Un des plus beaux films de l'histoire du cinéma, une histoire d'amour désespérée (ne le sont-elles pas toutes ?), une mise à mort douce-amère. Cette mise en image de la belle nouvelle de Zweig vous laisse essoufflé et perdu lorsque l'écran vire au noir. J'ai souvent envie de revoir ce film mais j'ignore si j'en aurai le courage. Je crois que ce film parle trop de moi, aujourd'hui, pour que je puisse l'affronter de nouveau. L'amour est irrationnel, la passion conduit à la mort, mais cela en vaut la peine, puisque cet amour absolu, infini, est seul capable de dire ce que nous sommes, ce que nous valons. Oui, que valons-nous ? Pas grand-chose à mon sens devant l'amour véritable. Le véritable amour est fait pour les saints et ne se vit que dans l'espoir ou la crainte, presque jamais au présent. Hélas ! Tragédie du non-encore et du déjà-plus. A la Jankélévitch ! Pourquoi aime-t-on un être ? Pourquoi cette décision, arbitraire, s'il en est, s'impose-t-elle à nous un jour, sans la moindre des raisons ? Parce que. La réponse des enfants. La meilleure des réponses. Ce film est l'exposition d'une triple tragédie : celle d'une femme qui aime sans réel retour, celle d'un homme qui aime sans savoir qui il aime et sans même être conscient qu'il aime (il est le plus à plaindre), et celle d'un troisième homme (le mari) qui aime "malgré tout". Chaque plan est d'un beauté parfaite qui vous laisse pantois. Rarement un film m'aura aussi bien coupé le sifflet - pardonnez la vulgarité de mon propos, mais je ne sais mieux dire. "Stefan Brand : Promise me something. Lisa Berndl : Anything. Stefan : And I don't even know where you live. Promise me you won't vanish. Lisa : I won't be the one who vanishes." Le DVD collector offert par Wild Side est une de leurs réussites majeures.
vendredi 18 novembre 2005
"Les jambes de femmes sont comme des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie." Un de mes films préférés de Truffaut, dont je connais toute l'oeuvre, dont je suis amoureuse depuis ma rencontre avec lui, un été, à Paris. Cet été-là, qu'il est loin déjà, où j'ai découvert la quasi totalité de ses films... Moment charnière de mon existence. Je viens de revoir pour la sixième fois L'homme qui aimait les femmes, avec le même plaisir et la même émotion. Eadem sed aliter. Je psalmodie toujours les mêmes citations, ça me rassure et ça m'angoisse. Je vis sur le fil du rasoir mais j'aimer me couper à mes propres contradictions. Truffaut et sa manière particulière de raconter les histoires, la voix off qui rend à la fois présents et absents les personnages, qui donne de la distance pour mieux étreindre le spectateur. Le rapport entre la fiction et le réel, qui est un thème cher à Truffaut, et qui s'exprime ici par la mise en abyme du titre du film et du livre qu'écrit le héros, mais aussi par ce magnifique moment où Bertrand modifie sur la presse un mot de son roman. La petite fille de son souvenir ne portera plus, dans son roman, une robe rouge mais bleue. Ceci pour signifier sans le dire le pouvoir de recréation de l'imagination et de la fiction. Se souvenir n'est plus revivre, mais vivre autre chose au coeur du même, faire surgir une autre possibilité que le réalité avait mise de côté, d'où mon adage très schopenhauerien, eadem sed aliter. Ma scène adorée entre toutes est celle, bien sûr, où l'on découvre les raisons du comportement compulsif ou collectionneur de Bertrand : la rencontre avec LA femme perdue et toujours aimée qu'il recherche à travers toutes les autres. Métonymie quand tu nous tiens... Les moments qui relatent son enfance font douloureusement écho aux Quatre cents coups. Ne pas faire de bruit en tournant les pages d'un livre... La mère insoucieuse et jouisseuse. Putain plus que mère. Je me sens si proche de Truffaut dans ces moments-là... A noter la présence du chat qui se régale des restes d'un petit déjeuner en amoureux, que l'on retrouve dans la Nuit américaine par exemple. L'oeuvre de Truffaut est extrêmement cohérente dans chacun de ses détails. Un film en appelle toujours un autre et, ce, de manière flagrante. Je dirais même que son oeuvre est habitée, pour ne pas dire hantée, par la peur de l'infidélité à soi-même. D'où, paradoxalement, l'infidélité de presque tous les personnages de ses films. Y compris le héros de la Chambre verte (sublime !) d'après Henry James qui, dans sa volonté de pas trahir par l'oubli les disparus, finit néanmoins par succomber à Nathalie Baye, du moins dans son for intérieur. Seule la mort l'empêchera de consommer cette infidélité. Un été, un autre été, je suis retournée sur la tombe de François Truffaut, au cimetière du Montparnasse. Un unique oeillet rouge estampillait le "i" de son prénom. J'ai une photo qui fige cette délicatesse. Je la déposerai, ici, un jour.
jeudi 17 novembre 2005
Mue par une impulsion, par une fringale de livres insatiable, je me suis précipitée dans une librairie (une FNAC, mea culpa, donc pas vraiment une librairie digne de ce nom !) et j'ai acheté les trois suivants (Cf. photo jointe qu'il faut agrandir) !
