jeudi 24 janvier 2008


[J. M. Barrie, en 1915, à Bettancourt - hôpital pour enfants établi dans ce château par Barrie lui-même et dirigé par Elizabeth Lucas pendant plus d'un an.]



[J.M. Barrie en 1930, Edimbourg.]


[J.M. Barrie en 1935...]


Dans le prolongement du billet prédécent : petite mise à jour, parmi d'autres, du site Barrie ici et là.
mardi 22 janvier 2008


[Image offerte par Andrew Birkin, extraite d'un programme américain de 1906, avec Maude Adams dans le rôle de Peter Pan et Ernest Lawford dans celui de Hook. Cliquez sur le cliché pour l'agrandir dans une autre page.]


J'ai commencé des mises à jour de mon site Barrie, que je recenserai lorsqu'elles seront achevées (fin février, comme annoncé il y a quelques jours).


Il m'a semblé opportun de vous signaler l'existence d'une nouvelle page dédié au vilain de l'histoire, le bien nommé Hook... Vous pouvez la lire ici.


Je profite de cette note microscopique pour vous signaler la sortie chez BACH FILMS d'un DVD, jusques alors simplement disponible en Zone 1, un film tiré d'une pièce de Barrie, L'admirable Crichton


dont je parlais jadis ici même ou sur le site susmentionné. Bach films n'est pas célèbre pour la qualité de ses DVD, mais cette société a le mérite, néanmoins, de sortir à bas prix des films (très) rares (voir la collection consacrée au cinéma russe ou aux polars, par exemple) et souvent des joyaux du cinéma d'auteur (Griffith pour ne citer que lui) ou de série B (jusqu'à Z), hélas un peu oubliés. Dieu que j'aurais aimé vivre à cette époque !



Et, puisque je suis adepte de la digression utile, je signale ce livre-ci, acheté dimanche à la librairie du cinéma, "Ciné Reflet", désormais rue Monsieur le Prince, à Paris, dans le VIe - mon fief :



Je ne l'ai pas encore lu, mais j'en attends beaucoup.
lundi 21 janvier 2008
« Personne ne mérite d'être aimé - personne à la mesure de ce don sans mesure. Celui qui le reçoit découvre alors l'injustice. » (Camus, citation recopiée de mes carnets d'adolescente)

Je devrais demander pardon à tous ceux qui me lisent (jusqu'au Brésil, aux dernières nouvelles, puisque j'ai reçu un gentil mot en portugais, il y a quelques jours, d'une personne qui fait l'effort de me lire en français...), à ceux que j'aime. Cela fait des semaines, des mois, que je n'ai pas le temps de vous parler, de vous écrire. Je suis occupée, comme une place forte. Je n'ai plus de temps que pour mes égoïstes et laborieuses préoccupations. Je suis préoccupée - c'est ma nature-, mais très heureuse, et un peu coupable d'être incapable de rendre un peu de l'amitié que je reçois. Toutefois, je sais bien que l'on ne rend jamais à ceux qui vous ont donné, mais à d'autres, qui eux-mêmes seront de bienfaisance pour d'autres. Éternelle   ronde des échanges obliques. Je poursuis mon chemin à cloche-pied.

Je ne me sens jamais autant vivante que lorsque je pense, lorsque j'écris, jusqu'à la petite douleur, cette infime déchirure entre mon être et mon non-être. Écrire, étudier, lire, m'essayer aux langues étrangères et à la musique, sacrifier au Dieu cinéma, je ne le puis que dans une certaine solitude amoureuse. Peut-être parce que j'ai l'idée que l'on m'attendra encore un peu. A l'extérieur. Et puis si personne n'attend, cela n'a aucune espèce d'importance, je le sais bien. Je ne suis pas seule à l'intérieur. Je n'ai besoin que d'une seule personne : lui.

J'essaie d'œuvrer pour mes rêves, dans l'idée de faire entrer dans le chas de mon existence tout le décor du paradis littéraire. Ma vie ressemble assez à mes attentes. Mais je n'ai pas achevé la phrase, le thème. Aurai-je le temps ?

Je n'écris pas aux autres. Je téléphone encore moins. Mais, près de vous, je demeure. Je lis des lettres auxquelles je ne réponds pas, car j'aimerais y répondre en vérité, avec une réelle conscience. Je me dis plus tard. Et, bientôt, il est trop tard. Il y la gêne de s'être éloignée en douce, de mal se comporter, de plus mériter l'attention. Le mieux est l'ennemi d'un certain bien, qui pourtant m'échappe, lui aussi, de mille manières. Ce n'est pas de la désinvolture, c'est simplement la conscience que chaque heure volée à mon travail ou, pire, à ma moitié originelle est irrémédiablement perdue. Dans cette lucidité-là, les scrupules se dissolvent d'eux-mêmes. Hiérarchie des besoins et des désirs.

