mardi 11 avril 2006
Le M.O.M.A. m'a donné une impression de froideur chirurgicale, de perfection forcée, de solitude et de désespoir métaphysiques. Ne m'en demandez pas plus. Je suis dans le bain de mes impressions, d'une perception : celle d'un atome buissonnier. Malgré la foule, venue en masse, ce vendredi soir, là-bas. Gratuité oblige.
L'art moderne ? J'ignore de quoi il s'agit. Je suis kantienne : il y a le beau et le sublime. Le reste n'est que dénominations de spécialistes, d'amoureux peut-être, de faisans ou de faiseurs souvent. "Art conceptuel" est une expression qui me fait rire. Tout n'est-il pas conceptuel à bien y songer ? La vie, elle-même... Je ne viens pas vous parler de ceci. Je ne suis pas historienne de l'art. Je m'en tape, à vrai dire. Que l'on pisse dans l'urinoir de Duchamp me réjouit. C'est tout aussi conceptuel que l'objet lui-même et que l'idée qui l'a érigé au statut d'oeuvre.
L'intelligence peut tout expliquer, magnifier, élever. A croire que les justifications sont, quelquefois, plus artistes que les oeuvres elles-mêmes. Alors si l'urinoir de Duchamp fait bander mon prochain ou ma prochaine, j'en suis fort aise.
En ce qui me concerne, entre La mariée mise à nu par ses célibataires et n'importe quelle oeuvre de Chagall, mon émotion me porte vers le second. Ce n'est ni bien ni mal. C'est l'évidence du coup de foudre ou du coup de poing. Je ne donne pas (de) raison à ce qui est ressenti. Et puis ces deux-là peuvent être proches à certains instants.
Seule l'émotion m'importe. Sa présence ou son absence. Je devrais dire mon émotion.
La jouissance est égoïste, quoi qu'on en dise.
Munch m'étrangle. Comme ses compatriotes, Ibsen et Strindberg, ailleurs et autrement. Je crève devant ses tableaux. Je souffre. Je vis, décuplée et magnifiée.
L'exposition du M.O.M.A. m'a paru équilibrée et révélatrice des diverses facettes de la personnalité du peintre.
Obsessions majeures. Trois chevaux de trait : l'amour, la mort et le métabolisme. La dernière étant le principe des deux premières. Je résume ainsi ma perception qui est, déjà, ma compréhension, même si elle procède davantage de l'instinct que de la réflexion prolongée et diffuse. Dans ce sens, je pense ne pas trahir ce qui a guidé Munch dans son oeuvre ; ce n'est pas une facilité si Le Cri est son tableau le plus célèbre. Il y a une forme d'immédiateté non contrôlée chez lui, malgré le dur labeur de l'artiste. Quelque chose échappe, se dérobe, ce qui précisément donne sens et émotion à son travail.
Bergsonien et nietzschéen, Munch peint le cycle éternel de la vie.


Le tableau qui m'a le plus impressionnée :
La mort dans une chambre de malade. La soeur de Munch, Sophie, est à l'agonie.
Théâtrale, la scène l'est sans aucun doute, car toute manifestation de douleur comporte une part d'hystérie. Le plus troublant est de songer que Munch a peint les divers protagonistes de la scène, non pas à l'âge qu'ils avaient au moment de l'événement, mais à l'âge qui était le leur pendant qu'il peignait la toile. Il recrée la douleur, comme pour prendre de la distance par rapport à l'urgence de l'émotion brute, stérile, invalidante.
J'aime Munch et mon propos est vain.

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