J'ai choisi les deux autres par hasard, ou pas exactement si je me fie à l'hypothèse d'Enro !
La villa des mystères de Federico Andahazi porte un titre enjôleur, car je suis portée sur les énigmes. La quatrième de couverture m'allèche jusqu'à plus soif : on y parle de Frankenstein, de Byron et du couple Shelley. Rien que des mots-clefs pour mon cerveau !!! Le second, Le travail du furet de Jean-Pierre Andrevon m'a piégée par sa couverture qui m'évoque une ambiance de privé et de roman noir, ensuite la quatrième de couverture (qui est le dernier atout du livre inconnu) me captive. L'idée développée me plaît.
La tapette imaginaire est mise en place et elle vient de se refermer sur mes mains et j'emporte les livres que j'aime déjà. Serai-je ou non déçue ? L'avenir seul le dira.
Quatrième de couverture : Terre, début du XXIème siècle. Un signal musical d'origine inconnue a été capté par une station de scientifiques. Commanditée par les Jésuites, une mission dirigée par le jeune Emilio Sandoz, tout à la fois prêtre et linguiste de haut niveau, part dans l'espace à la recherche des extraterrestres. Tous se préparent à affronter la mort et la solitude, mais la catastrophe qui les attend va bien au-delà de ce qu'ils redoutaient. Rome, 2059. Enfin de retour sur Terre, Emilio Sandoz - unique survivant de l'expédition - est traduit devant un tribunal chargé de sonder son âme et de le punir pour les horribles crimes dont on l'accuse. Cet homme, transformé par son expérience, aurait-il été abandonné par Dieu ? Voici un livre qui m'a vraiment emballée. Peut-être plus par ses idées plus que par sa forme, j'ai été charmée. Car si l'histoire et l'intelligence insufflée par l'auteur à cette intrigue sont remarquables, le style, quant à lui, est honorable mais pas original. C'est une écriture posée, ce qui a aussi son charme. Sûrement qu'un style plus voyant eût été en défaveur de l'histoire. J'ai beaucoup aimé l'entralecement du présent et du passé, ce mouvement de bascule bien maîtrisé qui rythme le livre. Je pense qu'il faut également lire la suite - Children of God - dont je n'ose trop rien dire afin de ne pas déflorer l'intrigue. Malheureusement, elle n'a pas été traduite en Français, donc ce sera réservé à ceux qui se débrouillent en Anglais. Le Père Sandoz va retourner sur cette planète, à son corps défendant, alors que sa vie avait prise une tournure autre. A mes yeux, la véritable question est de savoir (et il n'y a pas de réponse dans ce tome) pourquoi Dieu a laissé faire "cela". En effet, il s'agit bien de la perte de foi d'un homme qui se sentait élu ou favori de Dieu et qui se retrouve devant quelque chose qu'il ne peut expliquer, justifier et transcender (ce qui s'est passé sur cette planète) et qui le ramène au néant et à l'absurde de son existence. J'ai beaucoup aimé ce livre car ce n'est pas de la S.F. avec les thèmes traditionnels. Il s'agit plutôt d'un questionnement métaphysique en filigrane. Ceci n'enlevant en rien ou ne gênant en rien la force d'un récit qui nous amène crescendo à une réponse insoutenable. Les personnages sont bien dessinés et leurs rapports psychologiques plutôt bien développés : on aime chaque d'eux et on les comprend, dans leurs différents parcours. Je trouve que l'aspect "scientifique" rend crédible le déroulement du drame, car il ancre profondément les personnages et installe le mystère. On quitte le livre à regret et il vous hante encore longtemps après.
Charles Palliser est l'auteur d'un chef-d'oeuvre qui m'a rendu folle : Le quinconce, Ed. Phébus. Cinq volumes, comme son nom l'indique, qui ne viendront pas nécessairement à bout de l'énigme - des énigmes - mise(s) en scène dans cette histoire. Palliser est un écrivain vicieux et doué. Impossible d'avoir une lecture passive en lisant ces livres. Plus intrigant que Wilkie Collins (que j'adore) et Agatha Christie (que j'adore) réunis, Palliser a écrit un livre parfait, car c'est un livre que la lecture ne peut épuiser (je disais cela de ce livre-ci également, mais différemment). Il faut le lire et le relire sans cesse. C'est un livre policier, si l'on veut. Mais c'est plus que ça. C'est un livre mystérieux et un mystère ne peut se dire... Chut ! L'histoire se passe pendant la période victorienne - ma préférée - et le héros est un jeune garçon à qui on cache ses origines. Sa mère tient un journal. Leur vie est en jeu. Est-il ou non l'héritier d'un immense domaine? Qui sont ses alliés? Qui sont ses ennemis? Quel est ce secret si horrible qu'on lui dissimule? Aucune de mes questions ne peut circonscrire la trame de l'histoire et ses enjeux. Il faut le lire et se faire une opinion. Le début est un peu lent, mais tout prend son sens très vite. Impossible d'arrêter la lecture. Vous êtes prévenus: si vous commencez à lire, vous serez pris au piège et un danger vous attend. Je ne vous dis pas lequel.

