lundi 3 avril 2006

Mille mercis à André-François Ruaud de m'avoir permis de traduire une très jolie petite nouvelle incluse dans le recueil Fiction numéro 3, édité aux Moutons Electriques.

Ma contribution est dérisoire mais je suis fière comme une enfant qui vient de réussir à faire un tour de vélo sans les petites roues (je n'ai jamais eu de vélo) !!! Merci, merci, merci André...
Nous avions déjà parlé, ici et là, de coïncidences entre l'oeuvre de Michel Tournier,
Le roi des Aulnes
et certains éléments flagrants de la vie de Barrie (auquel j'ajoute à ceux précédemment nommés un accident de patinage dans le cours du roman, comme celui qui advient à David, le frère aîné de Barrie). J'ai donc décidé d'écrire à l'auteur (je suis "intrépide") de ce roman que je révère, afin de lui poser cette question on ne peut plus troublante à mes yeux, lui envoyant en sus un roman de Barrie que j'ai traduit. Le grand homme m'a répondu si gentiment et si rapidement que je me permets de partager avec vous sa lettre (petite dédicace à Simonne, en passant) :


Étonnant, n'est-ce pas ? Il y a une sorte de fatalité qui semble lier entre eux les grands auteurs.

Merci, M. Tournier, vous êtes aussi généreux que vos livres. Vous me donnez envie d'être digne de vos oeuvres.
samedi 1 avril 2006


Figurez-vous que, dans mom enthousiasme, je crains de m'etre trompee (pardon pour les accents, je ne les ai point encore trouves) : en revoyant le film de ma rencontre avec Julia R., il appert qu'il s'agissait non pas de Julia mais de juliO (Iglesias).
Je prends rendez-vous chez un ophtalmologiste des mon retour.

Le 2 avril : il s'agissait bien entendu d'un mauvais poisson d'avril et j'ai obtenu un autographe de Julia la divine.
vendredi 24 mars 2006

Start spreading the news
I'm leaving today
I want to be a part of it, New York, New York
These vagabond shoes
Are longing to stray
And make a brand new start of it
New York, New York
I want to wake up in the city that never sleeps
To find I'm king of the hill, top of the heap
These little town blues
Are melting away
I'll make a brand new start of it
In old New York
If I can make it there
I'll make it anywhere
It's up to you, New York, New York.
I want to wake up in the city that never sleeps
To find I'm king of the hill, top of the heap
These little town blues
Are melting away
I'll make a brand new start of it
In old New York
If I can make it there
I'll make it anywhere
It's up to you, New York, New York
J'évoquais le livre d'Allan Bloom ici. J'ai commencé la lecture de cet essai remarquable. Le style en est, ma foi, fort plaisant et le contenu à la hauteur de mes attentes. L'auteur dresse un panorama de l'amour, que celui-ci soit Eros, Philia ou Agapè, selon la tripartition grecque. L'originalité ou le charme du propos est de nous emmener en voyage à travers les grands romans de la littérature mondiale. Nous y rencontrons Stendhal, Rousseau (que l'auteur a traduit), Tolstoï, Montaigne et surtout Shakespeare. Il manque quelqu'un à l'appel. Personne n'ignore que j'ai une passion pour Jane Austen et M. Darcy en particulier. Si vous négligez ce détail, vous faites fi d'un des piliers les plus solides de ma complexion. Allan Bloom analyse le roman de Jane Austen dans une perspective restrictive (rousseauiste et aristotélicienne) mais néanmoins éclairante.
"L'ironie véritable a beaucoup à voir avec cette vertu absente de la pensée moderne, la modération." "Ainsi, en dépit de son goût très marqué pour la litote, Austen est une romantique qui croit que l'aveugle amour a de bons yeux." "La plupart des mariages sont des relations humaines qui n'existent que par la loi et l'opinion publique. Seul un petit nombre connaît cet attachement profond où la compagnie de l'autre est un bonheur qui ne cesse pas." "On ne peut s'empêcher de songer à la remarque d'Aristote que l'orgasme et la pensée s'excluent mutuellement. Bien sûr rien n'empêche qu'un être humain ces deux choses, chacune en son temps. Mais si l'on a un patenaire unique, le choisit-on d'abord pour l'une ou pour l'autre, ou en fonction d'une cote mal taillée entre les deux ? Et si l'on it qu'iil vaut mieux avoir deux partenaires, un pour chacune de ces deux grandes activités, reste la question : lequel a la première place, laquelle est la principale ? Ceux qui ne veulent pas poser ces questions cachent leur tête dans le sable. (...) Tout cela peut sembler inapproprié dans une discussion concernant l'austère Jane Austen. Ces questions sont pourtant nécessaires précisément parce qu'à la différence des autres romantiques, Jane Austen célèbre l'amitié classique comme le coeur de l'amour romantique." (je souligne)
Andrew Sean Greer, dans son très beau roman, a (peut-être sans le savoir ?) mis en forme une idée que l'on trouve dans les Carnets de Barrie et énoncée de la sorte :

