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jeudi 14 octobre 2010
Très lentement, je mets à jour mes divers sites internet, entre deux pages d'un roman ou d'une traduction, le tout entrecoupé de divers projets théâtraux... et de quelques surprises littéraires que je prépare secrètement dans mon antre.
Aujourd'hui, je vous renvoie simplement, si le coeur vous en dit, à certaine page pour y découvrir deux petites raretés musicales que je viens de déposer sur mon site Cary Grant – qui n'est pas encore véritablement né, faute de temps. Mais Cary Grant est presque aussi important pour moi que Barrie et j'ai l'intention de le prouver... Depuis des années, je collecte des documents et des pièces rares, qui sont autant de preuves de mon amour et de ma dévotion à l'un des plus grands acteurs de tous les temps. Je suis un être constant, aux passions multiples, mais d'une fidélité à toute épreuve à ces dernières. Je tiens fermement les rênes et, jamais, je ne renonce avant d'avoir réalisé mes rêves, et ce, quoi qu'il advienne. Probablement que, de l'extérieur, certains m'imaginent comme un papillon ivre, voletant, affolé, d'un point à un autre, mais il n'y a rien de plus faux. Chacune de mes pensées et de mes passions, chacun de mes actes, est la perle d'un même collier. Il y a une cohérence en moi que bien peu perçoivent – en particulier, ceux qui attendent de moi que je fasse des choix. J'éprouve le besoin de préciser cet état afin, une fois pour toutes, que mes lecteurs (ceux qui ont la bonté de m'écrire et pour qui, d'une manière générale, j'éprouve de l'amitié) me pardonnent de n'avoir pas toujours le temps de leur répondre comme ils le mériteraient certainement. Parfois, je préfère laisser un courrier orphelin plutôt que de n'accorder que des miettes. Peut-être ai-je tort. Probablement ai-je blessé des êtres (qui attendaient trop de moi, et à qui, cependant, je n'avais rien promis), mais Holly n'est pas tout à fait Céline, et si la première oeuvre avec l'accord et toute la sincérité possible de la seconde, il me semble que le meilleur de moi est ici, dans mes divers sites, dans les livres que j'essaie de publier... et qu'il n'est guère utile de vouloir mieux me connaître. Louis-Ferdinand Céline, mon autre versant – de même que Barrie avait une écriture dextre et sénestre, il me semble que ma persona a deux hémisphères – disait ceci, dans une lettre à l'une de ses amies :
"Si on se laissait aller à aimer les gens qui sont gentils la vie deviendrait atroce. Je ne sais pourquoi mais ce serait ainsi. Il faut se raidir pour vivre."
Et ceci, dans Mort à crédit :
"L'essentiel c'est pas de savoir si on a tort ou raison. Ce qu'il faut c'est décourager le monde qu'il s'occupe de vous.. Le reste c'est du vice."
J'ai toujours, plus ou moins consciemment, adopté ces préceptes dans ma vie, depuis l'enfance, probablement pour me défendre de la tendance inverse. Mais force est de constater que, de temps en temps, j'oublie ces règles d'hygiène existentielle.
Je me souviens d'une ancienne relation amicale, qui a beaucoup compté pour moi à l'époque, qui m'a même aidée à progresser, mais qui voulait, à tout prix, me soumettre au joug de la raison et de l'équilibre, me restreindre dans mon appétit, rogner sur mes possibles... et qui s'étonnait que l'on puisse se consacrer à Barrie et à Louis-Ferdinand Céline, priser Cary Grant et Hegel, aimer à la folie Bach et Michael Jackson... Il en est trop de ces tristes sires qui, jamais, ne comprendront que la vie n'est belle qu'entrelacée de mille fils - de fer, de coton, d'or ou prélevé sur une toile d'araignée – mais qui tous concourent à dessiner le même motif dans une existence.
