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mercredi 30 mai 2018
Je vous annonce la diffusion d'une soirée consacrée à James Matthew Barrie, le 10 juin, de 21 h à 23 h sur France Culture. Votre servante y a participé. J'ai traduit l'adaptation théatrâle de Peter Pan d'Andrew Birkin, puis, en seconde partie, j'ai choisi de vous présenter des textes extraits du Chapeau de Greenwood. L'émission demeurera en lecture sur le site pendant un an. J'espère que cela vous plaira. C'est un prélude à d'autres surprises...
samedi 14 septembre 2013
En pleine révision du Petit Oiseau blanc, entre autres réjouissances, je vous adresse ces quelques lignes, chers amis, afin de vous informer de la sortie prochaine d'un livre d'Andrew Birkin, le spécialiste de Barrie – à mes yeux le seul et l'unique connaisseur de Sir James... Andrew, à qui je dois tant... Et nous lui devons tous beaucoup, nous, les amis de Barrie.
Il s'agit d'un livre de photographies consacré à Jane Birkin et à Serge Gainsbourg – ces images sont pour la plupart inédites. Andrew a également écrit un beau texte accompagnant ces clichés – exceptionnels, à bien des égards –, qui nous montrent notamment Serge sous un éclairage peu habituel...
Le livre est préfacé par sa sœur adorée, Jane. Il sera bientôt disponible et il est publié chez l'éditeur trilingue Taschen. Andrew m'a fait l'honneur et l'amitié de me demander de le traduire en français. J'espère n'avoir point failli !
En vérité, comme son titre l'indique si justement, il s'agit presque d'un album de famille. Il est conçu ainsi et, à ce titre, il nous permet d'entrer dans l'intimité d'un couple de légende, sans pour autant nous faire voyeurs. L'ensemble est d'une grande délicatesse, ce qui n'étonnera point ceux qui connaissent le travail d'Andrew, en tant que cinéaste ou réalisateur. Andrew m'a toujours semblé avoir le DON pour percevoir les fragilités des êtres, leurs lignes de faille, leurs instants de grâce aussi, et de les donner à voir sans déranger l'atmosphère où ils évoluent. Ce livre est autant une témoignage précieux pour les fans de Jane et Serge que l'évocation, en filigrane, d'une partie de l'existence d'Andrew (en particulier son travail pour le génial Kubrick) et de ses états d'âme, car, pour moi, le véritable héros du livre, c'est Andrew... Ce livre est l'incarnation d'un regard singulier, celui d'Andrew. Ce qu'écrit Alison Castle, qui a dirigé la publication, est parfaitement juste : "Toute une mythologie entoure Jane et Serge, mais dans les photographies d’Andrew elle transparaît peu. Ce sont les clichés d’un frère aimant, ceux qu’il a pris de sa sœur, de son petit-ami français et leur famille et amis : rien de plus, mais, en même temps, tellement plus. (...) Le sujet du livre, c’est l’amour. Un amour, présent devant l’objectif, dont nous percevons également la source."
Il s'agit d'un livre de photographies consacré à Jane Birkin et à Serge Gainsbourg – ces images sont pour la plupart inédites. Andrew a également écrit un beau texte accompagnant ces clichés – exceptionnels, à bien des égards –, qui nous montrent notamment Serge sous un éclairage peu habituel...
Le livre est préfacé par sa sœur adorée, Jane. Il sera bientôt disponible et il est publié chez l'éditeur trilingue Taschen. Andrew m'a fait l'honneur et l'amitié de me demander de le traduire en français. J'espère n'avoir point failli !
En vérité, comme son titre l'indique si justement, il s'agit presque d'un album de famille. Il est conçu ainsi et, à ce titre, il nous permet d'entrer dans l'intimité d'un couple de légende, sans pour autant nous faire voyeurs. L'ensemble est d'une grande délicatesse, ce qui n'étonnera point ceux qui connaissent le travail d'Andrew, en tant que cinéaste ou réalisateur. Andrew m'a toujours semblé avoir le DON pour percevoir les fragilités des êtres, leurs lignes de faille, leurs instants de grâce aussi, et de les donner à voir sans déranger l'atmosphère où ils évoluent. Ce livre est autant une témoignage précieux pour les fans de Jane et Serge que l'évocation, en filigrane, d'une partie de l'existence d'Andrew (en particulier son travail pour le génial Kubrick) et de ses états d'âme, car, pour moi, le véritable héros du livre, c'est Andrew... Ce livre est l'incarnation d'un regard singulier, celui d'Andrew. Ce qu'écrit Alison Castle, qui a dirigé la publication, est parfaitement juste : "Toute une mythologie entoure Jane et Serge, mais dans les photographies d’Andrew elle transparaît peu. Ce sont les clichés d’un frère aimant, ceux qu’il a pris de sa sœur, de son petit-ami français et leur famille et amis : rien de plus, mais, en même temps, tellement plus. (...) Le sujet du livre, c’est l’amour. Un amour, présent devant l’objectif, dont nous percevons également la source."
Libellés :a Family Album,Andrew Birkin,Jane and Serge,livre,traduction
mercredi 29 décembre 2010
http://videos.arte.tv/fr/videos/pass_pass_theatre-3604642.html
Je précise que la pièce a, hélas, subi des coupes, afin de respecter le "format" du programme, et que c'est fort dommageable. Cela dit, l'esprit est, je le crois, respecté et j'ai retrouvé les émotions ressenties lors des représentations et des répétitions. La pièce était assez forte pour subir un passage à la télévision. Et elle le doit à son metteur en scène très talentueux (que j'aime de tout mon coeur) et à une équipe magnifique, très soudée, qui constitue une sorte de famille au meilleur sens du terme.
