vendredi 24 mars 2006
J'évoquais le livre d'Allan Bloom ici. J'ai commencé la lecture de cet essai remarquable. Le style en est, ma foi, fort plaisant et le contenu à la hauteur de mes attentes. L'auteur dresse un panorama de l'amour, que celui-ci soit Eros, Philia ou Agapè, selon la tripartition grecque. L'originalité ou le charme du propos est de nous emmener en voyage à travers les grands romans de la littérature mondiale. Nous y rencontrons Stendhal, Rousseau (que l'auteur a traduit), Tolstoï, Montaigne et surtout Shakespeare. Il manque quelqu'un à l'appel. Personne n'ignore que j'ai une passion pour Jane Austen et M. Darcy en particulier. Si vous négligez ce détail, vous faites fi d'un des piliers les plus solides de ma complexion. Allan Bloom analyse le roman de Jane Austen dans une perspective restrictive (rousseauiste et aristotélicienne) mais néanmoins éclairante.
"L'ironie véritable a beaucoup à voir avec cette vertu absente de la pensée moderne, la modération." "Ainsi, en dépit de son goût très marqué pour la litote, Austen est une romantique qui croit que l'aveugle amour a de bons yeux." "La plupart des mariages sont des relations humaines qui n'existent que par la loi et l'opinion publique. Seul un petit nombre connaît cet attachement profond où la compagnie de l'autre est un bonheur qui ne cesse pas." "On ne peut s'empêcher de songer à la remarque d'Aristote que l'orgasme et la pensée s'excluent mutuellement. Bien sûr rien n'empêche qu'un être humain ces deux choses, chacune en son temps. Mais si l'on a un patenaire unique, le choisit-on d'abord pour l'une ou pour l'autre, ou en fonction d'une cote mal taillée entre les deux ? Et si l'on it qu'iil vaut mieux avoir deux partenaires, un pour chacune de ces deux grandes activités, reste la question : lequel a la première place, laquelle est la principale ? Ceux qui ne veulent pas poser ces questions cachent leur tête dans le sable. (...) Tout cela peut sembler inapproprié dans une discussion concernant l'austère Jane Austen. Ces questions sont pourtant nécessaires précisément parce qu'à la différence des autres romantiques, Jane Austen célèbre l'amitié classique comme le coeur de l'amour romantique." (je souligne)

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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