mardi 1 mai 2007
Avant de reprendre demain le récit de mon voyage en Écosse, je vous livre une succincte mais très précise bibliographie en rapport direct avec Barrie et Kirriemuir, et l'Ecosse au sens large.
Sur le tissage, une intéressante monographie historique (je vous expliquerai, à ce sujet, pourquoi Kirriemuir s'appelle Thrums dans les fictions de Barrie) :
- J.A. Hammerton, Barrieland, A thrums Pilgrimage ; j'y avais déjà consacré une page sur mon site Barrie. Un livre ancien, avec des photographies en noir et blanc. Un investissement sûr.
- Sandra Affleck, l'auteur du précédent livre, a permis la réédition de ce guide dont je vais vous dire un mot et qui date de 1896 ! Il fut compilé par John Ferguson Mills (1874-1952). Il était journaliste et imprimait le journal local fondé par son père, William Black Mills, "The Kirriemuir Observer".Through Thrums: A handbook for visitors to Kirriemuir & district, Ed. Sandra Affleck Publications, 1996.Barrie lisait ce journal local ; longtemps, il fut son seul journal, de même que la boutique située à Bank Street (au 17) était sa seule librairie pendant fort longtemps. Aujourd'hui cette dernière est une boutique d'articles pour chiens et chats.
- Kirrie Life, publié en 2000 : une sorte de guide très illustré qui retrace l'histoire de la ville, pour célébrer le Millenium, et qui évoque Barrie à plusieurs reprises.
Je ne possède pas ce petit livre, malheureusement, mais je l'ai lu sur place, car il était mis à la disposition des clients de mon hôtel. Je le recherche activement, car il fourmillait d'anecdotes et de détails éminemment utiles (pour moi).
Sur l'Écosse et ses fantômes et légendes, j'ai acquis ce petit livre, lors de ma visite au Glamis Castle (le château le plus hanté d'Ecosse et il m'est arrivé quelque chose en cet endroit...) - je vous en reparlerai en vidéo - mais je ne l'ai pas encore lu :
Quelques-unes de mes emplettes de papier à la maison natale de Sir J. M. Barrie :
Il me reste tant à vous raconter...
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Barrie
Libellés :James Matthew Barrie,Kirriemuir
Nous remontons le temps, à l'Origine. Tout a commencé ici. Il n'y a rien à dire de plus. Il faut apprendre à écouter les murmures des vieilles pierres et de la terre brune et généreuse de ce pays où les corbeaux sont rois. Salomon, le monarque des oiseaux, a parlé et a picoré jusqu'au sang mon coeur.D'une petite goutte rouge est né le Rêve, celui que font tous les gens comme moi, qui n'ont jamais rien eu à perdre. Je peux mourir demain. Je suis heureuse.
(Cliquez sur les photographies pour les agrandir. Pardon pour la tenue stylistique déplorable de ce billet. Je n'ai pas assez de temps pour mieux faire.)
(J'utilise désormais YouTube pour poster mes vidéos car DailyMotion met des heures à faire le travail demandé...)
L'arrière de la maison natale de Barrie est situé non loin du poste de police de la ville de Kirriemuir, la petite ville en briques rouges et, néanmoins, la maison de Barrie est blanche (personne n'a pu m'expliquer pourquoi et j'enquête sur le sujet).
Elle fait sa révérence presque en face de la bibliothèque municipale,
où je me suis rendue samedi en fin de journée avant qu'il ne soit trop tard (tout ferme à quatre heures de l'après-midi !). J'ai d'ailleurs déniché une photo de Mary Ansell qui m'était inconnue
dans un livre qui l'était tout autant et que j'ai commandé sur abebooks. Les photos de Mary sont rares. J'en connais quatre ou cinq, pas plus, et il n'existe à ma connaissance aucune photographie de Jimmy et de Mary ensemble. Je ne désespère pas un jour d'en découvrir.
Il suffit de tourner le coin de la rue pour trouver la porte d'entrée du 9 Brechin Road.
