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lundi 29 octobre 2007
A Fauna, ma sœur de « quelquefois, jamais » (1)… qui sait l’essentiel.
Première vision. Dimanche, à « L’écume des pages » (2), un livre que mes mains moissonneuses et tremblantes de hâte avaient oublié, jadis. Une variation inespérée de Gormenghast, en traduction française, de facture honnête (3).
Un petit livre ou une espèce de vigne vierge qui croît sur les murs de ce château, qui n’est rien d’autre que… l’Univers ! Ailleurs, mais loin de Gormenghast et, pourtant, dans son antre ! Eternel retour, espace au sein duquel la fuite n’est qu’une promenade en soi-même. Un Garçon, Titus, qui trébuche dans l’ombre. Ce pourrait être Peter Pan ou un Icare déchu des promesses de l’enfance, ou encore un Minotaure qui se serait pris d’affection et de bienveillance pour les jeunes gens qu’il devrait consommer. Impression de bestialité sublime. Un Bouc, une Hyène et un Agneau. Des chiens gris en meute qui poussent une yole. Et l’Enfant qui part.
Le grenier. Un boyau. Une fuite dans l’intestin du monde.
« Devant lui s’étendait un long grenier dont les poutres étaient si basses qu’on ne pouvait ni y avancer debout ni même courbé. La seule méthode était de se mettre sur le ventre et de se tortiller sur les genoux et sur les coudes. La traversée du grenier s’annonçait pénible car il était fort vaste, mais le Garçon pratiquait cette reptation avec une telle science du rythme qu’à le voir on aurait pu le prendre pour un jouet mécanique.
A l’autre bout du grenier se trouvait une trappe qui, une fois qu’il l’eut soulevée en la faisant tourner sur ses charnières, s’ouvrit sur une cavité profonde au fond de laquelle était tendue une couverture, comme un énorme hamac bleu. Ses coins étaient attachés aux poutres basses par des cordes ; le ventre de la couverture ne touchait pas le plancher.
En quelques secondes le Garçon se retrouva sur le plancher après avoir sauté par la trappe et avoir exécuté un bond acrobatique sur la couverture. Cette pièce avait dû, autrefois, être occupée par quelqu’un. Des signes d’élégance fanée subsistaient encore, mais la haute pièce carrée exhalait maintenant un parfum vétuste et lugubre. » (pp. 15-16)
Nous, lecteurs omniscients de Peake, savons qui habita cette pièce et nous sommes émus. Mais il pourrait s’agir de toute autre chose. A la limite, et c’est ce qui fait la force étrange et violente de cet auteur, il pourrait être question de n’importe quoi. Un utérus, par exemple, revisité par un ancien bébé. Imaginez ce qu’il vous plaît de croire. La prose imagée de Mervyn Peake permet toutes les folies fantasmées par l’inconscient. Ses livres sont une peau qui s’adapte parfaitement à notre psychisme. Je crois que ceux qui ne le comprennent pas sont ceux qui, le plus, ont peur de leur imaginaire et qui ne veulent pas déverrouiller leur illogisme.
A cette vision se superpose une autre image, non sans raison. Les voies de mon esprit ne sont point impénétrables. Il est même des personnes qui savent lire dans le livre (le face-à-main) que je leur tends et, ce, malgré le degré de fiction que j’y insuffle.
Il faut que je vous dise un secret, qui n’en sera plus un dès que l’encre sera sèche et que l’ombre de l’avant-dernier mot fera de l’œil à son ultime compagnon de ligne. Je dévide la pelote de cette émotion ; je transis d’effroi les spectateurs, qui tournent la tête pour ne point croiser mon regard; la métamorphose est infinie et puis voici, devant nous, une dame abstraite habillée d’un trois quarts drap et soie. J’ôte la vie à une miniature de rose rouge, non éclose, arrachée à l’endormissement pendant cette ingrate saison de l’existence. Je la dépose à la boutonnière de ce sentiment neuf et froid, né de rien, de moi cependant, et je casse une épine ancienne de l’arbuste qui sera l’aiguille qui fermera le vêtement, maintenant devenu suaire. De mes doigts, dans un soupir de contentement, naît la nuit et j’aime assez le goût de la cendre sur mes lèvres d’aubépine. Tous les feux de ma vie, je les éteindrai. Mais ils réchaufferont peut-être assez de vie pour n’être pas tout fait vains.
Le secret.