Alors, ces quelques lignes sont pour vous tous, bien qu'impersonnelles. Elles ne sont ni belles ni intelligentes. Elles ne font que mettre en demeure mon existence d'être conforme à ce violent songe de mon adolescence. Faire quelque chose de vraiment bien avant de crever. Puis, dire bonjour, au revoir et merci. A bientôt. A demain. Pour toujours et à jamais.

***

Petite note d'information, à quelqu'un qui, un jour, s'étonna que puisse en moi coexister la veine barrienne et l'artère célinienne. Oui, je suis double, mais ni schizophrène, ni ambiguë, simplement complémentaire.

Céline avait choisi le prénom de sa grand-mère comme pseudonyme. C'est ma grand-mère qui, pour une raison ignorée, me donna ce prénom, puisque de parents j'étais dépourvue. Longtemps, un livre qui avait appartenu à celle qui m'avait mise au monde et qui m'avait abandonnée aussitôt, a vécu au sein de mon univers. La grand-mère a dû jeter un œil à la couverture et elle a pris modèle pour façonner ce prénom. Je n'y touchais à ce rosse bouquin, de crainte d'être contaminée par la foutrerie de celle qui ne fut jamais ma mère. Il portait ses empreintes. Je ne voulais pas que les miennes se mélangent aux siennes. Et pourtant...
Il s'agissait du Voyage au bout de la nuit, que je n'ai lu qu'à la fin de mes seize ans, engagée à cela par l'homme qui allait devenir le grand Amour de ma vie, le seul, l'unique, mon mari. Céline était, de coïncidence, dans ma vie. Il était près de moi, le premier. Il a fait relais entre mes raisons de vivre et la courte échelle à mes velléités de dire.

Les Editions Montparnasse ont la bonne idée de mettre en vente, il y a quelques mois, ce DVD,


qui permettra à ceux qui ne le connaissent que par ses livres d'entendre Céline. La voix de Céline est à elle seule un fragment de son secret. Aheurtée, elle est à l'unisson avec son style pointilliste, vociférant, brutal, profondément lucide et humain. Céline est un génie et, quoi que puissent penser ceux qui le haïssent, personne n'est à la hauteur de son génie. Ni Proust, ni Rabelais, ni Shakespeare, ni Dostoïevski.


Personne.

Les gens qui suscitent autant de haine par le simple fait de leurs livres - car est-il encore bon de préciser que Céline n'a jamais commis le moindre acte que l'on puisse lui reprocher ? Enfin, pas plus que vous ou moi...- ont toujours quelque chose à nous dire. Même si nous ne voulons pas écouter. Ce que j'ai appris de Céline, ce ne sont ni la laideur ni la noirceur, ni le désespoir ou la vanité de toute chose, ou pire le pessimisme, tout ce que lui reprochent les chochottes qui ne sont pas capables de le lire - combien de fois ai-je entendu de ces gens-là cette phrase : " Céline ? Ah, non! C'est immonde ! Je ne peux pas le lire, c'est trop noir."
Voilà, cela les désespérerait de le lire. Finalement, c'est bon signe. Cela veut peut-être dire qu'il reste encore quelque chose en eux à tuer. Non, c'est juste de la lâcheté. Des petites natures qui ne peuvent pas respirer sur certaines hauteurs. T'as beau leur dire que, précisément, c'est parce que la vie chlingue et que tout fout le camp, que ça vaut le coup de se jeter dans la danse, pour en tirer quelque chose de beau à regarder et à faire valser. La légèreté des fées ou des danseuses, grande préoccupation célinienne, pour faire contrepoids à la lourdeur des hommes, à cette ancre qui nous tire vers la tombe. Mais on vous regarde en hochant la tête, en n'osant pas vous dire que, maintenant, vous les dégoûtez sérieusement. Oui, on a peur de vous.
Et, moi, de jubiler et de mépriser ces pauvres types et ces gonzesses patronesses. J'aurais aimé avoir des dents de loup pour déchiqueter ces imbéciles. Mais leur viande doit être faisandée sous les dehors de la bienséance et de la politesse. De la viande froide, tout juste sortie de la morgue pour exhaler son fumet de pourriture sous mon nez délicat. Je les emmerde. Je ne les hais pas, faut pas croire, non. Toute la haine, la vraie, elle vient du fond, de la jeunesse. C'est lui qui le dit, hein, et je suis d'accord. Mais je suis trop vieille désormais pour haïr. J'ai dépensé sans compter. Il me reste simplement assez de force pour demeurer dans les clous de mes détestations quotidiennes.
J'ai appris de Céline une certaine dignité d'être et la compassion ; j'ai hélas beaucoup de progrès à faire pour en tirer la force de les tenir à distance sans me froisser le cœur.

