Les roses de décembre...
« Vous cheminez parmi l’étrange, sans le savoir. Vous marchez et parlez avec ces spectres, pensant qu’ils appartiennent à votre monde, jusqu’à ce que, peut-être, ils vous jouent de sales tours… » (J.M.B.)

Où il est question de JAMES MATTHEW BARRIE (qui donne son nom à ce JIACO), de littérature (en particulier victorienne, mais pas exclusivement), de cinéma, de philosophie et de quelques autres petites choses qui font de mon existence un berceau pour les fées ... [Photographies offertes par Andrew Birkin - Possesseurs de MAC, utilisez de préférence SAFARI pour lire ce Journal Intime à Ciel Ouvert ! Les commentaires anonymes sont systématiquement effacés.]

lundi 30 janvier 2006
Pride and Prejudice

Je suis une lectrice assidue et admirative de Jane Austen. Je me languis toujours du second volume de la Pléiade, qui se fait très attendre... Les livres de la Pléiade sont des coquets. Espérons qu'il sortira avant ma mort.
Je ne suis pas la seule, il faut croire, à priser fort le style de Jane A. !
J'ai commandé le DVD du téléfilm produit par la BBC. Je n'ai pas encore eu le temps de le visionner, mais mon préjugé est favorable si j'en crois les éloges de Béné.

Il me semblait naturel de voir le film de Joe Wright. Encore un cinéaste que je n'ai pas le plaisir de mieux connaitre. L'affiche du film attire l'oeil et n'est pas mensongère : elle dit l'esprit élégant du film.
Contrairement à la dernière adaptation d'un classique anglais que j'ai eu l'heur de voir, ce film est parfait. Rien de moins. La mise en scène est intelligente, la réalisation somptueuse : il y a des plans continus d'une hardiesse à couper le souffle. Que dire de la scène du bal qui représente à elle seule des difficultés sans nombre pour la caméra ? Le travail de la photographie est impressionnant. J'ignore comment l'on peut donner naissance à un tel prodige. Les décors sont magnifiques, aucun acteur n'est déplacé dans ce jeu subtile de l'amour et de l'intelligence ; l'esprit austenien est respecté. Il y a une puissance joyeuse dans ce film qui sourd et pourtant ce monde-là n'a rien d'idyllique. Se marier pour une femme, à l'époque, était la seule ambition raisonnable. Et, si possible, avec un homme ayant une fortune... Difficile d'être romantique dans ces conditions. Et pourtant...
Avec la meilleure volonté du monde, je ne saurais faire grise mine. Keira Knightley est une Elizabeth Bennet presque trop belle (j'imaginais l'héroïne d'Austen bien moins gracieuse) mais elle porte le film avec l'élan de sa jeunesse. Son charme réside, entre autres, dans le petit défaut de la numéro 22 (entendez sa dent numéro 22, en léger décalage avec les autres).

M. Darcy, quant à lui, est sûrement une image possible de l'homme idéal : un homme qui ne sait dire les mots d'amour que la mâchoire crispée ; un homme loyal, généreux et sensible à l'extrême ; un homme qui ne sentimentalise pas pour rien mais néanmoins un homme romantique.
Que le goût de l'amour d'antan devait être doux ! Que l'amour donnât de l'esprit et de la noblesse me paraît la moindre des choses.

Ma scène préférée : le baiser que dépose Elizabeth sur la main de M. Darcy, lorsqu'il la demande en mariage pour la seconde fois.
Et que dire de ce baiser non épanoui lorsque leurs deux front se touchent et que la pudeur les retient ?
Je suis une néo-romantique. Je n'y puis rien.
Nous touchons au sublime dans ces instants.



18 Comments:
Anonymous Clarabel said...
Waouh !!! J'y cours !..

Mais pourquoi n'y suis-je pas déjà d'ailleurs ???

...

;p

Blogger Béné said...
Tiens, justement, moi, j'y vais un peu à reculons... J'ai peur d'être très déçue par rapport à mes attentes !

Blogger Holly Golightly said...
Oui, on se demande Clarabel !!! :-)


Je ne pense pas que tu seras déçue, Béné. Enfin, je formule le voeu pour que ce ne soit pas le cas.
J'imagine mal que tu n'aimes pas.

Blogger Audrey Hepburn said...
Tu évoques La Pléïade, mais la collection reliée chez Oxford n'est pas mal non plus, avec de surcroît de jolies couvertures.

Blogger Holly Golightly said...
Rien de plus beau que la Pléiade, c'est impossible.
Je suis amoureuse de mes volumes.

Blogger Siréneau said...
Bonsoir Holly!
Oui! oui! j'ai partagé cette émotion! Quel charme cette dent N° 22, comment n'en pas être mordu! Ce film m'a fait revivre, plus intensément encore, le plaisir que m'avait procuré Raison et Sentiments (Emma Thompson etKate Winslet...)
Et pourtant, curieusement, je ne me suis pas identifié à M Darcy, mais à Mr Bennet, formidable Donald Sutherland!!! Le temps à passé, il a vieilli, comme moi, il a bien vieilli, ce garçon surdoué qui me ravissait dans "de l'or pour les braves" à côté de Clint Eastwood, Il est si bien, Mr Bennet, je me suis délecté de cette scène "je ne t'aurais jamais laissé xxxx vers un xxx que tu n'xxxx pas..."
Dois-je lire le roman???