Nous entrons, cependant, par le numéro 11, où n'habitaient pas les Barrie, mais toutes les petites maisons de la rangée jouent au coude à coude et l'on a fondu le 9 et le 11. On les appelait des "tenements". Je me demande comment une si nombreuse famille pouvait loger dans un si petit endroit. Mais il me suffit de me souvenir de mon propre taudis, celui de mon enfance, pour ne plus me poser de questions aussi indélicates. Et, à Brechin Road, la vie était peut-être dure mais néanmoins douillette dans ce nid de verdure et très proprette, car Margaret Ogilvy était une femme qui tenait son foyer d'une main de fer. Puis, les morts, y compris les enfants, faisaient place aux Autres.
Et puis le petit Jamie y trouva son inspiration en faisant de la buanderie son premier théâtre de poche avec son ami James Robb
[Photographie extraite du livre de Sandra Affleck,
The Little Red Town, Ed. Authors on line, p. 140]
The Little Red Town, Ed. Authors on line, p. 140]
qu'il reverra bien des années plus tard (il lui apportera un canari offert par la ville de Kirriemuir avant que Barrie ne soit fait citoyen d'honneur de la ville)... J'en reparlerai à l'occasion du prochain billet. Un enregistrement sonore, qui passe en boucle à l'intérieur de cette cabane, nous rappelle qu'elle inspirera la maison de Wendy à Never Land.
[La buanderie ou laverie vue de dos, juste en face de la maison...
Elle servait à plusieurs familles. Ne regardez pas la poubelle, elle n'existe pas.]
Elle servait à plusieurs familles. Ne regardez pas la poubelle, elle n'existe pas.]
Petit tour d'horizon de cette wash-house :
[Le crocodile n'est évidemment pas d'époque...]
Ensuite, on pénètre par le numéo 11, où se tient une minuscule boutique de memorabilia - où vous trouverez, ô sacrilège, la "suite" de Peter Pan écrite par la Vieille Mégère, cette infâme peau d'écrivaillon aux dents de lait ; je vois rouge (c'est bien le cas de dire, eu égard au titre de son torchon) et je dis en français et en anglais ma colère, mon dégoût ; ma réputation est faite... Je m'en moque... Puis, toujours au rez-de-chaussée, se tient ensuite une pièce moderne, une sorte de vestibule pour accueillir le visiteur, une cuisine, qui jure avec tout le reste. Trois pages d'un manuscrit de Barrie sont encadrées et accrochées au mur sans aucune mise en valeur. Il est de très mauvais goût, également, si vous voulez mon avis, puisque cela casse l'ambiance victorienne ou édouardienne, de trouver du liquide vaisselle ou un évier en inox en cette place! Dans cette pièce, est mis à disposition un grand album rempli de coupures de presse, plus ou moins opportunes, de diverses époque et je m'empresse de prendre des notes. Je suis en quête de tout ce que j'ignore - l'essentiel de mes connaissances!
Il me semble que l'on pourrait faire mieux en terme de présentation, mais je ne sais pas si The National Trust of Scotland dispose de beaucoup de moyens financiers. Ceci dit, je me porte volontaire pour aménager différemment les lieux ! Je retarde le moment d'entrer véritablement dans le vif du sujet. Je prends de l'élan. Je respire.
- La cuisine (en bas) :
La pièce suivante correspond au numéro 9 et nous sommes réellement dans la maison natale de Jamie. Il y a une cuisine, plus ou moins bien rétablie dans sa vérité d'antan, avec des objets authentiques et d'autres moins. Dans cette pièce
était disposé un lit accroché au mur
que l'on a reconstitué d'après les marques au mur.
Au premier étage de la maison, quelques petits aperçus, puisqu'il est interdit de filmer, hélas... et les photographies ne sont pas spécialement les bienvenues. Ni tout à fait acceptées ni tout à fait refusées ; mais l'interdiction n'est vraiment pas formelle puisque rien n'est mis en place pour l'interdire et personne ne discute avec vous de ce sujet. De plus, je n'ai pas utilisé de flash, donc j'ai respecté la valeur de ces pièces rares et, eu égard au fait que l'on trouve sur internet quelques clichés, je ne me sens pas coupable d'offrir des images rapides à mes fidèles lecteurs, sans rien déranger, dérober ou abîmer. Je suis hélas contrainte de les défigurer avec l'adresse de mon site, car j'ai appris que certains malfrats n'hésitent pas à réutiliser à leurs fins personnelles le fruit de mon travail ! Qu'ils soient assurés que je ne les laisserai point m'abuser. J'ai toujours partagé avec bon coeur ce que je possède (la preuve en est, s'il est besoin, ce journal ou mon site Barrie), mais j'ai horreur que l'on se serve sans mot dire.
