mardi 4 avril 2006
Je mets à mal - provisoirement - mon principe d'anonymat (déjà fracturé en mille éclats par une indélicatesse) et je me dévoile un peu plus. Tant pis pour les lecteurs qui imaginaient une Holly meilleure qu'elle ne l'est. Je pourrai toujours changer de vie lorsque celle-ci ne me conviendra plus...

Tout le monde sait mon adoration (ma névrose fantaisiste) pour le film de Blake Edwards, et plus encore pour la nouvelle de Truman Capote, et tout autant pour Audrey Hepburn.
Partant, j'ai donc décidé de me mettre dans la peau de Miss Holly Golightly quelques minutes. C'était bien la moindre des choses tout de même, depuis le temps où je lui chipe son nom !

Certes la copie est très pâle face au modèle, mais dans mon esprit je revis chaque moment du film. Dès mon arrivée à New York, les valises à peine déposées, je me suis rendue à la vitesse de l'éclair chez Tiffany, car je logeais non loin de l'ensorcelante Cinquième Avenue. Je voulais de visu me rendre compte si la réalité était à la hauteur de la légende. C'est le cas. 
J'ai toujours désiré obtenir une petite boîte bleu.

Un bleu turquoise, celui dans lequel sont enfouis les trésors de la célèbre boutique. Ils ne vendent pas uniquement des diamants gros comme le Ritz

mais également de délicats bijoux en argent massif, numérotés [sur le coeur est gravé l'inscription : "Prière de ramener chez Tiffany and co. New York ; au cas où vous le perdriez...], ainsi que des pièces de vaissellerie [je viens d'inventer ce néologisme] en cristal et autres cadeaux potentiels.
L'ambiance est luxueuse mais non compassée. L'entrée y est libre. Aucun regard inquisiteur ne vous fera rebrousser chemin. Il est, par conséquent, inutile de se munir d'un nez pincé et d'un corset pour se maintenir droit comme un "i". Les prix sont poliment dissimulés aux regards, mais énoncés sans émotion sur simple demande. Il y a six étages et trois liftiers vous emmènent où vous le désirez. Ils sont habillés en civil - cela manque de faste ! - et assez diserts pour peu que vous soyez d'humeur bavarde. Le lieu est proprement discret mais les visiteurs ne marchent pas sur du feutre.


J'admire les scintillements des vitrines. Je m'arrête tel un papillon devant chaque objet. Je respire l'atmosphère.
Je ne suis pas une croqueuse de diamants, même si la chanson de Marilyn me berce les soirs d'insomnie. Cette chanson est cynique mais j'adore le film dont elle est tirée et rien n'est vulgaire dans la bouche de Marylin, une autre de mes icônes.



diamondS are a girl'S BEST FRIEND [Les diamants sont le meilleur ami de la femme ]- cela reste a prouver...

The French were bred to die for love
They delight in fighting duals
But I prefer a man who lives and gives
Expensive jewels

A kiss on the hand may be quite continental
But diamonds are a girl's best friend
A kiss may be grand, but it won't pay the rental
On your humble flat, or help you at the automat

Men grow cold as girls grow old
And we all lose our charms in the end
But square-cut or pear-shaped
These rocks don't lose their shape

Diamonds are a girl's best friend

Tiffany's !
Cartier !
Black star, frost gorom !
Talk to me, Harry Winston, tell me all about it !

There may come a time when a lass needs a lawyer
But diamonds are a girl's best friend
There may come a time when a hard-boiled
Employer thiks you're awful nice
But get that ice or else no dice

He's your guy when stocks are high
But beware when they start to descend
It's then that those louses go back to their spouses
Diamonds are a girl's best friend

I've heard of affairs that are strictly plutonic
But diamonds are a girl's best friend
Ad I think affairs that you must keep
Are better bets, if little bets get big bag gifts


Time rolls on,
And youth is gone
And you can't straighten up when you bend,
But stiff back or stiff knees you stand straight at Tiffany's !

Diamonds !
Diamonds !
I don't mean rhinestones
But Diamonds are a girl's best ...

Best friends !

Je crois même, puisque je suis un peu farfelue, avoir toujours désiré une boîte vide, simplement pour posséder le symbole, le signifiant. Les meilleurs rêves sont ceux que l'on peut remplir à sa guise, comme un cornet de glace qui peut revêtir mille parfums. Toutefois, celle-ci contenait une jolie petite chose, car tout est beau chez Tiffany ; c'est une loi aussi ferme que celle de la gravitation universelle. J'ai attendu mon retour en France pour l'ouvrir, avant de dormir... Je ne voulais pas gâcher cet instant.



Pudique, j'arrête ici ce déshabillage. La petite boîte est en sureté : dans mes souvenirs.
Le dimanche, le jour de fermeture, les portes sont fermées au moyen de ce qui m'a semblé être des portes de coffre-fort ! Mais toujours avec goût et raffinement, n'est-ce pas ? Hélas, j'avais rempli tous les disques (DVD) de mon camescope pour filmer la Fermeture du paradis !

Je songe une dernière fois à Audrey / Holly, qui disait quelque chose qui ressemble à ces mots:



"Le chat ? Pauvre vieux chat. Pauvre flemmard. Pauvre flemmard sans nom. Je n'ai pas le droit de lui en donner un. Nous ne nous appartenons pas. Un jour, nous nous sommes juste attachés l'un à l'autre. Je ne veux rien posséder jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu où je me sente en harmonie avec les choses. Je ne sais pas où se situe cet endroit. Je sais simplement à quoi il ressemble. Il ressemble à Tiffany."



"Hé bien, quand je le peux, la seule chose qui me fasse réellement du bien, c'est de sauter dans un taxi et d'aller chez Tiffany. Cela me calme aussitôt. A cause de la quiétude et du fier regard que l'on porte sur ce lieu. Rien de vraiment grave ne peut vous arriver ici. Si je pouvais trouver un lieu de vie réel qui me fasse ressentir ce que je ressens chez Tiffany, et bien je m'achèterais des meubles et donnerais un nom au chat !"
Et n'oubliez pas l'édition anniversaire du DVD du film !

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Never Never Never Land, au plus près du Paradis, with Cary Grant, France
Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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