En revanche, je demeure très réservée quant au documentaire, notamment en ce qui concerne la présentatrice qui énonce avec un immense sourire une énorme bêtise, dès l'introduction, concernant l'âge de Peter Pan... Et ce n'est pas faute de lui avoir expliqué... Le documentaire, en lui-même, est assez décevant, de mon point de vue, si l'on tient compte de toute la matière qui avait été offerte au réalisateur : pas de fil conducteur serré, éléments contradictoires, pas de mention de l'auteur de la pièce (mon ami Andrew Birkin), et à peine Barrie est-il nommé...
Libellés :Alexis Moati,Andrew Birkin,Peter Pan
vendredi 10 décembre 2010
Libellés :Alexis Moati,Andrew Birkin,Peter Pan,traduction
vendredi 30 avril 2010
Libellés :Andrew Birkin,Peter Pan
dimanche 7 mars 2010
Rétrojournal : le 26 (première de la pièce) et le 27 février 2010, à 20h30.
« Nous voulons faire du théâtre une réalité à laquelle on puisse croire, et qui contienne pour le cœur et les sens cette espèce de morsure concrète que comporte toute sensation vraie. »
Antonin Artaud
Le théâtre et son double
Le théâtre et son double
Vendredi : première de la pièce. Je savais que la générale avait été un succès. Je l'avais pressenti en entendant certaine voix. Je n'étais pas apaisée pour autant. Je craignais mes propres réactions.
Impossible de dire le trouble qui était le mien alors. Toutefois, le bonheur de retrouver Alexis et chaque membre de la troupe était immense et j'ai vécu la merveilleuse illusion d'appartenir à une famille.
Nous avons assisté à la représentation de cette pièce dans une loge qui nous avait été réservée. Il y avait autant d'adultes - voire plus - que d'enfants parmi les spectateurs. Sous l'effet d'un violent bonheur que je n'attendais pas, j'ai eu le souffle coupé à de nombreux instants, sans jamais pouvoir néanmoins me départir de cette angoisse, de ce chien fou qui me dévorait la gorge et le ventre.
Lorsque les derniers mots ont été prononcés et que la salle a acclamé les acteurs, j'étais encore dans la pièce et cet état second, presque douloureux, s'est prolongé jusqu'au lendemain, tard dans la nuit.
Samedi : ce jour était pour moi encore plus important que le précédent. Il était prévu que j'aille chercher à l'aéroport, en compagnie de Benjamin Nadjari, jeune homme de talent, fin psychologue et observateur du monde dans lequel il évolue (assistant à la mise en scène et... Nana dans la pièce - rôle très physique) mon héros, Andrew Birkin. En gentleman qu'il est, Andrew a fait l'aller retour de son pays natal à Marseille pour assister à la représentation en français de sa pièce - sur scène pour la première fois. Je me faisais vraiment l'effet d'être dans un film, d'être le metteur en scène de l'un de mes rêves éveillés.
Jane Birkin, la soeur d'Andrew, nous a également fait le plaisir de nous rejoindre. J'ai aimé revoir la pièce en compagnie de ces deux êtres exceptionnels - mon esprit près du leur, ma main dans celle de mon mari.
Je me suis sentie vraiment bénie des dieux ce soir-là.
Impossible, encore aujourd'hui, d'exprimer ces émotions gelées à l'intérieur de mon coeur.
La semaine dernière. Déjà. Passé.
Je cours à perdre haleine. Je contemple à la dérobée les beaux moments. Je suis de celles qui aiment à se remémorer. Je mets les émotions dans une petite boîte, afin de les préserver de la corruption du temps ; je veux les faire durer, vieillir ; je ne veux rien perdre ; je refuse l'oubli ; je préfère les éprouver plus tard, lorsque je suis à l'abri. Le suis-je aujourd'hui ?
***
Et si Peter Pan était le premier punk de l'histoire ?
C'est en ces termes qu'un jour Andrew Birkin exprima sa vision du personnage de Barrie. Et je crois que la mise en scène d'Alexis Moati rend hommage à cette affirmation, et ce par bien des aspects. Les pensées d'Andrew sont toujours très proches de l'esprit de Barrie : ce sont des pensées à mille lieues des images, toutes plus fausses les unes que les autres, que les Français (et ils ne sont pas les seuls) se font de Peter Pan et de l'auteur lui-même. Ce que j'admire le plus chez Andrew, c'est sa passion et son courage, qui s'expriment autant dans le travail qu'il a accompli pour Barrie qu'au sein de ses autres oeuvres. La précision et la solidité des analyses d'Andrew me surprennent toujours. Il est le seul être en ce monde capable, en quelques mots, de toucher de plein fouet le coeur de la prose et de l'imaginaire barriens.