Libellés :Cary Grant,je ne suis pas aimable,miscellanées
samedi 3 mars 2007
Les rôles où Cary Grant joue le brigand, le filou, le personnage louche et la canaille, sont ma foi assez rares. J'en ai déjà parlé ici et ailleurs. Il est, par conséquent, toujours intéressant de savourer une de ces exceptions. Et, Miss Holly de revenir à sa vieille habitude, de tailler quelque joli extrait pour vous dans l'un des films de sa vidéothèque.
Pendant ma période de fièvre, j'ai essayé de me soigner en regardant quelques films avec mon bien-aimé acteur (mais sans robe de soirée ni chaussures-à-talons-102e-étage, comme je le fais à chaque fois que je me projette un film avec le plus élégant des élégants, mais en vulgaire pyjama, moi qui n'en porte jamais...), dont celui-ci, que je connaissais déjà.
H.C. Potter a réalisé l'un des films les plus drôles de l'histoire du cinéma, un classique inoubliable, Hellzapoppin. Ce film-là n'est pas d'une égale réussite, loin s'en faut, mais comporte quelques belles scènes, drôles ou émouvantes, qui justifient à elles seules que l'on se souvienne de l'oeuvre.
Je n'ai pu résister à encoder cet extrait pour mes aimables lecteurs (petite pensée pour Clarabel, qui appréciera, peut-être, mais aussi pour Nicolas qui saura bien pourquoi...), car Cary y... tricote, afin de persuader certaine jeune femme soupçonneuse de ses bonnes intentions, alors qu'il cherche à la flouer ! Il ne perd rien de sa superbe et de sa virilité gracieuse dans cet exercice pour le moins périlleux.
Et il semblerait que ce soit contagieux !
Le film est très déséquilibré : à ne pas choisir un registre, comique ou dramatique, on ne cesse de se tenir sur un pied, puis sur l'autre, puis on sombre dans une petite déception. Il faut remettre les choses dans leur contexte et Serge Bromberg le fait avec son talent et sa gourmandise coutumière dans le DVD des éditions Montparnasse. La guerre s'étale sur tout le terrain de l'industrie du film et beaucoup de productions sont censurées à l'époque ou bien encouragent une forme de propagande plus ou moins discrète. Cette toile de fond rend le propos délicat. L'une des images les plus effrayantes du film est peut-être celle-ci, qui ne cesse de poursuivre le héros :
mais Joe (Cary) n'a cure de l'Oncle Sam et se fera déserteur en endossant l'identité d'un mort, ancien taulard, mais réformé, et essaiera de piquer dans la caisse des bonnes oeuvres pour les victimes de guerre. Rien de très moral, certes, mais on pourrait tout pardonner à un homme qui sait si bien truquer les pièces et piper les dés, car il ne triche pas lorsqu'il s'agit de sentiment. Et, quand bien même, ce serait sans compter l'amour inconditionnel d'une femme qui l'aimera tout autant brigand que gentilhomme, car bien sûr il ne cesse d'être beau joueur en toute circonstance. Et puis la guerre est une telle saloperie que tous les coups sont permis pour rester à l'écart et que l'on ne me parle pas d'héroïsme car cela n'existe pas... Tout est affaire de circonstances. Les héros sont des graciés du dilemme.
La morale sous-jacente du film est peut-être plus audacieuse qu'il n'y paraît : l'héroïne en oublie ses convictions par amour. A nous d'applaudir et de regretter, néanmoins, cette fin trop convenue bien qu'attendue.
Ce film prend place, dans la filmographie de Cary Grant, entre Once Upon a Honeymoon de Leo McCarey et Destination Tokyo de Demar Daves. Cary Grant a récemment été fait citoyen américain ; "Cary Grant" est devenu son véritable nom, et il subira des reproches de ses anciens compatriotes britanniques de ne pas participer à leur combat. Un meilleur film est à venir : None but the Lonely Heart.
