. Je prends de l'élan. Je respire.

  • La cuisine (en bas) :
La pièce suivante correspond au numéro 9 et nous sommes réellement dans la maison natale de Jamie. Il y a une cuisine, plus ou moins bien rétablie dans sa vérité d'antan, avec des objets authentiques et d'autres moins. Dans cette pièce

était disposé un lit accroché au mur

que l'on a reconstitué d'après les marques au mur.

Au premier étage de la maison, quelques petits aperçus, puisqu'il est interdit de filmer, hélas... et les photographies ne sont pas spécialement les bienvenues. Ni tout à fait acceptées ni tout à fait refusées ; mais l'interdiction n'est vraiment pas formelle puisque rien n'est mis en place pour l'interdire et personne ne discute avec vous de ce sujet. De plus, je n'ai pas utilisé de flash, donc j'ai respecté la valeur de ces pièces rares et, eu égard au fait que l'on trouve sur internet quelques clichés, je ne me sens pas coupable d'offrir des images rapides à mes fidèles lecteurs, sans rien déranger, dérober ou abîmer. Je suis hélas contrainte de les défigurer avec l'adresse de mon site, car j'ai appris que certains malfrats n'hésitent pas à réutiliser à leurs fins personnelles le fruit de mon travail ! Qu'ils soient assurés que je ne les laisserai point m'abuser. J'ai toujours partagé avec bon coeur ce que je possède (la preuve en est, s'il est besoin, ce journal ou mon site Barrie), mais j'ai horreur que l'on se serve sans mot dire.
Il est permis de toucher les objets avec douceur.

  • La chambre à coucher par fragments (au premier étage) :
Une peinture du fidèle Porthos exécutée par un ami de Barrie :

Une photographie rare de Margaret Ogilvy jeune avec trois de ses enfants, Alexander, Jane Ann et Mary.


Un objet que je ne peux pas effleurer avec calme ou indifférence :


Jimmy est né dans un berceau semblable en tous points, même si celui-ci n'est pas le sien. L'illusion est parfaite.

Une des fameuses chaises que Margaret avait reçu le jour de la naissance de Barrie. Je ne savais pas réellement comment traduire au mieux ces "hair-bottomed chairs". J'avais avancé la vague idée de chaises cannées car j'ignorais l'usage du crin de cheval en la matière. Nobody's perfect. Maintenant, je comprends ma grave erreur. L'assise est en crin de cheval - je le répète pour la troisième fois. Margaret s'y installait pour allaiter Jamie.


  • The west Room (au premier étage) : L'ancienne cuisine du logement. Sur la table présente fut préparé et lavé le cadavre de David, le frère perdu, qui contient en lui, comme un fruit vert et déjà blet, les germes ou graines de Peter Pan. (Photographies à venir.)
  • Le salon (en bas) :
Le bureau de Barrie ramené de Londres trône. J'essaie d'en palper les vibrations. Il est protégé par une plaque de verre, sous laquelle apparaît une marqueterie très endommagée. Il est usé à droite et à gauche, puisque Barrie était, vous le savez, ambidextre - mais gaucher de naissance et de coeur, tout autant que d'imaginaire...


Egalement une banquette ramenée de Londres.


Au-dessus le fameux portrait de Barrie par Sir John Lavery.

  • Hommage à Peter Pan (au premier étage) :
La pièce consacrée à Peter Pan est ce qui me convainc le moins dans cette maison. Trop moderne, trop peu magique, trop coloré, trop flashy et infantile ; le trait est forcé à outrance, à l'opposé de l'oeuvre, et fait toc ; tout ceci manque de réalisme. Oui, de réalisme, car derrière le mythe féerique il est question d'une vérité ultime, celle de chaque être humain et de son rapport au temps, au vieillissement de son âme et de ses facultés reçues en don lors d'une sorte de paradis prénatal. Freud aurait pu tirer toute la quintessence de cette histoire qui n'a rien d'un conte pour enfant.
Le tic tac que l'on entend dans la pièce et qui scande nos pas me paraît faux ; j'ai envie de briser le ressort et de hurler que la magie ce n'est pas l'artifice grossier, mais l'enfance jamais perdue, toujours réchauffée entre les doigts gourds de cette chiennerie de vie.
Derrière un rideau une petite pièce avec une soufflerie censée vous donner l'illusion de vous envoler au pays du Jamais. Je ne souris même pas devant cette naïveté grossière. Mais, derrière moi, dans un coin de la pièce, une vitrine et un trésor : deux costumes originaux de la pièce Peter Pan, dans celui à votre droite il y a une patte de biche (ou d'un animal de ce genre) qui dépasse d'une poche... Voici qui me fait de l'oeil. Mon sourire est vaste.


Il est d'autres photographies que je ne montrerai pas, car j'espère que vous vous rendrez dans cette maison et je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découverte de petits détails charmants.
Il existe aussi un mignon jardinet dédié à Peter Pan plus qu'à Barrie lui-même.
Je me suis prise un instant pour Alice qui pénètre dans le terrier du lapin en me jetant dans la gueule du crocodile...

Je suis très satisfaite de l'usage de mon anglais et de ma compréhension miraculeuse de 99 pour 100 de tout ce que j'ai entendu (les écossais n'ont pas l'accent qu'on leur prête ou bien de la poussière de fée m'a permis de tout saisir !) mais c'est de mon langage-chat dont je suis la plus ravie... Oui, car je miaule aussi bien en français qu'en anglais et je ne connais pas un seul chat qui me résiste.


Celui-ci est venue à moi devant la maison natale de Barrie...

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