Rarement quelqu'un aura été autant haï que Céline, avec un aveuglement auquel je ne trouve, pour ma part, aucune excuse. Dussé-je recevoir encore des lettres d'insultes de la part de gens qui hurlent à toutes sortes de saloperies qu'on lui reproche, sans rien savoir du contexte, des circonstances, en étant "puceaux de l'horreur" qu'a vécue Céline, lors de la guerre de 1914. Il suffit de relire les premières pages du Voyage au bout de la nuit pour être pénétré de cette lente et longue horreur. Ceux qui critiquent le plus Céline sont ceux qui ne l'ont pas lu, comme de bien entendu. Et les mots n'ont pas le même sens dans leur bouche et sous la plume de Céline, qui fut avant tout un humaniste et un pacifiste autant qu'un génie littéraire. Mais lire véritablement un auteur demande un tel effort que la plupart des êtres humains n'ont ni la force ni le courage de le faire. Ils demeurent sur la surface. Si celle-ci se brisait pour eux, ils ne supporteraient pas. Ils se noieraient. Ils crèveraient peut-être de honte, s'il leur reste de l'amour-propre. Mais non, je suis une naïve. Ils s'en branlent le caisson de tout ça.

Ces entretiens filmés, pour la plupart, nous les possédions, puisque amoureux de Céline, l'un et l'autre, nous avons composé une bibliothèque digne de ce nom en son honneur.




(Petit extrait en image de cette bibliothèque.)

Si je le voulais, je pourrais écrire une seconde thèse, de lettres cette fois-ci et non pas de philosophie, sur l'homme, sans quitter ma demeure, car il me semble posséder à peu près tout ce qui a été publié sur l'homme et tous ses livres, parfois en plusieurs langues, sont réfugiés dans la bibliothèque des maudits, en compagnie de Léon Bloy et de quelques autres de ce calibre (Léautaud et certains qui ne sont pas des moindres). Audiard, fervent défenseur de Destouches / Céline, a sa place à mon buffet littéraire, lui qui a écrit deux romans dans la veine brutale et essentielle de celui qu'il admirait. Je n'ai rien à dire là-dessus. Lisez.


Mais c'est la première fois qu'il nous est donnée la chance de les voir dans une aussi bonne qualité d'image et de découvrir certains documents, comme ces quelques instants passés en compagnie d'Elizabeth Craig, la dédicataire du Voyage au bout de la nuit, nommée l'Impératrice.




(Lire ce livre pour en savoir davantage sur leur relation.)

Tout aussi récemment que le DVD susmentionné fut publié ce livre


qui nous rappelle que Céline ne fut sauvé d'une mort certaine que grâce aux Danois - à la Libération, ça flinguait tous azimuts... parce que la haine ne connaît pas de répit. Et c'est une page de notre sombre histoire intérieure qu'il faudra bien un jour accepter de lire, et pas seulement entre les lignes...

Lisez Céline, le reste, à quelques exceptions barriennes près, n'est que de la "cochonnerie".

Extraits :




Liens :
jeudi 10 janvier 2008
Freud expliquerait facilement un des aspects de Peter Pan, qui n’a échappé à personne, et surtout pas à Sir James Matthew Barrie.

Extrait, ci-dessous, de L’interprétation des rêves – désormais, qui existe dans une nouvelle traduction, qui semble meilleure et est publiée sous le titre de L’interprétation du rêve, ce qui est littéralement plus fidèle.

« (…) notre petite rêveuse, qui n’avait pas encore quatre ans, aura demandé à quelque personne grave : “Que deviennent les enfants quand ils meurent ?” On lui aura répondu : “Ils ont des ailes et deviennent de petits anges.” (…) il semble que la petite fille ait eu la même association d’idées que les Anciens, qui donnaient à la Psyché des ailes de papillon. » (Sigmund Freud, Die Traumdeutung – première publication en 1900 )

The Little White Bird, 1902
Peter Pan, 1904.

Psyché, en grec, signifie à la fois l’âme et le souffle.