La femme de Cary Grant, à l'époque, Barbara Hutton, voulait obtenir le rôle féminin, puisque celui-ci reflétait d'une certaine manière son vécu. Elle offrit même à la R.K.O. de travailler gratuitement. Mais Cary Grant l'apprit, refusa cette idée et s'arrangea pour qu'elle n'obtînt pas le rôle, qui fut attribué à la sensible Laraine Day. Précisons que les relations entre les époux n'étaient pas de celles dont on peut rêver et que l'éphémère Madame Grant me semble avoir été on ne peut plus opportuniste.
Le scénario fut écrit par un débutant, Milton Holmes, et s'inspire d'une histoire véritable, qui connut une fin plus tragique, car la vie n'est pas une danseuse des sept voiles à qui l'on peut promettre la lune à crédit.
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Libellés :Cary Grant,cinéma,H.C. Potter
vendredi 16 février 2007
[Photo extraite du film de Henry Koster, The Bishop's wife]
A l'âge de soixante-deux ans, Cary Grant devient père, pour la première fois. Une petite Jennifer (qui a bien grandi depuis et qui n'a pas eu la carrière de son père) entre dans sa vie.
En 1967, il enregistre deux titres pour Columbia, à New York, dédiés à sa fille. "Christmas Lullaby" and "Here's to You". Peggy Lee, une très bonne amie à lui, prêta sa voie pour les choeurs et écrivit les paroles de la première chanson.
C'est grâce à Beverley Bare Buehrer que j'ai eu connaissance de l'existence de ce 45 tours, que l'on peut dénicher sur ebay ou ailleurs, pour un prix plus que raisonnable, de temps en temps (et avec un petit boîtier transformer les titres en MP3). Le titre aussi a été édité dans un CD intitulé Joyous Christmas, Volume 6 (Columbia Special Products) et on le retrouve dans plusieurs 33 tours qui compilent des chansons de Noël.
Je ne sais pas pourquoi, mais lorsque j'écoute cette berceuse, j'ai des larmes dans mon sourire.
Je vous offre ce matin la petite berceuse. L'autre titre est moins intéressant à mes yeux.
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Libellés :berceuse,Cary Grant
jeudi 15 février 2007
Il me paraît évident, encore plus aujourd’hui que jamais, que les raisons de mon attachement extrême à Cary Grant, aussi bien qu’à James Matthew Barrie, tenaient autant à des faits d’abord inconscients qu’à la valeur intrinsèque de ces deux gentlemen d’exception.
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Libellés :Cary Grant,enfance,James Matthew Barrie,mère
mercredi 14 février 2007
Cary Grant est le seul homme et le seul être, hormis mon mari et Barrie, que j'aime inconditionnellement et que j'aimerai jusqu'à mon dernier souffle. Un jour, peut-être, exprimerai-je par écrit cette passion dévorante à laquelle je sacrifie chaque jour... J'ai envie de vous proposer quelques extraits de ses films. J'en possède de très rares, dont vous ne trouverez pas trace sur internet, et je les partagerai bientôt avec vous, par bribes. The Awful Truth (dont j'ai déjà parlé) est l'une de ses meilleures et de ses plus célèbres comédies, et pas seulement parce que c'est un film d'une main de maître, celle de Leo McCarey, mais parce que Cary Grant a l'occasion d'exploiter avec une immense liberté, dans la folie de l'improvisation parfois, tous ses talents.
Qui pourrait penser que derrière l'oeil taquin de Cary Grant se cachait, dans le cristallin, la silhouette d'un homme très complexe et brûlé par divers feux, dont celui d'une enfance plutôt malheureuse et incomprise ?
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"In life there is no end to getting well. Perhaps death itself is the end to getting well. Or, if you prefer to think as I do, the beginning of being well."
(Cary Grant)
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Catégorie :
Cinéma
Libellés :Cary Grant
mardi 29 août 2006

[Ce rire-là, capturé dans son expression la plus euphorique, me porte au plus près de Dieu, en qui pourtant je ne crois guère. Le rire et la joie sont ce qui nous rapproche le plus d'un état de communion avec le monde.]
Doctor Noah Praetorius aka Cary Grant :
I consider faith properly injected into a patient as effective in maintaining life as adrenaline, and a belief in miracles has been the difference between living and dying as often as any surgeon's scalpel.
