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mercredi 19 septembre 2012
Carnet de photographies du voyage à consulter ici. Pardon, par avance, pour l'indigence du graphisme de cette page, qui n'a d'autre vocation que d'héberger mes images. Cliquez sur les ronds, puis sur chaque image afin de l'agrandir. Pour revenir ensuite à la page précédente, appuyez sur la touche "Échap" de votre ordinateur. Comme à l'accoutumée, ces clichés sont extrêmement mauvais, je ne suis pas photographe. Ma fille de vingt-et-un mois prendrait de meilleures photographies... Il est possible que je "poste" ici, une ou deux vidéos, plus tard, si j'ai assez de temps pour cela.
***
Lettre de voyage
[Buste de Barrie, conservé à la Beinecke. Photographie de Céline-Albin Faivre]
Voyager ne m’est pas naturel. C’est une violence que j’exerce à mon encontre, à chaque fois. Il suffirait de presque rien pour que j’y renonce, au dernier moment. Je suis une créature d’enracinement. Mes ailes sont pourtant bien là et elles me démangent de temps en temps. Mais quelqu’un, un jour, dans l’enfance, a dû passer une couche de goudron dessus et la salissure ne s'est jamais tout à fait effacée. Ce qu’il faut de volonté et d’humour à mon mari pour me soulever jusqu’aux étoiles… Mais, lui, il est léger, il caresse les nuages et fait danser l’univers dans ses yeux et sur ses mains. La Terre tiendrait en équilibre sur la pulpe de son index. Il est le magicien de mon existence.
J’aime le voyage immobile. J’aime, sur le papier, dessiner l’exil provisoire – en détail. Je hais passer à l’acte. De même que je préfère vivre close, intérieurement, et communiquer par mots écrits : rayonner autour d'une idée, d'une émotion ou d'une image, cela ne se peut dans l'immédiateté du mot lâché qui éclate aussitôt comme une bulle de savon. Raté ou pas, je suis un écrivain dans l’âme, depuis l’enfance. Mais, là, il faudrait passer à l'acte... Mes souvenirs patiemment reconstruits, puis recréés, sont plus lumineux et plus précis que le présent jamais pleinement vécu. Comment d'ailleurs le pourrait-il ? Il faut vivre à rebours pour que le présent ait une chance de laisser une trace. Ou bien mourir idiot.
Proustienne, malgré moi. Mais nous le sommes tous.
Un écrivain a, malgré tout, besoin de réel (de matière, de terreau), d’expériences, de rencontres, pour créer, ou plus exactement pour nourrir et enraciner le monstre tapi en lui – car le véritable écrivain, c’est lui. Certes, nul besoin d’aller loin pour cela, mais s’enfuir donne de la perspective, du relief et, chez moi, a pour effet de polir une certaine rugosité. La motivation pour sortir de mon trou doit être suffisamment forte. Voyager équivaut pour moi à aller chercher ma pitance (mon encre) pour les mois et les années à venir. Je fais provision de réel et de présent éphémère, je les mets en bouteille. Et il n’est de meilleur mobile que Sir James. Et il n’est de plus grande tentation que l’idée de tenter l’aventure en emmenant avec moi mes amis réels et imaginaires : Virginia, Cary Grant, Truman Capote, Audrey Hepburn, quelques héros de sang, de papier et de pellicule…
La condition première pour me faire à ce voyage, pourtant si désiré et depuis si longtemps, était donc de séjourner au Warwick, l’hôtel où vécut Cary Grant, mon second amour après Barrie, et de n’emprunter aucun transport en commun pour nous déplacer dans la ville et atteindre New Haven. Nous avons donc voyagé en stretch limo : ces voitures à rallonge, genre maffieux, d’un mauvais goût certain, donnent l’illusion de vivre dans un film et sont d’un grand confort (avec siège bébé, si on le demande). Avoir un chauffeur a un coût, mais peu importe, si cela me permet de glisser sur le réel, protégée dans un cocon de vapeur imaginaire. Et cela en valait la peine. Oh, oui ! À bien des égards, ce voyage fut le voyage de ma vie.
J’ai croisé quelques silhouettes nobles, d’autres inquiétantes.
Les ogres ne sont pas toujours ce qu’ils paraissent.
New York est une ogresse de la pire espèce qui soit. Séduisante en diable, cabotine, et cruelle – lorsque l’on s’y attend le moins. New York est une ogresse échappée d’un conte de fées désenchanté. Il faut toujours au moins deux rencontres et un peu de recul pour se faire une idée du monstre. Une juste idée, cela s’entend. La troisième rencontre, je ne sais pas encore ce qu’elle pourrait m’apprendre, mais je devine qu’elle ne ferait que confirmer ce que j’ai découvert pendant ce séjour entrecoupé d’un petit passage dans le Connecticut.
