dimanche 13 août 2006

Il est regrettable qu'aucune chaîne hertzienne ne se soit décidée à diffuser cette série, qui ne tint que deux saisons, malgré l'attachement de son public. Les lois de la divinité "Money Money" me sont incompréhensibles... Je regarde assez peu de séries, quoique je sois assez férue de ce genre de créations, si l'on me compare à certains de mes condisciples... et autres apprentis philosophes de bazar. Mais celle-ci a sans doute nourri quelque chose en moi qui se mourait de faim, car elle prit sa place dans mes attentes et jamais elle ne me lassa ou m'irrita. Le premier épisode me surprit, notamment à cause du physique atypique mais, néanmoins, charmant de l'héroïne, Ellen Muth. Sa moue boudeuse, qui s'apparente au rire désespéré (?) du bouledogue est assez sexy.
Cette très jeune fille, visiblement mal à l'aise dans son existence, à l'instar des êtres qui sortent un peu hagards de l'enfance, est mise en demeure par sa mère de trouver un emploi. George, puisque tel est son prénom (Georgia, en réalité), s'acquitte de mauvaise grâce de la tâche. Et, tout à coup, les toilettes de la station spatiale MIR lui tombent sur la tête et elle meurt dans la seconde. Quelle fin ridicule, n'est-ce pas ? Ne le sont-elles pas toutes ? Dommage de mourir si vite quand on a eu si peu de temps pour décevoir les autres - et soi-même ! Dommage de mourir sans avoir connu le goût fiévreux et amer de l'amour. Dommage de mourir sans l'espoir d'une rédemption, après avoir gâché sa vie sans même l'entamer. Elégance suprême ou absolue bêtise de partir sans mots dire. Personnellement, j'aimerais mettre à sac toutes mes possibilités et me casser la gueule sur les vitres des magasins, ceux qui exposent mes plus jolis songes. Je voudrais pas crever sans... Mais je ne suis pas George. Tant mieux. Elle est donc morte, mais son avantage est de le savoir, tandis qu'il en est qui gigotent encore, bien que tout crevés à l'intérieur. Pourtant, sa vie ne fait que commencer. Elle devient faucheuse d'âme, c'est-à-dire qu'elle recueille l'âme des futurs décédés en les touchant de la main, avant leur mort, qui n'emportera que le corps usagé des défunts. Elle devient, malgré elle, à son corps défendant, une autre personne, puisque son apparence physique n'est pas celle qui était la sienne de son vivant. Son rôle est défini. Elle trouve un sens à sa vie en trépassant. Jolie ironie. Elle n'est pas seule puisqu'elle oeuvre au sein d'une équipe. Chacun des protagonistes doit se débrouiller afin de vivre discrètement parmi les vivants, en exerçant une activité professionnelle. Tous ses comparses sont des personnages, notamment Mason drogué, désespéré, qui ne pense qu'au sexe. Sans oublier Daisy Adair, morte en 1938, sur le tournage d'Autant en emporte le vent, qui se vante sans cesse d'avoir fait quelques gâteries à Errol Flynn ! De loin, George observera les conséquences de sa mort sur sa famille, qui va éclater. Elle ne pourra pas les aider directement, mais prendra soin d'eux à distance. Et de mesurer l'espace qui sépare les pensées des uns et des autres de la parole qui ne fut pas prononcée à temps. Les dialogues sont brillants, l'ensemble est d'une drôlerie incroyable et l'on prend plaisir à coudoyer avec la faucheuse. Le dernier épisode ne livrera pas tous les secrets de cette histoire mais c'est peut-être aussi bien. Les deux saisons sont sorties en DVD zone 1. La première est d'ores et déjà disponible en zone 2. 
Extrait de la bande originale de la série : Metisse.  
"Boom Boom Ba" du groupe Metisse. 
Bien à vous, amis lecteurs ou gens de passage.

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