Le Quinconce comprend :
L'Héritage de John Huffam
Les Faubourgs de l'enfer
Le Destin de Mary
La Clé introuvable

Le secret des cinq roses


Quatrième de couverture :
Ce roman en cinq épisodes qui fut l'un des succès des années 90 a marqué avec éclat le retour de l'imaginaire dans la fiction. Charles Palliser, un Américain devenu plus anglais que les Anglais, aura mis douze ans à bâtir son intrigue, en prenant ses références chez Dickens et surtout chez Wilkie Collins - mais en les pervertissant de façon assez diabolique : jamais peut-être dans l'histoire du roman on n'avait inventé des personnages de " méchants " d'une noirceur aussi terrifiante. Dans l'Angleterre du début du XIXe siècle, le petit John Huffam, élevé dans un village perdu, ne tarde pas à découvrir la cruauté qui fonde les castes sociales et qui déchire les êtres. A l'occasion d'une rencontre avec une gamine de son âge, il croit comprendre que sa mère, pauvre parmi les pauvres, est mystérieusement apparentée aux châtelains de l'endroit : un secret qu'il vaut mieux ne pas trop creuser si l'on veut avoir la paix. Ce secret, John consacrera sa vie à l'élucider.


Mon auteur préféré, dans le domaine du Noir, est William Irish, celui qui a écrit les meilleurs romans noirs ou blêmes, que les amateurs d'Hitchcock (Fenêtre sur cour) et Truffaut (La mariée était en noir, La Sirène du Mississippi) ou encore Siodmak (Lady Fantôme) connaissent bien.
Hitchcock s'est inspiré d'une anecdote relative à la vie de William Irish pour créer le personnage de Norman Bates. L'écrivain vivait avec sa mère après un divorce. Quand celle-ci est morte, il n'a pas déclaré pas le décès immédiatement, préférant rester enfermé plusieurs jours avec elle dans leur chambre d'hôtel....
Je conseille fortement l'achat de ce volume, paru chez Omnibus et dont je laisse une photo dans ce billet. J'essaie de rassembler la plupart des romans et des nouvelles de cet auteur et je suis fana des Editions Presse de la Cité, collection "Un Mystère" avec le petit éléphant en guise de sigle.
J'ai adoré de lui, par exemple, Les yeux de la nuit. Le héros de l'histoire sauve une jeune fille qui tente, une nuit, de se suicider. Il cherche à comprendre les motifs de son acte. Celle-ci accepte de lui raconter son étrange histoire. Elle est au désespoir car un voyant a annoncé à son père sa mort prochaine : il lui a donné le jour et l'heure de sa mort et la manière dont il doit mourir : dans la gueule d'un lion. Les prévisions de cet homme se sont toujours révélées vraies auparavant et son père a profité de la véracité de ces dernières maintes fois. Il a donc toutes les raisons de le croire. Nous sommes dans le cadre classique d'une tragédie où le Destin (ou le Fatum) a inscrit dans le futur les événements que nul ne peut éviter ou modifier. Pourtant, le héros et la fille du futur mort vont tout tenter pour protéger l'homme, car le protagoniste principal est un homme de raison qui sait bien que rien n'est écrit et que le Destin n'existe pas. Est-ce aussi sûr ? Comment expliquer ce qui paraît inexplicable ?
Ce roman est un chef-d'oeuvre de suspense et d'angoisse. La fin est digne des attentes légitimes du lecteur. Un très grand livre. Une leçon d'écriture et de maîtrise. C'est par ce livre que je suis entrée dans les histoires de M. Irish.




















Vous trouverez quasiment tout ce que vous cherchez - et même ce que vous ne cherchez pas ! - dans cette encyclopédie portative consacrée à ce genre parfois mal aimé qu'est le policier : des origines jusqu'à nos jours, l'ouvrage est divisé par ordre alphabétique et les entrées correspondent soit au nom de l'auteur, soit au nom du personnage, soit encore par sous-genres, etc. Il y est même question des séries télévisées adaptées de romans et de littératures connexes. J'aime me perdre dans ces deux gros volumes de presque mille pages chacun. Les articles sont précis, concis et parfois truffés d'annecdotes et de précisions plaisantes. Il se lit avec plaisir. Cette oeuvre est accessible au plus grand nombre sans jamais, néanmoins, se départir d'une exigence de sérieux et d'érudition (de bon aloi, sans pédantisme aucun). Le feuilleter équivaut à vous filer une fringale de lectures inextinguible.