J’ai fait la connaissance de New York, il y a six ans, à une époque où, bien que comblée, j’étais moins heureuse que je ne le suis aujourd’hui, lestée par une thèse inachevée – un autre monstre auquel j’ai fini – ô victoire ! – par faire la peau en 2009, d’un point final, au cœur –, et par la peur de grandir, à savoir de mourir, car ce n’est jamais que cela. Voilà, c’est dit. C’est pour cela que Peter Pan n’a pas peur de grandir : jamais il n’a réellement refusé de grandir, il n’a fait que le prétendre. Il est déjà mort. Non, plutôt non-vivant, non né, et une partie de lui le sait fort bien. Nous aussi, nous sommes déjà morts pour une part, mais il reste encore de la vie en nous et il en faut si peu pour tenir ; c’est bien cela la cause de tous nos tourments. Une goutte d’éternité coule dans notre temporalité et cette éternité, ce sont les fictions que nous nous créons pour continuer à avancer. Nous-mêmes, nous ne sommes qu’une histoire que quelqu’un a inventée.
Avoir un enfant, c’était admettre qu’il faut passer de l’autre côté, et accepter, in fine, de mourir. On met au monde des enfants pour qu’ils nous tuent et nous enterrent. Pas pour nous consoler ou pour convoler avec nos rêves demeurés à l’état d’épures. Il ne sert à rien de refuser, sinon on pourrit sur place. Je préfère mourir achevée dans toutes (une grande partie de) mes possibilités que de vivre desséchée. Vivre est une terrible aventure !
Tétanisée.
Foudroyée par son esthétisme, New York m’était apparue alors, en 2006, comme l’endroit le plus vivant qui eût été en ce monde, le nerf vif de tous les rêves. Je rêvais d’y revenir. M. Golightly m’avait offert un billet pour New York sans date de péremption à utiliser quand bon me semblerait.
Y revenir m’a fait voir New York sous un autre jour.
J’ai pensé que l’une de nous deux avait changé. Moi, c’était incontestable. Je suis la même, mais je suis également autre depuis la naissance de notre enfant. J’ai toujours eu l’âme matriochka, mais je cache désormais une autre poupée, une autre personnalité. Mais New York s’est elle-même durcie, il me semble. Des pauvres mangent dans les poubelles à tous les coins de rue. Pourtant, je n’ai guère bougé de Manhattan.
New York s’est enfin révélée à moi telle qu’elle est : irréelle, magnifique, agressive, repoussante, sale, très catin – elle me fait penser à ces femmes fascinantes à la voix rocailleuse à force d’avoir trop fumé –, mais souvent grande dame. Je n’aimerais plus y vivre. Mais elle m’attire toujours. Je le dis sur l’une des vidéos que j’ai enregistrées à notre arrivée et je crois que c’est vrai : être blasé de New York, c’est être bon pour la tombe. Néanmoins, j’ai ressenti beaucoup de tensions dans cette ville. Les new-yorkais sont trop pressés, brutaux : ils marchent tellement vite qu’ils vous écraseraient d’un coup de talon. Il est évident que New York est une machine à produire non pas du rêve, mais de l’argent. Le rêve est pour celui qui contemple la ville derrière une vitre. Si l’on pénètre New York on devient sa chose, une pièce de sa machinerie. New York broie les âmes et les corps. Sur la cinquième avenue, un vieil homme aveugle qui sort prudemment d’une supérette. J’ai peur pour lui. J’essaie d’imaginer mes paupières cousues, seule, perdue et jouant à colin-maillard à Manhattan. Sur la cinquième avenue, de belles dames, diamant gros comme le Ritz à l’annulaire, sac Hermès ou Vuitton au bras, talons de 10 centimètres, manucurées à la perfection, coiffées au cordeau, que l’on dirait sorties d’un soap-opera, avancent comme des somnambules. Sur la cinquième avenue, de pauvres hères recroquevillés dans des coins, les vêtements collés à la peau par la crasse et la peur. Sur la cinquième avenue, des robots. Sur la cinquième avenue, nous trois, hébétés à force de lucidité. Sur la cinquième avenue, nous trois émerveillés et vaguement coupables d’être un rouage de cette mécanique qui tue.
Toute autre fut l’aventure qui m’attendait à New Haven, ville charmante au style néo-gothique. L’Old Campus fut une merveilleuse surprise pour moi et un changement de panorama bénéfique pour mon imagination. Mon âme était en paix là-bas. Je me suis réconciliée un moment avec les États-Unis : le simple fait de passer plus d’une heure en douane avec un tout petit enfant dissuaderait n’importe quelle personne saine d’esprit de revenir dans ce pays ; surtout si l’on vous fouille, vous fait passer au scanner et vous interroge pendant vingt minutes comme si vous étiez un terroriste. Les Américains sont des paranoïaques. À juste titre, je ne le nie pas ; mais l’essence de la paranoïa est d’avoir tort même avec des raisons. Et, de toute façon, ces grands donneurs de leçons sont coupables de tant de crimes que j’ai du mal à les plaindre jusqu’au bout… L’Amérique est atteinte d’un doute pathologique. Politiquement, culturellement. Elle n’a plus d’identité, si tant est qu’elle en eût jamais eu une. La France prend le même chemin : nous sommes aux mains de personnes cyniques et lâches. La France perd son identité, fragment par fragment ; et le politiquement correct est cette arme de destruction massive qui répand la peur des mots. Le processus est en marche depuis longtemps et s’accélère depuis quelques années. Je ne me sens pas proche des Américains, pas même des plus cultivés et éduqués – espèce très rare et en voie de disparition. Je déteste leurs intonations, leur façon de parler fort et de ponctuer toutes leurs phrases de «Oh my God ! », « you know »... Leur langue est souvent une insulte à la noble langue anglaise. Je n’aime la démesure que lorsqu’elle est au service d’une œuvre. L’Amérique ne crée plus rien. L’Amérique ne se crée plus. (Mais j’aime encore quelques Américains : Eastwood, Allen…)
Je ne savais rien de New Haven, je n’étais venue que pour être admise au sein de la bibliothèque de Yale, la Beinecke. Cette étrange construction abrite le plus grand fonds (trésor) barrien au monde. Vient le moment d’une précision, car la question me fut posée plusieurs fois : pourquoi ces archives sont-elles conservées aux États-Unis et non pas au Royaume-Uni ? Tout simplement parce qu’un dénommé Walter Beinecke Jr. a, en son temps, collecté une grande partie de ce qui constitue aujourd'hui ces archives inestimables. À son époque, les manuscrits, les lettres et les éditions rares se vendaient pour rien. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui : voir "l’album perdu" de la femme de Peter Davies vendu récemment et acheté par… la Beinecke ! Je n’ai d’ailleurs pas pu admirer ce dernier, car il n’était pas encore arrivé dans les coffres.
