dimanche 3 mai 2009


De retour dans mon univers, après un assez long voyage, l'esprit gorgé de pensées glorieuses, il me reste beaucoup à faire (des idées neuves à mettre dans mon travail de fiction – du sang frais à lui incorporer –, beaucoup de réflexions à ordonner et des tas de travaux en retard) avant d'avoir le loisir d'encoder mes silly videos, où le son est souvent inaudible à cause du vent (il souffle plus fort qu'à Haworth ! Diantre !), où les images sont aussi mouvantes et saccadées que mon rythme cardiaque, où ma figure est défaite par trop d'émotions violentes, mais je le ferai un peu chaque jour jusqu'à "épuisement du stock".
L'Écosse n'est pas déjà un souvenir pour moi, puisque j'y retournerai dès que possible, et probablement cet été pour visiter Inverness (il paraît même qu'il y a là-bas un excellent cuisinier dont j'ai envie de faire la connaissance...), le Loch Ness, et surtout l'île de Skye et ses alentours (les Hébrides intérieures cette fois-ci, puisque nous avons simplement exploré les Hébrides extérieures lors du voyage que je suis en train de relater en ce moment par bribes).
Je commencerai par le commencement ce récit, et par conséquent par Édimbourg, une ville qui a des teintes d'automne même au printemps ou en été,

peut-être à cause de la couleur de ses pierres grises, si caractéristiques de l'Écosse que je connais, qui donnent une ombre à chaque luminosité, peut-être à cause du soleil voilé qui poudre de mordoré chaque fragment de la ville.
Lorsque j'ai vu les pointes de ces grilles j'ai évidemment pensé à la triste fin du héros de Barrie, Tommy, qui meurt empalé sur l'une d'entre elles...
Toujours scintille dans la ville quelque chose d'inattendu, toujours craquelle la surprise sous le vernis du prévisible. Comme ces closes (passages) si pittoresques qui me rappellent certaines traverses de Venise.







C'est par l'un de ces closes que l'on trouve le fameux Musée des écrivains, (The Writers' Museum) tout à la gloire de Burns, Scott et Stevenson. Un endroit charmant, où l'on peut admirer, entre autres, les bottes que portait Stevenson à Samoa ! Il y a des dizaines et des dizaines d'effets personnels des gloires littéraires susnommées.

J'ai aimé Édimbourg. Beaucoup. Pourtant, c'est une ville que l'on aime par degrés, me semble-t-il, et je suis un être de l'instantané, de l'immédiat, vorace de l'instant, impatiente, brutale même. Une émotion à rebours. Est-ce simplement subjectif ? En tout cas, ce fut ce que je ressentis et je crois être très sensible aux lieux, aux bruits, aux couleurs, aux odeurs. L'intellect vient toujours en second chez moi, à la traîne des sens et de l'imagination. Aucune fulgurance physique lorsque je me retrouvai face à la ville souveraine, comme lorsque le voyageur rencontre pour la première fois Venise ou New York, par exemple, mais plutôt l'acceptation muette d'une certaine rigueur ou sévérité dans la mise qui m'imposa un retrait contemplatif. L'amour vint ensuite, par insinuations progressives, comme une marée qui inlassablement vient vous lécher, vous frotter, vous éroder et détacher de vous, parcelle par parcelle, votre réserve, pour mettre à nu la sensibilité dépouillée de tous ses travestissements. Aucune forfanterie ne pare Édimbourg, mais avec quelle fierté elle vous regarde ! Vous baissez alors le regard sur ses pavés. Puis, vous relevez timidement la tête pour être égayé soudain par quelque détail moderne ou passé.
Ma première visite à Edimbourg, ou mon premier souci, me conduisit naturellement à l'endroit où vécut J. M. Barrie de 19 à 22 ans : 3 Great King Street. Une plaque indique le lieu. C'est un quartier résidentiel qui semble très aisé de nos jours.



(Je porte une jolie broche Chaperon Rouge sur mon pull : clin d'oeil à qui se reconnaîtra... Et une broche orne mon imperméable guimauve, acquise chez Laetitia qui fait des merveilles, à qui je rends hommage ici pour son merveilleux travail. Je lui suis redevable d'un superbe Hook en papier mâché. Je signale une de ses expositions à Paris en mai. Vous verrez mieux cette broche-ci sur d'autres vidéos ou photos. Ici, elle est cachée par mon col...)




Mais la porte d'entrée de mon voyage est peut-être le Monument Scott, et pas seulement parce que j'admire grandement cet auteur - il me reste beaucoup à lire de lui en anglais.




(Notre majestueux hôtel, choisi par mes soins parce qu'il s'est installé dans les anciens locaux du journal The Scotsman, pour lequel Barrie écrivit, lorsqu'il était jeune.)




Le premier jour, nous avons fait approximativement, Edinburgh Castle compris, une vingtaine de kilomètres (à pied - sigh !) d'après M. Golightly, et je ne m'en suis jamais remise, car je suis d'une faible constitution physique, comme la suite vous l'apprendra. Nos pas nous ont conduits à divers endroits de la ville que j'avais épinglés sur ma cartes des semaines auparavant, comme autant de bonheurs anticipés.
Un tropisme nous conduisit ici et là, dans une flânerie qui comportait peu d'improvisation, celle-ci viendrait plus tard. Du côté de chez Stevenson...

8 Howard Place. Son lieu de naissance, autrefois musée, aujourd'hui habitat privé. J'aime penser l'enfance des grands écrivains. Et l'enfance de Stevenson me fascine (souvenez-vous de son Baby Book). Je pourrais, une autre fois, muni de ce livre trouvé au Writers' Museum,


traverser Edimbourg en sa compagnie. Le 17 Heriot Row, où il vécut longtemps, attirera notre attention lorsque nous reviendrons à cette ville. Il y vécut plus longtemps et en conçut des souvenirs (Cf. Memoirs of Himself, 1880, Tusilata Edition). Aujourd'hui, la maison appartient à des particuliers et est reconvertie en Guest House.

Nous rendîmes aussi un irrévérencieux hommage à Doyle, que j'évoque souvent ici sur le ton de la camaraderie, alors qu'il faudrait en parler plus sérieusement...



Nous fîmes également halte à Castle Street, au 10 (désormais une banque)


et au 32,


où vécurent respectivement les Shelley (Harriet et non Mary) et Kenneth Grahame, pour finir par traquer l'ombre de l'inspecteur Rebus à l'Oxford Bar.


A SUIVRE...

***Petite note : à l'aéroport, je suis tombé nez à nez (en vérité, je ne peux pas m'empêcher de fouiner dans les endroits où il y a des livres, donc le hasard a peu de chances de n'être point mâtiné de certaine nécessité) avec un livre que j'ai commencé à lire dans l'avion du retour - afin de ne pas penser que j'étais dans un avion - et je me dois de vous en parler car je le trouve tout à fait délicieux. C'est assez rare qu'un petit livre de la sorte produise en moi un tel effet. Il s'agit de ce livre-ci :

Il est magnifiquement bien écrit dans sa simplicité. Ce n'est pas un grand livre (d'un point de vue du style ou de l'ambition littéraire), mais c'est un livre précieux, ô combien, qui vous parlera de l'essentiel, qui tient souvent à des choses si ténues que l'on ne peut les dire. Mais l'auteur, lui, a ce pouvoir. Je ne dis rien de plus. Après recherches, je découvre qu'il a été traduit en français chez Actes Sud.***

[Merci Jean-Christophe pour la magnifique carte trouvée à mon retour. ]

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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