Il me semble, pourtant, n'avoir vraiment pris la mesure de cette déclaration que la première fois où je vis (découvris) Fanny Avram, qui avait endossé la peau de Peter Pan, pendant les répétitions. Les cheveux ébouriffés (une charmante perruque qui dissimule une chevelure de princesse qu'il eût été dommage de couper, même pour les besoins du rôle), le regard malicieux, le rire tour à tour mutin et sardonique, la grâce d'un elfe et le coeur coincé entre deux lèvres moqueuses : Fanny est Peter Pan. L'évidence est telle qu'elle m'a fait perdre tous mes mots. J'ai été ensorcelée. Je ne sais quelle est sa magie, mais je suis certaine que Fanny n'est pas tout à fait humaine : il y a du sang de sorcière en elle. Je l'imagine très aisément tout autant dans un rôle de tragédienne que dans celui d'une très jeune fille, voire d'un enfant, qui plus est d'un garçon. Fanny a de multiples facettes. Nul besoin d'appartenir au monde du théâtre, à sa profession, pour être pénétré de cette évidence, là encore. Fille ou garçon, jeune femme ou enfant, Fanny est tout cela à la fois ; Peter n'est pas un enfant : il est l'esprit de l'enfance et Fanny est l'incarnation parfaite de cet esprit. Elle ne se déplace pas en marchant comme nous autres, pauvres mortels : elle saute, elle flotte, elle danse sans en avoir l'air. Je suis tombée sous le charme de l'actrice en cinq secondes. Peut-être moins. C'est peut-être tout simplement cela le talent. Désormais, je l'imagine dans d'autres rôles barriens. Fatalement.
Je redoutais l'incarnation de Hook parce que le Capitaine des pirates est autant, voire davantage, le héros de cette pièce que Peter. Barrie est à la fois Peter et Hook ; Peter est une variation de Hook et Hook est une variation de Peter : la seule différence entre Peter et Hook, c'est le sens du jeu. Peter peut adopter tous les rôles et toutes les identités - il sait en jouer - quand Hook est condamné à un seul rôle, à renoncer in fine à l'ambiguïté (la noblesse et l'ignominie, entre autres). J'ai toujours pensé que le drame de Hook, c'était son incapacité à jouer. Hook est tellement attaché à sa persona qu'il est condamné à mort par elle : il périt moins par le fait de Peter que par un défaut inhérent à sa nature. Et c'est ainsi que Peter et Hook, chacun à leur manière, ont mal à leur ombre : l'un la perd, l'autre ne peut s'en détacher. Carole Costantini a su me convaincre et je ne suis pas très facile à convaincre - je crois que certains le savent. Sa voix possède naturellement un charme un peu vénéneux et son regard vous met à nu. Elle est d'ores et déjà (très) impressionnante lorsqu'elle ne joue pas. Je me souviens de ma réaction lorsqu'Alexis m'avait envoyé des photographies des acteurs auxquels il avait distribué les divers rôles : je ne pouvais me détacher du regard de Carole Costantini. Quel regard ! Étrangement peut-être (pour ceux qui n'ont pas vu la pièce, certainement moins pour les autres), elle est presque plus effrayante lorsqu'elle "fait la mère" avec sa voix rassurante, câline, maternelle, qui possède certaine intonation inquiétante, que lorsqu'elle devient Hook !
Le personnage de Wendy m'a toujours paru difficile à interpréter, peut-être parce que, dans les diverses versions, elle apparaît comme une gamine un tantinet gnangnan, ce fut donc une surprise de découvrir une Wendy tout à fait rock and roll ! Mon Dieu, il faut avoir vu la scène du repas dans la maison sous terre pour comprendre mon propos. Léna Chambouleyron est la première Wendy que j'aime. Et elle offre beaucoup d'humour à ce personnage. Elle donne vie à une jeune adolescente, tout à fait consciente de sa féminité, qui va mettre en péril Peter d'une manière inattendue. Alexis m'écrivait, il y a quelques semaines, alors que lui et ses acteurs cherchaient encore le ton juste de cette scène : "D'abord, Wendy est devenue la mère des Enfants Perdus et elle a pris de ce fait une place plus importante que celle de Peter. Et c'est elle qui enlève les Enfants Perdus à Peter. Un autre abandon dont il ne réchappera que de justesse." Et c'est grâce à cette phrase que cette scène qui ne m'avait jamais plu est devenue importante pour moi. Je ne la lirai plus de la même façon. Comme souvent, Alexis a eu l'intuition de ce qui se jouait très profondément entre les divers personnages. La réussite majeure de cette version tient d'ailleurs au fait que la psychologie des personnages lui a réellement importé.
Pierre Laneyrie (Mister Darling, l'ombre de Peter, un pirate...) passe en un clin d'oeil d'un état d'enfance pure à une inflexibilité d'adulte fait. Il est toujours en équilibre entre une irrésistible drôlerie et un sérieux dont on ne sait jamais s'il l'est tout à fait. Un acteur subtil, en un mot. On sent le feu sacré de l'enfance et de l'acteur en lui. Il m'a fallu le voir jouer et lui parler hors scène pour comprendre à quel point les acteurs ne sont, en vérité, que des enfants, mais des enfants qui, à l'instar de Peter, jouent on ne peut plus sérieusement. Et, figurez-vous, que cet acteur présente certains traits physiques dans lequels on peut retrouver James Matthew Barrie. Après que l'on m'a fait remarquer cette ressemblance, j'avoue avoir été grandement troublée. Mon Dieu ! Barrie s'emparerait-il, à l'insu de tous, de l'un des membres de la troupe ?
Chloé Martinon est également de ces créatures sans âge, dont le jeu chatoyant, vous charme, vous interroge, sans jamais livrer son mystère. Andrew, tout comme moi, a été sensible à son talent et à la force d'âme qu'elle a insufflée aux enfants (Michael Darling et l'un des Enfants Perdus) et Charles-Eric Petit (qui incarne également l'un des Enfants Perdus et John) est celui qui, pour moi, détient le centre de gravité de nombreuses scènes avec les autres enfants : il est nerveux, vif, enjoué, un véritable diable d'enfant.