Source : ici.
Être immergée pendant huit heures, l’espace de quelques jours, dans les lettres, les manuscrits et les textes inédits de Barrie fut une expérience à la fois bouleversante et fortifiante. J’ai voyagé en compagnie de mon ange gardien littéraire de la fin de son adolescence jusqu’à la veille de sa mort. Nous avons traversé le temps et l’espace ensemble. En tant que biographe en devenir (puisque mon texte n’est pas achevé), j’ai pu vérifier certaines hypothèses, impressions ou intuitions ; seule une visite à la Beinecke pouvait permettre cela. Il me fallait rencontrer le fantôme de Barrie, caresser, embrasser les peaux mortes qu’il avait laissées derrière lui, sur cette terre. J’ai donc fait ce long voyage, prévu depuis plusieurs années, mais ajourné plusieurs fois pour le bien-être d’une petite fille, qui compte plus que Barrie – et il est peu d’êtres qui comptent plus que lui, car Barrie est bel et bien vivant pour moi et plus vivant que ceux qui portent ce nom. Dieu sait que je hais l’avion et seuls ceux qui me connaissent intimement savent le courage (n’ayons pas peur des mots) qu’il m’a fallu pour accepter d’être enfermée dans ce « truc » ronflant pendant plus de huit heures... Pour accéder à tous ces documents, il faut remplir certaines conditions : prouver son identité avec plusieurs documents, accepter de se faire prendre en photo et d’être en quelque sorte « fiché » dans leur base de données, mais aussi d’être filmé en permanence dans la salle de lecture. On adresse des « requêtes » par ordinateur interposé, on vous amène des boîtes, qui sont scannées lorsqu’elles vous sont remises, une par une, et rescannées lorsque vous les rendez.
Dans la salle de lecture, on peut amener un ordinateur et un appareil photo (mais sans objectif), mais ne rien posséder d’autre que des feuilles de papier, des crayons de papier (les feutres, plumes, etc. sont interdits). Aucun autre objet ne doit être posé sur la table excepté ceux que je viens de mentionner. Tous les effets personnels sont stockés dans un casier (au rez-de-chaussée) dont on conserve la clef sur soi. Il est interdit de sortir plus d’un document de la boîte posée sur la table : en effet, si vous demandez une lettre ou un manuscrit, vous obtenez la boîte dans laquelle le document se trouve, parmi de nombreuses autres lettres ou manuscrits. C’est ainsi que, très vite, et par chance, j’ai glané des documents que je n’avais pas demandés. J’ai pris presque 1300 clichés et je pense pouvoir travailler quelques années à partir de cette collecte… Non pas tant pour la biographie que j’espère terminer rapidement, mais pour établir des éditions de textes inconnus ou rares. Lorsque vous quittez la salle de lecture, vous devez remettre tous vos biens personnels à un garde qui vérifie que vous n’avez rien volé… Hormis ce protocole un peu pesant, mais pleinement justifié (je demeure toujours émerveillée par le fait d’avoir pu toucher, et même discrètement embrassé, les lettres et les manuscrits de Barrie), l’expérience à la Beinecke est un pur rêve. J’ai totalement oublié où j’étais et qui j’étais. Cela ne m’était jamais arrivé (je pense toujours à dix choses en même temps et travaille toujours sur trois ou quatre choses à la fois).
