mercredi 12 octobre 2005
Un de mes écrivains préférés, pour qui je me relève la nuit.
J'aime tout de lui.
L'affection que l'on porte aux morts ne connaît guère de bouleversements. Avec eux, je me sens en sécurité : peu de risques d'être déçu.
Un film vient de sortir aux States : Capote de Bennett Miller. Il y est question de l'enquête qu'a menée l'écrivain pour écrire De sang froid.
Je suis un peu curieuse. http://www.sonyclassics.com/capote/
Je n'aime pas trop que l'on s'attaque à mes mythes.
A voir : Murder by Death aka Un cadavre au dessert.
Libellés :cinéma,littérature américaine,Peter Falk,Truman Capote
"La lucidité : l'automne des instincts."
Cioran
Penser est déjà une déchéance du corps. Vivre est une force animale. Cioran, Schopenhauer, Nietzsche : l'axe de mon pessimisme joyeux.
Cioran
Penser est déjà une déchéance du corps. Vivre est une force animale. Cioran, Schopenhauer, Nietzsche : l'axe de mon pessimisme joyeux.
Libellés :miscellanées
Gilles Deleuze, Logique du sens, Paris, Minuit, 1994.
Les analyses et interprétations de Deleuze quant à l'oeuvre de Carroll me laissent pantoise, mais admirative. Une citation qui me parle en particulier : « Car le nom propre ou singulier est garanti par la permanence d’un savoir. Ce savoir est incarné dans des noms généraux qui désignent des arrêts et des repos, substantifs et adjectifs, avec lesquels le propre garde un rapport constant. Ainsi le moi personnel a besoin du Dieu et du monde en général. Mais quand les substantifs et adjectifs se mettent à fondre, quand les noms d’arrêt et de repos sont entraînés par les verbes de pur devenir et glissent dans le langage des événements, toute identité se perd pour le moi, le monde et Dieu. C’est l’épreuve du savoir et de la récitation, où les mots viennent de travers, entraînés de biais par les verbes, et qui destitue Alice de son identité. Comme si les événements jouissaient d’une irréalité qui se communique au savoir et aux personnes à travers le langage. Car l’incertitude personnelle n’est pas un doute extérieur à ce qui se passe, mais une structure objective de l’événement lui-même, en tant qu’il va toujours en deux sens à la fois, et qu’il écartèle le sujet suivant cette double direction. Le paradoxe est d’abord ce qui détruit le bon sens comme sens unique, mais ensuite ce qui détruit le sens commun comme assignation d’identités fixes. » (pp. 11-12) Ce que je comprends : Le monde et Dieu désignent des « plates-formes » sur lesquelles le sujet peut s’appuyer. Le monde est l’immanence et Dieu la transcendance. La boîte et le couvercle. Le fond et la forme. La matière et l’idée. Moi et non-moi. Le savoir est celui du fixe, du général, de l’éternel, de ce qui est mort peut-être aussi. Moi, Dieu et le Monde sont les trois Idées kantiennes de la raison ; elles sont les piliers, les conditions d’exercice de la pensée. Des identités fixes ou présupposées telles, ou plus exactement un cadre immobile et référentiel pour situer les êtres et les choses à l’intérieur, des abscisses et des ordonnées mentales. Le savoir est « incarné » dans des mots tels Dieu, le monde ou n’importe quel nom désignant une stabilité de surface ou une géométrie dans l’espace. L’incarnation est le processus qui désigne la « corporéisation » d’éléments incorporels, une quête de la chair, réelle ou symbolique (le substantif faisant office de chair dans le monde du langage). Le général est le garant du singulier, ce qui a pour conséquence directe de subordonner toute identité propre, limitée et déterminée, à un ensemble englobant et nécessairement plus vaste, et devient de ce fait un sous-ensemble dépendant. Les « points » par rapport au repère orthonormés n’existent qu’en fonction de cet arrière-plan et le transportent dans leur identité propre, implicitement. Il n’existe pas d’îlot isolé de sens, le monde et le langage forment une toile avec d’innombrables ramifications. L’image de la fonte des substantifs et des adjectifs a un envers, celui de la solidification, celle du langage, de la réification des êtres et des choses par le nom. Le flux du devenir est aussi celui du sang qui coule dans nos veines et nos artères. Les veines vont au cœur, les artères partent du cœur, de