Carnet 31, 1908

Pièce féerique. Quelqu’un qui grandit à l’envers (un homme ou une femme qui naît vieux et vieillit en devenant jeune).

RÉSUMÉ DU LIVRE :

Baie de San Francisco, 1871. Max Tivoli naît avec l'apparence d'un homme de soixante-dix ans, condamné à avancer à reculons, à l'inverse du monde qui se précipite vers son destin. C'est à l'adolescence, lorsqu'il s'éprend éperdument d'Alice Levy, que sa vie commence véritablement. Elle devient soudain aussi scintillante et douloureuse que des morceaux de verre. Comment conquérir un cœur de dix-sept ans lorsqu'on en paraît cinquante ? Suspendu au temps qui fuit et lisse son apparence, ballotté par les bouleversements du siècle naissant, Max Tivoli parcourt le monde, avec la complicité mystérieuse de son ami Hughie, à la poursuite de son amour. Car Alice, comme dans les contes de fées les plus cruels, disparaît dès qu'il parvient à l'embrasser.

jeudi 23 mars 2006

Je suis venu te dire que je m'en vais et tes larmes n'y pourront rien changer...
Ce n'est qu'un au revoir, une parenthèse printanière, une ellipse momentanée, une suspension du temps et de l'espace. Je laisse ce JIACO sous bonne garde et je reviens vous écrire le 4 avril, si Dieu me prête vie... Ou peut-être avant... Sait-on jamais ? Mais toute chose en ce bas monde n'est qu'hypothèse, n'est-ce pas ? Je ne suis pas très loin mais je n'aurai pas le temps d'écrire de nouveau billet. Pas une seconde pour ce plaisir quotidien. A très vite. Merci à tous et à toutes pour vos visites et vos commentaires. Je suis reconnaissante.
mardi 21 mars 2006
Lewis Carroll aimait les jeux et la logique. Il a inventé un alphabet codé (The Alphabet-Cipher ) publié en 1888. Comment est-ce que cela fonctionne ? Rien de plus simple, un jeu d' enfants. Observez le tableau ci-dessous :
ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ
A abcdefghijklmnopqrstuvwxyz A
B bcdefghijklmnopqrstuvwxyza B
C cdefghijklmnopqrstuvwxyzab C
D defghijklmnopqrstuvwxyzabc D
E efghijklmnopqrstuvwxyzabcd E
F fghijklmnopqrstuvwxyzabcde F
G ghijklmnopqrstuvwxyzabcdef G
H hijklmnopqrstuvwxyzabcdefg H
I ijklmnopqrstuvwxyzabcdefgh I
J jklmnopqrstuvwxyzabcdefghi J
K klmnopqrstuvwxyzabcdefghij K
L lmnopqrstuvwxyzabcdefghijk L
M mnopqrstuvwxyzabcdefghijkl M
N nopqrstuvwxyzabcdefghijklm N
O opqrstuvwxyzabcdefghijklmn O
P pqrstuvwxyzabcdefghijklmno P
Q qrstuvwxyzabcdefghijklmnop Q
R rstuvwxyzabcdefghijklmnopq R
S stuvwxyzabcdefghijklmnopqr S
T tuvwxyzabcdefghijklmnopqrs T
U uvwxyzabcdefghijklmnopqrst U
V vwxyzabcdefghijklmnopqrstu V
W wxyzabcdefghijklmnopqrstuv W
X xyzabcdefghijklmnopqrstuvw X
Y yzabcdefghijklmnopqrstuvwx Y
Z zabcdefghijklmnopqrstuvwxy Z
ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ

Il donne une correspondance : une lettre est représentée par une autre lettre. Il suffit pour échanger des messages avec un tiers de convenir d'un mot ou d'une phrase qui sert de décrypteur, par exemple TRISTRAM. Si vous désirez écrire le message suivant : "Rendez-vous sur le pont Mirabeau", vous devez écrire d'abord le mot clef autant de fois que nécessaire afin que toutes les lettres du mot concordent avec celle du message, comme il suit :
TRISTRAMTRISTRAMTRISTRAMTRI
RENDEZVOUSSURLEPONTMIRABEAU
Il suffit alors de prendre la ligne qui commence par un T, d'avancer horizontalement, jusqu'à croiser une lettre qui est le point d'intersection avec la ligne verticale qui commence par un R. Le point d'intersection est la lettre K (si je ne louche pas !). Et ainsi de suite, avec toutes les lettres du message. Notre message codé devient donc (si, réellement, le strabisme ne m'a pas gagné) : KVVVXQVANKAMKCEBHEBEBIKNXRC Amusant, n'est-ce pas ?

lundi 20 mars 2006
Mon directeur de thèse bien-aimé me recommande la lecture de cet ouvrage. Je me suis empressée de l'acheter car il est l'un des rares prescripteurs, en ce bas monde, de mes lectures. Je le connais depuis longtemps et je lui dois de sublimes découvertes : Tom Jones et Tristram Shandy par exemple. Il a simplement échoué à me faire aimer la littérature allemande et Proust. Les lire, les admirer, oui ; les aimer, je ne le puis. Justement, il est question dans ce livre d'amour, la chose la plus intéressante au monde.

L'amour est d'abord un sentiment, une passion ou un désir avant que d'être un acte ; on est d'abord amoureux avant d'aimer, patient avant d'entrer en scène et d'être acteur. Coup de foudre paralysant en statue de sel ou subtile insinuation qui prend possession progressivement de l'être, mal grandissant dans le sein de l'homme ou de la femme, qui ne se laisse sentir que bien trop tard. Impossible d'éviter le coup. L'amour aime faire ses coups en douce, en traître.

"C'est le sort de tous les actes profonds que de ne devenir perceptibles que lorsque ceux-ci sont depuis longtemps engagés. Il en va ainsi des actes de l'amour comme de la composition d'une œuvre quelconque, qu'il s'agisse de l'herbe ou d'un livre, et de toutes choses qui ne commencent jamais, ou plutôt dont on ne pourra jamais dire quand ni comment elles ont commencé." (Clément Rosset, Le réel, Traité de l'idiotie, éd. Minuit, 1977, p. 130.)

