lundi 12 février 2007

Ce billet est dédié à celle qui se reconnaîtra et que j'ai envie d'appeler Anna, comme l'une des héroïnes d'Auster.
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Mille pardons si je ne suis pas très présente sur ce JIACO. Ce n'est pas un manque d'envie. Je suis également très en retard dans mon courrier. Il me faudra du temps pour répondre. Je ne suis pas aux abonnés absents, chers Az et JS, chère Véronique. Soyez patients mes autres correspondants et / ou amis. Je n'ai que très peu de temps en ce moment. Je me consacre à Barrie et à mon travail d'écriture. Je ne possède pas la légèreté de répondre avec inconséquence.


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"It's important to me, Mr Blank. My whole life depends on it. Without that dream, I'm nothing, literally nothing." (Travels in the Scriptorium, p.53 de l'édition anglaise)
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"New York was an inexhaustible space, a labyrinth of endless steps and that it is a neverland of fragments, a place of wordless things and thingless words." (City of Glass)


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Je suis une lectrice. Je suis méticuleuse jusqu'à l'obsession du mot que je lis et je ne vis que dans l'ourlet de l'imaginaire, pour autant je ne suis pas rembourrée d'illusions, comme ces poupées de son détricotées par le temps, lorsque l'enfance est passée. Revenir dans le réel est pour moi une impossibilité, consommée dès le premier jour. Autant aller sur la lune sans combinaison spatiale.
Paul Auster est un auteur que j'ai "rencontré" à la fin des années 1990, alors que je fréquentais encore les bibliothèques, quand je ne m'étais pas encore mise à en construire quelques-unes autour de moi, dans l'idée que je me réfugiais dans ces châteaux de sable que je n'avais jamais eu le droit de fabriquer autrefois.

Aujourd'hui, je m'effeuille, page à page, dans le scriptorium, pourtant je ne fréquente pas les abbayes, même si je suis un peu scribe, à la manière de Bartleby.
Auster est à la fois un écrivain qui aime s'adonner à des jeux intellectuels, de ceux qui pourraient ravir les oulipiens ou certains détenteurs du nouveau roman (c'est l'une de ses veines romanesques qui s'exprime dans des romans tels La trilogie new-yorkaise, Moon Palace, Leviathan, La nuit de l'oracle... ) mais aussi un auteur qui sait faire preuve d'humanisme et de chaleur humaine (Brooklyn follies, par exemple où cette tentation est exacerbée). L'oeuvre qui est au carrefour de ces deux tendances est Le livre des illusions. Il existe peut-être une troisième voie ouverte par des oeuvres telles que Le voyage d'Anna Blume ou Monsieur Vertigo... Ce qui ne change jamais est le sentiment que Paul Auster s'applique toujours, sans répit, à une oeuvre infinie de voilement-dévoilement. Il est un hybride de Heidegger et de Nietzsche dans mon esprit. Je le sais, tout comme moi, engagé dans certains chemins philosophiques. D'ailleurs, dans le scriptorium, dès les premières pages, lorsque Monsieur Blank découvre que chaque objet porte une étiquette, il nous pousse dans la voie du nominalisme. Où l'on retrouve Berkeley - et Hume, dans une moindre mesure. Je me demande même si le cheval Whitey n'a pas rapport à cette théorie...
La première vérité de l'oeuvre d'Auster est ici et nulle part ailleurs.
Le nom ne fait que cacher le vide ou le manque d'existence. Le nom appelle le réel qui demeure sourd et muet. Ceci s'applique aussi bien aux choses (objets) qu'aux êtres (objets d'une autre catégorie, mais aussi objets en tant qu'il sont pensés par un sujet, ici un créateur). C'est pourquoi, Auster ne pose jamais qu'une seule question dans tous ses livres, celle de l'identité. Et cette question n'a aucune réponse, puisque le langage et la pensée se dérobent face à l'impossibilité de la définition. On pourrait dire que la préoccupation majeure d'Auster est de nommer. A défaut, il situe dans l'espace, ce qui est une autre manière de circonscrire, d'où son obsession des pièces fermées. Ici, nous sommes dans un scriptorium bien particulier, celui de la mémoire du démiurge... Alors que la porte soit ou non fermée de l'extérieur n'a pas d'importance, car la porte n'existe pas.