Je suis persuadée d’être une sorcière sous des dehors de femelle ordinaire et j’aime, dans l’opaque, sous les piqûres de la pluie d’automne, me travestir en petit garçon de huit ans. Je suis quelquefois le fantôme de ce frère non né, que ma « faussemère » a tué, quand il aurait pu vivre, et que je suis moi-même condamnée à ne point faire naître. J’ai vil pressentiment logé dans mes flancs, vérité que seuls les très jeunes enfants sont capables de lire dans le marc de mon âme vétuste, quand ils croquent, sans peur, armés de leur verte vergogne, la croûte de mon cœur, qui est dure comme celle de la mimolette extra vieille mais qui se fendille et rompt en sciure sous le premier assaut de la dent ou du couteau.
Vendredi, pour la première fois de ma vie, je me suis tenue à quelques centimètres d’un bébé né de la veille. Un enfant coque. Cette fleur fraîchement coupée dans le jardin de l’éternité commençait déjà à faner sur les bords, alors même que tout le monde se courbait devant ce prodige, pourtant banal, pourtant impensable ; et, grippée dans ma solitude, dans cette extra lucidité des gens ignorants de la normalité, je remarquais l’ombre d’hier qui se retirait de lui, sans bruit, quand les autres se fossilisaient, aveugles, sous l’effet de cette faconde vitale, naturelle et trompeuse.
J’ai osé poser un doigt délicat mais trop lourd sur ses mains d’elfe ou de sage, ces menottes de vieillard miniature greffées sur un corps de poupon, encore tout alangui par l’effort de naître. Il se déploie encore un peu dans le ventre du temps suspendu. Il est trop tard. On aimerait le préserver de la corruption de nos mœurs. Je songe aux lignes de Chesterton sur les enfants, ces petits champignons, si extraordinairement doués et, en même temps, si imbus de la vanité de leur âge. Ce bébé, qui n’est pas encore un petit garçon, demeurera pour toujours à l’âge de deux jours dans mes souvenirs. J’ai fermé à clef la porte derrière laquelle sa première image née en moi se tapit. Un gros chien, un Saint-bernard ou un Terre-neuve, fait le guet devant elle. Cette image flétrie tiendra compagnie là-bas aux enfants non nés, parfois songés, rarement regrettés. Ils attendent la fin des temps, à l’instar de ces orphelins fœtus figés dans les bocaux du musée Dupuytren.
C’est ainsi que Peter Pan a égaré son ombre, par étourderie, par forfanterie, par indifférence à ce chagrin de ne vivre que dans l’attente impatiente des autres, dans le danger de n’être pas assez aimé. C’est ainsi que, peut-être, je ne suis pas encore mère. C’est ainsi que nous mourrons la première fois, lorsque les enfants nous ravissent notre tranquillité et notre innocence.
(1) Sometime, never, nom du recueil dans lequel parut le texte de Mervyn Peake dont il est question dans ce billet, Boy in Darkness. Ce petit roman ou cette longue nouvelle avait pour colocataires un texte de William Golding et un autre de John Wyndham.
(2) Librairie située Boulevard Saint-Germain (mon fief), non loin des « Deux Magots » (adoré) et du Flore (honni), voisine de « La Hune », que j’exècre, à cause de sa froideur et d’un sens de l’ordre qui, jamais, ne s’accordera avec mon sens personnel de l’harmonie livresque.(3) Traduction de Bernard Hoepffner.
(2) Librairie située Boulevard Saint-Germain (mon fief), non loin des « Deux Magots » (adoré) et du Flore (honni), voisine de « La Hune », que j’exècre, à cause de sa froideur et d’un sens de l’ordre qui, jamais, ne s’accordera avec mon sens personnel de l’harmonie livresque.(3) Traduction de Bernard Hoepffner.
Libellés :enfance,petit rien
mercredi 28 juin 2006
Tous les dix ans, parfois plus rarement, le hasard (en la personne de Cinnamon, une jeune femme inconnue...) met entre vos mains un livre, dont vous savez qu'il changera votre vie ou qu'il vous donnera l'audace de vous croire meilleur que vous ne l'êtes en réalité, car il vous incitera à donner un grand coup de pied dans tout ce qui vous retient d'être davantage vous-même ! Il n'y a rien de plus important en ce monde que d'aimer et, dans le meilleur des cas, de se sentir aimé. La contrepartie n'est pas obligatoire. C'est un luxe qui paraît nécessaire mais qui ne l'est pas entièrement. En effet, aimer donne autant d'élan que d'être aimé, la compréhension en moins... Barrie l'a expliqué mieux que je prétendrai le faire. "Chaque amour possède son arc-en-ciel, même celui auquel on ne répond pas"...
Mon expérience est déraisonnable : je me suis sentie aimée par ces mots et cette histoire que je n'ai pourtant point achevé de lire...
Rencontrer un livre peut être aussi décisif que croiser un homme ou une femme ; quelquefois c'est encore plus vital, surtout quand on possède l'orgueil de mettre bas soi-même un univers.
