John Franklin Bardin (1916-1981) Auteur à la biographie plutôt succincte. Personnage mystérieux à souhait à cause du peu que l'on sait de lui et à cause de ce que l'on devine ou croit deviner de lui en le lisant. Il a écrit une dizaine de romans, dont trois (ceux réédités chez Joelle Losfeld) sont des classiques du policier : La mort en gros sabots (The deadly percheron) , Le Diable l'emporte (Devil take the blue-tail fly ) et Qui veut la peau de Philip Banter ? (The last of Philip Banter). Je traduis de l'anglais son point de vue, exprimé en une citation souvent reprise : "Il y a un seul mobile à l'écriture d'un roman : être publié et lu. Selon moi, il n'y a aucune différence entre le roman à énigmes et le roman. La seule différence qui vaille, c'est celle qui existe entre les bons et les mauvais livres. Un bon livre emmène le lecteur dans un autre monde d'expérience ; il est en soi une expérience. Un mauvais livre, à moins que le style soit vraiment indigent, soutient l'attitude intransigeante du lecteur, qui consiste à ne pas tenter d'expérimenter un nouveau monde. Eu égard au fait qu'il y a des criminels, des psychopathes et des sociopathes dans tous mes romans, on peut dire que mes romans sont des thrillers psychologiques." Qui veut la peau de Philip Banter ? Un bon roman policier, peut-être le moins bon des trois, mais néanmoins un roman que tout amateur du genre aura plaisir à lire, et que les autres savoureront tout autant. Philip Banter est le héros ; il est marié sans passion à une femme, qui n'a guère d'épaisseur et qui entretient une relation trouble avec son père. Elle choisi pour époux le héros à la place d'un autre prétendant, Jeremy, qui est un ami du couple. Philip Banter est plutôt un anti-héros qu'un héros. Il est banal, mène une vie tout aussi banale et n'aspire à rien de bien extraordinaire. Par bien des aspects, il ressemble aux privés que l'on trouve dans certains romans américains : ennui, femmes et alcool sont le résumé de sa vie. Il collectionne donc les femmes par désoeuvrement et son épouse est complaisante, jusqu'à un certain point. Un matin, sur son bureau, il trouve une confession signée de son nom et censée relater les événements qui vont se passer le lendemain, bien que ladite confession soit écrite au passé. Etrange, n'est-ce pas ? Ce qui est plus étrange est que les événements prévus commencent à se produire le jour dit, bien que Philip Banter fasse tout pour éviter le déroulement des faits. Qui peut ainsi prévoir ce qu'il va faire le lendemain au point de l'écrire noir sur blanc ? Est-il fou et l'auteur de cette confession (et des suivantes, 3 au total) ou bien quelqu'un cherche-t-il à lui nuire, voire pire ? C'est à cette question que ce roman s'efforce de répondre. La réponse se tient en dernière page et elle n'a pas nécessairement l'allure qu'on pourrait lui prêter par avance. Le roman se lit d'une traite. L'écriture est fluide, tranchante, sans éléments superfétatoires, mais très soignée. Le procédé est chirurgical. La fin m'a un peu déçue mais j'estime grandement le roman.