Je n'aime pas parler de lui, parce que cela me semble toujours un peu vain. Je ressens un malaise à l'idée de l'expliquer ou de l'expliciter. A quoi bon ressasser sans cesse les mêmes lieux communs brassés ici et là, journaleux et bloggueurs du dimanche confondus et compassés dans cette manie de s'extasier face à une fausse évidence, sur l'univers labyrinthique et mis en abyme (merci de ne pas écrire "abîme" dans ce cas précis, car cela heurte ma sensibilité) de Paul Auster ? Sauf que souvent ces personnes confondent mises en abyme et métalepses... C'est touchant. Peu me chaut. De toute façon, beaucoup passent à côté du sens ultime de son oeuvre en se perdant dans la forme et en supposant des intentions. Pourquoi ne pas prendre cette donnée comme un préalable et non comme une conséquence ou une donnée essentielle de son travail romanesque ?
Je crois que c'est presque un manque de tact ou de pudeur à son endroit (je partage donc ce travers avec ceux que je fustige) que de vouloir l'analyser, tant son oeuvre appelle le recueillement et le voyage intérieur.

En effet, malgré la facilité avec laquelle se prête son oeuvre à l'analyse, je crois que le meilleur moyen d'aller à la vérité de ses romans est de succomber aux intuitions qu'ils créent en nous. Il suffit de nous regarder dans un de ses livres pour faire surgir en nous une polysémie généreuse, qui nous en dira plus sur nous-mêmes que sur l'oeuvre, qui est un caméléon.

Ce livre-ci, plus qu'aucun autre peut-être, malgré son aspect serré, serait propice à plusieurs dizaines de pages de glose enfiévrée. Je laisse cela aux patients et aux laborieux. Cela ne m'amuse plus autant qu'avant. Je ne joue plus. Je suis grande. Si, si.

Il y a aussi en moi le désir de garder jalousement certaines idées ou clefs que les critiques et les lecteurs que j'ai lus ne semblent pas avoir trouvées... Je ne devrais pas dire cela car je risque de recevoir vingt courriers. Tant pis, je ne répondrai pas et puis je ne détiens aucune vérité. J'aime me laisser prendre aux pièges que je dénonce.



Indice :

J'ai lu ce livre à sa sortie en langue anglaise, il y a un petit moment déjà, et je l'ai relu en français très récemment. J'ai coutume d'acheter différentes éditions des livres de Paul Auster,




au moins l'édition en langue originale et la traduction française. J'en ai acquis trois





pour l'occasion (ils sont présents sur cette photo). C'est un rite, le mien. Je n'aime pas lire les gens réellement importants pour moi dans une traduction, bien que je déteste le snobisme qui consiste à répudier toute traduction sous prétexte que l'on a moyen de lire en deux ou trois langues. Paradoxes possibles d'une débutante en traduction.

Depuis le moment où j'ai lu la Trilogie new-yorkaise, je n'ai eu de cesse de tout lire de lui. Pour la première fois de ma vie, peut-être, je lisais quelqu'un qui me semblait rassembler tout ce que je cherchais moi-même à écrire, mais une certaine fantaisie en moins. Le talent en plus.
Paul Auster est un homme qui fait preuve d'une clarté froide. Il écrit comme on disséquerait ou opérerait un cadavre, pour atteindre ce petit ressort invisible qui donne mécaniquement la vie. Oui, car il n'y a point d'autre âme que celui d'un mouvement, celui de la lecture et de l'écriture conjointes. Et quant à la transcendance, je crains qu'elle ne se dissolve dans les méandres du cerveau reptilien, dans une immanence grisâtre, celle de l'encre qui se dissout.
Pourtant, malgré la simplicité de son style (un collégien pourrait lire ses oeuvres en langue originale), il me semble qu'il réussit depuis longtemps le prodige de n'être pas toujours compris, ou du moins pas comme il le mériterait, mais cela - je le redis - n'a aucune espèce d'importance. Je viens d'énoncer le second prodige : que vous aperceviez ou non toutes les couches superposées, vous apprécierez ce qu'il vous raconte, car à chaque niveau vous y trouverez à penser. Parfois, Auster vous tient la main et vous laisse croire que vous détenez toutes les références, puisqu'il vous les livre sur un plateau. Ne vous y fiez pas trop. Il y a toujours plus à voir qu'il ne le prétend... Il y aussi, pour les mêmes raisons, moins à comprendre et à voir que vous ne le pensez.

