En complément de ce que j'écrivais, il y a quelques jours au sujet de Truffaut et de sa tombe, je joins cette photographie.
J'ai découvert M. Ploog grâce au comic book Abadazad, offert par mon grand ami David. J'adore les rondeurs de ses coups de crayon, qui me mettent dans un état d'esprit particulier. L'association de son talent à l'hsitoire de Frank L. Baum nous offrent un très beau volume de saison.
Peu de gens savent que Baum a écrit autre chose que Le magicien d'Oz, et que ce dernier n'est qu'une histoire isolée dans une série.
Dommage...
Extrait du chapitre X de Margaret Ogilvy (traduit par mes soins) :
Pendant des années, j’avais essayé de me préparer à la mort de ma mère, essayant d’imaginer comment elle serait susceptible de trouver la mort, imaginant en mon for intérieur le moment où elle mourrait. Bien que j’eusse conscience que c’était là une chose vaine à faire, je le faisais ; mais je suis sûr qu’il n’y avait rien de morbide là-dedans. J’espérais que je serais avec elle à la fin, non pas à la place de celui qu’elle regarderait en dernier, mais dans le rôle de celui vers lequel elle se tournerait afin qu’il prît soin de sa préférée ; ce ne serait pas mon bras mais celui de ma sœur qui l’enlacerait quand elle mourrait, ce ne serait pas ma main mais celle de ma sœur qui lui fermerait les yeux. Je savais que je risquais d’arriver trop tard jusqu’à elle ; je me vis ouvrir une porte, là où il n’y avait personne pour m’accueillir, et monter le vieil escalier jusqu’à sa chambre. Mais c’est que je n’avais pas prévu qui advint.
Pendant ces dernières semaines, bien que nous ne le sussions pas, ma sœur était en train de mourir sur pied. Pendant de nombreuses années, elle avait donné sa vie à sa mère, peu à peu, à chaque instant : pendant une autre année, pendant un autre mois, et dernièrement pendant un autre jour, et maintenant elle était usée jusqu’à la corde.
«Je ne te quitterai jamais, mère !
- Bien sûr, je sais que tu ne me quitteras jamais. »
Je pensais que ce cri était pitoyable à l’époque, mais je n’étais pas supposé connaître totalement sa signification, jusqu’à ce qu’il ne fût plus que l’écho d’un cri. Regardant ces deux-là , tout se passait comme si ma mère s’était mise en route pour un nouveau pays et que ma sœur l’avait retenue en arrière. Mais j’ai une vision plus claire désormais. Ce n’est plus la mère qui est au premier plan, mais la fille, et elle crie : « Mère, vous vous attardez tellement à la fin que je n’en peux plus de vous attendre ! »

J'aime bien faire des associations dans mes bibliothèques.
D'où le titre de ce mini billet.
Taniguchi est mon mangaka préféré, avec Tezuka. Rien de très original, je le crains. J'aime aussi certaines petites séries sentimentales (j'admets ce péché inavouable) comme Nana de Ai Yazawa ou encore Fruits basket de Natsuki Takaya.
En matière de fantasy, j'ai une grande passion pour Robin Hobb, qu'elle publie sous ce pseudonyme ou sous le nom de Megan Lindholm.
J'ai été captivée pendant plusieurs mois par les aventures de Fitz et celles du Fou, mais aussi par les Aventuriers de la mer (titre de la V.F.), plusieurs gros tomes que j'ai lus in extenso en V.O. l'année dernière. Ce fut un de mes plus gros chocs en matière de fantasy ces dernières années. L'écriture de Hobb est très classique, très raffinée, presque trop rigide, mais réellement élégante. C'est une conteuse sans équivalent. J'ai été réellement embarquée dans cette très longue aventure. J'y pense encore, de temps en temps, de loin en loin...
J'ai beaucoup apprécié son roman, Le dernier magicien, l'ambiance dérangeante et réaliste de cette histoire, qui a quelques traits de parenté avec l'excellent Neverwhere de Neil Gaiman.
On peut lui écrire ici. Elle s'occupe elle-même de son site internet.
J'ai eu ma première Pléiade à 18 ans. Depuis ce temps-là, j'en ai reçu péridioquement, avec la régularité que seule la fidélité peut oser sans risque de lasser. J'aime l'idée d'avoir plusieurs livres en un seul. J'aime ce rectangle de cuir, doré à l'or fin, j'aime le bruit que font les pages qui se décollent les unes des autres lorsqu'on déflore le livre pour la première fois. J'aime moins le papier bible, qui se froisse et s'abîme si l'on n'y prend pas garde, mais cela oblige à une certaine lenteur pour tourner les pages, cela me contraint à lire tout imbue de bonnes manières... :-)
Les neuf volumes de Dickens sont les Pléiades dont je suis la plus fière, car certains sont épuisés et j'ai eu grand mal à les trouver.
Tous les ans, j'attends l'album de la Pléiade, non réédité, et qui devient rare (et hélas fort cher) avec le temps et l'agenda qui me permettra de consigner livres et films aimés ou détestés dans l'année.
Je reçois aussi La Lettre de la Pléiade, qui m'informe des nouveautés et je la range soigneusement avec ses jumelles.
Je me souviens d'une anecdote très révélatrice de mon attachement à ces livres. Un jour, je déménageai à Paris et un ami m'avait installé des étagères. La première chose que je fis avant toute autre fut de disposer mes Pléiades en ce lieu. Or l'étagère me tomba sur la tête et mon premier réflexe ne fut pas de m'assurer de l'état de mon crâne mais de l'intégrité de mes livres !
J'aime beaucoup l'oeuvre de Jarmusch. J'ai fait sa connaissance, en tant qu'acteur, dans le film de Paul Auster et de Wayne Wang, Brooklyn Boogie. Je trouve que c'est un cinéaste très appliqué - dans le bon sens du terme, pas dans le sens laborieux.
Ce film-ci est une ode au temps perdu. Précisément, le rythme lent (j'y reconnais la marche du temps tel que Ozu - qu'il admire - nous donne à vivre) et nostalgique du film rend hommage à tous les moments gâchés, les moments où l'on passe à côté de notre vie.
Il n'y a pas d'artifices dans ce film. Tout y vrai et, si j'osais ce mot, pur. Un soupçon d'humour permet une légère respiration.
Un beau film, nuancé comme l'existence humaine.
Bill Murray est impeccable comme toujours, Sharon Stone étonnante de fraîcheur et Frances Conry (Ruth dans Six feet under) rajeunie !
A signaler le numéro 1 des "Intégrales ciné" des Inrock (pour une fois qu'ils font un truc que j'apprécie !) consacré entièrement à Jarmusch !
Quelques chapitres...
Les roses du Pays d'Hiver
Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.
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Qui suis-je ?
- Holly Golightly
- Never Never Never Land, au plus près du Paradis, with Cary Grant, France
- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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Où Peter Pan rencontre son double féminin...
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