même l’homme va au monde et Dieu part du monde. Avoir une identité, c’est être et ne pas devenir, à cause du paradoxe attaché au temps, durer et durcir. Comment un événement peut-il aller dans deux sens à la fois ? Nul besoin d’être bigleux, de voir double pour le comprendre : tout ce qui est oscille immédiatement entre le déjà-plus et le non-encore. La distinction du bon sens et du sens commun est celle de la fonction et du résultat. Le bon sens est unique puisqu’il permet, selon la définition cartésienne, de distinguer le vrai d’avec le faux, le sens et le non-sens, il ne saurait se dédoubler en opposés. Le sens commun, lui, s’il s’applique à une multiplicité d’objets, n’en suppose pas moins une opinion identique et unique sur ces objets-ci. Or, si les identités sont floues et mobiles, plus rien ne retient les opinions et le sens commun… Le verbe indique une action et il subit les déclinaisons du temps quand le nom propre reste invariable. Suffirait-il de demeurer immobile ou de faire la planche pour avoir une identité ? Non, car il m’arrive(ra) fatalement des choses, des événements et ceux-ci m’appartiennent, que je le veuille ou non. Le paradoxe est en moi en tant que je suis sujet actif ou passif d’un verbe. Cette irréalité de l’événement ne l’est que par l’inadéquation d’un langage obligatoirement statique et de la logique qui en est issue à un monde en mouvement ou en devenir. Le mot tombe de biais ou de travers sur l’événement qui ne se laisse pas attraper.
Les analyses et interprétations de Deleuze quant à l'oeuvre de Carroll me laissent pantoise, mais admirative. Une citation qui me parle en particulier : « Car le nom propre ou singulier est garanti par la permanence d’un savoir. Ce savoir est incarné dans des noms généraux qui désignent des arrêts et des repos, substantifs et adjectifs, avec lesquels le propre garde un rapport constant. Ainsi le moi personnel a besoin du Dieu et du monde en général. Mais quand les substantifs et adjectifs se mettent à fondre, quand les noms d’arrêt et de repos sont entraînés par les verbes de pur devenir et glissent dans le langage des événements, toute identité se perd pour le moi, le monde et Dieu. C’est l’épreuve du savoir et de la récitation, où les mots viennent de travers, entraînés de biais par les verbes, et qui destitue Alice de son identité. Comme si les événements jouissaient d’une irréalité qui se communique au savoir et aux personnes à travers le langage. Car l’incertitude personnelle n’est pas un doute extérieur à ce qui se passe, mais une structure objective de l’événement lui-même, en tant qu’il va toujours en deux sens à la fois, et qu’il écartèle le sujet suivant cette double direction. Le paradoxe est d’abord ce qui détruit le bon sens comme sens unique, mais ensuite ce qui détruit le sens commun comme assignation d’identités fixes. » (pp. 11-12) Ce que je comprends : Le monde et Dieu désignent des « plates-formes » sur lesquelles le sujet peut s’appuyer. Le monde est l’immanence et Dieu la transcendance. La boîte et le couvercle. Le fond et la forme. La matière et l’idée. Moi et non-moi. Le savoir est celui du fixe, du général, de l’éternel, de ce qui est mort peut-être aussi. Moi, Dieu et le Monde sont les trois Idées kantiennes de la raison ; elles sont les piliers, les conditions d’exercice de la pensée. Des identités fixes ou présupposées telles, ou plus exactement un cadre immobile et référentiel pour situer les êtres et les choses à l’intérieur, des abscisses et des ordonnées mentales. Le savoir est « incarné » dans des mots tels Dieu, le monde ou n’importe quel nom désignant une stabilité de surface ou une géométrie dans l’espace. L’incarnation est le processus qui désigne la « corporéisation » d’éléments incorporels, une quête de la chair, réelle ou symbolique (le substantif faisant office de chair dans le monde du langage). Le général est le garant du singulier, ce qui a pour conséquence directe de subordonner toute identité propre, limitée et déterminée, à un ensemble englobant et nécessairement plus vaste, et devient de ce fait un sous-ensemble dépendant. Les « points » par rapport au repère orthonormés n’existent qu’en fonction de cet arrière-plan et le transportent