Dans la salle de lecture, on peut amener un ordinateur et un appareil photo (mais sans objectif), mais ne rien posséder d’autre que des feuilles de papier, des crayons de papier (les feutres, plumes, etc. sont interdits). Aucun autre objet ne doit être posé sur la table excepté ceux que je viens de mentionner. Tous les effets personnels sont stockés dans un casier (au rez-de-chaussée) dont on conserve la clef sur soi. Il est interdit de sortir plus d’un document de la boîte posée sur la table : en effet, si vous demandez une lettre ou un manuscrit, vous obtenez la boîte dans laquelle le document se trouve, parmi de nombreuses autres lettres ou manuscrits. C’est ainsi que, très vite, et par chance, j’ai glané des documents que je n’avais pas demandés. J’ai pris presque 1300 clichés et je pense pouvoir travailler quelques années à partir de cette collecte… Non pas tant pour la biographie que j’espère terminer rapidement, mais pour établir des éditions de textes inconnus ou rares. Lorsque vous quittez la salle de lecture, vous devez remettre tous vos biens personnels à un garde qui vérifie que vous n’avez rien volé… Hormis ce protocole un peu pesant, mais pleinement justifié (je demeure toujours émerveillée par le fait d’avoir pu toucher, et même discrètement embrassé, les lettres et les manuscrits de Barrie), l’expérience à la Beinecke est un pur rêve. J’ai totalement oublié où j’étais et qui j’étais. Cela ne m’était jamais arrivé (je pense toujours à dix choses en même temps et travaille toujours sur trois ou quatre choses à la fois).
La forme que j’avais choisie pour ma biographie de Barrie s’est trouvée justifiée a posteriori par certaines découvertes ou révélations, mais je n’en dirai rien ici… En outre, il me semble que, jamais plus, je ne traduirai Barrie de la même manière : les mots sont nés devant mes yeux. Ils vibraient de certains traits de plume particulier. J’ai toujours dit que j’entendais la voix de Barrie et que c’était elle qui me guidait, à la fois dans le choix des textes à traduire (leur chronologie, qui n’est pas celle de la rédaction barrienne) et dans le choix des mots auquel je donne une inflexion ; cette voix m’impose également une certaine rigidité ou rigueur quant à certains détails (qui ne le sont qu’en apparence pour celui qui connaît son petit Barrie comme je le connais). Me retrouver face aux manuscrits (certains de textes inédits et Barrie fut une espèce de graphomane – des deux mains !) de cet écrivain que j’aime comme on aime Dieu (avec la force du désespoir, avec la foi vierge d'un enfant), face à cette graphie si particulière qui était la sienne et qui a évolué de l’âge de 17 à 77 ans (les lettres, manuscrits et autres dissertations d’université s’inscrivent dans cette période), sur divers supports, sillons tracés à l’encre noir ou au crayon de papier, a donné une autre réalité aux textes, leur a rendu vie, en quelque sorte.
[Extrait d'un texte de Barrie, conservé à la Beinecke. Photographie de Céline-Albin Faivre]
Une incarnation.
La composition de Barrie est très précise et suit toujours un ordre, qui va de la préparation très soigneuse (il creuse une obsession ou une idée pendant parfois dix ans ou plus) au tapuscrit annoté et, parfois, totalement modifié, à la dernière seconde. C’est ainsi que l’une de ses pièces que j’espère faire monter en France tourne de la comédie (initialement) à la tragédie par l’ajout d’une dernière phrase, au dernier moment. Mais cela n’est guère surprenant, car Barrie oscille toujours entre deux cieux… Je savais que Barrie était un grand écrivain, je savais qu’il ne cessait d’écrire, mais j’ai pris la dimension physique de tout cela. Dire mes émotions est impossible. J’y renonce. J’avoue toutefois avoir eu grand mal à refouler mes larmes en lisant une lettre écrite à Cynthia Asquith (j’ai toujours éprouvé force réserves à son endroit, mais j’ai désormais une vision d’elle plus nuancée) quelques jours avant sa mort. L’écriture tremblée, le ton…
[Photographie de Céline-Albin Faivre]
La voir imprimée dans le livre de Viola Meynell et la contempler telle qu’elle fut écrite n’a rien de comparable. L’impression, le livre sont distance. Le contact avec le papier et l’encre, lui, est presque violent. Barrie est incarné dans son écriture. Sa graphie révèle vraiment sa psychologie, de même les supports et le crayon ou la plume utilisés. Je ne suis pas graphologue, je ne sais rien en ce domaine, mais j’ai eu la sensation de converser avec lui par ces lettres et textes rares ou inconnus pour certains. Barrie en hologramme, c’est un peu cela. Je vais avoir du mal à me contenter de traduire à partir de livres à présent. J’aimerais travailler sur le matériau brut. Cela sera possible pour certains textes que j’ai ramenés avec moi, photographiés en haute définition. Ce contact immédiat va désormais me manquer. J’espère retourner à la Beinecke dans quelques années. Il y a tant et tant à lire, à étudier… Une vie n’y suffirait peut-être pas.
Pour cela, je pardonne volontiers à l’Amérique (oui, je sais : New York n’est pas l’Amérique et New Haven est probablement une exception) d’être aussi décevante. Un jour, un ami américain (de l’espèce rare, lui, et il parlait un français parfait ou presque) m’avait dit que l’Amérique que j’idolâtrais – celle des films et de la littérature – n’existait pas. Il avait raison, évidemment. Et tort : rien n’existe. Nous faisons exister tout ce qui est. Nous sommes des créatures de fiction produisant de la fiction. Notre vie est un rêve et la vraie vie commence peut-être lorsque nous mourons, mais de cela nous ne pouvons rien dire, car nous ne pouvons le penser.
***
1/ Régulièrement, je déposerai certaines images issues de la Beinecke sur l'almanach barrien.
