De retour de Londres, j'ai commandé cet ouvrage sur Amazon anglais et je suis retenue prisonnière à l'intérieur de ce gros livre qui devrait m'être très utile pour préparer mes prochaines excursions londoniennes. 
Lors de notre promenade dans Hampstead (cf. les billets précédents), nous fîmes plusieurs haltes afin de rendre hommage à quelques nobles personnages. 
La preuve en images ! 

New Grove House : 28 Hampstead Grove, NW3.





Non loin de là, Cannon Hall : 14 Cannon Place, NW3.




À cinq minutes d'Adelaide Road, dans Camden Town, abritée par un large portail, la maison d'Arthur Rackham (16 Chalcot Gardens, NW3), elle, n'était pas accessible, et n'étant pas munis d'échasses (je les avais oubliées à l'hôtel, car il est évident que je ne voyage jamais sans une paire), nous n'avons pu que jeter un oeil indiscret par une fente... 



TO BE CONTINUED...

Vendredi, après avoir visité Adelphi, nous quittâmes le Strand pour rejoindre le quartier de Hampstead...





[Vous pouvez agrandir toutes les images d'un simple "clic".]

Il ne faut pas confondre le cimetière de l'église St John à Hampstead et le cimetière de Hampstead, le second est municipal (a cemetery) et le premier attenant à une église (a churchyard qui est, ici, également a graveyard, ce qui n'est pas toujours le cas ; Barrie, lui, emploierait le mot scots "kirkyard"). Je remercie Christine de m'avoir expliqué la différence, sinon j'aurais probablement confondu les deux endroits et me serais rendue illico presto au Hampstead Cemetery et n'aurais pas trouvé les tombes sur lesquelles je désirais m'incliner, à savoir celles des Llewelyn Davies...

Arthur et Sylvia reposent ici, ainsi que Jack (John) et Peter (ses cendres y sont enterrées) – George, mort au combat, est enterré en Belgique (je me rendrai là-bas un jour), à Voormezeele (cf. la base de données d'Andrew Birkin afin de voir des photographies de sa tombe).


J'ai ressenti une vive émotion devant cette tombe. Je pense presque chaque jour à Sylvia Llewelyn Davies.  Je ne suis pas certaine que beaucoup d'êtres en ce monde puissent comprendre mes dévotions. Et je ne le leur demande pas. Mais j'entretiens mes propres autels pour quelques morts auxquels je suis attachée... C'est une forme de foi et de respect. 
Oui, de foi. 
Il y a en moi une foi terrible, inflexible et brûlante qui tient autant de la croyance pure et magique de l'enfant que du désespoir d'une très vieille personne qui a tout perdu. Je ne sais pas quand ce sentiment est né en moi, mais tout a commencé avant mes huit ans, j'en suis certaine. Une foi sans Dieu, qui ne repose que sur les sables du désir, sans cesse menacée par les vents de la raison, mais qui jamais ne s'effondre tout à fait. Cette foi est une espèce de miracle, un don que j'ai découvert très tôt. 
Aucun être en ce monde ne meurt tout à fait s'il demeure une personne qui en conserve le souvenir.
C'est la seule immortalité dont je sois sûre. Et encore est-elle bien fragile puisqu'elle est abritée par un coeur de glace, qui, jamais, ne se brise de chagrin – le temple de chaque homme. 
Dans ma propre existence, j'ai rencontré une femme qui a beaucoup de points communs avec Sylvia, une amie très chère, mère elle aussi de cinq enfants. Je lui dois tant et, en premier lieu, d'avoir moins peur des autres. J'aime à croire que Barrie me l'a envoyée... Je n'étais pas aveugle au point de ne pas la reconnaître. Bien avant la naissance de notre enfant, c'est au sein de son foyer que j'ai senti l'odeur de la nursery, l'endroit où naissent les rêves d'enfants. Notre enfant est apparu le jour de sa fête... Si cela ne tient pas un peu du prodige... 


Détails :




Michael est enterré à quelques pas d'eux : 

Détail :



Sa tombe est en assez mauvais état et mériterait que l'on s'y attarde afin que son nom ne devienne pas tout à fait illisible dans les années à venir. 
Je ne sais d'où me vient ce souci des tombes, sinon de ma foi, et de l'impérieux besoin de préserver la mémoire d'êtres disparus que je n'ai pas connus. J'y vois un symptôme jamesien – le thème de L'Autel des Morts, idée vive mise en images par Truffaut dans La chambre verte, un film vénéré. 
{Christine m'a remis en mémoire ce livre de David Lodge que j'avais adoré, 
lorsque je l'avais lu lors de sa parution et qui évoque la figure de Henry James et celle de George du Maurier...}

Paisible, notre enfant observe et sourit. Je n'imaginais pas qu'un enfant pût être aussi calme et serein. Je ne lui ai, selon toute vraisemblance, rien légué de mon caractère. Dieu merci !