Je crois que la confiance injectée dans un patient, comme il convient, est aussi efficace à le maintenir en vie que l'adrénaline. La croyance aux miracles fait aussi souvent que le scalpel du médecin la différence entre la vie et la mort.
Joseph Leo Mankiewicz est un de mes cinéastes préférés. Il est l'un des dix réalisateurs de mon panthéon personnel.
J'ai fait souvent état de cette admiration, ici même et ailleurs. Il a le don de pouvoir officier dans des genres très différents sans se perdre ou tordre son style (que ce soit dans le conte romantique à mi-chemin du rêve et de la réalité, qui ouvre une aube où se dessine la délicieuse Mrs Muir, dont serait tombée fou amoureux Barrie, la comédie de moeurs, Letter to three wives, la tentation du gothique, Dragonwyck, la fresque gigantesque, Cléopâtre, la chronique familiale, The late George Apley, le film policier, Somewhere in the night, le film d'espionnage, Five fingers, ou encore l'analyse psychiatrique, Suddenly last summer...).
A chaque fois, il donne le ton avec une imperturbable classe, une pureté d'âme qui lui permet de parler des sentiments humains les plus ténus sans jamais les briser entre les mâchoires d'un scénario imparfait ou les mouvements brutaux d'une caméra inquisitrice. Même lorsque la caméra est au plus près des acteurs, lorsqu'elle se fait regard appuyé sur le visage, elle ne les brutalise jamais, évitant d'être avide d'une l'émotion qui ne paraît jamais provoquée mais s'épanouir naturellement dans les expressions et les gestes.
Distance et présence au coeur de l'intimité des êtres sont les deux soucis primordiaux du cinéaste. Ce recul salvateur s'exerce souvent par l'humour, parfois assez mordant mais jamais cruel, mais aussi et surtout par une économie de paroles et d'effets. Il invite le spectateur autour du foyer intime des personnages, à nous frotter à leur lumière, à les coudoyer, à les comprendre intensément. Pour cela, il glisse quelques points de suspension au moment opportun. Nous participons au déroulement de l'histoire sans en être pleinement conscients sur l'instant. L'émotion ultérieure reviendra hanter le souvenir de la projection.
Il est des cinéastes curieusement absents de leur création. Tel n'est pas le cas des films de Mankiewicz, qui parlent de lui, d'une voix de basse. Il est pleinement audible, séparés que nous sommes de lui par des décennies. Prodige.
L'élégance du coeur et de l'esprit des plus grands, à savoir l'intelligence alliée à la modestie, confère à son oeuvre une chaleur commune à tous ses films.
Le cadre de ce film-ci est la jalousie d'un homme médiocre et la force de ce monstre aveugle que l'on appelle la rumeur, qui sera à peine évoquée. C'est aussi le portrait modeste et authentique d'une simple histoire d'amour qui tient sa place dans cet encadrement dramatique.
Ce film-ci est un de ceux que, dans sa filmographie, je prise le plus fort et pas seulement parce que Cary Grant y est plus que jamais l'homme parfait, c'est-à-dire celui de la situation. A l'instar des films de Capra, il y a dans ce film une générosité proprement dickensienne. Il faut distinguer ce trait sensible des vulgaires bons sentiments. Quelle différence entre l'indigeste compassion mielleuse et la bonté d'âme ? me sommerez-vous de répondre.
Avant de m'incliner devant votre légitime curiosité, j'aimerais extraire de ce film une scène, qui sanctifie à la fois l'immense talent de l'acteur Cary Grant et qui exprime l'intelligence du film
mentionné. Je crois qu'elle me permettra, in fine, de répondre un peu à cette interrogation.