Ce livre (une trilogie, en réalité) de Mervyn Peake est une oeuvre d'art impossible à fracturer par des mots ou par la pensée. Elle n'est pas faite pour être révélée au grand jour, en pleine lumière ; elle se vit sous les paupières comme j'aime à le dire, dans l'intimité des songes éveillés. La lecture est le plus souvent un acte silencieux. Une action qui prend place dans le recueillement, comme une prière adressée et reçue dans un seul instant.
Le livre de Peake exacerbe cette communion. Il (le livre ou l'auteur) écrit comme on rêve, je ne peux mieux expliquer que par ces simples mots pourquoi son livre est exceptionnel.
De quoi s'agit-il ?
D'un château étrange et mystérieux qui paraît presque doté d'une vie propre. Une famille occupe les lieux, des domestiques, des ombres qui frôlent les murs, un mystérieux Rituel qui semble être le coeur de toutes les relations humaines. Un univers absurde en apparence, mais une réplique du nôtre, la poésie en moins... Et un jeune homme sans scrupule qui part à l'assaut d'un ordre qu'il veut émietter et s'approprier. Peut-être...
J'ai rencontré mon double littéraire dans ce livre : le personnage improbable et pourtant tellement réaliste de Fuchsia. Je connais son Grenier ; j'y m'y rends souvent, par une porte dérobée... Personne d'autre que moi n'en connais le chemin. J'y fais pourtant les plus belles des rencontres.
Je suis persuadée qu'il n'existe pas deux catégories d'êtres : ceux qui sont rangés et inaptes aux divagations de l'imagination, insensible aux douceurs ouatées et maniérées d'un esprit qui se faufile dans les interstices de la réalité et ceux qui s'encoconnent sans vergogne dans les plaisirs de l'imaginaire, tétant le plaisir offert par un verbe poudré de fantaisie. Non, il y a simplement ceux qui ont peur et ceux qui s'abandonnent à l'irréel parce qu'ils n'ont plus rien à perdre. Ce sont les mêmes à divers moments de leur existence mais ils s'ignorent.
Toute comparaison avec Kafka, les romans gothiques ou n'importe quel autre courant littéraire serait grossière erreur. Mervyn Peake est un genre littéraire à lui seul. Il est assez gigantesque pour qu'on lui rende cette vérité.
Ce livre est inadaptable, impossible à raconter ou à analyser, tant il est fiévreux et se déroule dans l'âme du lecteur. Les images suggérées (une voix qui coule sous une porte et vient frapper une oreille, un homme dont les genoux grincent, un cuisinier maléfique qui a pour pieds des limandes, une femme qui accouche au milieu d'oiseaux et qui n'a d'amour que pour eux et ses dizaines de chats blancs...) ne peuvent sortir de notre front pour être projetée dans la "vraie" vie - qui n'est peut-être pas plus vraie que celle de Peake...
Gertrude, la comtesse, dit ces mots :
"(...) le secret est d'oublier complètement l'apparence et de vivre en soi-même."(Trad. Patrick Reumaux, magnifique traduction)... N'est-ce pas l'inverse de la vie prosaïque des mortels que nous sommes ? Je crois que le secret du livre peut être atteint pour qui sait pénétrer le sens de cette déclaration. Les autres sont perdus à jamais pour Gormenghast... Mais ce livre, ce château, ces êtres ont tant de profondeur et de mystères que je me trompe peut-être, perdue dans un reflet qui n'est qu'une image parmi tant d'autres de ce lieu du rêve... Peut-être... http://www.mervynpeake.org/
vendredi 19 janvier 2007
... quelques extraits en images du livre de Sebastian Peake, le fils de Mervyn, qui consacre un livre à son père, sobrement intitulé The Man and His Art, et dont il parle sur son blog. Le livre est très beau. Il relate la vie du grand auteur et est richement illustré. Peake était un génie, aussi bien capable de dessiner l'inquiétante étrangeté que de peindre des oeuvres de facture très classique. Ses mots sont à la hauteur de ses images et réciproquement. Il est un cas presque unique dans l'histoire de la littérature. Si le lire ne vous donne pas de l'audace, vous êtes perdu à jamais pour la littérature. Je ne peux concevoir que l'on découvre son oeuvre sans en être bouleversé pour la vie entière.
C'était un aventurier de l'imaginaire, qui n'avait peur de rien et qui partait à la conquête de lui-même dans des univers obscurs et magnifiques, dont l'absurdité ou la bizarrerie vous paraissent, à la lecture, très logiques et naturels. Et puis Fuchsia, c'est moi. Et je sais aussi que je ne suis pas la seule à le penser.
Ici Mervyn et sa femme Maeve,
l'auteur d'un très beau livre de souvenirs, A World Away, que j'ai eu le plaisir et la chance de lire. Je ne peux que le recommander à tous ceux qui aiment Mervyn Peake.