Il est permis de toucher les objets avec douceur.- La chambre à coucher par fragments (au premier étage) :
Une photographie rare de Margaret Ogilvy jeune avec trois de ses enfants, Alexander, Jane Ann et Mary.
Un objet que je ne peux pas effleurer avec calme ou indifférence :
Jimmy est né dans un berceau semblable en tous points, même si celui-ci n'est pas le sien. L'illusion est parfaite.
Egalement une banquette ramenée de Londres.
Au-dessus le fameux portrait de Barrie par Sir John Lavery.
Celui-ci est venue à moi devant la maison natale de Barrie...
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Barrie
Jimmy est né dans un berceau semblable en tous points, même si celui-ci n'est pas le sien. L'illusion est parfaite.
Une des fameuses chaises que Margaret avait reçu le jour de la naissance de Barrie. Je ne savais pas réellement comment traduire au mieux ces "hair-bottomed chairs". J'avais avancé la vague idée de chaises cannées car j'ignorais l'usage du crin de cheval en la matière. Nobody's perfect. Maintenant, je comprends ma grave erreur. L'assise est en crin de cheval - je le répète pour la troisième fois. Margaret s'y installait pour allaiter Jamie.
- The west Room (au premier étage) : L'ancienne cuisine du logement. Sur la table présente fut préparé et lavé le cadavre de David, le frère perdu, qui contient en lui, comme un fruit vert et déjà blet, les germes ou graines de Peter Pan. (Photographies à venir.)
- Le salon (en bas) :
Le bureau de Barrie ramené de Londres trône. J'essaie d'en palper les vibrations. Il est protégé par une plaque de verre, sous laquelle apparaît une marqueterie très endommagée. Il est usé à droite et à gauche, puisque Barrie était, vous le savez, ambidextre - mais gaucher de naissance et de coeur, tout autant que d'imaginaire...
Egalement une banquette ramenée de Londres.
Au-dessus le fameux portrait de Barrie par Sir John Lavery.
- Hommage à Peter Pan (au premier étage) :
La pièce consacrée à Peter Pan est ce qui me convainc le moins dans cette maison. Trop moderne, trop peu magique, trop coloré, trop flashy et infantile ; le trait est forcé à outrance, à l'opposé de l'oeuvre, et fait toc ; tout ceci manque de réalisme. Oui, de réalisme, car derrière le mythe féerique il est question d'une vérité ultime, celle de chaque être humain et de son rapport au temps, au vieillissement de son âme et de ses facultés reçues en don lors d'une sorte de paradis prénatal. Freud aurait pu tirer toute la quintessence de cette histoire qui n'a rien d'un conte pour enfant.
Le tic tac que l'on entend dans la pièce et qui scande nos pas me paraît faux ; j'ai envie de briser le ressort et de hurler que la magie ce n'est pas l'artifice grossier, mais l'enfance jamais perdue, toujours réchauffée entre les doigts gourds de cette chiennerie de vie.
Derrière un rideau une petite pièce avec une soufflerie censée vous donner l'illusion de vous envoler au pays du Jamais. Je ne souris même pas devant cette naïveté grossière. Mais, derrière moi, dans un coin de la pièce, une vitrine et un trésor : deux costumes originaux de la pièce Peter Pan, dans celui à votre droite il y a une patte de biche (ou d'un animal de ce genre) qui dépasse d'une poche... Voici qui me fait de l'oeil. Mon sourire est vaste.
Il est d'autres photographies que je ne montrerai pas, car j'espère que vous vous rendrez dans cette maison et je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découverte de petits détails charmants.
Il existe aussi un mignon jardinet dédié à Peter Pan plus qu'à Barrie lui-même.