Cary Grant interprète le rôle d'un docteur, comme il n'en existe plus guère, bien que j'aie la chance d'en connaître intimement un tout aussi merveilleux... Il officie dans une clinique qu'il a créée et donne des cours à la faculté. Il est jalousé par un ignoble personnage, tout droit sorti d'un roman de Dickens, plus filandreux que Uriah Heep* et à peine plus grand, du moins à l'échelle de l'âme, que Quilp. C'est ainsi que l'ami de Cary Grant, le condamné à mort et miraculé, qui l'accompagne dans son existence, tient ce discours, fort réjouissant pour le spectateur, à la petite vermine qui a tenté de faire basculer, à force de calomnies, le destin du noble docteur :
Professor Elwell, you're a little man. It's not that you're short. You're...little, in the mind and in the heart. Tonight, you tried to make a man little whose boots you couldn't touch if you stood on tiptoe on top of the highest mountain in the world. And as it turned out...you're even littler than you were before.
Professeur Elwell, vous êtes un petit homme. Je ne parle pas de votre taille. Vous êtes petit, dans votre esprit et dans votre coeur. Ce soir, vous avez essayé de rapetisser un homme. Vous ne pourriez vous isser à la hauteur de ses chevilles, même si vous vous teniez sur la pointe des pieds au sommet de la plus haute montagne en ce monde. Et la conséquence de tout ceci, c'est que vous êtes maintenant plus petit que vous ne l'avez jamais été de votre vie...
La médiocrité morale fait souvent état d'une médiocrité intellectuelle. Le personnage incarné par Cary Grant ne sombre pas dans l'autre piège, celui de la grandeur d'âme à tout prix - partant, la fausseté.
Une de ses patientes apprend de lui qu'elle est enceinte. Or, elle n'est pas mariée et refuse d'imposer à un père qu'elle adore la charge d'un enfant. Ils sont dépendants, l'un et l'autre, de son frère, un rustre fermier. L'avortement est même évoqué en filigrane lorsqu'elle dit au docteur qu'elle ne peut acheter sa tranquillité d'âme au prix de la sienne. Elle tente donc de se suicider. Le docteur la sauve et se félicite que peu de gens aient une réelle connaissance de l'anatomie ; en effet, elle s'est un peu trompé en visant le coeur avec son pistolet... Afin de la préserver de l'idée d'une récidive et de gagner du temps, il lui fait croire qu'il s'est trompé et qu'elle n'est pas enceinte. Mais il va tomber amoureux d'elle et l'épouser. Lorsqu'il lui avouera qu'elle est enceinte, mais pas de ses oeuvres, elle aura un mouvement de détresse, pensant qu'il ne l'a épousée que par charité. Or, tel n'est pas le cas. L'amour vaut mieux que la moralité. Cette dernière n'est utile que parce que nous manquons souvent d'aimer. Mais la moralité n'est réelle qu'irriguée par l'amour véritable. Les casuistes et religieux de tout poil l'oublient souvent.
Ici, Cary Grant expose devant ses élèves la différence entre un cadavre et le corps défunt d'un être humain, une très belle femme en l'occurrence. Il n'y a cependant aucun débordement lymphatique. Le pathos gluant de larmes est loin. La précaution avec laquelle Cary regarde ce corps inanimé, la douceur de son intervention, la douleur imperceptible de ce regard, disent le caractère de l'homme. [L'encodage de ma vidéo a connu un problème, car une scène est coupée, celle où Cary Grant enlève très lentement la serviette qui entoure les cheveux du cadavre ; ironie des choses, puisque ce sont les secondes que j'estime le plus !] Ce qu'il faut retenir de ceci est l'impartialité avec laquelle il considère le corps inanimé, sa capacité à le détacher de ce qu'il représentait vivant. On pourrait considérer cette saine réflexion comme une métaphore du travail de création cinématographique ou, plus largement, romanesque. Selon moi, il expose la conception cinématographique du réalisateur. Il me faut emprunter un travers pour m'expliquer. Pardonnez-moi.
L'autobiographie, à moins d'être le fruit d'une expérience de désensibilation au Moi et d'être abordée par quelqu'un de particulièrement talentueux, recèle bien des périls. La seule voie pour se frayer un chemin vers l'authenticité est celle que j'appelle "voie du classique", qui nous incline vers l'universel, par-delà la singularité du propos.