Blogger Holly Golightly said...
J'adore vos xxx ! :-)
Ah, oui, le roman est indispensable !!!! J'aime tant Jane Austen...

Anonymous Anonyme said...
Quelle horreur que ce film de joe Wright ! Etant fan de Jane Austen, et ayant vu la version BBC qui est somptueuse, j'avais certes de grosses attentes, mais là, je trouve que le film n'a presque rien de bien. Bingley est l'idiot du village, Darcy a l'air totalement coincé et mou comme une guimauve, il trouve tout de suite Elisabeth "très acceptable". Elisabeth est proche de l'hystérie et est une insupportable petite niaise qui se prend pour un lion. La barrière entre les membres ridicules de la famille bennet et les autres est inexistante, même le père écoute aux portes... de ce fait, on ne peut même pas rire du ridicule de certaines scènes, alors que le roman est plein d'humour. Wickham, dont le mensonge est capital dans le livre est inexistant. Les deux héros crèvent d'amour l'un pour l'autre dès le début. Et la déclaration sous la pluie est totalement pathétique et décalée. Ce n'est pas l'adaptation d'un roman austenien, c'est un film à la sauce hollywoodienne, avec l'arrivée du "beau" mâle dans la brume du matin. Giorgiana est totalement écervelée... Keira Knightley passe le film à ricanner niaisement ou à crier en ayant l'air plus effrayée que sûre d'elle ou en colère. Jane Austen donnait de l'intelligence aux femmes, Joe Wright les a réduites à l'idée que l'on s'en faisait en 1797. Je ne suis pas du tout critique d'ordinaire, et je pense que si je n'avais pas lu le livre, je l'aurais trouvé sympathique, mais là c'est impossible...

Blogger Holly Golightly said...
C'est votre opinion. Dommage que vous n'ayez pas signé votre message !
Personnellement, je suis une grande lectrice de Jane Austen et je connais l'adaptation remarquable de la BBC, et j'ai beaucoup aimé ce film.
Quoi que vous en disiez, l'esprit d'Austen est respecté. A mes yeux en tout cas. Je crois que nous n'avons pas vu le même film si je me fie au contenu de votre message !
Je pourrais développer une argumentation mais votre message anonyme ne m'en donne pas envie.

Anonymous Céline said...
Toutes mes excuses pour n'avoir pas signé, cela provient du fait que j'ai choisi une mauvaise identité. C'était la première fois que je venais sur ce blog. Aucune volonté agressive gratuite ! Je suis curieuse de savoir en quoi l'esprit du livre est respecté, car personnellement, ça m'échappe totalement. Pour moi, Joe Wright ne raconte pas la même histoire que Jane Austen, même si ce sont les mêmes noms. En espérant un éclaircissement malgré mon manque de civilité...

Blogger Holly Golightly said...
Message d'un Céline à une autre Céline.
Techniquement, l'histoire est filmée magnifiquement. Certains plans m'évoquent Gainsborough. Je vois mal comment on peut le contester. Sur ce point, le cinéaste est déjà fidèle à Austen.
On ne peut pas comparer avec la version de la BBC (indépassable) qui dure des heures avec ce film, qui a une durée plus limitée. Il y a contrainte de condenser les événements.
Quant à l'adaptation en général d'un roman aimé, elle est toujours susceptible de décevoir.
Si Austen prête de l'intelligence aux femmes, elle n'en prête pas à toutes les femmes et son ironie est mordante. La seule occupation de ces femmes est de se trouver un mari. Et c'est le sujet d'une grande partie de ses écrits tout de même ! Je retrouve cette causticité dans le regard du spectateur, regard guidé par le réalisateur.
Je ne pense pas EliZabeth hystérique, bien au contraire ; elle est enthousiaste, fraîche, belle, mais circonspecte.
Darcy n'est pas une guimauve (pardonnez mais j'adore la guimauve) mais noble et triste. Il ne vaut pas Colin Firth, mais il a des qualités indéniables. Et les deux héros d'Austen s'aiment aussi dès le début, bien qu'implicitement. Je l'ai toujours compris ainsi ! Le rejet est trop vif pour n'être pas mauvaise foi.
Je crains que nous n'ayons pas la même définition du pathétique. Wickham absent ??????????? Vous êtes-vous endormie ?
A la base, Austen s'inspire de Shakespeare, elle reprend à son compte la comédie romantique. Je ne vois pas en quoi le film trahit. Au contraire... Je suis désolée de ne point partager votre sentiment, qui est tout aussi libre de s'exprimer que le mien, qui a autant de valeur ou davantage que le mien, je ne le conteste pas le moins du monde.
Je crois me souvenir que les critiques étaient partagées à la sortie du film : élogieuses à l'extrême ou pleines de fiel.
Ceci prouvera, au moins, qu'il y a matière à débattre.
Bien à vous.

Blogger Holly Golightly said...
P.S. : une lectrice de Jane Austen est toujours, potentiellement, mon amie.