Une blanche-Neige qui me plaît beaucoup avec son petit air hautain :
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C'était un aventurier de l'imaginaire, qui n'avait peur de rien et qui partait à la conquête de lui-même dans des univers obscurs et magnifiques, dont l'absurdité ou la bizarrerie vous paraissent, à la lecture, très logiques et naturels. Et puis Fuchsia, c'est moi. Et je sais aussi que je ne suis pas la seule à le penser.
Ici Mervyn et sa femme Maeve,
l'auteur d'un très beau livre de souvenirs, A World Away, que j'ai eu le plaisir et la chance de lire. Je ne peux que le recommander à tous ceux qui aiment Mervyn Peake.
Des illustrations tirées de Gormenghast :
Une blanche-Neige qui me plaît beaucoup avec son petit air hautain :
Je suis désolée mais ces copies ne sont pas de belle qualité, car le livre est grand et mon scanner petit et je savais comment le manoeuvrer sans abîmer les pages. J'essaierai de montrer d'autres pages, car celles-ci ne sont pas inédites.
Lily a écrit un billet enthousiaste sur le premier volume de la trilogie.
Lily a écrit un billet enthousiaste sur le premier volume de la trilogie.
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Libellés :Gormenghast,Mervyn Peake
vendredi 22 décembre 2006
Chers amis, chers lecteurs, chers passagers clandestins, chers inconnus d'ici ou du bout du monde,
Holly laisse ces pages en suspens, quelques jours, le temps de fêter dignement Noël. Rien ne prouve que je ne viendrai pas errer quelques instants ici mais je ne pense pas écrire avant mardi ou mercredi prochain, sauf besoin.
C'est l'occasion pour moi de vous adresser des pensées parfumées et débordantes de poussière d'étoile. Un Pooka est venu me rendre visite et a laissé trace de son passage dans mon esprit. Le sourire de Barrie se prend pour celui du Cheshire Cat et écorne un des murs de mon bureau. Etrange.
Je ne sais plus très bien ce qui se passe, mais ça tangue chez moi, mais j'aime ça. Et Gormenghast est solide.
Pensée particulière pour ceux que j'aime, que j'ai rencontrés ou non dans la vie qui traverse l'écran, over the rainbow ou in Paradise Lost et sometimes in Hell. Pensée aussi pour mes amis de toujours, David et Olivier, Olivier et David. Delphine, elle, ne me lira pas, puisqu'elle est cloîtrée dans un couvent.
Je vous laisse en compagnie d'un autre illuminé, Jacques Higelin, dont le nouvel album, Amor doloroso,
est superbe. Occasion de mettre un peu des pensées de mon amoureux de mari dans ces lignes, et histoire d'être affreusement impudique.
Joyeux Noël !
**********
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Libellés :amor doloroso,Higelin,Noël
mardi 20 juin 2006
La trilogie d'Enfer de Mervyn Peake, Gormenghast...
Je ne suis là pour personne (sauf pour mes fidèles amis de JIACO).
Bientôt un billet sur cet immense roman baroque, indescriptible, merveilleux, fou, onirique, réaliste, oxymoron, indicible beauté...
Il me faudra le lire ensuite en version originale, même si la traduction me paraît a priori limpide, élégante, sinueuse et franche.
lundi 27 novembre 2006
Ce petit billet maladroit, fouillis, est offert et dédié à Fauna Amor, qui l'a inspiré de mille manières. Cette jeune femme est remarquable, presque trop belle - je crains que cet hommage ne lui déplaise, car Fauna est sauvageonne, je l'imagine ainsi, indépendante et fière - pour exister ailleurs que dans le pays des songes. Je puise en elle un certain nombre de forces. Elle justifie à elle seule, avec quelques autres personnes dans cet univers imaginaire que d'aucuns appellent à tort virtuel, ce JIACO et d'autres choses plus profondes.
Merci Fauna.
****
Aller à la source des oeuvres de Walt Disney au Grand Palais, rencontrer les artistes du Cirque d'Hiver, voir le plus beau film de l'année, embarrasser de quelque manière que ce fût my Monsieur Anon, dévaliser quelques librairies, "L''écume des pages" et "L'arbre à lettres",
[ Un livre de Mocky, parce que nous l'adorons, parce qu'il est hors normes, à part, méprisé par la critique, mal aimé par un certain public et pourtant génial. Mais personne ne le connaît véritablement. Mocky a les moyens de ses provocations.
La Chine ? En vue d'un lointain mais futur voyage là-bas, quand je parlerai correctement . Hoffman, parce que je ne connais pas ce conte (quand je vous dis que je suis trouée de lacunes, ce n'est pas une posture ! ) et parce que Phébus est une maison d'édition que j'aime...