J'ai également beaucoup apprécié de rencontrer la très gracieuse Aude Claire Amédéo qui a trouvé mille idées pour les costumes, ainsi que l'homme (Josef Amerveil) qui a donné naissance à Tinker Bell - et je regrette de n'avoir pas eu davantage de temps pour l'étourdir de questions concernant son travail. J'avais été très sensible à son désir de considérer le langage de Tinker Bell comme un langage articulé, voisin du nôtre. Il me semble qu'il a parfaitement atteint son but.
J'ai reçu un joli présent après la deuxième représentation. Je vous laisse juger.
J'ai reçu un joli présent après la deuxième représentation. Je vous laisse juger.
Merci Alexis pour ce sabre. J'ai joué très fort avec lui. C'est l'un des plus cadeaux que l'on pouvait me faire. En garde ! Non, non, je ne me prends pas pour le héros déjanté d'Arsenic et vieilles dentelles mais plutôt pour Hook... qui ne hait Peter que pour ne point se haïr lui-même de n'être pas à la hauteur de cette ombre qui est sienne, car Peter se mire dans Hook et réciproquement... Vérité que l'on atteint d'autant plus ici alors qu'est révélée la nature du Capitaine des pirates, puisqu'il (elle) est une mère, il est la mère...
Merci Alexis d'être un adulte qui ne fait pas honte à l'enfant qu'il porte encore en lui. Merci de me donner l'espoir de ne point faillir moi-même en empruntant certain chemin sans retour...
Cette belle affiche va bientôt rejoindre mon musée Barrie, non sans avoir été encadrée au préalable. Un beau souvenir sous verre. Un délicieux cadavre pour nourrir la morgue de mes souvenirs.
J'espère que la pièce vivra longtemps. Elle le mérite. Vraiment. Merci à vous tous. J'espère que nous nous reverrons. J'y compte bien. Vous êtes prévenus ! Ici ou ailleurs, je serai là, dans l'ombre.
Et je laisse le mot de la fin à Andrew et recopie ici ce qu'il a écrit dans un petit coin de son merveilleux "chez lui" :
"Well for once in my life the reality exceeded the fantasy! Without doubt the best = truest Peter Pan I've ever seen, either on stage or screen. Such energy, such spirit, such imagination! The girl playing Peter is magic - but so too is Wendy - and Tootles - and Mrs Darling as Hook gave "him" the edge - and nobility - he has always lacked in the versions I've ever seen.
I found it extraordinarily moving, yet never sentimental - quite the reverse in fact, with Peter a punk and Wendy initially played as a pouting teenager (until the lost boys engender her mothering instincts) how could it have been. The theatre was completely full, half the audience being children, and they all seemed as swept away by the experience as I was.
The production looks set to tour France, and I shall certainly make every effort to see it again. My enormous gratitude to the cast and crew - and again all thanks to Celine, without whom it would have remained just another fantasy in my bottom drawer of unrealised projects..."
Merci Andrew.
I found it extraordinarily moving, yet never sentimental - quite the reverse in fact, with Peter a punk and Wendy initially played as a pouting teenager (until the lost boys engender her mothering instincts) how could it have been. The theatre was completely full, half the audience being children, and they all seemed as swept away by the experience as I was.
The production looks set to tour France, and I shall certainly make every effort to see it again. My enormous gratitude to the cast and crew - and again all thanks to Celine, without whom it would have remained just another fantasy in my bottom drawer of unrealised projects..."
Merci Andrew.
jeudi 4 mars 2010
Avant d'écrire un billet digne de ce nom consacré aux merveilleuses aventures vécues à Marseille la semaine dernière, je glisse entre les pétales de mes roses de décembre deux coupures de presse très élogieuses. L'adaptation de mon ami Andrew Birkin, qui est actuellement présentée au Théâtre du Gymnase, a l'heur de plaire au public.
Dois-je préciser que ce spectacle est tout simplement magique et qu'il a su combler et même donner vie à des désirs que je n'aurais jamais osé formuler ?
Je vous renvoie également à cet article.
[Cliquez sur les liens afin d'accéder aux articles.]
jeudi 25 février 2010
Chers amis,
La première a lieu demain. Lorsque mon emploi du temps sera un peu plus clément, je reviendrai vous faire part de mes divers sentiments. Je prépare quelques surprises qui ont, pour la plupart, J.M. Barrie comme thème d'inspiration.
À très bientôt, cher amis.
N'oubliez pas que...
Holly
vendredi 12 février 2010
JOHN : Il ne savait même pas comment faire le père avant que je lui montre !
JOHN (à part, à Michael) : C'est moi qui lui ai dit qu’on appelait les mères « ma vieille »...
***
Bien que je manque cruellement de temps (je corrige la dernière version de ma traduction à paraître dans quelques mois et je dois mettre le point final à une petite préface, sans parler du reste...), je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous, même trop rapidement, mon dernier voyage au pays des Rêves.
J'ai fait un aller retour à Marseille
cette semaine afin d'assister à quelques répétitions de l'adaptation barrienne d'Andrew Birkin, Peter Pan, le petit garçon qui haïssait les mères. Avec un tel titre, ce n'était pas gagné ! Mais les réservations sont déjà complètes pour le soir de la première - à laquelle j'assisterai, l'estomac peut-être aussi noué que celui de toute la troupe. En tout cas, mes pensées seront tournées vers chacun des comédiens, vers le metteur en scène et vers tous les membres de l'équipe.
