Je ne connais pas d'équivalent dans l'histoire du cinéma en ce qui concerne l'art de la catastrophe, qui est le leur. Hormis, peut-être, bien sûr, un film délirant, le film le plus délirant au monde : j'ai nommé Hellzapoppin de H.C. Potter. On a beau ne voir ce film qu'une seule fois dans sa vie, il est impossible de l'oublier. Imaginez une boule de neige qui ne cesse de grossir et vous aurez une idée de l'ampleur des dégâts !
A la différence d'autres acteurs burlesques [burlesque : de l'italien, burla, « moquerie », «plaisanterie », forme de comique caractérisée par une exagération du ridicule], il n'y a jamais de fond de tristesse ou d'amertume dans les films des Marx. Le comique n'est pas là pour pallier le tragique de l'existence humaine. C'est un comique pur, sain, un signe de bonne santé vitale et psychique. Tandis que chez Chaplin, Keaton, Llyod ou Langdon, le burlesque des situations expose plutôt un acharnement du réel contre le sujet humain.
Citations : "Ne vous fiez pas aux couples qui se tiennent par la main. S'ils ne se lâchent pas c'est parce qu'ils ont peur de s'entre-tuer."
"Un homme : j'ai épousé ma femme en secret.
Groucho : En secret ? Vous ne lui avez pas dit ? Pas étonnant qu'elle sorte avec d'autres hommes."
Groucho Marx
- "Pour un glissement vers l'examen du mérite, v. à propos du titre Les Hauts de Hurlevent, traduction non littérale du titre du roman Wuthering Heights d'Emily Brontë, le constat que le titre était une trouvaille rendant de manière approchante, musicale et inquiétante, l'atmosphère angoissante du titre originale. "
Chaque année, pendant la période qui précède Noël, j'aime lire Dickens. Je ne manque jamais de sacrifier à cette tradition, car je n'oublie pas que Dickens est en quelque sorte celui qui donna à Noël ses plus beaux atours.
Petite anecdote à ce sujet : Paul Davis, dans son livre intitulé The Lives and Times of Ebenezer Scrooge relate cette anecdote bien connue, véhiculée par Theodore Watts-Dunton, pour la première fois (en 1870), selon laquelle il marchait dans le quartier (populaire) de Drury Lane, près du marché de Covent Garden, le 9 juin de cette année-là, quand il entendit la réaction d’une petite fille à l’annonce de la mort de Dickens. « Dickens est mort ? Alors, le Père Noël l’est aussi ? » Ceci pour prouver que Dickens a grandement contribué à la renaissance des traditions de Noël qui étaient en voie de disparition. La neige, le vent, la dinde fumante et tous les autres (sympathiques) clichés doivent beaucoup à la plume chaleureuse et acérée de Dickens.
Bleak House ( dont le titre est doté d'une TRES BELLE traduction française : La maison d'âpre-vent) est le roman le plus étrange de Dickens, peut-être mon préféré, mais également le moins "abordable" de front et le plus massif. A la fois écrit à la première personne du singulier et d'une manière impersonnelle, le roman relate - entre autres ! - le récit d'un interminable procès pour l'obtention d'un héritage (le procès Jarndyce contre Jarndyce). Beaucoup considèrent que Bleak house est le meilleur roman de Dickens et je suis presque de ceux-là. Disons que je mets ce livre à part, parce qu'il est échevelé, palpitant, noir et très collinsien. Sa tructure est extrêmement complexe. Dickens tire tant de fils autour de ses personnages- marionnettes que l'on a presque peur qu'il ne finisse pas ne plus retrouver LE fil conducteur. Bien sûr, cette crainte est infondée, car Dickens est le meilleur. Je doute plus de Dieu que de lui. Beaucoup d'images sont gravées dans mon esprit lorsque l'on nomme devant moi La maison d'âpre-vent. Tout le monde se souvient, au moins, de cette intrigante mort par "combustion spontanée" dont je reparlerai !
Je relisais tout à l'heure les pages que lui consacre Sylvère Monod, dont le nom évoque beaucoup d'agréables souvenirs mais aussi d'envie. Je crois bien que Dickens est, après Louis-Ferdinand Céline, la personne qui a le plus compté dans ma vie.
En complément de ce que j'écrivais, il y a quelques jours au sujet de Truffaut et de sa tombe, je joins cette photographie.
J'ai découvert M. Ploog grâce au comic book Abadazad, offert par mon grand ami David. J'adore les rondeurs de ses coups de crayon, qui me mettent dans un état d'esprit particulier. L'association de son talent à l'hsitoire de Frank L. Baum nous offrent un très beau volume de saison.
Peu de gens savent que Baum a écrit autre chose que Le magicien d'Oz, et que ce dernier n'est qu'une histoire isolée dans une série.
Dommage...
Extrait du chapitre X de Margaret Ogilvy (traduit par mes soins) :
Pendant des années, j’avais essayé de me préparer à la mort de ma mère, essayant d’imaginer comment elle serait susceptible de trouver la mort, imaginant en mon for intérieur le moment où elle mourrait. Bien que j’eusse conscience que c’était là une chose vaine à faire, je le faisais ; mais je suis sûr qu’il n’y avait rien de morbide là-dedans. J’espérais que je serais avec elle à la fin, non pas à la place de celui qu’elle regarderait en dernier, mais dans le rôle de celui vers lequel elle se tournerait afin qu’il prît soin de sa préférée ; ce ne serait pas mon bras mais celui de ma sœur qui l’enlacerait quand elle mourrait, ce ne serait pas ma main mais celle de ma sœur qui lui fermerait les yeux. Je savais que je risquais d’arriver trop tard jusqu’à elle ; je me vis ouvrir une porte, là où il n’y avait personne pour m’accueillir, et monter le vieil escalier jusqu’à sa chambre. Mais c’est que je n’avais pas prévu qui advint.
Pendant ces dernières semaines, bien que nous ne le sussions pas, ma sœur était en train de mourir sur pied. Pendant de nombreuses années, elle avait donné sa vie à sa mère, peu à peu, à chaque instant : pendant une autre année, pendant un autre mois, et dernièrement pendant un autre jour, et maintenant elle était usée jusqu’à la corde.
«Je ne te quitterai jamais, mère !
- Bien sûr, je sais que tu ne me quitteras jamais. »
Je pensais que ce cri était pitoyable à l’époque, mais je n’étais pas supposé connaître totalement sa signification, jusqu’à ce qu’il ne fût plus que l’écho d’un cri. Regardant ces deux-là , tout se passait comme si ma mère s’était mise en route pour un nouveau pays et que ma sœur l’avait retenue en arrière. Mais j’ai une vision plus claire désormais. Ce n’est plus la mère qui est au premier plan, mais la fille, et elle crie : « Mère, vous vous attardez tellement à la fin que je n’en peux plus de vous attendre ! »
Quelques chapitres...
Les roses du Pays d'Hiver
Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.
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- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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