vendredi 30 septembre 2005
Le remake d'Ulu Grossbar [1], avec Robert de Niro et Meryl Streep en lieu et place de Trevor Howard et Celia Johnson, offre une fin (trop ?) heureuse et un tantinet fade. Le spectateur est satisfait, mais il n’a pas eu son compte de larmes. L’histoire est achevée alors que la version de David Lean demeure en suspension mais non dans le suspense, puisque l’on sait la fin, même s’il est possible, matériellement, que les amants se retrouvent plus tard. L’image la plus significative de cette fin est le moment où l’on voit l’héroïne – qui ressuscite soudain la figure de Pénélope, de même qu’Alec incarne une sorte d’Ulysse, quand il prend le bateau pour l’Afrique et laisse dans son sillage celle qu’il aime - attelé à un travail de raccommodage. On peut y voir un symbole, celui d’une femme qui renoue ses anciens liens, ou qui reprise le tissu ou le texte de son existence, qui répare les accrocs que sa vie imaginaire ou sa fiction amoureuse a produits sur sa vraie vie. L’histoire d’amour de Laura et d’Alec n’en est pas moins réelle parce que platonique, elle l’est même davantage à cause de ceci, car elle se déroule surtout sous la forme du fantasme ou du rêve éveillé [2]. Ainsi, elle emprunte à la fiction sa force, son monde, ses moyens et peut-être également ses limites. « L’imagination étend la mesure des possibles» [3] : chaque choix est le renoncement à des centaines d’autres.


[1] Falling in Love, 1984 [La forme du verbe indique une durée, une chose en train de s’accomplir, un mouvement qui s’étire. Le titre va à l’encontre de celui dont il propose une autre version, ou un autre possible. Le premier évoque un instant, l’autre un long moment ]


Résumé (Source : Fiche de Monsieur cinéma 161/10 complétée et corrigée par nos soins) : Comme tous les matins, comme des milliers d'autres banlieusards, Molly Gilmore - dessinatrice de publicité - et Frank Raftis - architecte - prennent le train pour aller travailler à New York. Ils ne se connaissent pas encore, mais le hasard va jouer pour eux : paradoxalement, ce n'est pas dans ce train emprunté tous les jours que les vies de Frank et Molly vont se croiser pour la première fois, mais à la fin d'une journée banale, dans New York même.
C'est bientôt Noël, et Frank et Molly, les bras chargés de cadeaux, se bousculent dans la grande librairie " Rizzoli ", sur la Cinquième Avenue. Leurs paquets tombent, ils les ramassent, se sourient, s'excusent et s'en vont chacun de leur côté. De retour chez eux, Frank et Molly constateront qu'ils ont chacun emporté le livre de l'autre...
Mais, pour l'instant, leur petite vie continue Frank se considère parfaitement heureux avec sa femme Ann et ses deux enfants, et lorsqu'un de ses meilleurs amis - Ed Lasky - lui annonce qu'il va divorcer, Frank se sent très loin de ce type de problème. Quant à Molly, elle vit sans histoire avec son mari Brian, qui est médecin et très absorbé par son travail; sa meilleure copine - Isabelle - la pousse à sortir un peu plus, mais Molly n'en fait rien.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que le hasard, de nouveau, va intervenir: Molly et Frank se rencontrent dans le train et se reconnaissent en se rappelant l'incident des livres, à Noël. A partir de là, la sympathie s'établit, et ils commencent à se revoir... de plus en plus souvent. Leurs rapports restent très platoniques au départ, et c'est seulement lorsqu'ils voudront pousser un peu plus les choses que Frank et Molly s'aperçoivent qu'il n'est pas facile de bouleverser leurs vies bien ordonnées.
Et, après un malentendu qui fait croire à Frank que Molly ne veut plus le voir, Frank accepte un nouveau travail très loin - à Dallas... L'épisode amoureux est terminé, mais, un soir, alors que Frank est de retour à New York, il tombera de nouveau, par le plus grand des hasards, sur Molly... Divorcés, tous les deux, désormais plus rien ne s’oppose à leur histoire.
[2] « Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les rêves » : cette citation de Shakespeare est mise dans la bouche de Bogart par John Huston, qui adapte le livre de Dashiell Hammett, Le faucon maltais, et clôture le film.
[3] Jean-Jacques Rousseau

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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