lundi 6 mars 2006

Mon week-end parisien fut enchanteur, comme de coutume, puisque je me nourris de la substantifique moelle des plaisirs de la capitale, qui se réduit pour moi à trois arrondissements : tournée de mes librairies du VIe arrondissement (dans l'une d'entre elles, consacrée au cinéma, j'ai discuté avec la propriétaire, admiratrice d'Audrey Hepburn, qui s'affola en constatant que mon adresse électronique exprimait ma dévotion à la divine Audrey ! Elle crut bon de me préciser qu'elle rédigeait un livre sur l'actrice. Hélas, je dus partir, car un train m'attendait, et n'eus le loisir de prolonger cette conversation..), recensement de mes cantines et cafés habituels, promenade dominicale sur les quais et chez les bouquinistes (j'ai enlevé un petit trésor dont je parlerai dans un prochain billet). Le week-end n'aurait pas été complet sans un divertissement qui n'avait rien de pascalien. J'ai eu le bonheur d'assister au récital d'Alain Souchon.
L'Olympia
était comble comme prévu. Des malheureux faisaient le trottoir dans l'attente d'un billet... Ce petit gamin rachitique est généreux sur scène. Son ironie mordante passe presque inaperçue tant son allure d'enfant moqueur dissimule les piques qu'il lance ; il ne se trompe pas de cible. La grande messe des Victoires de la musique en a pris pour son grade, lorsqu'une équipe est venue pendant le spectacle mais, visiblement, personne n'a compris son propos acidulé... et tout le monde était content. Il a fait un tabac. Les minets d'aujourd'hui ne sont pas à sa hauteur. Ce grand dadais de soixante berges est l'un des derniers chanteurs qui bat le briquet avec mon coeur. Sous des dehors simplicistes, voire naïfs, il chante une prose étudiée et chavirée, qui dit les tourments dérisoires et tragiques de nos âmes étriquées. Souchon est la complexité travestie en facilité. Sa mélancolie, ses sourires désabusés que l'on entend dans ses mélopées, sont la berceuse de mon mal de vivre. Il habille mes pensées secrètes. Haute couture. J'ai pensé à Truffaut lorsqu'il a interprété L'amour en fuite, générique du film bien connu... S'il savait...

Les roses du Pays d'Hiver

Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.

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Never Never Never Land, au plus près du Paradis, with Cary Grant, France
Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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