Je me suis prise un instant pour Alice qui pénètre dans le terrier du lapin en me jetant dans la gueule du crocodile...
Je suis très satisfaite de l'usage de mon anglais et de ma compréhension miraculeuse de 99 pour 100 de tout ce que j'ai entendu (les écossais n'ont pas l'accent qu'on leur prête ou bien de la poussière de fée m'a permis de tout saisir !) mais c'est de mon langage-chat dont je suis la plus ravie... Oui, car je miaule aussi bien en français qu'en anglais et je ne connais pas un seul chat qui me résiste.
Celui-ci est venue à moi devant la maison natale de Barrie...
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lundi 30 avril 2007
Strath View. Je ne sais pas si ces mots signifient quelque chose pour beaucoup de gens en France. Mais, pour moi, c'est en soi une invitation. Recevoir un carton aux bords dorés et calligraphié, expédié par la Reine d'Angleterre elle-même, me ferait moins d'effet !
Cette invite m'est offerte, spontanément, par la propriétaire des lieux, que j'appelle de France pour convenir d'un rendez-vous. Il faut préciser que mon ami Robert Greenham a orchestré tout ceci et qu'il m'a fait un inestimable cadeau d'anniversaire en jouant ce rôle d'entremetteur. J'y crois à peine lorsque mon mari frappe avec le lourd marteau de la porte. Mais ma bienfaitrice arrive dans notre dos et me souhaite d'emblée un "Happy Birthday".
Sheila (dont je respecte la tranquillité en ne la nommant pas davantage) est une personne délicieuse, cultivée, passionnée, d'une générosité rare, et une barrienne d'excellence, puisqu'elle fut le conservateur de la maison natale de Barrie (au 9 Brechin Road, où je vous conduirai bientôt en vidéo). Elle habite depuis fort longtemps la maison de Barrie, sa seconde maison à Kirriemuir. Il y emménagea en 1868. Plus tard, ses parents déménagèrent à Forfar, mais la maison demeura dans la famille, puisque le frère de Margaret Ogilvy (la mère de Jamie), un ministre (pasteur), l'acheta et laissa ensuite le premier étage aux Barrie. Sheila me précise que cette maison fut plutôt une maison heureuse pour Barrie.
Vous ne saurez jamais mon sentiment lorsque je vis le haut de la cheminée en bois sculpté par la soeur de Barrie ou lorsque je pénétrai dans la petite chambre ronde du haut, où Barrie fut marié par son oncle. C'était la pièce préférée de Margaret Ogilvy. Je l'imagine assise dans un coin. Il reste un petit objet en verre bleu de cette époque, que Sheila dépose entre mes mains. Je tremble légèrement, de plaisir.
Sheila est digne d'habiter ce lieu, car à sa manière elle entretient l'esprit de la maison (bien sûr que les maisons ont une âme et des souvenirs !) et la mémoire, d'une piété discrète, sans ostentation, mais réelle. Je sais reconnaître la sincérité lorsqu'elle est aussi éclatante. Il y a sur un mur une petite tapisserie en couleur qui représente le rideau de la pièce Peter Pan,
une jolie réplique qu'elle a brodée et qui fait sonner minuit dans mon coeur. Tous les détails y sont à l'identique, en miniature. Les noms d'Andersen, de Charles Lamb ou de Lewis Carroll répondent présents à l'appel du passé. Ceux qui me lisent ont souvent croisé une ou deux silhouettes ici même.
Lorsqu'elle acheta la maison, elle ignorait tout de son illustre prédécesseur. Un jour, en découpant de la vigne vierge apparut une plaque
sur laquelle était gravé le nom bien connu de mes lecteurs et elle se sentit le devoir de faire connaissance avec l'ancien propriétaire des lieux. Ceci en dit long sur le beau caractère de cette femme.
Je tairai tous mes émotions qui me prennent encore à cet instant en tenaille.
Merci Sheila pour ces instants. Tout simplement. Merci d'avoir subi mon anglais cassé et de m'avoir ouvert votre intimité.