Geoffrey Holiday HALL 
L’homme de nulle part (The End Is Known) - GRAND PRIX DE LITTÉRATURE POLICIERE 1953.
Nous n’avons que peu de renseignements sur la biographie de cet homme qui semble avoir écrit, par ailleurs, sous un autre pseudonyme. Il était américain.
L’homme de nulle part est un classique du genre, que l’on range aux côtés des meilleurs policiers, et qui a souvent été classé parmi les dix meilleurs romans de mystère jamais écrits. La dénomination pourrait induire en erreur, si l’on se fie au neuf dixièmes du roman. Certes, il y est bien question d’une enquête, celle du héros, mais point de criminels ou de meurtres à élucider, semble-t-il. Mais attention, ne pas trop se fier aux apparences, si claires soient-elles… Ce livre est du genre de ceux dont on ne peut rien dire sous peine de gâcher le travail de l’auteur, travail est qui, ma foi, un joli travail souterrain. J’ai cru avoir affaire à un bon roman, mais pas au point de crier au génie. Je l’ai lu rapidement, bien que le rythme qu’il imprimait à ma lecture fut lent. Je voulais savoir la même chose que le héros. Nous étions bien deux dans cette quête. Ce n’est que plus tard que j’ai compris l’habileté de l’auteur et que j’ai réévalué mon opinion : ce n’est pas un bon roman, c’est un très bon roman. Mais je ne vous dirai pas pourquoi. C’est à vous de le découvrir. La simplicité est une arme redoutable : on s’imagine être face à l’évidence et puis on tombe à cause de cette présomption. Revenons à l’histoire : un homme rentre chez lui pour voir un homme tomber de sa fenêtre. Celui-ci était venu lui demander de l’aide, il avait même prétendu, devant l’épouse, que son mari était le seul au monde à pouvoir l’aider. Puis, tout à coup, il s’est jeté par la fenêtre. Or, le mari ne connaissait pas cet homme. Il ne l’avait jamais rencontré. Ce mort va le hanter. Que lui voulait-il ? Comment aurait-il pu aider quelqu’un qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve ? Il va mener cette enquête, afin de déterminer l’identité de cet homme.
Ce livre n'est plus édité, mais on peut l'obtenir d'occasion...
Bandini, La route de Los Angeles, Demande à la Poussière et Rêves de Bunker Hill constituent une tétralogie pleine de feu et d'humanité, avec pour fil conducteur la vie du héros, le double de Fante, Bandini. Bukowski - dont une partie de sa correspondance inédite vient de sortir chez Grasset - a toujours considéré Fante comme son "maître". Effectivement, on retrouve un lien de parenté évident entre l'oeuvre des deux hommes. Mes deux livres préférés sont ceux dont je donne image dans ce billet. Ces romans sont très représentatifs de son oeuvre. Il y a une gouaille, un désespoir, un amour / haine de la vie qui transparaissent à chaque ligne, le tout saupoudré d'un humour mi-triste mi-gai. De ces lectures, il me reste un sentiment de nostalgie diffus mais tenace. J'ai lu une grande partie de l'oeuvre de Fante à un moment pénible de mon existence, où je me voyais bien dans la peau d'une ratée absolue, surtout du point de vue littéraire (c'est toujours le cas, mais je le vis mieux ; peut-être que je ne vais pas mieux, mais je vieillis, donc je suis confite dans l'acceptation de ma médiocrité), et cette lecture m'avait donné une leçon à la fois pour ma propre vie mais aussi sur ma manière d'écrire. En effet, j'ai découvert que la force d'une écriture ne réside pas nécessairement dans un style qui vous cloue le bec, mais aussi dans l'art d'être d'être pudiquement impudique, ce qu'est Fante, sans aucun doute. Quatrième de couverture : "Si vous avez des idées noires, plongez-vous dans Mon chien Stupide. Vous en sortirez revigoré. Le nouvel avatar de Fante, alias Bandini, est un quinquagénaire, vivant sur le bord du Pacifique avec sa femme et ses quatre enfants qui le font tourner en bourrique. Il recueille un énorme quadrupède, Stupide, un chien étrange qui complète la maisonnée. C'est à la fois drôle, ironique, tragique, bouleversant et merveilleusement écrit. A lire de toute urgence. " "Que ceux qui aiment Bukowski se précipitent ! Voilà du Bukowski du meilleur cru, dans une traduction parfaite, savoureuse et juste à point de Philippe Garnier, dont on ne vantera jamais assez les mérites ! A vrai dire, ce n'est pas du Bukowski, mais du John Fante, le type qui a influencé et fait verser des larmes d'admiration à Bukowski. Des histoires de loyer qu'on ne peut pas payer, et de bistrots minables où le café est pire que de l'eau de vaisselle. C'est à Los Angeles. C'est triste, c'est génial, c'est plein d'amour et ça se lit d'une traite. Hautement recommandé ! "



















J'ai découvert M. Ploog grâce au comic book Abadazad, offert par mon grand ami David. J'adore les rondeurs de ses coups de crayon, qui me mettent dans un état d'esprit particulier. L'association de son talent à l'hsitoire de Frank L. Baum nous offrent un très beau volume de saison.
Peu de gens savent que Baum a écrit autre chose que Le magicien d'Oz, et que ce dernier n'est qu'une histoire isolée dans une série.
Dommage...

Extrait du chapitre X de Margaret Ogilvy (traduit par mes soins) : Pendant des années, j’avais essayé de me préparer à la mort de ma mère, essayant d’imaginer comment elle serait susceptible de trouver la mort, imaginant en mon for intérieur le moment où elle mourrait. Bien que j’eusse conscience que c’était là une chose vaine à faire, je le faisais ; mais je suis sûr qu’il n’y avait rien de morbide là-dedans. J’espérais que je serais avec elle à la fin, non pas à la place de celui qu’elle regarderait en dernier, mais dans le rôle de celui vers lequel elle se tournerait afin qu’il prît soin de sa préférée ; ce ne serait pas mon bras mais celui de ma sœur qui l’enlacerait quand elle mourrait, ce ne serait pas ma main mais celle de ma sœur qui lui fermerait les yeux. Je savais que je risquais d’arriver trop tard jusqu’à elle ; je me vis ouvrir une porte, là où il n’y avait personne pour m’accueillir, et monter le vieil escalier jusqu’à sa chambre. Mais c’est que je n’avais pas prévu qui advint. (...)