Imaginez que, de la Nursery, surgisse Never (Never Never) Land et que, de cette matrice, naisse un univers dans lequel chaque élément réponde en écho à votre propre histoire, que vous soyez enfant ou parent (ou les deux)... C'est à cette expérience que vous êtes conviés... Embarquez dans ce théâtre qui prend la forme d'un bateau, d'une nursery, d'un Jamais (Jamais Jamais) !
cette semaine afin d'assister à quelques répétitions de l'adaptation barrienne d'Andrew Birkin, Peter Pan, le petit garçon qui haïssait les mères. Avec un tel titre, ce n'était pas gagné ! Mais les réservations sont déjà complètes pour le soir de la première - à laquelle j'assisterai, l'estomac peut-être aussi noué que celui de toute la troupe. En tout cas, mes pensées seront tournées vers chacun des comédiens, vers le metteur en scène et vers tous les membres de l'équipe.
Imaginez que, de la Nursery, surgisse Never (Never Never) Land et que, de cette matrice, naisse un univers dans lequel chaque élément réponde en écho à votre propre histoire, que vous soyez enfant ou parent (ou les deux)... C'est à cette expérience que vous êtes conviés... Embarquez dans ce théâtre qui prend la forme d'un bateau, d'une nursery, d'un Jamais (Jamais Jamais) !
Comme je ne désire pas déflorer toutes les surprises (et je ne les connais pas toutes !) de cette mise en scène, je ne parlerai que plus tard, en détail, de cette pièce.
Je suis fière de vous connaître, Alexis. Vous avez réalisé mon rêve : un Peter Pan affranchi de toutes les conventions Disney, un Peter Pan différent, au plus proche des sources. Je ne peux pas parler à la place de Barrie, bien sûr, mais je suis intimement convaincue que la démarche lui aurait plu et que, si son fantôme rôde ici ou là, il posera la main sur l'épaule de Fanny, qui incarne un Peter Pan assez génial. "Magique" est le mot que je lui ai soufflé à l'oreille. Je n'ai pas connu Pauline Chase, mais j'aurai rencontré Fanny...
J'ignore si le public suivra ou non - on ne peut jamais le savoir - mais quoi qu'il advienne je suis et demeurerai honorée d'avoir participé, de loin mais proche de vous, à cette aventure humaine.
Les heures que j'ai passées auprès de vous tous compteront parmi mes plus beaux souvenirs. Être accueillis si chaleureusement par une équipe aussi soudée, concentrée et bienveillante est un privilège qui nous fut accordé et que nous n'oublierons pas.
Merci à vous tous. Grâce à vous, je suis plus que jamais déterminée à défendre l'œuvre de Barrie en France, puisqu'il semble qu'il y ait des esprits prêts à la recevoir et à la faire vivre par eux-mêmes.
Bon vent, Capitaine, Enfants Perdus et Pirates ! ***
Petit billet rédigé en écoutant ce double CD :
J'ai toujours eu un faible pour les pirates. Je suis davantage Hook que Peter ou, à l'instar de Barrie, les deux en même temps. Dr. Jekyll and Mr. Hyde... (My name is Lapraik... pour les initiés...) De toute façon, Peter est pire que Hook et c'est la raison pour laquelle il vous arrache le cœur en riant.
À bientôt !
À bientôt !
dimanche 31 janvier 2010
Aujourd'hui, je vous offre enfin un aperçu de l'affiche de cette pièce de théâtre (vous reconnaîtrez Michael Llewelyn Davies, d'après un cliché extrait de la base de données d'Andrew Birkin), avant de vous en révéler davantage dans les prochains jours... En effet, je vais bientôt me rendre à Marseille (ville qui m'est inconnue) pour assister à quelques répétitions. J'attends également la première avec impatience. Il est très possible que je vous livre un petit reportage en direct des coulisses dans quelques semaines.
Je suis profondément heureuse d'avoir fait connaître à Alexis Moati cette pièce, d'avoir pu partager avec lui mes idées sur ce texte, et surtout et avant tout d'avoir reçu l'entière confiance d'un homme que j'admire depuis le premier jour où je découvris ses Lost Boys - livre et film extraordinaires -, et de très modestement contribuer à donner naissance à cette merveilleuse adaptation de mon ami Andrew Birkin dans notre contrée. Puissé-je ne jamais décevoir ceux qui croient en moi.
Je suis certaine, sur la foi des quelques images que j'ai entrevues et des conversations que nous avons échangées, qu'Alexis Moati et son équipe ont réussi à créer une œuvre forte et originale et de rendre ainsi justice au génie de James Matthew Barrie et à l'excellence du travail de celui qui le connaît le mieux au monde, Andrew Birkin.
dimanche 22 novembre 2009
Il y a quelques années, Andrew Birkin, grand défenseur de la cause barrienne et l'un de mes chers amis, une personne que j'admire et que je respecte infiniment (ils sont rares ces êtres), m'avait envoyé une adaptation de Peter Pan, qui avait l'originalité et le mérite de tenir compte de toutes les versions de la pièce (elles sont nombreuses), du roman et des Carnets de l'auteur, James Matthew Barrie. En sous-titre de la pièce, il reprenait l'un des premiers titres que Barrie avait choisi : "The Boy Who Hated Mothers" - "Le garçon qui haïssait les mères". J'avais dévoré la pièce, dans la journée, et j'étais devenue fébrile au fur et à mesure que les scènes se jouaient devant mes yeux, dans mon théâtre imaginaire. Je savais que j'étais en train de lire un Peter Pan parfait, un Peter Pan selon mon cœur, qui faisait vivre tous les paradoxes et les ambiguïtés du personnage et de l'histoire. Et, lorsque le dénouement arriva, je me mis à pleurer, pétrifiée et ravie de la fin qu'Andrew avait imaginée, et ce dans le plus grand respect de Barrie, tirant au clair une conclusion que Sir James avait simplement imaginée.
Je savais que je traduirai cette pièce, un jour, ne serait-ce que pour mon plaisir personnel.