De Tolkien, j'ai lu Le Seigneur des anneaux. Qui ne l'a pas lu ? Et j'ai toujours émis des réserves sur ce livre, qui n'est pas aussi extraordinaire qu'on voudrait bien nous le faire croire. Je crois que Bilbo est plus digeste. J'ai envie de le lire depuis longtemps en français. La prose de Tolkien est aussi lourde en version originale qu'en traduction... alors, je n'ai pas envie de le lire en anglais, car j'aime trop la musicalité de cet idiome. Mais n'allez pas croire que je n'aime pas Tolkien. Ce serait trop simple.
l'oeuvre d'un artiste qu'elle vénère, Titiana et Bottom de John Anster Fitzgerald, d'après Le songe d'une nuit d'été de William Shakespeare.
Les silly symphonies, l'une des plus belles choses jamais créée par Disney, méritent d'êtres vues et revues.
La Chine ? En vue d'un lointain mais futur voyage là-bas, quand je parlerai correctement . Hoffman, parce que je ne connais pas ce conte (quand je vous dis que je suis trouée de lacunes, ce n'est pas une posture ! ) et parce que Phébus est une maison d'édition que j'aime...
De Tolkien, j'ai lu Le Seigneur des anneaux. Qui ne l'a pas lu ? Et j'ai toujours émis des réserves sur ce livre, qui n'est pas aussi extraordinaire qu'on voudrait bien nous le faire croire. Je crois que Bilbo est plus digeste. J'ai envie de le lire depuis longtemps en français. La prose de Tolkien est aussi lourde en version originale qu'en traduction... alors, je n'ai pas envie de le lire en anglais, car j'aime trop la musicalité de cet idiome. Mais n'allez pas croire que je n'aime pas Tolkien. Ce serait trop simple.
Un compagnon oxfordien des contes de fées. Une petite mine d'or portative sur le sujet. Et un cours de Madame Dixsaut, platonicienne émérite que j'ai eu le bonheur d'avoir comme professeur à la Sorbonne. Une grande dame. Un esprit éblouissant mais hélas peu de tendresse pour ses élèves...
L'indulgence n'est pas une de ses qualités premières, mais qu'importe, car l'exigence qu'elle place dans autrui n'est pas moins forte que la sienne propre. Je l'admire sans l'aimer.]
tel fut le programme de mon dernier week-end parisien, dont j'aimerais rendre compte ici, sous forme de plusieurs petites chroniques, tant il semble correspondre à ma vision personnelle du paradis et à un certain art de vivre (comme dirait un vieux garçon charmant qui m'écrit de temps en temps et dont les encouragements me sont profitables) : mes passions et amours furent entrelacées en un lieu et un temps, dans un superbe bouquet. Des roses de décembre, bien entendu. Ce fut Noël avant l'heure, dans un tourbillon né des mains de mon mari, pour enchanter mon coeur et mon esprit. Vous savez que la magie est à votre portée ? Oui, vous, qui me lisez, il n'y a pas grand-chose à faire pour se retrouver dans un autre univers. Fermez les yeux, croyez fort, et le rêve deviendra réalité. Si je vous parais naïve et puérile, cela n'a aucune espèce d'importance.
Enro (encore quelqu'un que j'aime bien), un jour, avait fait part d'une théorie concernant une forme d'intertextualité à l'oeuvre dans le choix de nos lectures et j'ai depuis appliqué le procédé à tous mes goûts. Force est de constater que je pourrais tous les relier par un ou plusieurs détails et tisser une immense toile... qui serait la généalogie de mes attachements. Ce billet en est la preuve.
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La photographie, qui sert d'entame, est tellement ratée qu'elle est presque intéressante et surréaliste. Holly pose devant l'un des tableaux qu'elle préfère et dont je donne meilleur aperçu ci-dessous,
Quelle émotion de pouvoir caresser du regard un tableau qui me fait rêver depuis si longtemps (le gardien a cru que j'avais l'intention de le voler, tant je suis restée longtemps immobile devant lui à lui faire des oeillades, camouflée derrière ma frange) ! J'ai aussi eu le privilège de contempler un tableau de Waterhouse, de Millais et de Grimshaw.
Des artistes victoriens, préraphaélites, comme il se doit, puisque telle est ma vocation. J'étais en terrain connu et j'écoutais d'une oreille distraite une conférencière raconter des âneries aux visiteurs, concernant Joan Crawford (l'une des inspirations pour la sorcière de Blanche-Neige).
