
Où il est question de JAMES MATTHEW BARRIE (qui donne son nom à ce JIACO), de littérature (en particulier victorienne, mais pas exclusivement), de cinéma, de philosophie et de quelques autres petites choses qui font de mon existence un berceau pour les fées ... [Photographies offertes par Andrew Birkin - Possesseurs de MAC, utilisez de préférence SAFARI pour lire ce Journal Intime à Ciel Ouvert ! Les commentaires anonymes sont systématiquement effacés.]
Pour mon Amie, pour ma Fauna, qui écrit le plus beau journal qui soit et avec qui, un jour, j'irai faire un long petit voyage sur la terre.
Pour peu que l'on soit un tantinet familiers de ces expériences ultimes, éprouvantes, exaltantes et terribles, on accédera à plusieurs des sens superposés de cette œuvre, qui paraîtra simplement belle, étrange, bizarre, inconnue, ou impossible à comprendre aux autres. Les autres ? Les tranquilles et les bienheureux, qui ne doutent pas du monde dans lequel ils vivent et attendent.
Des enfants égarés (par qui ?), plus fils de Barrie que de Dickens...


quelques images terriblement mouvantes qui rappellent L'île aux trente cercueils, le tout est mâtiné de Lord of the Flies,
sans réelle intention, je le gage, de la part de l'auteur, simplement parce qu'il fait parler, en ventriloque, les effrois de l'enfance par les sens de l'adulte devenu et que toutes les frayeurs primaires de l'humanité sont les mêmes, en nombre assez restreint, ma foi : l'homophagie, la peur que l'on lise dans ses pensées, le vol de l'âme...
L'érotisme de la découverte amoureuse des deux héros principaux, Guy et sa soeur, se conjugue contre les tentatives incestueuses de la mère à l'encontre du fils et du viol symbolique du père sur sa fille.
Je ne suis guère étonnée que David Cronenberg ou Tom Waits apprécient le travail de Guy Maddin, qui est un cinéaste tout à fait inclassable, comme le sont les artistes véritables – ce qui ne signifie pas qu'il ne s'inscrit pas dans des filiations diverses : Feuillade, Bunuel, Cocteau, Méliès, Murnau... Et il recompose au sein de son imaginaire une autobiographie fantasmée, en douze chapitres (douze étant à peu près l'âge de la puberté),
une inquiétante étrangeté terriblement vivante qui corrompt toute velléité d'innocence rétrospective prend place en nous et nous étreint jusqu'au malaise. Le surréalisme de l'oeuvre n'est pas une démarche élaborée d'écriture automatique, mais une plongée pleinement consciente, malsaine et salutaire, lumineuse et glauque dans l'inconscient de l'auteur – et le nôtre pour peu que nous ayons eu une mère abusive (ne le sont-elles pas toutes par le simple fait d'avoir un "droit d'existence" sur leur rejeton?), incestueuse, tant sur le plan physique que psychique.
La mère, celle qui donne la vie et transmet la mort, est au coeur de toutes les pensées du réalisateur. Elle articule les enfants et le monde qui les porte.
Cette femme, monstre ordinaire revêtu des oripeaux du conte, que met en scène Guy Maddin, n'est pas sans me rappeler Mrs Darling, qui trie les pensées de ses enfants pendant qu'ils dorment, qui pénètre autant leur coeur que leur esprit, afin de les dresser dans l'ordre qui lui plaît, puis de se mirer dans leur âme. Que cherche-t-elle en cet endroit ? La preuve qu'elle n'est pas aimée, parce que grandir, c'est trahir la mère - dans le meilleur des cas, sinon on demeure un enfant ?
qui tire un à un les fils qui constituent la trame pensante et éprouvante de ses enfants, rêvant de la jeunesse de sa fille et songeant à coucher avec son fils,
incarnant ce qui ne devrait que demeurer symbole. Elle fait éclater les rêves de sa progéniture, comme des cloques, plonge sa pensée et son œil dans les cratères de leur imagination, tous ces mondes, toutes ces îles, espèces de grands nids, qui sont l'apanage des enfants et des jeunes gens qui tombent amoureux pour la première fois.Brand Upon the Brain! (Des trous dans la tête) est sans hésitation le film qui m'aura le plus surprise et le plus émue cette année, suivi par La frontière de l'aube 
de Philippe Garrel ; deux poèmes cinématographiques dont les vertus cardinales sont la beauté trouble et la profondeur. Il s'inscrit très facilement dans mes propres thèmes de recherche, de réflexion et d'écriture : le rapport des enfants et des adultes, la maternité, le passage de l'enfance à ce qui n'est pas elle et l'impossibilité à coïncider exactement de soi à soi, dans le prolongement des premières années, qui possèdent assurément quelque chose d'irréel, comme si, finalement, nous n'avions jamais été des enfants ou bien que nous ne sachions rien de l'enfance vécue et que nous nous en inventions une, effrayés de l'avoir perdue sans l'avoir connue, à l'instar de Peter Pan ou de Peter Schlemihl qui sont épouvantés par la perte de leur ombre.
avec la délicieuse Mary Pickford et, terrifiant et superbement onirique, The Night of the Hunter


de Charles Laughton.









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"Une fée est cachée en tout ce que tu vois." (Victor Hugo)
"J'entends m'en tenir à un réalisme qui ne rejoint le fantastique que par un paroxysme de précision et de rationalisme, par hyperréalisme, hyperrationalisme. C'est peut-être l'occasion de prendre position face au surréalisme, celui des écrivains et celui des peintres." (M. Tournier)



J'aurais aimé avoir ces mots-là pour en parler, de Guy Maddin, un jour, ou une nuit. Ces mots-là, les autres, tous trouvent un chemin en moi.
Je les garde avec moi. Grâce à toi mon Amie, je continue et continuerai de "racler mes entrailles psychiques" et je n'aurai pas peur.
Malice, tu es très bien entourée et je crois que tu aimerais Guy Maddin...
Bonjour ma chère Muse, je te souhaite un beau Noël et t'envoie de douces pensées, ainsi qu'à ta maman.
Ma Fauna, je sais que tu n'as pas peur et, si un jour tu avais froid ou peur, je serais là.
J'ai lu ton beau billet.