Métonymie.
[John Waterhouse]

Psyché était également, comme vous le savez mieux que moi, une jeune princesse d’une beauté exceptionnelle, qui sera l’amante de Cupidon (Eros) et la victime d’Aphrodite. Devenue immortelle, après bien des épreuves, elle possédera dans certaines versions une paire d’ailes de papillon, symbole de l’âme impérissable.

Cf. Les Métamorphoses d'Apulée (livres IV à VI).
mercredi 9 janvier 2008

La maison de Barrie est en vente ici.



J'ai mis à jour cette page sur mon site Barrie - voir le milieu de la page - où il était question de cette maison que j'ai caressée du regard lors de mon dernier voyage. Vous pourrez visiter cette maison calé dans votre fauteuil de bureau. J'ai l'étrange sentiment de commettre une effraction au sein d'une maison de fantômes, une maison de poupées dans la main d'un génie - bon ou mauvais, je ne sais, même si je suis portée à croire que les pensées de Sir James Matthew Barrie l'habitent encore... Pour le meilleur.

Très en retard quant à mes mises à jour du site Barrie (rien de neuf depuis juin dernier, alors que les documents ne me font pas défaut ; mais j'ai beaucoup traduit et je ne cesse de m'employer à cette tâche), j'espérais m'acquitter de ce tendre devoir avant Noël. Je me mettrai donc au travail dès ce week-end, et ce jusqu'à la fin février, comme annoncé sur le forum.

Vraisemblablement, je retournerai au printemps en Angleterre - sauf imprévu majeur -, afin de compléter ma cartographie barrienne (certains lieux de Londres à visiter et d'autres à corriger ainsi que les Hébrides extérieures - l'île de Mary Rose), puis de rendre hommage à la famille Brontë à Haworth. Ce dernier pélerinage étant prévu depuis l'année dernière ; j'espère qu'il ne sera pas reporté cette année. Au pire, je devrais le remettre au printemps prochain, puisque le voyage barrien a prééminence. Mais je foulerai ces terres-là, c'est une évidence.
Quand je pense que je déteste voyager ! Mais j'aime éperdument avoir voyagé.
Merci à Malice, du fond du coeur, pour son adorable carte. Ce voyage au pays des Brontë, soeurs et frère, te sera dédié. Sache que tes mots ont trouvé place dans mon coeur, lorsque je les ai reçus, hier.
dimanche 6 janvier 2008
Noël fut un grand moment et j'ai vainement essayé d'oublier que le temps passe ; j'ai combattu un moment l'idée que le moment n'est parfait que parce qu'il risque à chaque instant d'être le dernier. Certains espèrent l'année nouvelle dans l'idée qu'elle sera meilleure que son ancêtre ; je la redoute dans l'idée qu'elle ne peut que nous ôter quelque chose. Lorsque l'on se sait heureux, on est maudit, parce que l'on attend malgré soi le gauchissement des choses. On prend la posture de la défense et du combat. On attend la pluie sous une ombrelle faite pour les coups du bonheur. Bien sûr, j'ai de grands et de petits rêves que j'écris au point de croix chaque jour-jour et quelquefois pendant des jours-nuits, mais je sais que je ne serai jamais plus heureuse qu'en ce moment. Tout ce que j'obtiendrai de plus n'ajoutera rien, car ce que je possède est entier.

Pendant que mon violon reposait près de moi, ce soir-là, et tandis que M. Golightly jouait sur le piano que le père Noël lui avait amené, je demeurais quelques secondes parfaitement immobile, afin de retenir la moindre des poussières de ce Temps qui nous faisait tout autant qu'il nous défaisait déjà, sans même que nous ayons conscience à quel point, malgré nos doutes et notre esprit acéré.
Et puis je suis redevenu une enfant. Alors, j'ai folâtré dans les neiges de plusieurs livres, qui avaient pour paysage la blancheur de ces songes, qui sont comme de grosses cloques que personne n'a encore osé crever. Je vous parlerai, un jour, d'Ethan Frome et d'A Child's Christmas in Wales. Deux petits livres en lesquels j'ai trouvés des affinités secrètes et que l'on ne peut lire que dans leur langue d'origine (surtout le second, qui n'est que poésie et tintinnabulement du monde, êtres, choses et mots).