Le Grand Palais était presque vide en ce tout début d'après-midi. La foule viendrait plus tard, lorsque nous partirions. Peu d'enfants, Dieu merci ! Des lardons dans une exposition, c'est un cauchemar pour les oreilles. Gare à la migraine ! J'ai pu admirer, en toute tranquillité, les sources de Walt Disney : les gravures et les tableaux de Gustave Doré, les travaux de Granville, Daumier, Benjamin Rabier, Beatrix Potter... Ma félicité avait quasiment atteint son acmé lorsque je vis un lavis de Victor Hugo,
Je ne pensais pas avoir la chance de toucher de la prunelle cette oeuvre, pas plus que celles de William Blake, que j'admire depuis des années. Les rencontres les plus improbables eurent lieu ce samedi-là. J'étais fort aise de la place conférée à l'expressionnisme allemand, à travers des extraits du Faust et du Nosferatu de Murnau, mais Fritz Lang (Metropolis ), Robert Wiene (Le Cabinet du Dr Caligari), Paul Leni (Le Musée des figures de cire) et Wegener (Le Golem).
Cette exposition est remarquable : elle manque certainement de complexité, de profondeur, se révélant par trop pédagogique, mais elle a le mérite d'offrir l'essentiel. Le bonheur fut complet lorsque nous pûmes voir Destino (une reconstitution d'un projet avorté) de Disney et Dali.
Extrait :
Certaines images font songer au Chien andalou de Bunuel. Et ce n'est pas un hasard, comme chacun le sait... La présence des insectes nous servira de guide pour le film dont je vais bientôt vous parler... à la fin de ce billet, car je garde le meilleur pour la fin.
Parmi, les nombreux objets en vente, je recommande pour les amoureux de Disney, ces deux livres-coffrets, remplis de trésors :
sont un délice pour l'amoureux de l'Oncle Walt... Et je pense faire profiter les lecteurs de mon site Barrie de certain contenu en rapport avec Barrie... mais Chut ! Surprise !
Je ne suis pas exempte de critiques quant au travail de Walt Disney
concernant nombre des classiques qu'il a fait adapter, mais je suis respectueuse néanmoins de l'homme. J'ai beaucoup d'affection pour lui.
Et j'ai enfin acquis le sac de Miss poivert (qui nous manque...) ! Oui, oui, je suis un être frivole parfois... et je sacrifie au vice des produits dérivés.
Chaque année, je me rends au Cirque d'Hiver.
C'est un rituel qui précède Noël et l'occasion de satisfaire ce besoin de poésie incarnée qui est mien. Ce cirque, qui n'est pas sous un chapiteau, battu par les quatre vents, mais dans une très jolie maison, maintient la tradition du genre, un amour du spectacle auquel je suis sensible. Je me remémore toujours les paroles de cette chanson de Caussimon, interprétée aussi par Philipe Clay, Le Funambule, lorsque je regarde les prodiges des airs qui, parfois, paient de leur vie leur art dangereux.
De tous ses copains du cirque forain
Pas un n'avait dit au vieux funambule
Qu'il était aussi parfois somnambule
Ça n'aurait servi strictement à rien
Le public parti, la lune dehors
À travers les trous de la vieille toile
Allumait un ciel tout rempli d'étoiles
Le vieux funambule, arrivait alors
Lui qui n'était pas tellement sûr de lui
Qu'avait mal aux reins, qu'avait des vertiges
Était tout changé c'était un prodige
Oui c'était vraiment le jour et la nuit
Plus besoin d'ombrelle ni de balancier
Les sauts périlleux devenaient faciles
Il était gracieux, il était agile
Comme un demi-dieu, sur son fil d'acier
Et ce fut ainsi qu'un enfant le vit
Un enfant puni ou un fils de pauvre
Qui s'était glissé dans l'odeur des fauves
Et le regardait d'un regard ravi
Spectateur fortuit de ce numéro
L'enfant applaudit à tant de merveilles
Mais un somnambule, quand on le réveille,
Comme un funambule, ça tombe de haut
De tous ses copains du cirque forain
Pas un n'avait dit au vieux funambule
Qu'il était aussi parfois somnambule
Les gens du voyage sont des gens très bien.
Les trapézistes, le ventriloque (il n'en existe plus guère...), les tigres, les jongleurs, les chinoiseries. Le spectacle fut encore une réussite cette année. Ils m'ont donné un peu de leur fièvre. Un univers bariolé, une drôle de famille hétéroclite qui cajole l'enfance en chacun de nous. Je songe aussi à Freaks de Tod Browning. Association d'idées facile mais véridique.
J'aime leur étrangeté, cet amour du spectacle qui les réunit dans la souffrance, l'implacable rigueur des saltimbanques. J'aimerais être des leurs.