En juin dernier, alors que je me rongeai les sangs et donnai des coups de pied à chaque jour qui me séparait de ma soutenance de doctorat, je reçus un courriel d'un metteur en scène marseillais, Alexis Moati. Ce dernier me demandait quelques renseignements sur Peter Pan. Ses questions étaient précises et manifestaient un réel intérêt, une sensibilité, une sorte de pudeur, quelque chose d'alarmé et d'élégant dans les accents de sa prose, quelque chose de personnel en somme, qui me contraignirent à lui répondre, alors que d'ordinaire j'ai tendance à expédier - exécuter - ceux qui m'écrivent et qui, en général, ne cherchent qu'à tirer un parti ou un autre, sans la moindre sincérité. Bien sûr, je fus d'abord méfiante, mais j'ai très vite décidé de lui accorder ma confiance. Il avait en tête l'idée de porter à la scène Peter Pan et se demandait quel texte adopter. Très vite, avec la permission d'Andrew, je lui ai parlé de cette fameuse adaptation. J'ai rencontré Alexis à Paris et la confiance s'est nouée et l'amitié est née, j'ose le penser et le dire. Maintenant, j'ai hâte d'être spectatrice !
Il a choisi pour incarner Peter Pan une danseuse comédienne. On ne peut mieux faire et penser.
La première aura lieu en début d'année prochaine. Je vous tiendrai au courant, bien entendu, amis barriens. Probablement aurai-je l'exclusivité de quelques images dans les semaines à venir. Pour l'heure, je n'en dirai pas plus, puisque le projet est en construction et que le mystère doit demeurer.
Je suis profondément bouleversée, excitée, angoissée, curieuse et confiante. J'escompte me rendre sur place lorsque les répétitions seront bien avancés, puisqu'il est hors de question pour moi de gêner qui que ce soit. À chacun son travail !
J'ai écrit un petit texte pour Alexis. Je ne sais s'il l'utilisera pour sa plaquette de présentation de la pièce, mais j'avais le désir de le partager avec vous qui me lisez - à visage découvert ou en cachette... Vous n'y apprendrez vraisemblablement rien de nouveau, puisque j'ai abondamment commenté le sujet ici et là. L'absolument inédit viendra plus tard, dans ma biographie...
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Je savais que je traduirai cette pièce, un jour, ne serait-ce que pour mon plaisir personnel.
En juin dernier, alors que je me rongeai les sangs et donnai des coups de pied à chaque jour qui me séparait de ma soutenance de doctorat, je reçus un courriel d'un metteur en scène marseillais, Alexis Moati. Ce dernier me demandait quelques renseignements sur Peter Pan. Ses questions étaient précises et manifestaient un réel intérêt, une sensibilité, une sorte de pudeur, quelque chose d'alarmé et d'élégant dans les accents de sa prose, quelque chose de personnel en somme, qui me contraignirent à lui répondre, alors que d'ordinaire j'ai tendance à expédier - exécuter - ceux qui m'écrivent et qui, en général, ne cherchent qu'à tirer un parti ou un autre, sans la moindre sincérité. Bien sûr, je fus d'abord méfiante, mais j'ai très vite décidé de lui accorder ma confiance. Il avait en tête l'idée de porter à la scène Peter Pan et se demandait quel texte adopter. Très vite, avec la permission d'Andrew, je lui ai parlé de cette fameuse adaptation. J'ai rencontré Alexis à Paris et la confiance s'est nouée et l'amitié est née, j'ose le penser et le dire. Maintenant, j'ai hâte d'être spectatrice !
Il a choisi pour incarner Peter Pan une danseuse comédienne. On ne peut mieux faire et penser.
La première aura lieu en début d'année prochaine. Je vous tiendrai au courant, bien entendu, amis barriens. Probablement aurai-je l'exclusivité de quelques images dans les semaines à venir. Pour l'heure, je n'en dirai pas plus, puisque le projet est en construction et que le mystère doit demeurer.
Je suis profondément bouleversée, excitée, angoissée, curieuse et confiante. J'escompte me rendre sur place lorsque les répétitions seront bien avancés, puisqu'il est hors de question pour moi de gêner qui que ce soit. À chacun son travail !
J'ai écrit un petit texte pour Alexis. Je ne sais s'il l'utilisera pour sa plaquette de présentation de la pièce, mais j'avais le désir de le partager avec vous qui me lisez - à visage découvert ou en cachette... Vous n'y apprendrez vraisemblablement rien de nouveau, puisque j'ai abondamment commenté le sujet ici et là. L'absolument inédit viendra plus tard, dans ma biographie...
