Les roses de décembre...
« Vous cheminez parmi l’étrange, sans le savoir. Vous marchez et parlez avec ces spectres, pensant qu’ils appartiennent à votre monde, jusqu’à ce que, peut-être, ils vous jouent de sales tours… » (J.M.B.)

Où il est question de JAMES MATTHEW BARRIE (qui donne son nom à ce JIACO), de littérature (en particulier victorienne, mais pas exclusivement), de cinéma, de philosophie et de quelques autres petites choses qui font de mon existence un berceau pour les fées ... [Photographies offertes par Andrew Birkin - Possesseurs de MAC, utilisez de préférence SAFARI pour lire ce Journal Intime à Ciel Ouvert ! Les commentaires anonymes sont systématiquement effacés.]

vendredi 24 mars 2006
New York New York

Start spreading the news
I'm leaving today
I want to be a part of it, New York, New York
These vagabond shoes
Are longing to stray
And make a brand new start of it
New York, New York
I want to wake up in the city that never sleeps
To find I'm king of the hill, top of the heap
These little town blues
Are melting away
I'll make a brand new start of it
In old New York
If I can make it there
I'll make it anywhere
It's up to you, New York, New York.

I want to wake up in the city that never sleeps
To find I'm king of the hill, top of the heap
These little town blues
Are melting away
I'll make a brand new start of it
In old New York
If I can make it there
I'll make it anywhere
It's up to you, New York, New York
Où il est question de M. Darcy...
J'évoquais le livre d'Allan Bloom ici. J'ai commencé la lecture de cet essai remarquable. Le style en est, ma foi, fort plaisant et le contenu à la hauteur de mes attentes. L'auteur dresse un panorama de l'amour, que celui-ci soit Eros, Philia ou Agapè, selon la tripartition grecque.
L'originalité ou le charme du propos est de nous emmener en voyage à travers les grands romans de la littérature mondiale. Nous y rencontrons Stendhal, Rousseau (que l'auteur a traduit), Tolstoï, Montaigne et surtout Shakespeare.
Il manque quelqu'un à l'appel.
Personne n'ignore que j'ai une passion pour Jane Austen et M. Darcy
en particulier. Si vous négligez ce détail, vous faites fi d'un des piliers les plus solides de ma complexion.
Allan Bloom analyse le roman de Jane Austen dans une perspective restrictive (rousseauiste et aristotélicienne) mais néanmoins éclairante.

"L'ironie véritable a beaucoup à voir avec cette vertu absente de la pensée moderne, la modération."
"Ainsi, en dépit de son goût très marqué pour la litote, Austen est une romantique qui croit que l'aveugle amour a de bons yeux."
"La plupart des mariages sont des relations humaines qui n'existent que par la loi et l'opinion publique. Seul un petit nombre connaît cet attachement profond où la compagnie de l'autre est un bonheur qui ne cesse pas."
"On ne peut s'empêcher de songer à la remarque d'Aristote que l'orgasme et la pensée s'excluent mutuellement. Bien sûr rien n'empêche qu'un être humain ces deux choses, chacune en son temps. Mais si l'on a un patenaire unique, le choisit-on d'abord pour l'une ou pour l'autre, ou en fonction d'une cote mal taillée entre les deux ? Et si l'on it qu'iil vaut mieux avoir deux partenaires, un pour chacune de ces deux grandes activités, reste la question : lequel a la première place, laquelle est la principale ? Ceux qui ne veulent pas poser ces questions cachent leur tête dans le sable. (...) Tout cela peut sembler inapproprié dans une discussion concernant l'austère Jane Austen. Ces questions sont pourtant nécessaires précisément parce qu'à la différence des autres romantiques, Jane Austen célèbre l'amitié classique comme le coeur de l'amour romantique." (je souligne)

Citation

"Je ne sais pas si Bacon a écrit les mots de Shakespeare, mais s’il ne l’a pas fait, il est passé à côté de l’occasion de sa vie !"

J.M. Barrie


A l'envers
Andrew Sean Greer, dans son très beau roman, a (peut-être sans le savoir ?) mis en forme une idée que l'on trouve dans les Carnets de Barrie et énoncée de la sorte :

Carnet 31, 1908

Pièce féerique. Quelqu’un qui grandit à l’envers (un homme ou une femme qui naît vieux et vieillit en devenant jeune).

RÉSUMÉ DU LIVRE :

Baie de San Francisco, 1871. Max Tivoli naît avec l'apparence d'un homme de soixante-dix ans, condamné à avancer à reculons, à l'inverse du monde qui se précipite vers son destin. C'est à l'adolescence, lorsqu'il s'éprend éperdument d'Alice Levy, que sa vie commence véritablement. Elle devient soudain aussi scintillante et douloureuse que des morceaux de verre. Comment conquérir un cœur de dix-sept ans lorsqu'on en paraît cinquante ? Suspendu au temps qui fuit et lisse son apparence, ballotté par les bouleversements du siècle naissant, Max Tivoli parcourt le monde, avec la complicité mystérieuse de son ami Hughie, à la poursuite de son amour. Car Alice, comme dans les contes de fées les plus cruels, disparaît dès qu'il parvient à l'embrasser.