vendredi 13 mars 2015


On me l’a appris, il y a environ une heure.

D'ordinaire, je n’écoute pas beaucoup les informations ni ne lis les journaux officiels. Je préfère me faire une opinion et construire un jugement personnel...

Mon nom est très indirectement (je ne suis en rien responsable de cette situation) associé à un petit scandale.

J'ai écrit, il y a quelques années, le texte d’une adaptation, celle de La Petite Sirène d'Andersen, et j'ai d’emblée, et avec violence, refusé qu'il soit mis en scène tel qu'il le fut. Je n'ai même pas assisté à la première et ai demandé la suppression de mon nom sur les affiches (il fut relégué au vague rang de "dramaturge").
Les metteurs en scène ne sont pas souvent fiables : ils veulent leur heure de gloire et se foutent totalement du texte qu’ils devraient servir, mais dont en réalité ils se servent, et ce, à proportion de leur nullité. Les bons, eux, écrivent leurs textes et mettent leur peau et tripes sur la table ; ils ne construisent pas leur château sur l'air du temps, avec la matière des autres... 
Il m'est arrivé, récemment, presque la même déception avec ma réécriture du Petit Oiseau blanc de Barrie, même si, dans ce dernier cas, on n'a pas atteint ce niveau d'ignominie (il s'agit pourtant, là encore, d'un désaccord profond sur certains points entre le metteur en scène et moi ; je ne lui reproche pas, toutefois, ce que je reproche à Moati – même si les deux m'ont abondamment menti sur leurs intentions finales).
Mais il n’est question que de La Petite Sirène aujourd’hui…
Voir tous les articles que j'ai écrits à ce sujet à l'époque (http://rosesdedecembre.blogspot.fr/…/label/petites%20sir%C3…).
Je criais alors mon dégoût et ma fureur d'avoir été trahie par Alexis Moati, qui mettait en scène une sirène à poil et des filles avec des jupes ras le bonbon pour exprimer ce qui était, pour moi, et avant tout pour Andersen, une QUÊTE MYSTIQUE, celle de l'âme d'une jeune personne, et non le cliché éculé de la révolte adolescente. Partant, rien à voir, dans mon esprit, avec la nudité et la vulgarité de la mise en scène de Moati ni avec la scénographie poubelle ! Voilà bien une "esthétique" qui ne peut plaire qu'aux bobos et aux cocos, comme l'a montré le "succès" ultérieur du spectacle. Du pur théâtre socialiste, subventionné comme il se doit !
J'ai envie de vomir, ce matin.
En outre, montrer cela à des enfants relève d'une grave erreur de jugement – non, d'une faute morale – et me heurte profondément. J'avais demandé, avant même de savoir ce que serait la mise en scène finale, quand je pensais encore qu’elle serait à la hauteur de mes exigences, que le spectacle ne soit pas montré à des enfants de moins de 12 ans. On me l'avait promis et il fut pourtant présenté, d’après ce que je lis, à des enfants de 8/ 9 ans... Cela ne change rien au fond du problème : à n'importe quel âge, ce spectacle est une honte.
Qu'il y ait scandale, je le comprends, et cela n'a rien à voir avec la religion des parents d'élèves qui se plaignent. Moi-même, l'auteur de l'adaptation, avec mon long passé d’athée, je suis la première révoltée et refuserais que ma fille assistât à cela !
La nudité n'a rien de choquant en soi. C'est naturel. Mais s'exhiber devant des enfants, sous couvert d'art, je le refuse.
Honte à M. Moati d’avoir ainsi souillé l’âme de la sirène et celle d’Andersen ! À tout prendre, je préférerais encore la trahison, par excès de niaiserie, de Walt Disney !
Mais, dans un sens, tout cela me conforte dans ce que je pensais à l'époque et ai toujours critiqué : l'immoralité de cette mise en scène. J’oserais même le mot « perversité ». Quand je pense, que, pour vendre sa merde en haillons, la compagnie se croit obligée de joindre le dossier de présentation que j’avais écrit et qui, lui, expose un projet totalement différent de celui qui est montré !
Je sais qu'il n'est pas de bon ton de parler de "morale" de nos jours, car le terme sent trop le religieux, dans cette époque qui n'a pour seul mot à la bouche que celui de "laïcité" (une religion peut-être plus intégriste que celles qu'elle déclare haut et fort, mais avec beaucoup de mauvaise foi et de cynisme, combattre au nom de notre prétendue liberté à tous). La laïcité associée à tous les libéralismes possibles…
Mais il y a bien faute morale dans cette adaptation. Et ce n’est ni l’ancienne athée ni la catholique en moi qui le dit, mais ma simple conscience mise à nu.
Trahison d'Andersen, trahison de mon travail et trahison de l'âme des contes, donc trahison des enfants spectateurs.
Dé-gueu-la-sse !
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet. Je n'écris cette note que pour dire que je comprends les parents choqués et que je m'associe à leur révolte.
À l'époque, je n'avais pas fait interdire le spectacle, car j'avais été payée par le théâtre producteur pour écrire un texte et cela me semblait délicat ; en outre, j’avais travaillé plus d’un an bénévolement et le metteur en scène pensait récupérer deux tiers de mes droits d’auteur… Entre-temps, j'ai appris beaucoup sur le droit moral des auteurs. Désormais, M. Moati ne pourra plus faire jouer mon texte, si demandes il recevait, car je vais le bloquer – tout comme j’ai bloqué mon adaptation barrienne. Je ne travaillerai plus avec un seul metteur en scène de ma vie ! Je mettrai en scène moi-même mes propres textes, si besoin : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même…

Les roses du Pays d'Hiver

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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