mercredi 11 avril 2007
J'écoute en boucle cette belle chanson, qui donne vie dans le creux de mon oreille à un monde que je préfère à celui d'aujourd'hui, une ritournelle providentiellement nommée Roses in December et interprétée par Harriet Nelson.
nelson
Elle m'a été envoyée par un monsieur très raffiné, que je remercie ici du fond du coeur. Je pense au temps qui passe et, soudain...

Je vis et m’enroule dans la traîne de cette grande robe de mariée que j'arbore inlassablement, un peu pincée et grandiose, et qui n'est que mon imagination royale déguisée en jours ordinaires. Je sais que tout possède une explication et qu’il est bien rare que celle-ci ne soit pas logée dans nos désirs, conscients ou non. Pourtant, les coïncidences et les concordances de faits m’enchantent plus que tout, même si j’en suis l’infatigable chef d’orchestre. De mon enfance, du berceau ou du charnier natal, il me reste très peu d’objets : étonnamment, Walter Scott était déjà présent parmi ces reliques d’un passé si lointain qu’il ne me colle même pas à la peau. Il est le lien qui m’unit à Stevenson et celui-ci à Barrie. Une ligne droite et parfaite. Un chemin découpé à travers mon existence, plus long et moins sinueux que ma courte ligne de vie.

En vue de ce prochain voyage en Écosse qui passera fatalement par Édimbourg, en direction de la petite ville de briques rouges, Kirriemuir, je lis et relis Stevenson et Walter Scott. J’essaierai d’effleurer le mémorial (alors que je fustige, dans d'autres circonstances, tout "devoir de mémoire", forcément hypocrite et culpabilisateur ; ce qui appartient à la mémoire, véritablement, n'a nul besoin d'obligation...) érigé quelque part pour le premier, si le très petit avion nous laisse toucher la terre ferme en un seul morceau…

« Le caractère d’un lieu est souvent mieux exprimé par ses liens. Un événement prend racine et grandit sous la forme d’une légende, quand celui-ci se produit dans un cadre agréable. Des actions laides, surtout dans des lieux de laideur, possèdent l’authentique qualité romantique et deviennent l’éternelle propriété de ce décor. Pour un homme tel que Scott, les diverses apparences de la nature semblent déjà contenir d’elles-mêmes leur propre légende et leur avenir. Dans cet endroit-ci ou dans cet endroit-là, seuls tels ou tels événements ont le pouvoir de survenir. Dans cet état d’esprit, il créa La Dame du Lac pour Ben Venue, Le Cœur de Midlothian pour Édimbourg et Le Pirate, écrit avec tant d’indifférence mais conçu avec tant de romantisme, pour les îles désolées et les chenaux rugissants du Nord. Le cours élémentaire de l’humanité a, de générations en générations, un instinct presque aussi délicat que celui de Scott ; mais, où ce dernier crée de nouvelles choses, les premiers oublient simplement ce qui ne s’accorde pas avec les plus anciennes. C’est pourquoi, par la survie de ce qui est le plus approprié, un corps de tradition devient une œuvre d’art. Ainsi, dans les gorges inférieures et dans les mansardes hautes perchées dans le ciel, les gens peuvent revenir en arrière, par les passages obscurs, au cœur des aventures de la ville et faire frissonner leur moelle avec des contes d’hiver au coin du feu. Les histoires qui sont singulièrement pertinentes et caractéristiques – pas seulement de l’ancien temps mais aussi de la constitution même de la mère nature – sont en particulier bien qualifiées pour ajouter de l’horreur à l’horreur, quand le vent joue de la cornemuse sur les hautes terres et que les ululements creusent les chemins, quand l’étendue sauvage et désolée des lumières de la ville ne cesse de trembler et de flamboyer au travers des rafales. »

Trad. rapide de C.-A. F. aka Holly G.

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Catégorie :

Les roses du Pays d'Hiver

Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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