La chair est singulière, c'est sa nature, elle ne peut être autrement. La peau ne se prête pas. Le squelette ou la charpente supporteront d'autant mieux la chair du roman ou du film qu'ils seront solidifiés par une assise plus large et plus profonde que celle qui s'ancre dans le dérisoire Moi.
En ceci, mon billet du jour fait écho au précédent, qui évoquait la famille, Daudet et Fournier. Le bon sentiment (on pourrait dire de même du mauvais sentiment brandi par le souci de provocation, par l'outrance) est niais (fermé sur soi) s'il n'emprunte pas son essence à ce qui l'inclut tout en le dépassant : la charité, le sens moral de l'homme.
Notre sens moral mais non pas en tant qu'homme singulier, partie lambda de l'humanité, mais en tant que représentant anonyme de l'Humanité.
Lorsque Kant, par exemple, parle de la loi morale, lorsqu'il va défendre un non-droit de mentir jusqu'à ses conséquences les plus insoutenables contre Benjamin Constant, il ne parle jamais de vous ou de moi comme exemplaires uniques d'êtres humains. Il ne fait que s'adresser à ce qui, en nous tous, nous confère une appartenance métaphysique au genre humain et nous permet d'être moraux.
Hé bien la bonté de Mankiewicz, de Capra ou de Dickens est de cet ordre-là ! Elle oppose au pathétique opportuniste d'une oeuvre médiocre, aux mécanismes éprouvés du tire-larmes, un appel à la moralité. Il s'agit de rechercher la gratuité d'une émotion qui ne cajole pas simplement notre immédiateté sensible, mais qui exhorte notre nature supérieure d'être moral. La différence tranchée entre les deux est difficile à établir ici, car elle est du domaine de la philosophie et non pas celui d'une chronique légère. Pourtant, instinctivement, nous savons reconnaître ce qui nous incite à soulever l'état d'âme passager qui nous recouvre, devant une scène éminemment pathétique, et nous convie à un envol en direction d'un sentiment plus vaste et plus profond. C'est la différence, à mes yeux, entre le pathétique et le tristement pitoyable.
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People will talk
Vidéo envoyée par misshollygolightly
* Est-il réellement possible qu'Andersen eût été le modèle de Dickens pour créer ce répugnant personnage ?
Libellés :Cary Grant,cinéma
mardi 4 avril 2006
Oublier de penser à Cary Grant est au-dessus de mes forces. Il fait partie de mon univers intérieur.
Je n'ai pas manqué de me rendre au Warwick, où il passa douze années de sa vie. Il y avait sa suite...
Libellés :Cary Grant,New York
jeudi 24 novembre 2005

Harold Llyod dans Safety Last (Monte là-dessus) de Fred Newmeyer et Sam Taylor.
Ce film est l'un des plus drôles du muet.
Bien sûr, tout est parfaitement truqué et Llyod n'est pas aussi loin du sol qu'il n'y paraît.
Dans le film, il évoque son propre nom. J'aime beaucoup ce genre de clin d'oeil. Mais le meilleur, dans le genre, est celui de Cary Grant, dans La Dame du vendredi, qui s'exclame : "La dernière personne qui ait osé me dire ça, c'est Archie Leach, juste avant que je lui coupe la gorge!". Archibald Alexander Leach étant le véritable nom de Cary Grant.
Je suis une monomaniaque de la digression !
Libellés :Cary Grant,Harold Lloyd
samedi 12 novembre 2005
Film de 1944. Agréable comédie, où Cary Grant excelle comme de coutume.
Jerry Flynn est un producteur de spectacles à Broadway et il chercher désespérement un nouveau numéro à mettre en scène, faute de quoi il sera ruiné. Il rencontre un petit garçon, Pinky Thompson, dans la rue, qui prétend avoir une chenille danseuse, répondant au prénom de Curly. Flynn, un peu cynique, voit une opportunité de sauver son affaire...
Le DVD existe en zone 1 avec sous-titres français.