Lorsque l'on pénètre dans ce joli petit cimetière, on tombe nez à nez avec la tombe de George du Maurier, le père de Sylvia. Il n'est pas seul sous terre, puisqu'il est accompagné par sa femme, Emma, et leur fils Gerald (l'immortel Captain Hook), père de Daphne du Maurier.



Vous pouvez contempler les photographies de Christine sur le même sujet, et d'autres en lien avec Barrie, ici. Je vous recommande également cette page-ci

***

N.B. : L'une des (nombreuses) épouses de Rex Harrison, Kay Kendall, est également enterrée là-bas, parmi d'autres gloires... 

TO BE CONTINUED... 
mardi 24 mai 2011
[J'ignore pourquoi Blogger ne laisse apparaître que mes quatre derniers billets en page d'accueil... Pour lire l'intégralité du récit londonien, cliquez sur mai 2011, dans la liste à droite de votre écran...]

Jeudi, nous avions rendez-vous avec Christine afin de visiter le GOSH, le fameux hôpital pour enfants auquel Barrie légua tous ses droits (et ma compréhension de toutes les implications légales de ce don, je le crains, n'était pas parfaite...) concernant Peter Pan. Notre ami anglais Robert s'était joint à nous. J'ai été frappée par les teintes très gaies et chaleureuses de l'hôpital. Je dois préciser que je suis effrayée par les hôpitaux – j'y ai passé plus de deux ans de ma vie et le simple mot me donne des frissons. Or je n'ai ressenti aucune angoisse, bien au contraire. Il se dégage du lieu une grande sérénité. Les petits brancards comportent même des motifs délicats (des oursons, par exemple). Tout est fait pour que le jeune patient soit rassuré. Il y a même des aires de jeu, un café Peter Pan... 
L'hôpital s'étend sur le quartier en un vaste puzzle au sein duquel je serais bien incapable de me repérer. 
J'ai appris que l'hôpital mettait gratuitement à disposition des parents qui habitent loin de l'hôpital un hôtel gratuit. Cette délicate attention vous en dira plus qu'un long discours de ma part. 
Christine m'a offert ce livre que j'ai commencé à parcourir et que je vous recommande chaudement :

The Remarkable Story of Great Ormond Street Hospital par Kevin Telfer, déjà auteur de ce livre-ci.
Il y est, bien sûr, question de Barrie passim. L'ouvrage est abondamment illustré et relate l'histoire de l'hôpital et les faits notables.
J'ai noté la présence de deux plaques qui m'ont émue.



Surtout celle-ci...


Au sein de l'hôpital, il y a une chapelle magnifique que nous avons le bonheur de pouvoir visiter. J'ai scanné la documentation, qui raconte l'extraordinaire voyage de la chapelle d'un site de l'hôpital à l'autre !







Je vous en livre quelques clichés maladroits, afin de vous donner un aperçu du lieu. Les bancs de la chapelle sont à la hauteur des enfants. Petit détail que je prise fort.











Charles Dickens fut, à l'instar de Barrie, un ami de l'hôpital.








Si vous êtes très attentif à ce cliché-ci, vous reconnaîtrez peut-être Alice in Wonderland telle que la dessina Sir John Tenniel...





Le GOSH possède sa propre statue de Peter Pan... Elle est assez particulière... Elle a été créée par Diarmuid Byron O'Connor. 






La présence de Barrie est célébrée en maints endroits de l'hôpital et cela m'a fait très chaud au coeur. 

Il y avait même une petite exposition, vestige des 150 ans de Barrie :

(J.M.B. et Cynthia Asquith)

Les collectionneurs reconnaîtront l'édition de Peter and Wendy illustrée par Gwynedd M. Hudson.





Je vous laisse en compagnie de Christine (qui est parfaitement bilingue – je suis très envieuse, cela va sans dire !) qui me présente Coram's Fields... Je vous renvoie également à ce lien.


Je vous indique également l'existence de la page Flickr de Christine et du GOSH.

TO BE CONTINUED...

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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