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jeudi 5 juin 2008
Il est des êtres que l'on connaît, que l'on fréquente, que l'on aime et que l'on a l'impression, à chaque fois, de rencontrer pour la première fois, parce que le personnage ne perd jamais rien de son pouvoir de fascination sur vous. Je pense vous avoir déjà mon sentiment à ce sujet...
Cela m'est arrivé avec mon mari, avec quelques écrivains (Louis-Ferdinand Céline et James Matthew Barrie), avec certains philosophes (Kant et Hume), avec des acteurs (Cary Grant et James Stewart), avec des époques (victorienne !) ou des villes (New York, Londres et surtout Venise) et avec de rares amis. A chaque fois, je sais et je ne me trompe pas. Peut-être que je lis en eux quelque chose qui a été effacé en moi ou dissimulé à mon propre regard, mais la raison cachée de ce phénomène n'est pas cruciale, même si c'est mon propre mystère que j'essaie de déchiffrer par leur prisme. En revanche, le désir d'être "mesmérisée" à leur contact est violent et viscéral et je ne résiste pas.
Ulrich Mühe m'a fait cet effet-là, lorsque j'ai découvert La vie des autres.
Il est entré dans ma vie. Il est mort entre-temps. Mais cela n'a aucune espèce d'importance, vous le savez bien, puisque je suis toute dévouée à mes morts.
A la faveur du succès du film précité, Arte avait diffusé une portion des épisodes de la série qui l'avait fait le plus connaître dans son pays, Le dernier témoin, une série policière sans prétention (mais de qualité), où il interprète un médecin légiste, qui aime les femmes, mais est amoureux plus précisément d'une collègue qui joue au chat et à la souris avec lui (il est la souris), et père d'une fille rebelle.
Je suppose que les amateurs de séries américaines à la mode (par exemple, les fans du Docteur House, dont je ne suis pas - bien qu'amusée et enthousiasmée par les premiers épisodes, j'ai vite laissé tomber cette caricature débile de toubib misanthrope, qui possède moins de charisme que ma chienne percluse de rhumatismes et moins de véracité que moi dans le rôle d'une lectrice d'Anna G.) trouveront le propos fade, peu ambitieux et la série grisonnante. Nous ne adressons pas à ce public-là, qui a ses raisons et moi les miennes.
Je ne prétends pas qu'il s'agisse d'une série aussi géniale que le furent en leur temps Six Feet Under ou The Sopranos - deux exemples qui me servent d'étalon-mesure pour juger, a contrario, de l'affligeante production télévisuelle - mais, dans ses limites, cette série déploie une certaine intelligence des personnages, dont l'humanité est parfois bouleversante.
J'avais été irritée qu'Arte cesse la diffusion de la série, de manière très illogique (après l'avant-dernier épisode de la saison 4, si je me souviens bien), l'été dernier, et j'étais résolue à acquérir les DVD allemands (sans sous-titres, je précise pour ceux qui seraient intéressés et ne parleraient pas un mot d'allemand)
pour voir la suite et la fin de la série. Il semble, encore une fois, que la chaîne ne diffusera pas tous les épisodes disponibles, hélas.
Mais le docteur Kolmaar est de retour aujourd'hui. Alors, ce soir, sur Arte, regardez Ulrich Mühe et admirez l'acteur.
Aimez-le !
Le jeudi soir, jusqu'au 28 août.
Site allemand de la série : là.
Libellés :série télévisée,Ulrich Mühe
mercredi 20 février 2008
Il ne faut pas m’en vouloir. Je ne suis pas une amie rêvée, je ne suis même pas tout à fait réelle, et puis j’ai horreur de me sentir obligée de répondre aux lettres. Je n’ai pas besoin d’écrire aux gens pour penser à eux. Vous n’avez qu’à lire sur mes lèvres muettes. Je ne dirai pas mieux. Je suis là mais ne brisez pas mon silence ou faites-le avec beaucoup de délicatesse.
Sachez simplement, je n’ai pas envie d’écrire ici en ce moment. Et la boîte aux lettres déborde.
J’ai été malade, assez brutalement, sur une période un peu longue. Je suis affaiblie et je ne tiens pas à forcer ma carcasse. J’ai des points finaux à semer aux quatre vents, comme je le dis souvent, et un voyage à mettre sur pieds. Destination : Angleterre. Bientôt. D'ici là, je ne pense pas avoir le temps de vous écrire ou très peu. Rendez-vous en avril.
J’ai envie de vivre ailleurs et je n’ai pas le temps d’écrire, de répondre ou de donner des nouvelles. Je veux parler de temps vivant, bien sûr. Parce que des réponses mécaniques, je puis en consentir, mais ce serait tricher. Ce serait du temps mort que j’offrirais et ce serait mentir. Alors, je préfère donner une absence véritable, bordée de l’argent de mes songes.