Ce dernier roman est, à mes yeux, bien inutile et me paraît un bouche-trou entre deux oeuvres plus conséquentes. Dire que je suis déçue n'aurait pas de sens, puisque Monsieur Auster est un des écrivains, sinon l'écrivain vivant, que j'aime et admire. Bien sûr que j'ai jubilé à tel ou tel endroit mais, dans l'ensemble, je suis un peu attristée par la facilité de ce truc dont il a trop usé. Surprenez-moi, Monsieur Auster ! Encore une fois, s'il vous plaît ! Ne me laissez pas sur le bord de la page à faire du stop.
Son dernier roman est minuscule, à peine 150 pages en version française. Il m'embarrasse. J'aimerais n'en dire que du bien, parce que j'aime son auteur. Mais je serais malhonnête.

Un homme, bien nommé Blank, est prisonnier quelque part. Des gens lui rendent visite. Il lit le manuscrit d'un autre homme. Ou plus exactement nous lisons ce que nous croyons être sa lecture. Sauf que l'ensemble est toujours plus vaste. Toujours cette histoire de contenant et de contenu. Auster, c'est toujours, à un moment ou à un autre, une histoire mathématique de bijection.


Et si tout ceci n'était qu'un encéphalogramme du travail de créateur ? Hé bien, ma foi, je conseillerais un bon neurologue à l'auteur.


On peut y voir une histoire à la Beckett (sauf que je préfère ce dernier et que le roman d'Auster n'est en rien un succédané du théâtre de l'absurde, Auster est bien trop logique), une fable métaphysique, une métaphore de la situation tragique des Etats-Unis (une critique de son histoire aussi et de son comportement face aux indiens). Le plus simple, bien entendu est de comprendre que M. Blank ou M. Vide ou M. Page Blanche est un écrivain, une figure sans visage, qui s'habille parfois de blanc, un reflet anonyme de Paul Auster. Tous les autres personnes étant ses créatures. Il suffit de reprendre Le cruel Voyage d'Anna Blume,

La trilogie New-Yorkaise

et ses autres romans pour s'en convaincre, comme ce mini-bloc-note non exhaustif vous le laisse entendre.

Travels in the Scriptorium : ce titre apparaît déjà dans Le livre des illusions ;
Benjamin Sachs : Leviathan ;
Marco Fogg : Moon Palace ;
John Trause (anagramme d'Auster pour les myopes) : La nuit de l'oracle ;
Daniel Quinn : Cité de verre ;
Walt Rawley et Molly Fitzsimmons : Monsieur Vertigo ;
Neverland et Montag : La chambre dérobée ;
James P. Flood : La chambre dérobée ;
David Zimmer : Le livre des illusions ;
Peter Stillman senior et junior : Cité de verre ;
Anna et Samuel Farr : Le voyage d'Anna Blume ;

Joubert :
Je ne parle même pas des jeux de mots et clins d'oeil dont est coutumier Auster ! On peut s'essayer, sans enthousiasme, un peu absurdément, à lancer des idées en l'air.
Sigmund Graf : personnage réel.
Closterham est-il une référence au Mystère d'Edwin Drood ?
Viaticum bluff : boutade. Viaticum désigne en latin les provisions pour un voyage. C'est aussi, bien entendu, le viatique, un terme de religieux. Le Saint Viatique, l'Extrême-Onction... Associé au mot bluff, on comprendra ce qu'on voudra... Surtout si c'est le nom du "cimetière des anonymes"...
Hopalong Cassidy :


Jacques Dupin : E. A. Poe et/ou le poère français ?
Docteur Carlos... Woburn : référence à Anna Blume qui se rend dans cette résidence.

Blank s'accommode bien de Neverland. Le Vide et le Pays du Jamais ou du Non-lieu. Une u-topie à la More, le monde tel qu'il est quand on soulève le Voile de Maya ? Ou encore "le pays des Merveils" ("veil "désignant en anglais le voile) , un "Faux-Lieu"... On peut très bien imaginer qu'il ait pensé à Lewis Carroll et à James Matthew Barrie. Tout est possible.

La seule différence, ici, c'est peut-être que d'ordinaire Auster oeuvre dans la synchronie tandis que cette fois-ci il est résolument diachronique. Ceci ne suffit pas pour enlever le récit monochrome d'une faillite, celle d'un cercle davantage vicieux que vertueux.