Lorsque je lui demandai si elle avait ressenti la présence du fantôme du Barrie, elle me cita deux cas très précis et fort troublants, dont je ne révèlerai rien ici. Mais Jamie s'est manifesté. Ou il nous plaît de le croire et cela revient au même.
envoyé par misshollygolightly
"This is Jess's window.
For more than twenty years she had not been able to go so far as the door, and only once while I knew her was she ben in the room. With her husband, Hendry, or their only daughter, Leeby, to lean upon, and her hand clutching her staff, she took twice a day, when she was strong, the journey between her bed and the window where stood her chair. She did not lie there looking at the sparrows or at Leeby redding up the house, and I hardly ever heard her complain. All the sewing was done by her; she often baked on a table pushed close to the window, and by leaning forward she could stir the porridge. Leeby was seldom off her feet, but I do not know that she did more than Jess, who liked to tell me, when she had a moment to spare, that she had a terrible lot to be thankful for."
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Ma curiosité était à la fois celle d'une amoureuse éperdue de Barrie mais aussi faisait montre d'une circonspection toute linguistique. J'étais, par avance, intriguée par ce "den", tout comme il m'a toujours semblé que traduire "the glen" par "gorge" ou "vallée" était réducteur, car le glen est bien une gorge, mais écossaise, pourvue d'une distinction propre que ne recouvrent pas tout à fait les mots français. Je ne parle même pas des "Fens", qui sont encore autre chose... mais hors du territoire barrien.
Dans ce mot "den" cohabitent deux choses : une dénomination géologique ou topographique et un symbole bien propre à l'imaginaire de l'auteur James Matthew Barrie, deux versants d'un mot qui se retrouvent dans la définition qu'en donne mon précieux Chambers's Scots Dictionary de 1911 (acquis sur ebay) : une gorge, une vallée, un ravin, "un repaire pour les jeux des petits garçons... Se cacher, se tapir dans un repaire..." Et le mot renvoie à "Dean", qui signifie "une profonde vallée boisée, une petite vallée, un creux où les deux bords du terrain sont en pente.
Le Glen, en Scots, est... une jonquille !!! Tandis que le Chambers Dictionary of Etymology le désigne dans son sens le plus usuel et large comme "une profonde vallée". Le mot provient de l'écossais, vers 1489. En référence à un lieu nommé Glendew, issu lui-même du gaélique, "gleann", montagne, vallée...
Quelques occurrences dans son oeuvre, à titre d'exemples, parmi ceux qui comptent double pour moi :
"I don't know whether you remember, but there were once some children who played at Jacobites in the Thrums Den under Tommy's leadership." (Tommy and Grizel) [Si je vous parle des Jacobites, j'en ai pour un mois...]
"One night the Painted Lady died in the Den (...)" (Ibidem)
Et n'oubliez pas qu'il est des fantômes qui hantent le Den... (Chapitre VI de l'oeuvre susnommée)
"She was still smiling at him, but her eyes were wet now, and she drew him on to talk of the days when Tommy was a boy. It was sweet to Grizel to listen while Elspeth and David told her of the thousand things Tommy had done for her when she was ill, but she loved best to talk with Corp of the time when they were all children in the Den. The days of childhood are the best."
Oui, les jours de l'enfance sont les meilleurs de tous, y compris lorsque l'enfance fut une pourriture. Tout ceci parce que l'enfance est avant tout un regard que la plupart des adultes perdent ensuite. La plupart mais pas tous... Ceux-là, épargnés, sont à la fois des élus et des exclus. Tout se passe comme si l'enfance essoufflée, vers douze ans, en ouvrant, pour la première fois, ses yeux sur le réel, devenait aveugle. Une seconde paupière recouvre tout à coup le premier regard porté sur l'univers, une paupière que rien ne peut déchirer sinon peut-être un don ou bien une incapacité physique et psychique à vivre dans le monde des adultes. Ces enfants vieux sont des monstres lorsque les adultes les contemplent de biais, n'osant croiser leur vision, car ils auraient honte, sans se l'avouer, d'avoir déserté la scène de leurs émois véritables.
TO BE CONTINUED...
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Je vous préviens.