dans leur identité propre, implicitement. Il n’existe pas d’îlot isolé de sens, le monde et le langage forment une toile avec d’innombrables ramifications. L’image de la fonte des substantifs et des adjectifs a un envers, celui de la solidification, celle du langage, de la réification des êtres et des choses par le nom. Le flux du devenir est aussi celui du sang qui coule dans nos veines et nos artères. Les veines vont au cœur, les artères partent du cœur, de même l’homme va au monde et Dieu part du monde. Avoir une identité, c’est être et ne pas devenir, à cause du paradoxe attaché au temps, durer et durcir. Comment un événement peut-il aller dans deux sens à la fois ? Nul besoin d’être bigleux, de voir double pour le comprendre : tout ce qui est oscille immédiatement entre le déjà-plus et le non-encore. La distinction du bon sens et du sens commun est celle de la fonction et du résultat. Le bon sens est unique puisqu’il permet, selon la définition cartésienne, de distinguer le vrai d’avec le faux, le sens et le non-sens, il ne saurait se dédoubler en opposés. Le sens commun, lui, s’il s’applique à une multiplicité d’objets, n’en suppose pas moins une opinion identique et unique sur ces objets-ci. Or, si les identités sont floues et mobiles, plus rien ne retient les opinions et le sens commun… Le verbe indique une action et il subit les déclinaisons du temps quand le nom propre reste invariable. Suffirait-il de demeurer immobile ou de faire la planche pour avoir une identité ? Non, car il m’arrive(ra) fatalement des choses, des événements et ceux-ci m’appartiennent, que je le veuille ou non. Le paradoxe est en moi en tant que je suis sujet actif ou passif d’un verbe. Cette irréalité de l’événement ne l’est que par l’inadéquation d’un langage obligatoirement statique et de la logique qui en est issue à un monde en mouvement ou en devenir. Le mot tombe de biais ou de travers sur l’événement qui ne se laisse pas attraper.
Libellés :Alice,Deleuze,Lewis Carroll
Libellés :littérature américaine,Paul Auster
vendredi 7 octobre 2005
Il faut vraiment être Barrie pour écrire un discours sur le capitaine Crochet à Eton !
Quel homme merveilleux, ce Barrie !
Quelle tristesse, cependant, ressent-on, en le lisant, sous le vernis de l'humour pince-sans-rire...
Les hommes tristes ont toujours su faire pencher mon coeur.
Saviez-vous que Crochet se prêtait parfois ce prénom : Jacobus, au lieu de James Hook (sic!) ... et qu'il avait une tante nommée Emily ?
Quelques citations amusantes :
"Now in my opinion Hook was a good Etonian though not a great one (...)"
"At Eton he was a a dry bob, contrary to what one might have expected, as his future was to be on the sea, but, boy or man, he hated the touch of water, and he was always the last to leave his ship."
More (and worse ?) to come...
Libellés :James Matthew Barrie
Le bonheur tient parfois à peu de choses ! Aujourd'hui, je viens de recevoir ce livre et je suis en extase ! Pourquoi donc, me demanderez-vous ? Parce que c'est un livre qui rassemble des textes de Barrie et cela justifie tous mes débordements et, d'autre part, à l'intérieur de ce livre, il y a un discours intitulé : "Captain Hook at Eton" ! Cela ne vous dit rien ? More to come...
Libellés :James Matthew Barrie
J'ai relu plusieurs fois ce court texte. Ma première lecture m'indiquait qu'il s'agissait là d'une banale histoire policière, sans grand intérêt, avec un style propre et sans afféteries, une manière d'écrire sans fantaisie, presque presque clinique. J'aurais dû creuser cette impression diffuse consécutive à cette innocente première lecture, qui m'aurait sûrement permis de ne pas ressentir une violente attaque de panique à la fin de ce minuscule roman.
Je m'étais fait avoir comme une apprentie-lectrice, qui n'aurait pas la moindre expérience ! Pourtant, je suis rompue, comme vous tous et toutes ici présents, à cet exercice hautement dangereux qu'est la lecture ! J'étais entièrement responsable de l'agitation, pour ne pas dire de la folie furieuse, qui s'emparait de moi. Une seule solution : relire depuis le début l'histoire pour essayer de comprendre, sans avoir la moindre certitude d'avoir le fin mot de l'histoire, et pour cause...