Pendant ces dernières semaines, bien que nous ne le sussions pas, ma sœur était en train de mourir sur pied. Pendant de nombreuses années, elle avait donné sa vie à sa mère, peu à peu, à chaque instant : pendant une autre année, pendant un autre mois, et dernièrement pendant un autre jour, et maintenant elle était usée jusqu’à la corde.

«Je ne te quitterai jamais, mère !

- Bien sûr, je sais que tu ne me quitteras jamais. »

Je pensais que ce cri était pitoyable à l’époque, mais je n’étais pas supposé connaître totalement sa signification, jusqu’à ce qu’il ne fût plus que l’écho d’un cri. Regardant ces deux-là , tout se passait comme si ma mère s’était mise en route pour un nouveau pays et que ma sœur l’avait retenue en arrière. Mais j’ai une vision plus claire désormais. Ce n’est plus la mère qui est au premier plan, mais la fille, et elle crie : « Mère, vous vous attardez tellement à la fin que je n’en peux plus de vous attendre ! »

Mais elle ne savait pas plus que nous comment les choses étaient censées se passer ; si elle semblait lasse quand nous la rencontrâmes sur le perron, elle était encore la plus vive, la plus active des silhouettes dans la chambre de ma mère ; elle ne s’est jamais plainte, sauf quand elle dut partir sur ce chemin qui les sépara pendant une demi-heure. Avec quelle répugnance, elle mit son bonnet ! Combien de fois nous dûmes la presser de le faire ! Et combien de fois, n’étant pas partie plus loin que la porte d’entrée, elle revint aux côtés de sa mère. Quelquefois, quand nous regardions par la fenêtre, je ne pouvais m’empêcher de rire. Pourtant, avec de la peine dans le cœur, je la voyais se précipiter obstinément : pas un œil à droite ou à gauche, rien à l’esprit, sinon l’idée du retour. Il y avait toujours mon père à la maison, et personne n’avait un mari plus dévoué que lui, et souvent il y avait d’autres personnes : une fille, en particulier. Mais ils étaient peu nombreux à oser surveiller ma mère. Cette dernière leur enlevait jalousement la coupe des mains. Ma mère préférait mieux l’obtenir des mains de ma soeur. Nous savions tous cela. «Je les aime bien, mais je ne peux le faire sans toi. » Ma sœur, si peu égoïste en ce qui concernait toutes les autres choses, avait une infatigable passion pour faire étalage de cette coupe devant nous. C’était la riche récompense de sa vie.
Cette série des années 60 (1967-1968), qui doit presque tout à Patrick McGoohan, est sûrement l'une des meilleures que la télévision ait produite. A mon sens, c'est une oeuvre d'art à part entière. En 17 épisodes, cette série s'est imposée comme un culte dans la mémoire collective. Même si McGoohan a été contraint de terminer abruptement la série et même s'il existe une indéniable sur-interprétation de certains éléments de la part des fans, il n'en demeure pas moins que cette série est géniale de bout en bout. Et quand bien même ce serait par accident, cela n'enlève rien à la richesse du concept et de l'histoire qui en découle. Chacun peut projeter ses propres névroses sur les 17 épisodes et comprendre ce qui n'a probablement pas de sens absolu, mais qui demeure à jamais une énigme. N'est-ce pas cela la force d'une oeuvre : poser des questions sans donner de réponses définitives ? NE PAS LIRE CE QUI SUIT SI VOUS N'AVEZ PAS VU LA SERIE. Que le numéro 6 soit en réalité le numéro 1 m'est apparu très rapidement, parce qu'il me semblait que ce fût la seule possibilité intéressante. L'idée que le numéro 6 soit psychotique (paranoïaque et / ou schizophrène) est une possibilité, mais je lui préfère encore l'idée que le monde réel n'existe peut-être pas et qu'au contraire nous ne vivons que dans des doubles de la réalité, n'étant peut-être nous mêmes que des doubles d'originaux perdus... Ceci s'opposant, par exemple, à ce qu'écrit Clément Rosset, dont je révère le travail de philosophe (Le réel et son double). Quoi qu'il en soit, le numéro 1 est sans conteste le numéro 6. Mais la réciproque est-elle aussi facilement vraie ? :-) Il existe un certain nombre d' indices, qui préparent à la révélation finale, comme celui livré par l'épisode intitulé "Le retour", où l'on voit le numéro 6 revenir vers une copie de son appartement londonien, qui porte le numéro 1 sur sa porte... Ecouter le thème.
lundi 21 novembre 2005