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Fauna a en si bien parlé que j’aurais peine à dire plus et mieux. Je vous renvoie à son billet. C’est grâce à cette fée que je suis allée voir ce film, dont je n’aurais rien su sans son secours. Après la découverte de Gormenghast, je lui suis à nouveau redevable. Guillermo del Toro n’était pas, malheureusement, un cinéaste de ma connaissance. Le monde est si vaste ! Et je manque de souffle.
Lorsque je parle du plus beau film de l’année, alors que celle-ci n’est pas encore achevé et que j’attends le film de Scorsese avec impatience, et celui de Resnais avec appréhension, je ne prends pourtant aucun risque, car c’est le plus beau film de mon année, c’est certain. Une oeuvre qui réconcilie à ce point les diverses strates de l'être humain est une oeuvre qui tient du miracle. Del Toro a su injecter à l'horreur franquiste, cette autre horreur, sublime celle-ci, la substance du conte de fées, qui est cruauté et crudité. Le pari était difficile à tenir, mais le maillage est si bien tissé que nous n'avons jamais dans l'idée de quitter un monde (celui d'Ofélia) pour un autre (celui de Vidal, ce Capitaine sans coeur, qui brise les autres, dans une violence inimaginable ; c'est un monstre dont les doubles dans le monde de l'imaginaire
sont bien moins effroyables que lui. Il semble dire la rigueur absurde, sans autre but qu'elle-même, sans idéal ni finalité. Il obéit à un devoir qui ne repose sur rien...). Les deux mondes coexistent l'un dans l'autre, sans pouvoir dire qui de l'un contient l'autre...
Le labyrinthe de Pan pose une question essentielle, qui est en germe dans le billet de Fauna : le statut de l’imaginaire par rapport au réel. J’avais déjà évoqué cette question de manière presque sérieuse ici, par le biais des travaux de Clément Rosset. Je me permets de citer Fauna, afin de lui faire écho : "Mais il y a une différence : le fantasme est réel. L'illusion ne l'est pas. L'enfant croit, pas l'adulte. Les illusions que Carmen regrette n'ont jamais eu la force des fantasmes d'Ofélia." Ceci me paraît très justement pensé et exprimé. Je le comprends ainsi : l'illusion n'est qu'un voile transparent, moiré, apposé sur le réel, qui en laisse entrevoir la forme, car il suffit d'un souffle, léger, pour soulever le rideau de tulle. L'illusion s'appuie sur le réel, mais n'en change pas la consistance. Elle n'est qu'un trompe-l'oeil tandis que le phantasme se nourrit de la chair du réel, le digère, le fait sien et devient réel à son tour pour celui qui le façonne en son sein.
Cette oeuvre maternelle de l'imaginaire est retranscrite fabuleusement. Ofélia vit deux vies, avant d'être prise par l'une et rejetée par l'autre. Sa mère fabrique un enfant dans son ventre, elle abrite deux vies, tout aussi incompatibles (elle doit mourir pour que vive l'enfant). Ces deux êtres, la mère et la fille, que tout semble désormais éloigner, sont pourtant le miroir l'une de l'autre. Ce qui les sépare, c'est Cronos. N'oublions pas que Kronos (le temps) n'est pas exactement Cronos (le dieu)... même s'ils se confondent souvent. L'interstice qui demeure entre les deux sens du mot permet peut-être cette juxtaposition de leur deux mondes dans ce long-métrage magnifique. Kronos gouverne notre monde ; Cronos appartient à l'autre univers.
La rupture entre la mère et la fille sera consommée lorsque la femme brûlera la mandragore en forme de foetus, à laquelle donnait vie la fille afin de sauver son petit frère dans le ventre de sa mère.
Ce film, qui est d’abord une œuvre de plasticien et pas seulement par ses références à l’art pictural, dont le tableau de Goya, Saturne dévorant un de ses enfants, mais aussi parce que ce film superpose plusieurs formes de réel, aussi vraies l'une que l'autre, mais différemment véridiques. Toute la distinction qui est à construire repose sur l'idée que l'on se fait de l'imaginaire. Il est des choses imaginaires et des choses de l'imaginaire. Cela ne signifie pas exactement la même chose. Le monde d'Ofélia n'est pas imaginaire, ce n'est pas une illusion; il est de l'imaginaire, de ce royaume auquel elle appartient et qu'elle ne peut rejoindre que par le sacrifice de sa vie réelle. Les choses imaginaires sont des chimères avec lesquelles on joue, on se dupe, on se divertit, dont on se fait un abri, alors que les choses de l'imaginaire existent bel et bien et n'existent que par ce que l'on est à sacrifier pour leur donner vie. Elles ne protègent pas, elles ne sont ni folie ni fuite hors du réel, mais une manière de creuser son sillon dans cette réalité, souvent morne et terne, triste, silencieuse, ou pleine de bruit et de fureur. C'est une arme, un combat, une façon de ne pas lâcher prise, d'être plus vivant que ceux qui ont cessé de l'être sans le savoir (la mère d'Ofélia).