2/ Le hasard faisant bien les choses, je suis tombée nez à nez avec ceci à la Beinecke:
Stevenson est, bien sûr, parmi mes écrivains préférés... et un ami de Barrie.
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1/ Régulièrement, je déposerai certaines images issues de la Beinecke sur l'almanach barrien.
2/ Le hasard faisant bien les choses, je suis tombée nez à nez avec ceci à la Beinecke:
[Photographies de Céline-Albin Faivre ; cliquez sur les images pour les agrandir.]
Stevenson est, bien sûr, parmi mes écrivains préférés... et un ami de Barrie.
lundi 27 août 2012
Nous n'y sommes pas encore, mais paradoxalement j'aimerais tirer les heures et les jours par le col. Tout va bien trop vite.
Revoir New York, j'attendais cet événement depuis quelques années. La première rencontre avec ce mythe m'a laissée en état de choc esthétique. Six ans après, je demeure en apesanteur.
Monsieur Golightly m'avait offert, il y a quatre ou cinq ans, un bon magique "Retour à New York", à durée illimitée, dont je pouvais user lorsque bon me semblerait, demain ou dans dix ans. Un voeu sans date de péremption. Le moment est enfin venu !
Je sais que ce sera un retour poétique violent. New York est une ville irréelle, qui sert de bain révélateur à celui qui la visite. Terrible ! Merveilleux !
Le moment est venu, car j'ai assez avancé dans ma connaissance barrienne, dans l'écriture de la fausse biographie que j'élève à la mémoire de mon bien-aimé Barrie, pour me rendre à New Haven, à l'université de Yale, à la bibliothèque de l'université de Yale : la Beinecke. Écrire le nom borde mes paupières d'eau salée, du lait de paradis. Je prépare mon voyage à la Beinecke... Oui, c'est vrai. Il me faut l'écrire pour le croire, pour mettre à distance, afin de la contempler, cette émotion virevoltante, car il est impossible, bien entendu, de l'étreindre. Exaltation, frisson, sentiment de vivre au-delà de mes rêves... Je suis tourbillon.
New Haven est à environ une heure de New York en train. La vie est bien faite.
Je suis certaine que Barrie guidera ma main et mon esprit parmi le plus grand fonds d'archives au monde qui lui est consacré. Il faudra choisir. Tout choix est un insoutenable renoncement. Il faut du flair, de l'inspiration et de la confiance en soi. Divers manuscrits et tapuscrits, des variantes de textes publiés, des textes non publiés, des documents personnels, des dissertations écrites alors qu'il était à l'université, ses fameux carnets de notes, des photographies, mille et un souvenirs de lui, traces de son passage sur notre planète Terre, sont conservés dans cette incroyable construction de verre...
Revoir New York, j'attendais cet événement depuis quelques années. La première rencontre avec ce mythe m'a laissée en état de choc esthétique. Six ans après, je demeure en apesanteur.
Monsieur Golightly m'avait offert, il y a quatre ou cinq ans, un bon magique "Retour à New York", à durée illimitée, dont je pouvais user lorsque bon me semblerait, demain ou dans dix ans. Un voeu sans date de péremption. Le moment est enfin venu !
Je sais que ce sera un retour poétique violent. New York est une ville irréelle, qui sert de bain révélateur à celui qui la visite. Terrible ! Merveilleux !
Le moment est venu, car j'ai assez avancé dans ma connaissance barrienne, dans l'écriture de la fausse biographie que j'élève à la mémoire de mon bien-aimé Barrie, pour me rendre à New Haven, à l'université de Yale, à la bibliothèque de l'université de Yale : la Beinecke. Écrire le nom borde mes paupières d'eau salée, du lait de paradis. Je prépare mon voyage à la Beinecke... Oui, c'est vrai. Il me faut l'écrire pour le croire, pour mettre à distance, afin de la contempler, cette émotion virevoltante, car il est impossible, bien entendu, de l'étreindre. Exaltation, frisson, sentiment de vivre au-delà de mes rêves... Je suis tourbillon.
New Haven est à environ une heure de New York en train. La vie est bien faite.
Je suis certaine que Barrie guidera ma main et mon esprit parmi le plus grand fonds d'archives au monde qui lui est consacré. Il faudra choisir. Tout choix est un insoutenable renoncement. Il faut du flair, de l'inspiration et de la confiance en soi. Divers manuscrits et tapuscrits, des variantes de textes publiés, des textes non publiés, des documents personnels, des dissertations écrites alors qu'il était à l'université, ses fameux carnets de notes, des photographies, mille et un souvenirs de lui, traces de son passage sur notre planète Terre, sont conservés dans cette incroyable construction de verre...
(source de l'image : ici)
Je ne serai pas en retard, mais je sais par avance que le temps manquera.
C'est là sa principale vertu, c'est là son principal défaut.
mardi 11 avril 2006
...crispée, en attente d'elle, ma belle inconnue. Je me suis découvert une passion pour les pirates, corsaires et autres flibustiers. Tout ceci s'entrechoque dans la boîte à pépins. La vie est étrange. On ignore les milliers de ramifications d'un seule acte, d'une pensée qui faufile l'ourlet de nos si courtes existence. La toile internet ressemble à ceci.