Je suis d'humeur sentimentale et je dégouline de bons sentiments. Tout ceci est écoeurant ! Si je pleurais, ce serait assurément une coulée de caramel sur mes joues couleur sucre d'orge. Ma bouche est une fraise Tagada et mes bras sont mous comme de la guimauve. Mon coeur est une pomme au sucre, mais empoisonnée, celle de la vilaine sorcière de Blanche-Neige et mes neurones des Bêtises de Cambrai. Cela promet !
Vous allez avoir la nausée, je le crains. Je suis encore sous l'effet des drogues puissantes (une dose de cheval) qui m'ont été nécessaires afin d'accepter de monter dans un petit coucou de la British Airways et ma dyslexie revient danser sous mes doigts qui confondent les touches du clavier. Je vous demande du temps à tous afin de vous répondre personnellement.
Toute cette série écossaise de billets barriens que je vous destine, au fil des jours, est dédiée à mon Mari, à mon Amour, à mon Dieu, au Magicien de ma vie, à l'homme sans qui mon existence serait une erreur (pardon Nietzsche, je vous plagie un peu). Je ne connais personne en ce monde qui soit capable de mettre le monde dans votre main comme il sait le faire si bien pour moi. Il est la beauté et l'innocence de l'univers, la lucidité également. Sa bonté n'en a que plus de mérites. Il est comme Alcide, le personnage de Voyage au bout de la nuit : "il tutoie les anges". Il ne le sait pas, mais il a plus en commun avec James Matthew Barrie qu'il ne le croit et il a apprivoisé le Capitaine Crochet qui, comme chacun le sait, est une mère sans enfant. Ceci, je vous le prouverai un jour.
Mon voyage m'inspire tout de même la sobriété, malgré mon tempérament de feu et ma propension à ce que mon mari appelle "l'exaltation permanente", et ce que je nomme ma grandiloquence enfantine, car ici le sublime vous pétrifie. Ce n'est ni Kant ni Burke
"WHATEVER is fitted in any sort to excite the ideas of pain and danger, that is to say, whatever is in any sort terrible, or is conversant about terrible objects, or operates in a manner analogous to terror, is a source of the sublime; that is, it is productive of the strongest emotion which the mind is capable of feeling. I say the strongest emotion, because I am satisfied the ideas of pain are much more powerful than those which enter on the part of pleasure. Without all doubt, the torments which we may be made to suffer are much greater in their effect on the body and mind, than any pleasure which the most learned voluptuary could suggest, or than the liveliest imagination, and the most sound and exquisitely sensible body, could enjoy. Nay, I am in great doubt whether any man could be found, who would earn a life of the most perfect satisfaction, at the price of ending it in the torments, which justice inflicted in a few hours on the late unfortunate regicide in France. But as pain is stronger in its operation than pleasure, so death is in general a much more affecting idea than pain; because there are very few pains, however exquisite, which are not preferred to death: nay, what generally makes pain itself, if I may say so, more painful, is, that it is considered as an emissary of this king of terrors. When danger or pain press too nearly, they are incapable of giving any delight, and are simply terrible; but at certain distances, and with certain modifications, they may be, and they are, delightful, as we every day experience. The cause of this I shall endeavour to investigate hereafter."
qui me contrediront. L'incandescence fut intérieure et je perdis, un à un, tous mes mots. Je n'ai jamais su parler ; je bafouille ; je bégaie ; l'émotion tire en pelote le léger cheveu déposé sur ma langue et je commets des erreurs grammaticales, etc. Je préfère mille fois écrire, mais me voici démunie de tout en ce lundi, qui est le demi-réveil, en quartier de lune, d'un voyage inachevé. Oui, car je reviendrai, au plus tard dans 3 ans, pour les célébrations autour de J. M. Barrie, afin de jeter mon gant (vous savez sa couleur) à la mégère qui a osé écrire une suite à Peter Pan. Je lui demanderai raison de cette offense.
