lundi 30 avril 2007
Je vous préviens.
Je suis d'humeur sentimentale et je dégouline de bons sentiments. Tout ceci est écoeurant ! Si je pleurais, ce serait assurément une coulée de caramel sur mes joues couleur sucre d'orge. Ma bouche est une fraise Tagada et mes bras sont mous comme de la guimauve. Mon coeur est une pomme au sucre, mais empoisonnée, celle de la vilaine sorcière de Blanche-Neige et mes neurones des Bêtises de Cambrai. Cela promet !
Vous allez avoir la nausée, je le crains. Je suis encore sous l'effet des drogues puissantes (une dose de cheval) qui m'ont été nécessaires afin d'accepter de monter dans un petit coucou de la British Airways et ma dyslexie revient danser sous mes doigts qui confondent les touches du clavier. Je vous demande du temps à tous afin de vous répondre personnellement.

Toute cette série écossaise de billets barriens que je vous destine, au fil des jours, est dédiée à mon Mari, à mon Amour, à mon Dieu, au Magicien de ma vie, à l'homme sans qui mon existence serait une erreur (pardon Nietzsche, je vous plagie un peu). Je ne connais personne en ce monde qui soit capable de mettre le monde dans votre main comme il sait le faire si bien pour moi. Il est la beauté et l'innocence de l'univers, la lucidité également. Sa bonté n'en a que plus de mérites. Il est comme Alcide, le personnage de Voyage au bout de la nuit : "il tutoie les anges". Il ne le sait pas, mais il a plus en commun avec James Matthew Barrie qu'il ne le croit et il a apprivoisé le Capitaine Crochet qui, comme chacun le sait, est une mère sans enfant. Ceci, je vous le prouverai un jour.

Mon voyage m'inspire tout de même la sobriété, malgré mon tempérament de feu et ma propension à ce que mon mari appelle "l'exaltation permanente", et ce que je nomme ma grandiloquence enfantine, car ici le sublime vous pétrifie. Ce n'est ni Kant ni Burke





"WHATEVER is fitted in any sort to excite the ideas of pain and danger, that is to say, whatever is in any sort terrible, or is conversant about terrible objects, or operates in a manner analogous to terror, is a source of the sublime; that is, it is productive of the strongest emotion which the mind is capable of feeling. I say the strongest emotion, because I am satisfied the ideas of pain are much more powerful than those which enter on the part of pleasure. Without all doubt, the torments which we may be made to suffer are much greater in their effect on the body and mind, than any pleasure which the most learned voluptuary could suggest, or than the liveliest imagination, and the most sound and exquisitely sensible body, could enjoy. Nay, I am in great doubt whether any man could be found, who would earn a life of the most perfect satisfaction, at the price of ending it in the torments, which justice inflicted in a few hours on the late unfortunate regicide in France. But as pain is stronger in its operation than pleasure, so death is in general a much more affecting idea than pain; because there are very few pains, however exquisite, which are not preferred to death: nay, what generally makes pain itself, if I may say so, more painful, is, that it is considered as an emissary of this king of terrors. When danger or pain press too nearly, they are incapable of giving any delight, and are simply terrible; but at certain distances, and with certain modifications, they may be, and they are, delightful, as we every day experience. The cause of this I shall endeavour to investigate hereafter."

qui me contrediront. L'incandescence fut intérieure et je perdis, un à un, tous mes mots. Je n'ai jamais su parler ; je bafouille ; je bégaie ; l'émotion tire en pelote le léger cheveu déposé sur ma langue et je commets des erreurs grammaticales, etc. Je préfère mille fois écrire, mais me voici démunie de tout en ce lundi, qui est le demi-réveil, en quartier de lune, d'un voyage inachevé. Oui, car je reviendrai, au plus tard dans 3 ans, pour les célébrations autour de J. M. Barrie, afin de jeter mon gant (vous savez sa couleur) à la mégère qui a osé écrire une suite à Peter Pan. Je lui demanderai raison de cette offense.

Loin de croire connaître l'Ecosse, puisque je n'ai palpé, touché, reniflé et aimé qu'une minuscule partie de ce pays plus vaste qu'il n'y paraît sur une carte d'Europe, et ce, pendant un temps relativement court, je crois néanmoins en avoir saisi l'essence au premier regard. Il m'a semblé revenir au pays de ma naissance, celle qui précède la naissance des mortels, de tous les mortels qui n'ont pas peur de se souvenir. Mon sang coule aussi jaune que celui de Hook et j'en sais la raison.

Nous sommes arrivés pendant un coucher de soleil sur un loch,




un peu égarés dans l'immensité verte de l'Ecosse. La nuit était presque tombée. Nous avons cependant trouvé notre chemin parmi les ombres remuantes et sifflantes. Je savais que rien de grave ne pouvait m'arriver une fois les pieds sur le sol de ce pays-là. Je n'ai pas peur des fantômes. Je suis prête à les bercer dans mon giron, à les allaiter avec ma mémoire. Mon mari est le meilleur conducteur au monde et son sens de l'orientation, avec ou sans GPS (nous en avions tout de même un ; prudence est mère de sûreté), est incroyable. La preuve, nous ne nous sommes jamais (involontairement) perdus. Notre lieu de résidence fut exceptionnel. J'en reparlerai, car je dois rendre hommage à ces gens, discrets et efficaces, généreux dans leur silence.


Le lendemain, notre premier devoir et désir fut de nous recueillir sur la tombe de notre hôte, celui qui avait inspiré ce voyage. Depuis toutes ces années, il était enfin temps de me présenter à mon vieil ami. De son lit éternel, il a une belle vue.









J'ai cru sentir un instant sa main sur mon épaule gauche dès le moment où j'ai pénétré dans le cimetière sur la colline.




Instinctivement, je me suis dirigée vers la tombe aimée. Je savais où elle était. Nul besoin de plan. Je courais. Une vidéo trop impudique vous sera scellée, car je crois que je me suis effondrée à ce moment-là, lorsque m'est apparu l'endroit.









Mon mari est invisible. Il est comme l'épouse de M. Columbo. Mais vous pourrez l'entendre donner le "Clap" ou le "Top" de nombreuses vidéos. J'aurais pu couper au montage ces petites choses, mais je n'en ai pas envie.
(Petit problème provisoire : il semble PARFOIS que mes vidéos s'arrêtent avant la fin. Soyez patients ou bien allez directement sur DailyMotion. Et, en toute occasion, préférez Firefox ou Safari pour lire mon JIACO.)


Je ramène de la terre d'Ecosse, de la terre d'une tombe. Une petite poignée. Ceci n'est pas un sacrilège, comprenez-le bien, ni un illégitime et mesquin désir de possession, mais un moyen pour moi d'offrir un fragment de mon voyage à qui m'est cher.

TO BE CONTINUED...
A SUIVRE...
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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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