Les amoureux sont étonnamment étourdis et oublieux d'eux-mêmes, dans les premiers temps… L'amour, à ses débuts, a quelque chose d'involontaire et d'inconscient ; il est gauche et imprudent. L'amour prend corps et se cheville en nous avant de se faire remarquer à la conscience, comme s'il voulait prendre de cours, de crainte que nous ne soyons tentés de l'esquiver. On se prend soudain à aimer un être, sans pouvoir expliquer les effets de cette machine souterraine qui a mis en branle notre cœur, notre âme et notre esprit. L'amour trouble et bouleverse. On ne sait pas pourquoi on s'est mis à aimer, et toutes les raisons ne viennent qu'après coup, et l'on ne s'entête pas trop à en chercher les causes, comme si l'amour lui-même suffisait à répondre à lui-même. Le second mouvement de l'amoureux qui se reconnaît, étonné, dans un sentiment jusqu'à présent ignoré de lui, est un mouvement vers l'objet de ce sentiment, un mouvement qui a envie de rendre ce qu'il a reçu, comme un gifle ou un baiser à qui manque son jumeau : l'amoureux se sent heureux, alors il veut faire plaisir, manifester des attentions qui ont pour but la satisfaction de celle ou celui à qui elles s'adressent. Un échange de bons procédés s'instaurent entre les deux amoureux qui deviennent amants, acteurs, et non plus simplement contemplateurs et spectateurs de quelque chose qui s'impose à eux et leur échappe. Une tension, un jeu de yo-yo s'établit entre les amoureux qui cherchent à se plaire et à se faire plaisir, pour se faire aimer ou pour continuer à l'être, à moins que ce soit simplement parce qu'ils aiment. L'amour s'exprime dans la volonté de donner quelque chose à autrui. Pourquoi ? Parce que le don fait plaisir à soi ou parce que l'on veut récompenser autrui de son amour et justifier son choix, ou pour son bien, indépendamment du sien propre ? Toutes les réponses sont possibles, cela dépend de l'espèce de l'amour qui est mis en jeu dans une relation humaine : amour de bienveillance ou amour de concupiscence, simple affection, noble amitié ou furieuse dévotion … Quoi qu'il en soit, si l'on écoute Descartes, le genre de l'amour est unique, même s'il diffère dans ses effets, il est un dans son essence. On "s'unit de volonté à un autre" : on se met à former un tout, dont on n'est qu'une partie : la plus importante ou la moindre, ou simplement une moitié de valeur équivalente. Or, l'amour est comparable à un élastique, il permet toutes les déformations et est susceptible de se rompre, à tout instant, dans un claquement, un bruit sec qui annonce la gifle ou le sifflement de la blessure. A chaque bout de l'élastique, moi et autrui, deux identités et deux altérités qui s'attirent et se repoussent : image bien pratique qui a pour vertu principale de suggérer la distance variable qui sépare et unit les aimés, selon que le bout de caoutchouc est plus ou moins tendu. Lorsqu'il n'y a pas ou plus de tension, l'élastique se recroqueville et se roule en boule, il perd sa figure et son utilité, comme les amants devenus couple… Cette tension de l'élastique symbolise la tension qui existe chez les amants entre leur désir de fusion et leur tendance à s'enfermer dans leur identité, entre l'envie de donner et les incapacités de l'égoïsme (la tentation de l'économie ou de l'avarice).

Plus troublante que cette anecdotique différence évoquée précédement, la conjugaison du verbe "résoudre". Il possède deux participes passés : "résolu", qui est la forme ordinaire, et "résous" qui s'attache au langage de la chimie ou à celui de la conversion. Exemple : "Le brouillard s'est résous en pluie."Au féminin, Littré préconise "résoute". Amusant, n'est-ce pas ? Il y a un inconvénient, parfois, à trop bien connaître les difficultés de la langue. Certaines erreurs appartiennent tellement au sens commun que les rectifier vous fait passer pour quelqu'un d'ignorant. Le revers de la médaille en somme.
dimanche 19 mars 2006
Barrie était armé de son fidèle Roget's Thesaurus. Je suis, quant à moi, accompagnée d'une armée : Grevisse en tête, Littré, Lalande, Gaffiot et Bailly, entre autres. Je suis réticente à me séparer de ce minuscule usuel, un Larousse, que je ne consulte pas assez, Le dictionnaire des difficultés de la langue française. Bien sûr, avec stupeur, je recense mes fautes et mes faiblesses, mais j'essaie au fil du temps de m'aguerrir aux subtilités de notre langue. J'y apprends par exemple la menue différence qui existe entre deux synonymes : second(e) et deuxième. Le premier s'entend dans une énumération qui ne comporte pas plus de deux termes, quand le second (justement !) exprime une énumération qui peut comporter plus de deux éléments. On habite, par conséquent, au deuxième étage si l'immeuble comporte plus de deux étages, mais au second si celui-ci est le dernier étage. 
« Peut-être qu’en effet nous changeons, à l’exception d’une petite parcelle de notre être, qui n’est pas plus grosse qu’une poussière dans l’œil. Et, comme elle, cette part de nous-même danse devant nous et captive notre vie tout entière. Je ne peux couper le cil auquel elle est suspendue. »