Seul bémol : le prix. 100 euros pour les deux volumes. Mais, eu égard au contenu, ce n'est pas du vol. Les photographies sont en noir et blanc imprimées. Il est, semble-t-il, épuisé dans certaines boutiques, bien que sa parution soit relativement récente.
Suite à un commentaire d'Enro au sujet de mes lectures (nous sommes en pleine intertextualité !), j'ai découvert l'intéressante hypothèse qu'il développe. Je lui ai répondu ceci :
Je n'avais jamais songé à ces mécanismes, plus ou moins conscients, qui animent mon goût A PRIORI et A POSTERIORI pour certains livres, mais force est de constater qu'effectivement certains mots me rendent tels ou tels livres absolument irrésistibles. Idée excitante, qui me donne envie de recencer mes propres mots-réflexes !!!! Tu as déjà découvert mon inclinaison fatale pour l'intertextualité. Je sais instinctivement que le mot "victorien" et ses déclinaisaons dans un titre agit sur moi comme un aimant. Idem pour certains noms propres liés à la période victorienne ! Je vais réfléchir à tout ça en flânant "dans" mes bibliothèques. Connais-tu Une histoire de la lecture d'Alberto Manguel ? C'est un livre sans fond où tu te noies pour le plaisir. J'ai découvert cet auteur grâce à ce livre... et à cause d'un mot du titre : "lecture" ! Evidemment, ensuite, ce fut sans fin, car il m'a ouvert d'autres portes...
Tout ceci m'a plongée dans une transe inexplicable et je m'en vais explorer mes rayonnages (12 bibliothèques à sonder) afin de mettre à jour les terminaisons nerveuses de mes habitudes de lecture. Je viens de me rendre compte, avec effroi, que cela s'applique également à ma collection de DVD !
Il n'y a pas de raison que ce processus s'arrête ici...

"Ça a débuté comme ça. Moi, j'avais jamais rien dit. Rien."

Sans Louis-Ferdinand Céline, je serais morte.
Mon propos peut paraître abrupte, il l'est certainement, mais je suis ainsi.
Avec le Voyage, je tenais ma rédemption entre les mains. Je ne me sépare presque jamais de ce livre (même si je lui préfère, bizarrement, sa "suite", Mort à crédit). Longtemps, je l'ai porté comme un enfant mort, dans mon sac à main. Je le berçais. C'était un talisman, une promesse contre l'ennui des autres, du monde. Un antidote à moi-même.
J'ai lu Voyage au bout de la nuit à 17 ans et je ne m'en suis jamais remise. Jamais. J'ai, ensuite, lu la majeure partie de son oeuvre, y compris ses lettres, y compris les pamphlets. J'aime Céline tout entier et je me moque de tout ce qu'on pourra dire de lui, au sujet de son délire, de ses mauvais penchants, etc. De toute façon, ceux qui en parlent avec le plus de férocité sont ceux qui ne l'ont pas lu et qui sont incapables de le comprendre. Je m'en moque parce que Céline, héritier de Rabelais et de Zola, est le plus grand écrivain au monde pour moi.
Qui n'aime pas Céline ne peut être aimé de moi.
Louis-Ferdinand Céline versus Louis-Ferdinand Destouches, le médecin de Meudon. Lucette Almanzor, sa femme, qui avait fait graver les premiers chiffres de son année de mort (19-) sur leur tombeau commun, après la mort de son génie d'époux, et qui, Dieu merci, est toujours en vie, Elizabeth Craig, la dédicataire du Voyage, Bébert le chat... Tant de choses qui me font penser à lui. Tant de mots qui se sont déposés dans mon esprit.

"Il dormait comme tout le monde. Il avait l'air bien ordinaire. Ce serait pourtant pas si bête s'il y avait quelque chose pour distinguer les bons des méchants."

"Décidément, je me découvrais beaucoup plus de goût à empêcher Bébert de mourir qu'un adulte. On n'est jamais très mécontent qu'un adulte s'en aille, ça fait toujours une vache de moins sur terre, qu'on se dit, tandis que pour un enfant, c'est tout de même moins sûr. Il y a l'avenir."

"On se trompe peut-être toujours quand il s'agit de juger du coeur des autres."

"A mesure qu’on reste dans un endroit, les choses et les gens se débraillent, pourrissent et se mettent à puer tout exprès pour vous."

"C'est peut etre ca qu'on cherche a travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-meme avant de mourir"

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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