Mais tout ceci pas n'est-ce pas trop simple ? Non, c'est encore compliquer les choses que de les dépiauter ainsi.

Le héros de cette histoire n'est pas Blank mais Fanshawe. Si le centre de gravité est ainsi déplacé à l'extrême fin, ce n'est pas sans raison. Le lien qui unit Auster et Hawthorne est connu de tous ceux qui s'intéressent un tant soit peu à l'écrivain. Encore un truisme.

Fanshawe est le nom du premier roman de Nathaniel Hawthorne, une oeuvre marquée du sceau de l'humiliation pour le grand auteur. En effet, il ne trouva pas d'éditeur et publia ce roman à compte d'auteur, puis éprouva un tel dégoût pour cette oeuvre qu'il essaya de détruire tous les exemplaires existants de ce livre. Il demanda à ses amis de ne jamais lui parler de ce livre. Personne n'en sut la paternité, pas même sa femme, qui ne la découvrit qu'après la mort de son époux.
Fanshawe est un nom connu pour le lecteur d'Auster. Dans La chambre dérobée, on nous explique (le narrateur) que les deux premiers volumes de la trilogie, Cité de verre et Revenants, ont été écrits afin d'exorciser la relation du narrateur avec un homme répondant au nom de Fanshawe. "Without him I would hardly know who I am" nous explique le narrateur, qui ne cesse de vampiriser la vie de l'homme, disparu, tandis que ce dernier absorbe de l'intérieur son identité.
Fanshawe est plus un motif, un symbole dans l'oeuvre d'Auster qu'une référence directe à ce roman de Hawthorne. Grâce à ce nom il peut jouer un jeu de doubles et de dupes, dont la métafiction n'est pas le fin mot. Sophie est un nom de personnage dans le monde d'Auster, c'est aussi celui de sa fille et celui de l'épouse de Hawthorne. On pourrait continuer longtemps ainsi. C'est peut-être en songeant à tous ces masques qui ne se lèvent que pour en laisser apercevoir d'autres que l'on comprendra peut-être le sens du patronyme de ce nouveau roman. L'identité est un manque à combler par tous les moyens, l'écriture en est un. Mais à quoi ça sert ? A faire tourner les imprimeries.

Je ne suis pas de celles qui donnent des bons points ou des notes aux livres. Je trouve la façon un peu vulgaire, sauf exception. Je me contente de ne parler que de ce que j'aime sans souci de hiérarchiser à outrance. Travels in the Scriptorium est peut-être un bon livre et peut-être même mieux que ça, mais je ne le crois pas et cela me peine de l'avouer. Je peux comprendre que l'on soit déçu par ce faux prodige, car l'on sait très bien, dès les dix premières pages, comment tout cela se finira. Auster a tant éculé le procédé, son procédé... Espérons que la boucle est définitivement bouclée.

On peut se sentir roulés dans la farine pour pas grand-chose. Fanshawe est l'auteur du livre que vous lisez. Rien d'étonnant à cela. Je ne gâche aucun suspense à révéler ce qui est si évident. Peut-être que le sens le plus profond du livre ne provient que de celui que le lecteur perfuse par sa lecture à cet objet inanimé. Peut-être qu'Auster a trop de talent et que l'on attend mieux de lui. Quoi qu'il en soit, j'aime ce livre, mais sans complaisance excessive. Auster n'a plus rien à me prouver. Je regrette simplement que ses derniers livres ne m'aient pas enthousiasmée autant qu'autrefois. Ce roman n'intéressera que les austériens pur jus. Je conçois mal comment on pourrait lire ce livre sans moyen de se rapporter à son oeuvre antérieure. Ce livre est davantage un bonus, un addenda qu'un roman qui puisse apporter quelque chose de plus à une oeuvre déjà riche.


L'atmosphère que certains qualifieront de beckettienne, avec assez de raison d'ailleurs parce qu'Auster est un lecteur de son oeuvre (Cf. The Grove Centenary Editions), tourne vite en rond. Nous sommes un poisson rouge maladif, qui perd ses couleurs à force de se frotter à ce monde en noir et blanc, dans un trop petit bocal. On s'ennuie et on le regrette. Pourtant, Auster est un écrivain brillant, intelligent, subtil, élégant et cultivé.
Lisez ses précédents livres.

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Mes autres billets en rapport avec Paul Auster et toute occurrence en lien : ici.

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