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Peter Pan et la haine des mères
ou le souvenir d'un enfant jamais (jamais jamais) né
« Peter laisse mourir les enfants dans les bois, il jubile et s’en va (pour le dire à leur mère). » (James Matthew Barrie)
[Photographie des « tombes » des enfants perdus, diligemment enterrés par Peter Pan, dans les Jardins de Kensington. Photographie de Céline-Albin Faivre]
Nous consumons notre vie à la flamme de nos violents songes d'enfance, pour oublier la réalité qui nous tuera ; car vivre n’est que faire l’expérience de cette simple vérité : on ne peut que déchoir du bonheur, comme de l'enfance. Patatras ! Un jour, on est touché par la grâce, mais une seule fois, quand on ne sait même pas qu’un tel état existe. Accident ! Là est toute l’ « innocence » de l’enfance ; ici est l’entière méprise des adultes : rechercher un vert paradis qui n’a jamais existé en tant que tel ; s’adonner, les soirs d’automne, à une nostalgie qui n’a pas d’objet réel, mais a seulement pour fond un idéal fantasmé, imaginé – abandonné comme un jouet cassé, par lâcheté. L'adulte est dans l'enfant et l'enfant est dans l'adulte, mais sans commune mesure ; l'enfant est le père de l'homme, nous dit Wordsworth (la réciproque n'est jamais vraie). L'adulte n'enfante plus rien de sérieux. Il croit renoncer à l'enfance, quand c'est elle qui le quitte avec mépris. C'est le transvasement de l'enfant dans l'adulte, cette espèce de division cellulaire ou de dégénérescence, que cette pièce nous donne à contempler. C'est cela qui m'importe vraiment : non pas une idéalisation de l'enfance, par illusion rétrospective d'un état inaccessible, mais une immersion dans les profondeurs d’un univers, certes différent du nôtre dans ses apparences les moins sensibles, mais qui en est le négatif véritable. Peter Pan est le creuset de nos songes, de notre inconscient ; il permet toutes les projections du for intérieur. Peter Pan n'existe pas de notre existence, mais il vit en chacun de nous.
Andrew Birkin, l'auteur de l'adaptation théâtrale que j'ai traduite, le merveilleux connaisseur de l'œuvre barrienne, parle à très juste titre de « génial sadisme » quant à l'esprit si singulier de l’écrivain auquel il a consacré une part importante de sa vie. Un article du Times qu’il cite dans les premières pages de sa « biographie kaléidoscopique » résume assez bien la complexion littéraire de l’enchanteur écossais : «Barrie peut être sans cœur, aussi cruel que la mort, aussi cynique que le Démon. (…) La cruauté vient de sa vision intellectuelle, la tendresse de son cœur chaleureux, confiant, mais sensible jusqu’à la peine. »
Cette tendresse cruelle et cette tendre cruauté sont incarnées à la perfection dans l'histoire de Peter Pan. Le petit garçon sans cœur n'est-il pas celui qui s'écrie : « J’oublie les gens après que je les ai tués. » ? Il faut prendre l’expression « sans cœur » littéralement, semble-t-il, et pas seulement dans un sens métaphorique… Et seulement, peut-être, à ce moment-là, pourrons-nous comprendre à quel point Peter Pan est aussi ambigu et insaisissable que son créateur.
Peter Pan est une histoire qui ne parle, en vérité, que de la maternité et de la mort, mais aussi de l'ambiguïté des êtres humains – celle des femmes, surtout. L'histoire d'une perte, en tout cas. Rendons grâce à Andrew Birkin, sans dévoiler certain retournement de la pièce, d'avoir eu l'intelligence, la sensibilité et le courage suffisants pour nous présenter le motif secret de l'oeuvre barrienne – secret très bien gardé par le Capitaine Hook-Crochet.
Je ne suis pas une amie des mères, car les mères transmettent autant la mort qu’elles donnent la vie. J'ai de solides raisons de me méfier d’elles, comme Peter Pan, comme Barrie certainement. Je me méfie d'elles autant que je puis, hélas, les aimer quelquefois, leur reconnaissant de temps en temps ce rare mérite, qui est celui de l'inconditionné. Il est simplement dommage que la majorité d'entre elles confondent cet enfant intérieur, caché ou non dans un accroc fait à l'ombre de Peter Pan, avec celui auquel elles donnent vie. L'erreur est là, très aisée à commettre, voire tentante. Je me demande souvent si elles ont conscience, à certaine heure du crépuscule, de confondre l’amour de leur enfant réel avec l'amour d'un enfant rêvé ou l’amour de leur enfance passée. Peut-être bien. C’est pour ces raisons que l’adaptation d’Andrew m’a paru follement excitante et essentielle. Les mères sont vouées à décevoir. Qu'elles soient « suffisamment bonnes » ou qu'elles soient des sorcières indifférentes. On en veut toujours à sa mère. Dans l'insconscient, il y a davantage de mères assassinées que de pères... Et les pires mères, au fond, sont les meilleures !
Et puis, une fois pour toutes, cessons de voir en Peter un enfant qui ne veut pas grandir ! (Il n'y a bien qu'une mère pour refuser à son enfant le droit de grandir...) Tuons ce malentendu ! Barrie envisageait, comme titre possible d'une autre pièce mettant en scène Peter Pan, cette dénomination: « L'homme qui ne grandit pas (ne pouvait pas grandir) »... Peter prétend ne pas vouloir grandir – et il est si doué pour faire semblant qu'il en arrive à se convaincre lui-même d'une vérité qu'il fait advenir par son jeu, par ce jeu ou interstice qui existe soudain entre les coutures du réel et de l'imaginaire. Mais Peter sait très bien qu'il ne peut pas grandir ; et il ne le peut, car il n'est jamais réellement né, ou plutôt sa mère a presque oublié qu'il était né, un jour... Ce qui revient à n'être pas né du tout. Quoi de plus terrible que d'être prisonnier dans un pli de la mémoire oublieuse d'une mère ? S'il est vrai et peut-être un peu triste que Peter ne grandira jamais, il est tout aussi vrai et heureux qu'il ne mourra jamais. Si Peter n'est jamais né, il ne craint pas la mort. Mourir serait donc « une prodigieuse aventure », parce qu'elle ferait de lui un petit garçon comme les autres : de chair, de temps et de sang. On ne peut que s'incarner dans le temps ; on ne vit éternellement que dépossédé de la mémoire. Peter n'est pas tout à fait comme vous et moi : il ne lui arrivera jamais de se souvenir qu'un jour il fut un enfant et que, désormais, il est condamné à porter en lui la tombe de cet enfant qu'il n'est plus et ne sera jamais plus.