Hormis la semaine de grande fièvre à 39 degrés qui a succédé à ce jour faste et excepté le joyeux capharnaüm de piles de cadeaux qui envahissent la maison, j'ai l'impression d'avoir enfin embarqué dans ce bateau que j'attends depuis que je suis enfant... J'ai simplement posé le pied et puis j'ai changé d'horizon. Et j'ai senti que ce bateau n'était pas du tout coincé dans une bouteille, comme j'aurais pu le redouter il y encore un an. Il vogue bien sur les océans, ceux de ma déraison et ceux des cieux que j'ai peints avec mon sang. Je me fais l'effet, mais à certains égards seulement, d'être le personnage incarné par Charlotte Gainsbourg, dans le beau et imparfait film d'Emanuele Crialese, Golden Door.
Je suis, vous le savez bien, une personne très romantique et encore plus romanesque - si, par romanesque, on entend quelqu'un qui taille son existence dans la matière poreuse et rêche des univers biscornus, ceux qui naissent de l'esprit et du corps et qui n'ont de solidité qu'à proportion de la foi qui les hante. Si j'étais une petite poussière à l'échelle humaine, j'aimerais bien me loger dans Les Hauts de Hurle-Vent ou bien dans De grandes espérances. Je me confondrais avec le point d'un "i" ou je me cacherais dans les volants d'une robe, celle d'une fille modeste, presque jolie, et incurable de son enfance. Pour l'heure, je vis ailleurs, dans ce que j'écris, et j'aime autant. Non pas que ce soit exactement des textes rêvés - mais les enfants ne sont jamais à notre image ni tels que nous les avions pensés avant -, mais je suis attachée à ce qu'ils me coûtent d'être et aux tortures qu'ils m'infligent. Le reste n'a aucune espèce d'importance.

J'ai été outrageusement gâtée par M. Golightly, mais également par mes amis. Peut-être que j'en reparlerai ici et là, car il est des films, des livres, des gestes, des senteurs qui m'ont touchée jusqu'au noyau. Parmi tous ces présents, je retiendrai le temps de ce petit billet un livre et un DVD d'un artiste que j'aime, Philippe Katerine.

Ouvrons le livre, qui est un journal graphique, fait de pensées griffonnées, de dessins et de collages :




Faire des chansons ou se tuer. C'est en résumé ce que Katerine nous confie de lui au détour d'une chanson.


Il me semble que cette déclaration est peut-être ce qu'il y a de plus sincère et de plus lucide, dans ce qui est transmis, de lui à nous. J'aurais tendance à croire que cet enfant illégitime de Desproges et de Gainsbourg (mais je songe aussi, parfois, à Andy Kaufman) est un véritable désespéré, qui a trouvé une raison de ne pas crever en créant : des chansons, un films, un personnage... Certains ne voient en lui que la loufoquerie, l'étrangeté, et le comportement atypique, oscillant entre admiration excessive (criant au génie) et dégoût ou rejet (grotesque) du personnage. D'autres ne voient rien en lui, aveuglés par certaines provocations de l'artiste. Philippe Katerine m'a toujours fait pleurer et rire, pas nécessairement dans cet ordre, mais les deux en même temps. Je lis le texte et le sous-texte, comme tous ceux qui l'aiment, je le présume.
Katerine et moi, nous avons un point commun : un coeur anormal.

Le sien a pour particularité une Peau de cochon (titre de son film que je revois de temps en temps, lorsque j'ai envie de renvoyer à leur bastringue tous les peigne-culs de la terre) et le mien bat trop vite et ne tiendra pas des décennies. Si j'avais davantage de courage et si je n'avais pas peur de la maison de fous, j'aimerais bien être lui. On me fouterait peut-être davantage la paix, pour de mauvaises raisons, mais cela dissuaderait. On comprendrait à quel point je suis pire que je ne le prétends.
A la fois le type au doux regard écarquillé de dingue, mâtiné de Benny Hill (mort d'une crise cardiaque), qui chantonne "excuse-moi, j'ai éjaculé dans tes cheveux" et qui, dans la même chanson, parle de sa grand-mère, des gâteaux qu'elle lui faisait et de son odeur de vieux. Il est celui qui est tout autant capable de chanter "je vous emmerde" ou "VIP" que "J'ai trente ans", sans se départir de la pureté que l'on ressent dans certaines chansons, telles "Le jardin botanique" ou bien l'album intitulé L'éducation anglaise (où il ne chante pas mais qu'il a écrit et composé in extenso) qui est d'un raffinement que n'imaginent pas nécessairement ceux qui le prennent pour un dingue ou les autres, qui le prennent pour tout ce qu'il n'est pas.
En ce qui me concerne, je ne cherche pas à savoir ce qu'il est mais je crois savoir un peu qui il est. Je l'aime et je n'ai rien de plus à dire.
*********
Un très bon site.

Où M. Taddéï ne comprend rien au personnage...


Les roses du Pays d'Hiver

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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