Pour illustrer ce que Seb vient de m'écrire en privé quant au hasard ! Je parlais ici des deux vilaines filles qui firent croire à Conan Doyle qu'elles avaient photographié des fées. Je travaille "sur" James Matthew Barrie et j'ai été amené à acheter un livre auquel il a contribué, Princess Mary's Gift Book. Je viens de découvrir que les deux friponnes évoquées plus haut avait découpé les silhouettes desdites fées dans ce livre !!! Étonnant, non ? Le monde est ridiculement petit. Hasard ou coïncidences ? Cela me rappelle un film de Lelouch que j'adore.
J'aime bien faire des associations dans mes bibliothèques. D'où le titre de ce mini billet. Taniguchi est mon mangaka préféré, avec Tezuka. Rien de très original, je le crains. J'aime aussi certaines petites séries sentimentales (j'admets ce péché inavouable) comme Nana de Ai Yazawa ou encore Fruits basket de Natsuki Takaya. En matière de fantasy, j'ai une grande passion pour Robin Hobb, qu'elle publie sous ce pseudonyme ou sous le nom de Megan Lindholm. J'ai été captivée pendant plusieurs mois par les aventures de Fitz et celles du Fou, mais aussi par les Aventuriers de la mer (titre de la V.F.), plusieurs gros tomes que j'ai lus in extenso en V.O. l'année dernière. Ce fut un de mes plus gros chocs en matière de fantasy ces dernières années. L'écriture de Hobb est très classique, très raffinée, presque trop rigide, mais réellement élégante. C'est une conteuse sans équivalent. J'ai été réellement embarquée dans cette très longue aventure. J'y pense encore, de temps en temps, de loin en loin... J'ai beaucoup apprécié son roman, Le dernier magicien, l'ambiance dérangeante et réaliste de cette histoire, qui a quelques traits de parenté avec l'excellent Neverwhere de Neil Gaiman. On peut lui écrire ici. Elle s'occupe elle-même de son site internet.
J'ai eu ma première Pléiade à 18 ans. Depuis ce temps-là, j'en ai reçu péridioquement, avec la régularité que seule la fidélité peut oser sans risque de lasser. J'aime l'idée d'avoir plusieurs livres en un seul. J'aime ce rectangle de cuir, doré à l'or fin, j'aime le bruit que font les pages qui se décollent les unes des autres lorsqu'on déflore le livre pour la première fois. J'aime moins le papier bible, qui se froisse et s'abîme si l'on n'y prend pas garde, mais cela oblige à une certaine lenteur pour tourner les pages, cela me contraint à lire tout imbue de bonnes manières... :-) Les neuf volumes de Dickens sont les Pléiades dont je suis la plus fière, car certains sont épuisés et j'ai eu grand mal à les trouver. Tous les ans, j'attends l'album de la Pléiade, non réédité, et qui devient rare (et hélas fort cher) avec le temps et l'agenda qui me permettra de consigner livres et films aimés ou détestés dans l'année. Je reçois aussi La Lettre de la Pléiade, qui m'informe des nouveautés et je la range soigneusement avec ses jumelles. Je me souviens d'une anecdote très révélatrice de mon attachement à ces livres. Un jour, je déménageai à Paris et un ami m'avait installé des étagères. La première chose que je fis avant toute autre fut de disposer mes Pléiades en ce lieu. Or l'étagère me tomba sur la tête et mon premier réflexe ne fut pas de m'assurer de l'état de mon crâne mais de l'intégrité de mes livres !
J'aime beaucoup l'oeuvre de Jarmusch. J'ai fait sa connaissance, en tant qu'acteur, dans le film de Paul Auster et de Wayne Wang, Brooklyn Boogie. Je trouve que c'est un cinéaste très appliqué - dans le bon sens du terme, pas dans le sens laborieux. Ce film-ci est une ode au temps perdu. Précisément, le rythme lent (j'y reconnais la marche du temps tel que Ozu - qu'il admire - nous donne à vivre) et nostalgique du film rend hommage à tous les moments gâchés, les moments où l'on passe à côté de notre vie. Il n'y a pas d'artifices dans ce film. Tout y vrai et, si j'osais ce mot, pur. Un soupçon d'humour permet une légère respiration. Un beau film, nuancé comme l'existence humaine. Bill Murray est impeccable comme toujours, Sharon Stone étonnante de fraîcheur et Frances Conry (Ruth dans Six feet under) rajeunie ! A signaler le numéro 1 des "Intégrales ciné" des Inrock (pour une fois qu'ils font un truc que j'apprécie !) consacré entièrement à Jarmusch !
Dans un de mes colis en provenance d'un magasin en ligne, j'ai trouvé un coffret collector de Paul Verhoeven - dont je ne sais rien ! - c'est apparemment un cadeau pour l'achat de la saison 1 des Sopranos - série que je désire découvrir depuis un moment. Il y a quelques mois, j'avais reçu par erreur un coffret Godard (que j'aime modérement) à la place d'un coffret Chabrol. Cela m'avait permis de me forger une meilleure opinion de Godard. Espérons que je vais faire, dans ce cas-ci, une autre découverte intéressante...

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Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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