Au premier abord, il s'agit d'une série de crimes non élucidés. Secondairement, il s'agit d'un défi de lecture. Troisièmement, il s'agit d'une leçon d'écriture, et donc de lecture, ou vice-versa.
Ne vous faites pas avoir par les dehors tout à fait innocents de livre. L'auteur commet un assassinat, le nôtre.
Je ne saurais vous en dire plus pour deux raisons :
- divulguer ce que je crois avoir compris irait à l'encontre des vœux de l'auteur et, pire, de la mécanique du livre ;
- je ne suis pas sûre d'avoir raison et je ne voudrais pas salement vous influencer dans votre enquête, et vous induire en erreur.
J'attends avec impatience que de bonnes âmes lisent ce livre, afin de partager avec elles leur avis sur la question. C'est un S.O.S que je lance ici.
Deux remarques néanmoins, afin de gagner du temps - ce qui revient à ne pas en perdre :
- aucun mot n'est là par hasard ;
- l'auteur est un disciple, en quelque sorte, de Perec et compagnie (OULIPO).
Pour résumer, c'est le livre le plus stimulant que j'aie lu depuis fort longtemps. Il est presque unique en son genre et constitue une forme de chef-d'oeuvre de perversité.
Cf. cet autre billet où je dévoile la solution.
Libellés :littérature,policier
mercredi 5 octobre 2005
*******************
[1] Si par “tragique”, on entend la perte irréversible de soi-même... [2] Publié chez Actes-Sud, trad. Christine Le Bœuf, Paris, mai 2002, pp. 295-320. [3] Auster est francophone ; il a traduit certains de nos plus grands poètes et a écrit une anthologie de la poésie française, cette note afin d’expliquer que le choix de “Claire Martin” comme nom d’un de ses personnages n’est pas fortuit. Claire est claire ; il l’écrit d’ailleurs p. 303 : “j’essaie d’être aussi claire que je peux”. Nous y reviendrons. [4] Ibidem, p. 294. [5] Ibidem, p. 313. [6] Cf. plus loin, notre analyse du Monde selon Garp de John Irving. Cette vie suppose la mémoire, ce qui fait peut-être défaut aux héros tragiques. [7] D’où le titre du roman de Paul Auster, qui est peut-être son chef-d’oeuvre : The Book of Illusions. Les illusions se réverbèrent les unes les autres ; une autre femme meurt lorsque son livre est achevé. L’œuvre intégrale de cet auteur pourrait se résumer, si l’on osait, en cette phrase : l’identité est un leurre et le hasard est notre destin. [8] Ibidem, p. 307, je souligne (ce qui est en italique est souligné par l’auteur) . [9] Ibidem, p. 308. [10] La peur des mots est peut-être une clef pour comprendre la philosophie occidentale et ses rapports au tragique. [11] Ibidem, p. 320. [12] Lettre à Casimir Ulrich Böhlendorff, trad. Denise Naville, Ed. Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, Paris, 1967.
Libellés :littérature américaine,New York,Paul Auster
mardi 4 octobre 2005
Brion, à l'instar de Claude-Jean Philippe, représente le cinéphile-amoureux, exactement le type d'être qui suscite l'émulation chez autrui. Rien à voir avec ces critiques pompeux et hyper cérébraux qui "branlent l'accessoire" pour reprendre une formule de L.-F. Céline. Claude-Jean Philippe vient de sortir un livre sur Renoir et il anime, chaque dimanche, à l'heure de la messe, son ciné-club, au cinéma Arlequin, rue de Rennes, à Paris ! Un rendez-vous chaleureux.
Libellés :cinéma,Claude-Jean Philippe
Le 7 octobre, Patrick Brion publie un nouvel opus ! Je suis ravie !!! Ses livres me donnent le goût du cinéma. Les éditions de la Martinière nous offrent de très beaux livres et je suppose que celui-ci ne dérogera pas à la règle.
Combien d'heures de bonheur ai-je vécues en feuilletant ses livres ? J'aime m'abîmer dans les photographies soigneusement choisies.
Mon préféré est peut-être celui qu'il a consacré à la comédie musicale, car c'est un genre qui me fait tourner la tête de plaisir.
