mardi 20 décembre 2005


Une série qui a beaucoup fait parler d'elle, car elle détient les records d'audience de l'année dernière aux Etats-Unis.
Je l'ai découverte avant sa diffusion en France et je suis actuellement la seconde saison.
De quoi s'agit-il ?
D'un guilty pleasure par excellence. Un plaisir coupable in the text. Mais un plaisir avouable sans trop de honte.
Je ne suis pas très adepte des séries télévisées : par manque de temps, par manque d'intérêt surtout. Mais, lorsque l'une d'entre elles capte mon attention, je suis piégée. Ce fut le cas avec cette petite série.
Elle oscille entre le soap* (la seconde saison verse plus dans ce registre, hélas...) et la comédie avec un soupçon d'humour noir à la Agatha Christie. Ce qui me retient le plus devant ces épisodes, c'est la qualité certaine des dialogues, plutôt crus et souvent très drôles. Les histoires, en elles-mêmes, ne brillent ni par leur originalité ni par leur réalisme, mais le ton est irrésistiblement agréable. On retrouve, à chaque fois, les personnages avec un plaisir non dissimulé, sans pour autant se damner pour eux.



C'est un divertissement de qualité et ce n'est déjà pas si mal. Et, parfois, c'est un peu plus que cela.
Plusieurs femmes au foyer "désespérées" ou "prêtes à tout" se partagent l'objectif et notre attention. L'adjectif anglais "desperate" recouvre en effet fort judicieusement ces deux acceptions. Le désespoir entraînant parfois des moyens et des fins plus ou moins condamnables... Chacune d'entre elles représente un stéréotype : la bimbo (Nicolette Sheridan, une rescapée de Côte Ouest, le spin-off de Dallas), la mère de famille débordée, la femme au foyer parfaite et névrosée à souhait, la jeune divorcée maladroite et la jeune femme, mal mariée, vénale et adultère. Les hommes occupent l'arrière-plan et apparaissent, dans la plupart des cas, comme peu désirables et assez fades, malgré certains physiques "avantageux" (pas à mes yeux). Quelques affaires criminelles et des mystères variés relèvent l'ensemble et laissent en bouche un petit goût épicé.
Une voix-off, celle d'une femme qui s'est suicidée lors des premières minutes du premier épisode, nous accompagne lors de chaque nouvel opus, ajoutant son grain de sel en début et en fin d'épisode. Cet ingrédient est essentiel car il ajoute une certaine patine à ce feuilleton.
Le premier acte de cette série m'avait tétanisée. Il était diablement culotté. Cette impression forte s'est un peu dissoute, puis a disparu tout à fait, mais le plaisir est demeuré.
Je n'imagine pas que la série puisse réaliser le prodige de durer, car elle est vouée à la circularité , qui est la caractéristique du soap.

*De même que Steiner écrit à propos de la tragédie antique que «le vers libère le personnage tragique des complications du monde matériel», dans le soap, c’est l’argent qui remplit ce rôle. Leur champ d’action devrait être le plus large possible et les choix multiples ; pourtant ils usent au minimum de cette liberté – tout le contraire du principe d’économie mis en avant par Leibniz concernant l’organisation divine de l’univers. Superficiels(1), ils le sont sûrement, évidemment, mais cependant quelque chose d’essentiel nous est dit à travers eux : rien ne dure ni ne réussit, tout est toujours à recommencer, tout est vain. Le soap est à sa manière, peut-être inconsciente, une réfutation du réel rationnel. Le reproche que l’on fait en général au soap est son manque de crédibilité - il arrive trop de choses aux personnages et les mêmes situations invraisemblables les accablent par cycle - sa simplification à l’extrême des sentiments, des dialogues et des situations stéréotypés. Pourtant, sans vouloir paraître provocateur, on peut affirmer que le soap est une illustration possible de l’éternel retour nietzschéen… et une manifestation d’une authentique vision tragique du monde in fine.

(1) Superficialité superficielle, pour un regard qui l’est tout autant que ce qu’il dénonce, superficialité de surface donc, qui n’empêche pas d’être profonde…




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