J’aimerais tant que ce petit billet anodin, une fois encore, pour un moment, soit cette lettre que je ne vous écrirai pas. Non pas parce que je ne vous aime plus ou parce que je suis ingrate et que je me désintéresse de vous, simplement parce que je suis ailleurs, dans les pensées et le monde de mon amie Fauna, qui comprend tout, par exemple... ou dans une conversation avec une Jolie Demoiselle, dans un café parisien, à deux pas de ma chère Sorbonne,
quelque part, une angoisse et un sourire en écharpe. (Merci pour ces belles heures passées avec toi.)
Voilà…
Monsieur Monk et moi
Si, un jour, j’avais établi en ma demeure cérébrale un psychanalyste - mais je ne suis pas désespérée au point d’en avoir un et la psychanalyse ne m'a jamais intéressée que du point de vue littéraire et théorique car je crois que nous sommes, pour plagier, un des personnages de John Irving, "tous des incurables" -, je suppose qu’il décèlerait en moi une raison profonde à mon attachement chronique aux romans policiers et, a fortiori, à certaines séries policières (L’Inspecteur Morse et L’Inspecteur Frost, en tête, Columbo, Nestor Burma et L’inspecteur Barnaby plus loin derrière).
Force est de constater que, depuis que je me suis mis en tête l’idée de liquider mon ancien Moi et son cortège de manies déplacées (et datées), Monk est devenu mon meilleur ami. Je pense pouvoir le qualifier d’ami, après avoir passé cinq saisons avec lui, dans l’attente fiévreuse de découvrir ce que la sixième - en cours de diffusion aux Etats-Unis, le dernier épisode sera diffusé vendredi - me réservera de surprises. Chaque jour, à la fin de ma journée de travail, je sais que j’ai mérité cette récompense : passer quarante minutes avec mon quasi alter ego. Je suis persuadée que de s'identifier à un génial névrosé est importun et incertain.
Comme lui, je vis dans un univers qui ne paraît étroit qu’à ceux qui ont l’esprit trop vissé sur leur petite médiocrité quotidienne. Je ne sais pas faire de vélo ni nager, non pas par défi de faire autrement que les autres, mais simplement parce que personne ne m’a jamais appris. Maintenant, je suis trop vieille pour changer mes habitudes et ces manques définissent assez joliment mon identité. J’ai remarqué, bien souvent, que les choses qui m’étaient les plus évidentes étaient précisément celles qui me rendaient étrangère dans le regard des autres.
Pas plus que Monk, interprété par l’excellent Tony Shalhoub, je ne me sens à l’aise avec les gens qui le sont bien trop, toujours en harmonie avec les modes, les us et les coutumes de leur époque. Profondément décalée, avec assez de perspective, cependant, pour jouir de la vision biaisée que j’offre aux autres – recul qui fait défaut à notre héros -, je demeure en marge de la vie normale des terriens et je ne m'en porte pas mal. Je dois confesser une certaine fierté à ne pas dépendre des autres et à me sentir assez libre pour mettre en péril mes plus précieux attachements.
Mon humour, à l'instar du sien, est en général involontaire. Et, pourtant, croyez-moi, il m’a fallu beaucoup d’humour pour venir au monde et pour persévérer dans l’existence. Je ne suis pas rétive au rire, simplement je ne ris pas des mêmes choses que les autres et je ne pleure pas non pour les mêmes raisons.
Monk, c’est un peu moi. A écouter ceux qui me connaissent vraiment intimement - à savoir une seule personne sur terre -, Monk est tout à fait moi. Ou, peut-être, suis-je tout à fait lui. Certes, je n’abuse pas de manière compulsive de lingettes (cela reste encore à prouver ; j'entends tousser mon mari), dès que quelqu’un me sert la main, et je ne possède pas sa stupéfiante intelligence, mais la ressemblance est là. Ressemblance toute morale et psychique, il est vrai, car entre Monk et moi, hormis la complexion névrotiquement obsessionnelle, l’air de famille n’est pas évident à déceler. Et puis à bien considérer la situation, je suis normale.
Normale mais terrible.
De ce fait, il me semble légitime de prétendre à la compréhension de ce personnage martien, dont les prodigieuses facultés intellectuelles constituent, ainsi qu’il aime à le répéter, «un don et une malédiction». Emule de Sherlock Holmes, Monk reconstitue l'univers à partir d'une poussière.