Quelle trace laisserai-je de moi, demain, si je meurs dans l'avion ?
********
La réalité fut à la hauteur du mythe et mieux encore...
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Post-scriptum :
Je traduisais un petit texte de Chesterton que je vous livrerai demain et qui a trait à l'enfance.
Par associations d'idées, j'ai repensé à cette boutique de jouets sur la Cinquième Avenue, FAO Schwartz, où un indescriptible malaise s'est emparé de moi. Oh, le magasin est sublime, immense et couve des trésors. Mais il y a un "mais" tonitruant.
De fausses infirmières, avec des toques, s'occupent d'une fausse nursery, remplie de faux bébés. Elles les confient à de petites filles traitées comme de jeunes accouchées. Elles les font asseoir et leur mettent leur enfant dans les bras.
Je ne sais si cette mascarade existe en France. Je suis effrayée face à cette absurde pantomime.
Libellés :New York
Avant de refermer provisoirement mon album new yorkais - car je reverrai New York, si Dieu le veut ! [étrange d'invoquer systématiquement une puissance en laquelle je ne crois pas...] -, je recopie ici, mes impressions d'avant, je colle l'image que je me faisais de New York, avant qu'elle ne me fasse son numéro de strip-tease, avant d'éplucher la grosse pomme (une granny smith à mon avis, eu égard au goût qui demeure sur la pointe de ma langue).
Paris, 27 mars 2006, 21h30.
Un de mes morts a treize ans. Un de ces jours, je vais devenir si vieille que je serai la mère de mon enfance. Non, je crèverai avant. J'ai pas le coeur pour durer. Concupiscente. New York, deux syllabes qui m'ont toujours fait tressauter. Peut-être à cause de Sinatra. Sûrement à cause des films des années 50, mais aussi ceux de Woody Allen. Evidemment à cause de Céline in Journey to the end of the night
et d'Auster. L'Amérique a toujours été pour moi un rêve défendu, la porte d'un imaginaire fermé à clef, pour cause d'impuissance. J'étais attachée à mon enfance ; un corsaire à son épave. C'est sale, petit, pauvre et puant. Les odeurs, j'ai jamais supporté depuis. Je reconnais la pestilence du pauvre à dix kilomètres et je me taille. Pas sain pour mes bronches. Faut respirer chic. Voir my Zola et le vieux qui crève sous un escalier dans L'Assommoir. On le retrouve tout vert. Il pue. J'ai pué. J'arrête la conjugaison ici. La misère et ses fragments de beau, l'honnêteté des gens modestes : mon oeil ! Le luxe est une dépravation moins dommageable que celle du manque. New York dépasse mon imagination. Je ne sais pas à quoi m'attendre. Je suis un peu effrayée parce que je crois être une ville à la taille des dieux, une ville à la verticale, "une ville debout", un symbole de l'hubris. Et je connais la leçon première des Grecs à ce sujet. Niveau lycée. Faut dire que le Grec ne s'enseignait qu'en seconde à mon époque. La démesure est punie. toujours. Récemment, j'ai rêvé que la ville m'étouffait et me brisait entre ses gratte-ciel. Je me suis réveillée, la gorge serrée. Un raccord à la Hitchcock, lorsqu'Eva Marie-Saint est retenue par la main de Cary Grant et que le plan suivant nous montre les deux héros dans la couchette d'un train. J'ai le vertige : penser New York et ne pas la connaître. Peur et attrait. L'un dans l'autre. Et, au sein de cette frayeur, il demeure place pour la passion. J'en suis convaincue. New York est une boîte de conserve, dans laquelle loge une mythologie qui m'est personnelle. Elle me contient et je la contiens. Certains des traits de cette mythologie sont des clichés, mais j'ai le sentiment d'aller au-devant d'une vieille dame austère, droite, divine et impatiente. New York est un réflexe. J'y associe les noms suivants : Scorsese, Woody Allen, les taxis, la danger, le jazz, l'aventure, le glamour, l'appartement de Julia R. et la maison de Paul A., Helene Hanff,
des tas de livres. Et bientôt, par hasard, Hugo et Stevenson, car ils seront mes deux compagnons de voyage. Au sein de tout ceci se tient le Moleskine sur lequel je berce et balance ces pensées banales au moyen d'un stylo à plume (encre violette depuis quelques années déjà) en argent, acheté à Venise, l'an passé. Parler est une condamnation : tout dire, comme chez le psychanalyste (où je n'ai jamais mis les pieds). La mémoire charrie pépites et ordures. Avant qu'il ne soit trop tard, je suis crispée [Blogger a mangé la fin de mon message ! Un comble. Je reviens dès que possible...]
Libellés :New York
Le M.O.M.A. m'a donné une impression de froideur chirurgicale, de perfection forcée, de solitude et de désespoir métaphysiques. Ne m'en demandez pas plus. Je suis dans le bain de mes impressions, d'une perception : celle d'un atome buissonnier. Malgré la foule, venue en masse, ce vendredi soir, là-bas. Gratuité oblige.