Libellés :cinéma,Mankiewicz,Patrick Brion
Je rapprocherais volontiers ce dernier film du Chant du Missouri (Meet Me in Saint-Louis) de Vincente Minnelli. A cause de la fraîcheur des personnages et du dynamisme du film en lui-même.
Meet me in St. Louis, Louis.
Meet me at the fair.
Don't tell me the lights are shining
Any place but there.
We will dance the hoochie coochie.
I will be your tootsie wootsie
If you will meet me in St. Louis, Louis.
Meet me at the fair.
- Kerry Mills and Andrew B. Sterling (1904) -
Toutefois, la jeune ingénue (mais délurée malgré tout) incarnée par Peggy Cummins est peut-être plus pimpante que Judy Garland, bien que j'aie une réelle passion pour celle-ci.Meet me at the fair.
Don't tell me the lights are shining
Any place but there.
We will dance the hoochie coochie.
I will be your tootsie wootsie
If you will meet me in St. Louis, Louis.
Meet me at the fair.
- Kerry Mills and Andrew B. Sterling (1904) -
La plus belle scène de ce film, qui est techniquement supérieur au précédent, bien sûr, est celle qui est illustrée par la fameuse chanson The Trolley Song, lorsque les les deux amoureux éteignent les lampes une à une.
On ressent pleinement la force de cet amour naissant à cet instant. La scène est à la fois émouvante et sensuelle, mais involontairement sensuelle...
Cf. ce site extra et la page idoine : ici.
Libellés :cinéma,Judy Garland,Mankiewicz
S'il y a bien un cinéaste qui me met en joie, c'est Mankiewicz. Difficile d'exprimer ce que son élégance incontestable me fait comme effet. Dimanche, au cinéma l'Arlequin, dans le VIe, à Paris, j'ai pu découvrir un inédit (en France),Un Mariage à Boston (The Late George Apley). Les dialogues sont plein de vivacité, les personnages bien campés, tellement énergiques que l'on a l'impression qu'ils vont crever la toile pour nous entraîner dans leur vertige.
Libellés :cinéma,Mankiewicz
lundi 3 octobre 2005
Je n'aime guère le terme de blog. Je lui préfère cette dénomination que je viens d'inventer : J.I.A.C.O., à savoir Journal Intime à Ciel Ouvert. N'est-ce pas plus poétique ?
Libellés :invention,miscellanées
Puisqu’il était question de René Clair, précédemment, on peut citer un autre de ses films dans la lignée de Ma femme est une sorcière, Fantôme à vendre (The Ghost Goes West), tout aussi plaisant et charmant que l’autre. L’argument est le suivant : un millionnaire américain achète un château en Ecosse à un aristocrate ruiné, puis le fait démonter pierre par pierre pour le reconstruire en Floride. Le fantôme de la demeure est aussi du voyage… Fantôme à vendre est le premier film de René Clair en Grande-Bretagne. L’histoire a été écrite par Eric Keown, d’après une nouvelle du grand Oscar Wilde, The Canterville Ghost.
René Clair est un cinéaste mésestimé, pourtant il a réalisé plusieurs films très réussis et qui ont fait date.
Qui sait, aujourd'hui, qu'avant Charlie Chaplin, dans À nous la liberté, il a dénoncé le travail à la chaîne ? En regardant un certain passage du film de Clair, on serait en droit de se demander si Chaplin n'a pas quelque peu plagié cette scène dans Les Temps Modernes. D'ailleurs, la Tobis, une société allemande, qui produisit À nous la liberté avait décidé d'attaquer Chaplin pour contrefaçon. René Clair s'est alors fermement opposé à cette action, considérant le film de Chaplin, homme qu'il admirait, comme un hommage indirect au sien. La Tobis continua toutefois à poursuivre Chaplin...
Libellés :cinéma français,fantômes
La sortie d'un mauvais remake de la célèbre série Bewitched aka Ma sorcière bien-aimée
est l'occasion de parler de deux petits bijoux : le livre qui a donné l'idée de la série, celui de Thorne Smith, mais également le film de René Clair, qui est une autre adaptation tout à fait délicieuse, avec Veronika Lake, la femme aux yeux de chat, dans le rôle de la sorcière.
Que cela ne vous empêche pas de vous délecter des aventures de Samantha, puisque la saison 1 vient de sortir en DVD chez nous !
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- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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