Loin de croire connaître l'Ecosse, puisque je n'ai palpé, touché, reniflé et aimé qu'une minuscule partie de ce pays plus vaste qu'il n'y paraît sur une carte d'Europe, et ce, pendant un temps relativement court, je crois néanmoins en avoir saisi l'essence au premier regard. Il m'a semblé revenir au pays de ma naissance, celle qui précède la naissance des mortels, de tous les mortels qui n'ont pas peur de se souvenir. Mon sang coule aussi jaune que celui de Hook et j'en sais la raison.
un peu égarés dans l'immensité verte de l'Ecosse. La nuit était presque tombée. Nous avons cependant trouvé notre chemin parmi les ombres remuantes et sifflantes. Je savais que rien de grave ne pouvait m'arriver une fois les pieds sur le sol de ce pays-là. Je n'ai pas peur des fantômes. Je suis prête à les bercer dans mon giron, à les allaiter avec ma mémoire. Mon mari est le meilleur conducteur au monde et son sens de l'orientation, avec ou sans GPS (nous en avions tout de même un ; prudence est mère de sûreté), est incroyable. La preuve, nous ne nous sommes jamais (involontairement) perdus. Notre lieu de résidence fut exceptionnel. J'en reparlerai, car je dois rendre hommage à ces gens, discrets et efficaces, généreux dans leur silence.
Le lendemain, notre premier devoir et désir fut de nous recueillir sur la tombe de notre hôte, celui qui avait inspiré ce voyage. Depuis toutes ces années, il était enfin temps de me présenter à mon vieil ami. De son lit éternel, il a une belle vue.
J'ai cru sentir un instant sa main sur mon épaule gauche dès le moment où j'ai pénétré dans le cimetière sur la colline.
Instinctivement, je me suis dirigée vers la tombe aimée. Je savais où elle était. Nul besoin de plan. Je courais. Une vidéo trop impudique vous sera scellée, car je crois que je me suis effondrée à ce moment-là, lorsque m'est apparu l'endroit.
Mon mari est invisible. Il est comme l'épouse de M. Columbo. Mais vous pourrez l'entendre donner le "Clap" ou le "Top" de nombreuses vidéos. J'aurais pu couper au montage ces petites choses, mais je n'en ai pas envie.
(Petit problème provisoire : il semble PARFOIS que mes vidéos s'arrêtent avant la fin. Soyez patients ou bien allez directement sur DailyMotion. Et, en toute occasion, préférez Firefox ou Safari pour lire mon JIACO.)
Je ramène de la terre d'Ecosse, de la terre d'une tombe. Une petite poignée. Ceci n'est pas un sacrilège, comprenez-le bien, ni un illégitime et mesquin désir de possession, mais un moyen pour moi d'offrir un fragment de mon voyage à qui m'est cher.
TO BE CONTINUED...
A SUIVRE...
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dimanche 29 avril 2007
Oui, c'est la terrible vérité.
Il était à l'aéroport d'Edimbourg, ce matin, afin de probablement me souhaiter un bon voyage.
J'en ai froid dans le dos en y repensant. Je me dis que ce fut l'ultime clin d'oeil de mon cher Barrie, qui est doté d'un sacré humour.
C'est une histoire que je vous raconterai peut-être un jour.
De retour d'Ecosse, de ma maison de coeur et d'imagination, j'ai beaucoup à vous raconter et à vous montrer, mais ce soir il est tard et je suis très fatiguée. Une centaine de courriels à lire ou à jeter (et encore des demandes d'aide pour des mémoires de master ! Je sature. Les gens ne peuvent-ils pas travailler seuls ? J'adore aider, mais seulement quand les demandeurs me prouvent qu'ils ont déjà oeuvré par eux-mêmes - ce qui est rarement le cas.), une dizaine de lettres postales, beaucoup de choses à trier, à ranger (des trésors d'Ecosse), des vidéos à encoder (pour vous)... Mais, dès demain, je pense commencer mon récit en image de ce voyage peu ordinaire.
Je vous laisse en compagnie de cette image égocentrique représentative de mon bonheur, je le crois, dans ce pays de fées, de fantômes et d'infini. Un petit champ de jonquilles dans un endroit cher à Jamie. Et dire que je suis censée de pas aimer la nature ! Mais comment ne pas l'aimer en Ecosse ?
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mardi 24 avril 2007
A Dieu vat ! Rien ne va plus. Les jeux sont faits. Je ne sais pas ce qui m'attend là-bas.