L'art moderne ? J'ignore de quoi il s'agit. Je suis kantienne : il y a le beau et le sublime. Le reste n'est que dénominations de spécialistes, d'amoureux peut-être, de faisans ou de faiseurs souvent. "Art conceptuel" est une expression qui me fait rire. Tout n'est-il pas conceptuel à bien y songer ? La vie, elle-même... Je ne viens pas vous parler de ceci. Je ne suis pas historienne de l'art. Je m'en tape, à vrai dire. Que l'on pisse dans l'urinoir de Duchamp me réjouit. C'est tout aussi conceptuel que l'objet lui-même et que l'idée qui l'a érigé au statut d'oeuvre.
L'intelligence peut tout expliquer, magnifier, élever. A croire que les justifications sont, quelquefois, plus artistes que les oeuvres elles-mêmes. Alors si l'urinoir de Duchamp fait bander mon prochain ou ma prochaine, j'en suis fort aise.
En ce qui me concerne, entre La mariée mise à nu par ses célibataires et n'importe quelle oeuvre de Chagall, mon émotion me porte vers le second. Ce n'est ni bien ni mal. C'est l'évidence du coup de foudre ou du coup de poing. Je ne donne pas (de) raison à ce qui est ressenti. Et puis ces deux-là peuvent être proches à certains instants.
Seule l'émotion m'importe. Sa présence ou son absence. Je devrais dire mon émotion.
La jouissance est égoïste, quoi qu'on en dise.
Munch m'étrangle. Comme ses compatriotes, Ibsen et Strindberg, ailleurs et autrement. Je crève devant ses tableaux. Je souffre. Je vis, décuplée et magnifiée.
L'exposition du M.O.M.A. m'a paru équilibrée et révélatrice des diverses facettes de la personnalité du peintre.
Obsessions majeures. Trois chevaux de trait : l'amour, la mort et le métabolisme. La dernière étant le principe des deux premières. Je résume ainsi ma perception qui est, déjà, ma compréhension, même si elle procède davantage de l'instinct que de la réflexion prolongée et diffuse. Dans ce sens, je pense ne pas trahir ce qui a guidé Munch dans son oeuvre ; ce n'est pas une facilité si Le Cri est son tableau le plus célèbre. Il y a une forme d'immédiateté non contrôlée chez lui, malgré le dur labeur de l'artiste. Quelque chose échappe, se dérobe, ce qui précisément donne sens et émotion à son travail.
Bergsonien et nietzschéen, Munch peint le cycle éternel de la vie.
Le tableau qui m'a le plus impressionnée :
La mort dans une chambre de malade. La soeur de Munch, Sophie, est à l'agonie.
Théâtrale, la scène l'est sans aucun doute, car toute manifestation de douleur comporte une part d'hystérie. Le plus troublant est de songer que Munch a peint les divers protagonistes de la scène, non pas à l'âge qu'ils avaient au moment de l'événement, mais à l'âge qui était le leur pendant qu'il peignait la toile. Il recrée la douleur, comme pour prendre de la distance par rapport à l'urgence de l'émotion brute, stérile, invalidante.
J'aime Munch et mon propos est vain.
Libellés :New York
dimanche 9 avril 2006
Moma
Vidéo envoyée par misshollygolightly
Glimpse of the M.O.M.A./ vision fugitive et parcellaire du M.O.M.A, où je me suis rendue pour l'exposition Edvard Munch dont je reparlerai demain...

On y trouve même l'Olivetti dont use Auster pour écrire ses romans :

Ecoutez le son de cette machine dans ce disque original :
http://www.citizenjazz.com/article3457353.html
Libellés :New York,Paul Auster
jeudi 6 avril 2006
Petit extrait audio de la pièce de Julia Roberts.
Il faut toujours se méfier du sac à main des filles : le mien cachait un dictaphone en parfait état de marche ...
Barrie, quant à lui, pensait qu'il fallait être mis en garde contre le manchon des femmes :
"Nous ayant donc brièvement présenté, il détourna son attention vers le commutateur électrique, puis l’abaissa et le remonta si rapidement qu’il est approprié de dire que, Mary et moi, nous nous étions rencontrés pour la première fois à la faveur d’un coup de foudre. Je crois qu’elle revêtait un ensemble fait de petites plumes bleues. Mais, si un tel costume n’est pas convenable, je jure qu’il y avait au moins des petites plumes bleues dans son bonnet trop coquet et qu’elle portait un manchon assorti. Aucune partie de la femme n’est plus dangereuse que son manchon. Comme les manchons ne sont pas portés au début de l’automne - même par les malades -, je compris, en un éclair, qu’elle avait mis toutes ces jolies choses pour m’amadouer." (Le Petit Oiseau blanc)
La webcam déforme le son, hélas, qui demeure très acceptable sur mon dictaphone.
Libellés :Julia Roberts,New York
mercredi 5 avril 2006
Je pense achever ici, ou très bientôt, la description de mon petit périple à New York et vous faire grâce des cent cinquante autres petites vidéos réalisées à cette occasion.
Toutefois, je suppose que ne pas évoquer cette grande dame eût été une faute impardonnable. D'autant plus qu'elle est autant française qu'américaine...
Je regrette de n'avoir pas été parmi ceux qui ont pu pénétrer à l'intérieur. L'espace est réduit et, bien que sur le terrain très tôt, j'étais en retard. J'ai repensé, inévitablement, au roman de Paul Auster, Leviathan.