Libellés :Cary Grant
jeudi 10 novembre 2005
Ce film de Clifford Odets est un des plus beaux films de Cary Grant, parce qu'il y donne, comme dans Soupçons d'Hitchcock, une autre dimension de son jeu d'acteur. Cary Grant excelle dans la comédie mais, contrairement à un James Stewart par exemple, il est capable d'interpréter avec force conviction des personnages ambigus, noirs, ou désespérés.
Ici, il incarne un homme qui aspire à devenir meilleur, mais qui n'en a pas la force morale, figé dans une inertie de l'âme et du coeur, prêt à la chute dans le crime, mais qui connaîtra une forme de rédemption, lorsque sa mère tombera gravement malade.
Cary Grant fut nommé pour l'Oscar, mais il ne l'obtint pas - à tort !
Libellés :Cary Grant
vendredi 4 novembre 2005
Je trouve qu'Audrey et Cary vont diablement bien ensemble!
Cary voulait qu'elle soit à nouveau sa partenaire dans Father Goose (Grand méchant loup appelle) de Ralph Nelson. Mais elle n'était pas disponible. Elle avait accepté de jouer le rôle d'Eliza Doolite dans My fair lady. Et le plus ironique est que Cukor avait proposé à Cary Grant le rôle du Professeur Henry Higgins dans ce même film et qu'il n'a pu accepter, étant déjà engagé pour Father Goose. Dommage. Deux fois dommage.
Ce fut Leslie Caron qui obtint le rôle, aux côtés de Cary Grant. Il y a d'ailleurs une certaine ressemblance entre ces deux femmes, gracieuses comme des papillons.
Libellés :Audrey Hepburn,Cary Grant

Jerry: In a half an hour, we'll no longer be 'Mr. and Mrs.' Funny, isn't it?
Lucy: Yes, it's funny that everything's the way it is on account of the way you feel.
Jerry: Huh?
Lucy: Well, I mean if you didn't feel the way you do, things wouldn't be the way they are, would they? Well, I mean things could be the same if things were different.
Jerry: But things are the way you made them.
Lucy: Oh no. No, things are the way you think I made them. I didn't make them that way at all. Things are just the same as they always were, only you're the same as you were, too, so I guess things will never be the same again...You're all confused, aren't you?
Jerry: Uh-huh. Aren't you?
Lucy: No.
Jerry: Well, you should be, because you're wrong about things being different because they're not the same. Things are different, except in a different way. You're still the same, only I've been a fool. Well, I'm not now. So, as long as I'm different, don't you think that, well, maybe things could be the same again? Only a little different, huh ?
J'adore Leo McCarey. Irene Dunne et Cary Grant sont épatants dans The Awful Truth, un film improvisé de bout en bout - ou presque - par le réalisateur et les acteurs ! Lors de la dernière scène du film, lorsque Cary se décide à rejoindre le lit de sa femme, son regard est incroyablement concupiscent. Je n'ai jamais rien vu de tel au cinéma !
Le chien, qui "interprète" le rôle de Mister Smith est le même qui donne vie à Asta dans The Thin Man, dont je parlais précédemment !
Le chien, qui "interprète" le rôle de Mister Smith est le même qui donne vie à Asta dans The Thin Man, dont je parlais précédemment !
Libellés :Cary Grant

Une des scènes les plus hilarantes de Charade ! Cary Grant prend une douche tout habillé sous le regard amusé et médusé d'Audrey.
Libellés :Cary Grant
Ce film de Stanley Donen réunit, pour la première et dernière fois (hélas !), Cary Grant et la gracile Audrey Hepburn.
Dans cette scène, elle désigne sa fossette, en lui expliquant qu'elle s'est toujours demandé comment les hommes faisaient pour se raser à cet endroit.
La fossette de Cary Grant est la huitième merveille du monde. Je crois que je suis tombée sous le charme de Cary Grant, avant même de connaître son génie d'acteur, à cause de cette particularité physique, qui m'a toujours grandement troublée.
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- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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