Roger Lancelyn Green, qui a écrit plusieurs fois au sujet de Barrie, livre cette vérité à propos de Peter Pan : « (…) il représente pourtant quelque chose qui est en chacun de nous. À l’instar de Tinker Bell, il n’est ni la lumière ni le miroir, mais le reflet, qui, seul, est visible. » Peter Pan est donc un reflet, l'esprit de l'enfance qui survit à tous les enfants morts, et c'est la raison pour laquelle il parle à chacun d'entre nous, grands ou petits. Ne doutez pas de lui ! Il reviendra vous saluer à chaque fois que vous vous retournerez sur vous-mêmes, afin de prendre par surprise l'ombre de l'enfant que vous fûtes et êtes encore – quelquefois.
La preuve !
Céline-Albin Faivre
mercredi 13 septembre 2006
Pour les heureux anglophones, je dépose ce message.
Sur la radio BBC4, hier après-midi, nous avons pu entendre une émission, qui mettait en scène Andrew Birkin, le meilleur spécialiste au monde de Barrie. De nombreux extraits de Lost boys ont été diffusés.
L'émission était sensible et brillante. Le coeur et l'esprit fonctionnaient de conserve.
Il y fut question de son fils, Anno, le jeune poète, mort trop tôt, à 21 ans, dans un accident de la route. Un recueil de ses poèmes sera publié, en traduction française, aux éditions Actes Sud (une des maisons que je respecte le plus), en mars prochain.
"Qui a dit que la course était finie ?
Poèmes traduits de l’anglais par Jane Birkin, Lou Doillon, Jean-Claude Feugnet,Charlotte Gainsbourg, Philippe de Grossouvre,Christian Magis, Laure de Montbron,Danièle Robert et JessicaThirolle.
Oeuvre d’un jeune homme prématurément disparu, des poèmes qui conjuguent le soleil noir de la mélancolie et les confessions d’un enfant du siècle à la recherche ardente de la vérité du monde, où qu’elle se trouve, en un ardent éloge de l’intranquillité.Prématurément disparu à l’âge de 20 ans dans un accident de voiture survenu en Italie,Anno Birkin a laissé plus de mille poèmes et chansons dont la sélection a donné lieu en2003 à la publication, en Angleterre, du présent recueil à l’initiative de son père, AndrewBirkin.Ces poèmes laissent éclater la rage et la vérité de ce tout jeune homme qui a traversél’existence à la manière d’une comète. Anno Birkin y fait entendre la double voix del’exubérance et du tourment des fins d’adolescence. Ces textes portent la marque de lapassion du jeune homme pour la musique – il était l’un des membres les plus actifs dugroupe de rock KjD (Kicks joy Darkness) – dont il disait qu’elle était “le langage de son propre fantôme”. Quant aux mots, ajoutait-il, “ce sont lambeaux de fleurs embrasées quivolent dans le vent.”A la recherche, urgente, intense, de la vérité du monde où qu’elle se trouve, à l’affût des plus improbables “preuves” susceptibles d’affleurer dans le mot en travail, Anno Birkin épingle les errements et les failles de l’humain avec un sens aigu du détail sardonique et une étonnante maîtrise des registres de ce langage dont il sait s’enivrer, privilégiant l’abstraction malgré ses allures de chevalier romantique, avec pour volonté affirmée, malgré son jeune âge, de dépasser les angoisses et les préoccupations de l’ego.Dionysiaques, rimbaldiens, juvéniles, ces poèmes parlent le langage des sentiments etde l’instinct avec une extraordinaire spontanéité et conjuguent le soleil noir de la mélancolie et les confessions d’un enfant du siècle. Mais ce siècle est le nôtre et les métaphores très contemporaines d’Anno Birkin semblent s’employer à éclairer les ténèbres du temps présent sans toutefois en réduire la complexité. Et les mots de ses poèmes, brillants au firmament de la brève aventure de son existence, demeurent,continuant à poser leurs questions intranquilles… Et c’est ainsi qu’ils enjoignent chacun de nous à ne pas abandonner ses passions en chemin, à se rendre disponible au risque,à savoir rire quand nous serions tentés de fondre en larmes, et à nous confronter aux puissances et aux périls de l’amour.C’est parmi ces poèmes et ces chansons – souvent accompagnées de nombreusesvariations – que les textes qui composent ce recueil ont été sélectionnés.Le livre est accompagné de dessins tirés des carnets personnels de l’auteur – dessins quin’étaient pas forcément destinés à illustrer tel ou tel texte mais dont l’élaboration est àpeu près contemporaine de leur écriture. La traduction des textes a été confiée à un collectif de traducteurs qui compte des membres de la famille et des proches de l’auteur ayant accepté de s’associer à cette publication."
Andrew Birkin a établi un parallèle assez saisissant entre sa relation avec Anno et celle de Barrie avec Michael Llewelyn Davies, l'enfant que Jaimie préféra aux autres et dont il fut à la fois émotionnellement et artistiquement dépendant. Les deux "garçons perdus" sont morts dans leur vingt-et-unième année. La mort de Michael laissa le père de Peter Pan et de tant d'oeuvres douloureusement joyeuses en ruines.
L'émission est disponible à l'écoute pendant une semaine ici.
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Libellés :Andrew Birkin,James Matthew Barrie,Peter Pan
jeudi 29 septembre 2005
Il est disponible à la vente sur le site anglais www.play.com. Le livre d'Andrew Birkin est sublime. Rien de mieux n'a été écrit à ce jour sur James Matthew Barrie.
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