Anonymous Céline said...
Pour ce qui est de la façon dont est filmé le film, je n'ai rien à redire. Je suis extrêmement virulente à l'égard d'orgueil et préjugés 2005, et je ne lui concède des qualités qu'à contre coeur, sans doute en raison de mon tempérament entier qui me fait nécessairement soit haïr soit adorer. Mais il y a des points sur lesquels je ne parvient pas à être convaincue. Quand je dis que Jane Austen a donné de l'intelligence aux femmes, je pensais à Elizabeth, bien évidemment. Or, elle ne cesse de ricanner tout au long de la première partie du film un peu comme une greluche, ce qui est loin de sa description comme jeune fille réfléchie. Certes, il m'arrive à moi aussi de rire bêtement, et je ne me considère pas (heureusement, même si c'est à tort) comme une greluche, et je peux comprendre que même une Elizabeth Bennet peut avoir cette attitude. En revanche, quel dommage de montrer cet aspect du personnage qui n'est pas ce qui le caractérise le mieux !
Bien sûr que Darcy et Elizabeth s'aiment dès le début, mais dans le film, dès le bal de Netherfield, et surtout dès la scène sous la pluie, Elizabeth semble prête à se laisser envoûter par Darcy, alors que c'est là que son préjugé est le plus fort. Ils sont à deux doigts de s'embrasser !!!
Quant à Whickam, il me semble indéniable qu'il n'a pas le rôle qui devrait être le sien. C'est tout de même sa faute en grande partie, si Elizabeth a si mauvaise opinion de Darcy.
Et puis, d'un point de vue personnel, je n'aurais pas été contre le fait de voir un peu plus ce charmant jeune homme... malgré son horrible chouchou bleu (il avoue lui même être incapable de choisir un bon ruban cependant, donc je ne mettrais pas ça sur le compte du mauvais goût de la personne chargée des costumes...).
D'ailleurs, ce passage entre parenthèse est mignon, mais cela me permet de dire une nouvelle fois combien cette adaptation est décevante pour moi, puisque les passages drôles du film ne sont pas ceux du roman.
Je reconnais que ce film est sympathique, mais on ne peut à mon sens que souffrir quand on cherche à trouver là une adaptation du roman éponyme.
Bien à vous (toi, je n'aime pas trop vouvoyer, et je déteste qu'on me vouvoie, surtout quand je parle avec une austenienne, qui plus est, une Céline austenienne !!!)

Blogger Holly Golightly said...
Je n'ai rien contre le voussoiement ou le tutoiement. Le premier me semblait plus adapté à l'époque d'Austen.
Justement, nous n'avons pas la même perception d'Elizabeth. Tu la vois comme une oie gloussante, je la perçois comme une jeune personne fière, endimanchée par ses préjugés. Ses rires conviennent à son tempérament de jeune personne émerveillée, innocente.
Wickham joue son rôle de salaud, que je sache !
Arrivées au point où nous en sommes, il faudrait analyser scène après scène pour déterminer qui de nous deux est la plus proche de la vérité. :-)
J'aime ce film. Austen est mon amie depuis bien longtemps. La littérature anglaise est de très loin celle qui me plaît le plus. Je pense mon jugement quelque peu éclairé, mais je n'ai aucune intention de convaincre qui que ce soit des vertus de ce long métrage.
J'ai ressenti la tension entre les deux héros de la même manière que dans le roman. Je suis satisfaite.
Replonge-toi dans le roman et dans la très belle adaption de la BBC.
Bien à toi.

Anonymous Emilie said...
courez voir Becoming Jane... heureux remake de Pride and Prejudice dans sa version 2005 !! la premiere partie du film n'a rien de transcendant mais on trouve un beau Darcy à sa manière.
Mes préjugés sur Austen n'étaient à priori pas des plus agréable, mais je dois avouer que l'étude appronfondie du texte et du film m'on permis de surpasser tout ça... à cette allure peut etre finirai je à Peberley !!
sympa l'article
yours sincerely... (le YOU évite vite les problemes de Tu ou de Vous)

Blogger Holly Golightly said...
Bonjour Emilie - adorable prénom.
Oui, je compte voir ce film !!!
Merci pour ce message.

Anonymous julie-anne said...
je tombe par hasard sur ton blog en cherchant si par le plus grand des miracles le pléiade numéro était sorti.... je crains qu'il ne m'attende pas cette année encore sous le sapin. la pléiade reste à mes yeux la plus belle de par sa finition et présente l'avantage de regrouper toutes les oeuvres d'un auteur (je ne suis pas représentante chez la pléiade mais prof de français, passionnée de littérature anglaise depuis que mon grand-père m'a fait découvrir ses auteurs préférés ) bon film à toi !

Blogger Holly Golightly said...
Hélas, je crois que nous attendrons encore longtemps ce volume. J'ai reçu il y a peu la Lettre de la Pléiade, à laquelle je suis abonnée et point d'Austen en vue...
Le film Becoming Jane était détestable - à mes yeux en tout cas.
Mais je suis allée visiter une maison de Jane Austen en Angleterre...

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