Avril s'achève et c'est le mois où je vais fêter mes 25 ans ! Oui, j'ai 25 ans depuis... quelques années déjà. Je n'accepterai pas que l'on mette en doute l'année de naissance que je reconnais être la mienne. Je suis née quand je veux. Demain, s'il me plaît.
Nous embarquons maintenant pour une mission hautement et autrement périlleuse : retrouver l'Ombre de Jamie dans son pays natal, l'Ecosse, dans un lieu nommé Kirriemuir - que je ne me risque même pas à prononcer. Je suis en possession d'un passeport très spécial et d'une diapositive de l'Ecosse. Ce sont quelques-uns des indices que j'ai trouvés dans une pochette surprise hier matin, au courrier... Je ne connais qu'une personne au monde pour écrire des lettres aussi artistiques et fantaisistes. J'emporte les disques offerts par ma Fauna, ceux de Jean-Christophe dont celui-ci, que j'ai promis de ne pas déflorer avant d’être Ailleurs,
des plans, le cahier de mon amie "E"., mes notes et mes rêves, une caméra numérique, un appareil photo, mon téléphone, un rendez-vous particulier dans un endroit encore plus particulier en tête, et quelques fringues de rechange. Je voyage léger. Mon coeur, lui, pèse une tonne. Serai-je digne du voyage ?
Je dors mal. Je suis fébrile.
Comme me l'a écrit mon ami Jean-Christophe, il est hors de question que l'on me fournisse une autre paire de gants guimauve, alors je dois être vigilante, et accomplir mon devoir. Je ne sais pas si je reviendrai, alors je vous dis ceci, dissimulée sous une aile de l'ange Cole Porter
Ev'ry time we say goodbye
I die a little,
Ev'ry time we say goodbye
I wonder why a little,
Why the gods above me
Who must be in the know
Think so little of me
They allow you to go.
When you're near
There's such an air
Of spring about it,
I can hear a lark somewhere
Begin to sing about it,
There's no love song finer,
But how strange the change
From major to minor...
Ev'ry time we say goodbye
June Christy, 1955.
(merci à mon ami Jim pour cette chanson et sa présence)
Ensuite, je vous tirerai ma révérence de la plus élégante manière qui soit, je l'espère en tout cas. Mais, jamais au grand jamais, je ne vous abandonnerai. J'ai des idées plein la tête.
Itinéraire approximatif, dont je vous livrerai des vidéos, si tout va bien, dans une semaine :
Edimbourg : 3 Great King Street - lieu où a vécu Barrie, très jeune, alors qu’il était journaliste. Peut-être des endroits connotés par Doyle et Stevenson, si le temps ne nous manque pas...
Kirriemuir : 9 Brechin Road, lieu de naissance, le 9 mai 1860.
Certains meubles sont d'époque, dont deux des fameuses chaises que sa mère reçut le jour de sa naissance…
Le bureau est celui qu'il possédait à Londres et qui fut rapatrié ici et des costumes de la pièce Peter Pan.
Au numéro 11 est justement installée une pièce consacrée à Peter Pan
où les visiteurs peuvent s’envoler jusqu’à Never Land et admirer les costumes originaux de la pièce, récemment restaurés.
Et vous pouvez même vous faufiler entre les dents d'un crocodile.
Le cimetière où il repose modestement auprès des siens. On lui avait proposé une place pour l’éternité, au Poet’s Corner of Westminster Abbey, mais il avait décliné la gracieuse offre, préférant revenir là où son cœur s’était attardé, près des siens, sur la Colline de Kirriemuir.
La Camera Obscura et le cricket pavilion, qui furent offerts par Barrie à sa ville natale. Il n’existe que trois chambres noires en Ecosse ;
Strath View, qui est cher au coeur de Barrie pour de multiples raisons. Ceux (rares en France) qui ont lu A Window in Thrums et connaissent sa vie savent pourquoi...
Et puis le fameux Repaire de l'enfance perdue... les gorges d'Ecosse, la légende du "King over the water"...
Sans oublier le bois de Caddam, bien connu du Petit Ministre ou de Tommy et Grizel.
A bientôt, peut-être. Qui sait ?
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- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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