Tout le film est construit de manière binaire, parallèle : chaque élément d'un monde ayant son pendant dans l'autre. "C'est ainsi que la géométrie du décor de la salle à manger du Pale Man reprend exactement celle de la salle à manger du franquiste joué par Sergi Lopez. La grenouille représente la bourgeoise, le Pale Man symbolise l'Eglise avec ses stigmates sur les mains et la manière dont il attire les enfants dans sa chapelle pour les manger. Chaque personnage du monde fantasmé trouve son reflet dans le monde réel. Mon film est un jeu de miroirs où tout est calculé, jusqu'à l'évolution physique du faune. Plus les épreuves auxquelles il soumet la petite fille sont difficiles, plus il devient beau." (G. del Toro, dans le numéro de novembre de Positif)
Saturne, le nom romain du Cronos grec, fait référence à un précédent film de Guillermo del Toro. La présence du temps est incarné par le monstre Pale Man qui dévore les enfants, par Vidal, par la présence du sablier, par une montre cassée que Vidal ne cesse de remonter, comme un témoignage d'un éternel, une folie ou une malédiction transmise de père en fils, par l'attente d'un père dans le monde des abîmes...
Pale man est Saturne, Cronos, un monstre glouton, une baudruche éclaté, un ancien obèse à la peau flasque : il dévore pour n'être pas dévoré si l'on se fie à la légende, telle que nous la rapporte brillamment Pierre Vernant :
S'il symbolise le temps, il mange les enfants car les enfants dévorent le temps. N'y a-t-il pas place alors pour évoquer en filigrane Peter Pan ? En effet, l'enfance n'a pas conscience du temps d'une façon semblable à celle des adultes. On peut même affirmer que l'enfance se joue dans la tour éternité, jusqu'à la puberté... c'est pourquoi, malgré une conscience de la mort (qui sera la victoire du temps), l'enfant ne la craint pas véritablement. D'où cette déclaration extraordinaire du réalisateur :
"J'aime la notion d'immortalité, pas dans le sens que les gens vont se souvenir de vous, mais dans l'idée que si vous vous ouvrez totalement à la mort, le temps n'a pas d'emprise sur vous. C'est de cela dont parlent Cronos et la fin du Labyrinthe de Pan. C'est un thème développé dans le conte d'Andersen, La petite marchande d'allumettes. Elle ne va pas au Paradis. Elle meurt en regardant un festin... [Note de Holly : Si Ofélia risque de mourir en touchant au festin figé du Pale Man, cela n'est pas sans raison... ] Ce qui fait qu'elle ne ressent plus la faim et le froid. Elle meurt sans mourir, sans s'en rendre compte. J'aime beaucoup cette idée car je pense que si on ignore la mort, elle ne peut pas vous atteindre. Je reconnais que cette théorie est un peu tirée par les cheveux." (G. del Toro, dans le numéro de novembre de Positif)
Guillermo del Toro ne fait que divulguer l'immortalité pensée et vécue par l'enfance. Je ne prétends pas, je le redis, que les enfants n'aient pas conscience de la mort, ce qui serait complètement faux, mais la conscience qu'ils en ont n'est pas la nôtre. Elle n'est pas perçue en terme de destruction complète mais comme un mal, une altération. Ofélia dit d'ailleurs à Mercédès, la servante complice des résistants, qu'elle a peur qu'on lui "fasse du mal", pas qu'on la tue.
Le dieu Pan est présent, c'est lui le guide d'Ofélia, celui qui va la soumettre aux rites initiatiques, qui doivent témoigner de sa nature d'être non humain. Ofélia doit revenir dans son royaume avant que la lune ne soit pleine. Ne peut-on pas y voir une métaphore de la puberté ?
Les légendes racontent que Pan fut amoureux de la nymphe Echo - d'où l'appel de la petite fille lorsqu'elle pénètre dans ce labyrinthe, qui évoque aussi bien le minotaure... Pal est d'ailleurs un avatar de cette créature mythologique. L'écho est aussi le sien, celle qu'elle fut dans une autre vie qu'elle a perdue par désobéissance, voulant connaître le monde des hommes.
On le comprendra, les références sont si abondantes dans ce film qu'il est vain de vouloir toutes les recenser et leur attribuer un sens. L'oeuvre est riche de mille reflets, qui sont autant de fausses pistes, car la seule vérité est celle du coeur pur de l'enfant. Pan signifie en grec Tout. Il signifie aussi, par un habile retournement, son contraire, car s'il est Tout, il est aussi rien. Nécessairement.
La berceuse qui accompagne le film est si révélatrice de l'esprit de l'histoire que je suis bouleversée de l'entendre...
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