
Le roi des Aulnes

I'm leaving today
I want to be a part of it, New York, New York
These vagabond shoes
Are longing to stray
And make a brand new start of it
New York, New York
I want to wake up in the city that never sleeps
To find I'm king of the hill, top of the heap
These little town blues
Are melting away
I'll make a brand new start of it
In old New York
If I can make it there
I'll make it anywhere
It's up to you, New York, New York.
To find I'm king of the hill, top of the heap
These little town blues
Are melting away
I'll make a brand new start of it
In old New York
If I can make it there
I'll make it anywhere
It's up to you, New York, New York
"L'ironie véritable a beaucoup à voir avec cette vertu absente de la pensée moderne, la modération." "Ainsi, en dépit de son goût très marqué pour la litote, Austen est une romantique qui croit que l'aveugle amour a de bons yeux." "La plupart des mariages sont des relations humaines qui n'existent que par la loi et l'opinion publique. Seul un petit nombre connaît cet attachement profond où la compagnie de l'autre est un bonheur qui ne cesse pas." "On ne peut s'empêcher de songer à la remarque d'Aristote que l'orgasme et la pensée s'excluent mutuellement. Bien sûr rien n'empêche qu'un être humain ces deux choses, chacune en son temps. Mais si l'on a un patenaire unique, le choisit-on d'abord pour l'une ou pour l'autre, ou en fonction d'une cote mal taillée entre les deux ? Et si l'on it qu'iil vaut mieux avoir deux partenaires, un pour chacune de ces deux grandes activités, reste la question : lequel a la première place, laquelle est la principale ? Ceux qui ne veulent pas poser ces questions cachent leur tête dans le sable. (...) Tout cela peut sembler inapproprié dans une discussion concernant l'austère Jane Austen. Ces questions sont pourtant nécessaires précisément parce qu'à la différence des autres romantiques, Jane Austen célèbre l'amitié classique comme le coeur de l'amour romantique." (je souligne)
"Je ne sais pas si Bacon a écrit les pièces de Shakespeare, mais s’il ne l’a pas fait, il est passé à côté de la chance de sa vie !"
Carnet 31, 1908
Pièce féerique. Quelqu’un qui grandit à l’envers (un homme ou une femme qui naît vieux et vieillit en devenant jeune).
RÉSUMÉ DU LIVRE
Baie de San Francisco, 1871. Max Tivoli naît avec l'apparence d'un homme de soixante-dix ans, condamné à avancer à reculons, à l'inverse du monde qui se précipite vers son destin. C'est à l'adolescence, lorsqu'il s'éprend éperdument d'Alice Levy, que sa vie commence véritablement. Elle devient soudain aussi scintillante et douloureuse que des morceaux de verre. Comment conquérir un cœur de dix-sept ans lorsqu'on en paraît cinquante ? Suspendu au temps qui fuit et lisse son apparence, ballotté par les bouleversements du siècle naissant, Max Tivoli parcourt le monde, avec la complicité mystérieuse de son ami Hughie, à la poursuite de son amour. Car Alice, comme dans les contes de fées les plus cruels, disparaît dès qu'il parvient à l'embrasser.
Je suis venu te dire que je m'en vais et tes larmes n'y pourront rien changer...
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L'amour est d'abord un sentiment, une passion ou un désir avant que d'être un acte ; on est d'abord amoureux avant d'aimer, patient avant d'entrer en scène et d'être acteur. Coup de foudre paralysant en statue de sel ou subtile insinuation qui prend possession progressivement de l'être, mal grandissant dans le sein de l'homme ou de la femme, qui ne se laisse sentir que bien trop tard. Impossible d'éviter le coup. L'amour aime faire ses coups en douce, en traître.
"C'est le sort de tous les actes profonds que de ne devenir perceptibles que lorsque ceux-ci sont depuis longtemps engagés. Il en va ainsi des actes de l'amour comme de la composition d'une œuvre quelconque, qu'il s'agisse de l'herbe ou d'un livre, et de toutes choses qui ne commencent jamais, ou plutôt dont on ne pourra jamais dire quand ni comment elles ont commencé." (Clément Rosset, Le réel, Traité de l'idiotie, éd. Minuit, 1977, p. 130.)