« Dédicace aux Cinq* », précédant la dernière version de la pièce Peter Pan.
*Enfants Llwelyn-Davies.
De tous les romans de James Matthew Barrie, le diptyque qui met en scène le personnage de Tommy Sandys constitue peut-être l’exhibition la plus impudiquement pudique de l’auteur. On comprendra que son épouse, Mary Ansell, ait pu lui demander de censurer certains passages trop intimes.
Tommy est un homme qui ne peut le devenir, condamné à l’enfance, par quelque impossibilité mystérieuse. Il ne peut se résigner à quitter le domaine de l’enfance dansante et chantante.
« Pauvre Tommy ! Il était toujours un garçon, essayant quelquefois, comme à présent, d’être un homme. Mais, toujours, quand il regardait autour de lui, il revenait en courant à son enfance, comme s’il la voyait lui tendre les bras pour l’inviter à jouer de nouveau. Il était si épris du fait d’être un garçon qu’il ne pouvait grandir. Dans un monde plus jeune, où il n’y aurait eu que des garçons et des filles, il eût été un noble personnage. »
Mais il demeure l’unique seigneur d’un royaume déserté par tous les autres. Tout le monde passe le gué de l’enfance. C’est une loi de nature. A moins que la nature ne vous oublie, ce qui semble avoir été le cas de Jimmy, tant psychologiquement que physiquement.

Le génie de James Matthew fut peut-être de renverser les rôles et de travestir causes et conséquence, de transmuer une impossibilité en désir et en refus.
Tommy et Grizel
Grizel, je semble être si différent de tous les autres hommes ; il semble y avoir quelque malédiction planant sur moi qui me rend incapable de vous aimer à leur manière. Je veux vous aimer, mon adorée. Vous êtes la seule femme que j’aie jamais désiré aimer, mais, selon toute évidence, je ne le puis. J’ai décidé de continuer ainsi, parce que cela me semble la meilleure chose pour vous. Mais est-ce le cas ? (…) Je vous avouerais tout et je vous laisserais la décision, mais la crainte que vous puissiez croire que je veux partir me retient (…) Je pense que je vous aime à ma façon, mais je pensais que je vous aimais à leur façon. Et cette façon est la seule qui ait de l’importance dans leur monde, qui n’est pas vraisemblablement pas le mien.

(chapitre XV)
"Cela ne signifiait pas que je n’aimais pas vos livres, dit-elle. Mais je vous aimais davantage et je pensais qu’ils vous faisaient du mal.
- A l’époque, j’avais des ailes, répondit-il et elle sourit. Elles sont bien déplumées à présent, n’est-ce pas, Grizel ? demanda-t-il d’un ton badin et il se tourna pour qu’elle examinât ses épaules.
-Il reste beaucoup de plumes, Monsieur, dit-elle. Et j’en suis ravie. Je n'avais de cesse de les arracher. Mais, désormais, j’aime savoir qu’elles sont toujours là, car cela signifie que vous demeurez dans la réalité, non pas parce que vous ne pouvez pas voler, mais parce que vous ne le voulez pas.
- J’ai toujours de petits combats avec moi-même, laissa-t-il échapper d’un air enfantin, bien que ce ne fût pas une chose qu’il eût besoin de lui dire. "
Et Grizel pressa sa main pour lui faire comprendre qu’elle le savait déjà aussi bien que lui.
(chapitre XXXIV)

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Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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