Libellés :New York
Times Square.
Gigantesque et éclatant sont les deux mots qui conviennent.
Picadilly Circus à la puissance dix !
Libellés :New York
Libellés :New York
La destination initiale est atteinte.
Voir le précédent billet.
Libellés :New York,Paul Auster
En direction du croisement mythique de la septième avenue et de la troisième rue... Que c'est loin ! Park Slope a plusieurs visages. Brooklyn est une ville dans la ville...
Libellés :New York,Paul Auster
En lectrice très assidue de Paul Auster - un de mes écrivains contemporains préférés, sinon celui que je vénère le plus (et oui, j'ai des idoles, et elles n'ont pas toutes des pieds d'argile, n'en déplaise à certains... et à Nietzsche) -, je ne serais pas allée à New York sans ce "guide" (la version poche augmentée,

pour ne pas abîmer ma belle édition grand format). Une petite semaine représentait un laps de temps trop court pour explorer tous les lieux rêvés et refaire les trajets de la Trilogie new yorkaise ainsi que je l'avais projeté. Mais cet échec constitue un excellent prétexte pour revenir à New York !
Mon ambition revue à la baisse était, d'une part, de visiter Park Slope, le quartier où vit Auster et, d'autre part, de me retrouver au croisement de la septième avenue et la troisième rue, là où Auggie Wren
prend, chaque matin, une photo, à huit heures. Il posède quatre mille clichés et nomme cette habitude "l'oeuvre de sa vie".
"Auggie Wren manages a cigar store on the corner of Third Street and Seventh Avenue in Brooklyn. Every morning at exactly eight o’clock, no matter what the weather, Auggie takes a picture of the store from across the street. He has four thousand consecutive daily photographs of his corner, all labeled by date and mounted in albums. He calls this project his ‘life’s work’"
Libellés :New York,Paul Auster

Imaginez mon émotion lorsque je vis sous mes yeux s'inscrire ce nom mythique (pour moi)...
Toute l'histoire de la maison d'édition est ici.
Libellés :James Matthew Barrie,New York
Patinoire du Rockfeller Center. Instants de grâce. Je suis submergée par l'envie.
Je suis inapte sur terre, dans l'eau et dans les airs.
Je défile avec un déambulateur, la langue française.
Ailleurs, je suis autre, lourde et moche.
Libellés :New York
Le pont de Brooklyn. Rien ne vaut cette expérience surréaliste. Traverser le pont. Entendre le vrombissement des voitures en dessous. Croiser des fous et des tristes. Regarder au loin, jusqu'à briser sa prunelle. Rencontrer des gens qui ont le sourire aux lèvres comme un quartier de lune qu'ils portent en coin. Pleurer le futur car les moments parfaits sont faits pour se dissoudre. Penser à Auster et à ma mort.
Libellés :New York
mardi 4 avril 2006
The Strand.
Je parle bien entendu d'une librairie new yorkaise

(il en existe trois, en vérité, qui répondent à cette dénomination, mais je suis allée dans la principale - située au coin de la douzième rue et de Broadway) et non du quartier de Londres.
Le troisième étage, consacré aux "livres rares", est très impressionnant. J'aurais aimé le filmer mais je n'ai pas osé. Songez à une caverne d'Ali Baba où tout est possible ! L'espace est occupé. Pas un millimètre de libre. Tout grouille. J'avais envie de soulever chaque livre, de dormir et de vivre une journée dans cette immense pièce.
J'ai fouiné principalement, et faute de temps, essentiellement parmi les rayons et les piles du troisième étage. Je fus raisonnable. J'ai trouvé l'édition originale d'un pastiche holmésien très peu cher (et pas si rare que ça !).

Ici et là, de vastes écriteaux indiquent que les "books thieves will be arrested" ("les voleurs de livres seront arrêtés"). La remarque me fait gentiment sourire. Sauf que je me sens observée, jaugée. Les vendeurs sont prêts à me prendre au collet !
J'apprends avec stupeur que je n'ai pas le droit de redescendre avec mon petit pastiche car les livres rares doivent être "escorted". Entendez qu'ils sont amenés au rez-de-chaussée par un vendeur qui les déposera en caisse pour vous - ce qui implique que vous devez donner vos initiales (et non votre nom : on respecte votre anonymat) au vendeur.
En bas, j'ai acheté quelques livres sur Cary Grant, qui manquaient à ma collection :

C'est mon vice !
Dans une librairie de Brooklyn, j'ai trouvé pour trois fois rien ceci :

Je vous en reparlerai bientôt. Etant une admiratrice de la Quatrième dimension, ce guide d'épisodes me faisait défaut, et l'idée de lire l'expérience folle de ce film délirant par l'ironique Katharine Hepburn m'enchante.
Libellés :New York
A New York, l'excentricité est la norme.
La scène prend place à Times Square.
Exemple.
Libellés :New York
Oublier de penser à Cary Grant est au-dessus de mes forces. Il fait partie de mon univers intérieur.
Je n'ai pas manqué de me rendre au Warwick, où il passa douze années de sa vie. Il y avait sa suite...
Libellés :Cary Grant,New York
Bizarrement, aucun risque de vertige.
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