Les amoureux sont étonnamment étourdis et oublieux d'eux-mêmes, dans les premiers temps… L'amour, à ses débuts, a quelque chose d'involontaire et d'inconscient ; il est gauche et imprudent. L'amour prend corps et se cheville en nous avant de se faire remarquer à la conscience, comme s'il voulait prendre de cours, de crainte que nous ne soyons tentés de l'esquiver. On se prend soudain à aimer un être, sans pouvoir expliquer les effets de cette machine souterraine qui a mis en branle notre cœur, notre âme et notre esprit. L'amour trouble et bouleverse. On ne sait pas pourquoi on s'est mis à aimer, et toutes les raisons ne viennent qu'après coup, et l'on ne s'entête pas trop à en chercher les causes, comme si l'amour lui-même suffisait à répondre à lui-même. Le second mouvement de l'amoureux qui se reconnaît, étonné, dans un sentiment jusqu'à présent ignoré de lui, est un mouvement vers l'objet de ce sentiment, un mouvement qui a envie de rendre ce qu'il a reçu, comme un gifle ou un baiser à qui manque son jumeau : l'amoureux se sent heureux, alors il veut faire plaisir, manifester des attentions qui ont pour but la satisfaction de celle ou celui à qui elles s'adressent. Un échange de bons procédés s'instaurent entre les deux amoureux qui deviennent amants, acteurs, et non plus simplement contemplateurs et spectateurs de quelque chose qui s'impose à eux et leur échappe. Une tension, un jeu de yo-yo s'établit entre les amoureux qui cherchent à se plaire et à se faire plaisir, pour se faire aimer ou pour continuer à l'être, à moins que ce soit simplement parce qu'ils aiment. L'amour s'exprime dans la volonté de donner quelque chose à autrui. Pourquoi ? Parce que le don fait plaisir à soi ou parce que l'on veut récompenser autrui de son amour et justifier son choix, ou pour son bien, indépendamment du sien propre ? Toutes les réponses sont possibles, cela dépend de l'espèce de l'amour qui est mis en jeu dans une relation humaine : amour de bienveillance ou amour de concupiscence, simple affection, noble amitié ou furieuse dévotion … Quoi qu'il en soit, si l'on écoute Descartes, le genre de l'amour est unique, même s'il diffère dans ses effets, il est un dans son essence. On "s'unit de volonté à un autre" : on se met à former un tout, dont on n'est qu'une partie : la plus importante ou la moindre, ou simplement une moitié de valeur équivalente. Or, l'amour est comparable à un élastique, il permet toutes les déformations et est susceptible de se rompre, à tout instant, dans un claquement, un bruit sec qui annonce la gifle ou le sifflement de la blessure. A chaque bout de l'élastique, moi et autrui, deux identités et deux altérités qui s'attirent et se repoussent : image bien pratique qui a pour vertu principale de suggérer la distance variable qui sépare et unit les aimés, selon que le bout de caoutchouc est plus ou moins tendu. Lorsqu'il n'y a pas ou plus de tension, l'élastique se recroqueville et se roule en boule, il perd sa figure et son utilité, comme les amants devenus couple… Cette tension de l'élastique symbolise la tension qui existe chez les amants entre leur désir de fusion et leur tendance à s'enfermer dans leur identité, entre l'envie de donner et les incapacités de l'égoïsme (la tentation de l'économie ou de l'avarice).
« Peut-être qu’en effet nous changeons, à l’exception d’une petite parcelle de notre être, qui n’est pas plus grosse qu’une poussière dans l’œil. Et, comme elle, cette part de nous-même danse devant nous et captive notre vie tout entière. Je ne peux couper le cil auquel elle est suspendue. »
Quelques chapitres...
Les roses du Pays d'Hiver
Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.
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- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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