Monk incarne l'union de la raison et de la déraison, mieux que n'importe quel autre personnage de fiction télévisée. Il est aussi le prototype de l’Aimant inconsolé, qui était le héros de mon D.E.A. de philosophie, il y a de nombreuses années de cela. Je crois toujours que survivre à la mort de l'être aimé est le pire désaveu d'amour qui soit, une trahison et une lâcheté... Monk est vivant mais déjà mort. Il caresse le cadavre de son existence et le couvre de larmes. Ceci peu d'êtres le comprennent et Monk est condamné à une solitude bien cruelle, proportionnelle à la faveur que le destin lui a faite. Tout a un prix.
Monk, par le plus grand des miracles (double miracle : trouver l'amour véritable et trouver l'amour véritable quand on a été mis en hibernation dès l'enfance...), a trouvé quelqu’un sur terre pour l’aimer et l’épouser. Une merveilleuse beauté blonde répondant au prénom de Trudy (interprétée malheureusement par deux actrices différentes). Hélas, celle-ci est morte dans une voiture piégée par une bombe. Depuis ce jour funeste, Adrian Monk recherche le coupable de cet attentat qui l’a privé de son unique chance de bonheur. Or, celui qui résout tous les mystères en un clin d’œil est incapable de découvrir la raison pour laquelle sa femme est morte.
Monk, par le plus grand des miracles (double miracle : trouver l'amour véritable et trouver l'amour véritable quand on a été mis en hibernation dès l'enfance...), a trouvé quelqu’un sur terre pour l’aimer et l’épouser. Une merveilleuse beauté blonde répondant au prénom de Trudy (interprétée malheureusement par deux actrices différentes). Hélas, celle-ci est morte dans une voiture piégée par une bombe. Depuis ce jour funeste, Adrian Monk recherche le coupable de cet attentat qui l’a privé de son unique chance de bonheur. Or, celui qui résout tous les mystères en un clin d’œil est incapable de découvrir la raison pour laquelle sa femme est morte.
De maigres pistes en maigres pistes, il finira pourtant par découvrir que, contrairement à ce qu’il avait cru au départ, la bombe ne lui était pas destinée, mais bien à son épouse. La culpabilité est un fardeau moins lourd à porter, mais elle demeure en lui.
Si la quête de Monk parvient un jour à son terme, son histoire sera terminée. Il se perdra lui-même dans une caricature de lui-même ou devra prendre le rique de tuer son identité "monkesque". Je ne sais ce qui serait le pire.
Monk a un frère, Ambrose, lui aussi, psychiquement atteint. Tous les deux ont connu une enfance cloîtrée et, à sa manière, violente. Ambrose ne sort pas de sa maison depuis des dizaines d'années. Il rédige des manuels d’utilisation d’objets aussi improbables les uns que les autres, en langues étrangères. Son intelligence est également prodigieuse, comme si l'absence d'affectivité était compensée par un surcroît de matière grise. Leur père les a abandonnés, lorsque Monk avait 8 ans. Depuis ce jour, Ambrose attend dans sa maison le retour du père prodigue... Monk, lui, sait qu'il ne reviendra pas. Pourtant, lors de la cinquième saison, après environ de quarante ans d’absence, Monk reverra son père, qui a fondé ailleurs une autre famille (Monk et Ambrose ont un demi-frère, Jack), qu’il a encore une fois laissé choir. Rencontre surréaliste, non dépourvue de chaleur et de regrets partagés.
Si la quête de Monk parvient un jour à son terme, son histoire sera terminée. Il se perdra lui-même dans une caricature de lui-même ou devra prendre le rique de tuer son identité "monkesque". Je ne sais ce qui serait le pire.
Monk a un frère, Ambrose, lui aussi, psychiquement atteint. Tous les deux ont connu une enfance cloîtrée et, à sa manière, violente. Ambrose ne sort pas de sa maison depuis des dizaines d'années. Il rédige des manuels d’utilisation d’objets aussi improbables les uns que les autres, en langues étrangères. Son intelligence est également prodigieuse, comme si l'absence d'affectivité était compensée par un surcroît de matière grise. Leur père les a abandonnés, lorsque Monk avait 8 ans. Depuis ce jour, Ambrose attend dans sa maison le retour du père prodigue... Monk, lui, sait qu'il ne reviendra pas. Pourtant, lors de la cinquième saison, après environ de quarante ans d’absence, Monk reverra son père, qui a fondé ailleurs une autre famille (Monk et Ambrose ont un demi-frère, Jack), qu’il a encore une fois laissé choir. Rencontre surréaliste, non dépourvue de chaleur et de regrets partagés.
Monk est un ancien policier, qui a perdu sa plaque, à cause de ses troubles obsessionnels très gênants. Cependant, il demeure un consultant de la police de San Francisco et travaille avec le Capitaine Leland Stottlemeyer (Ted Levine) – fraîchement divorcé et maladroit père de famille- et le Lieutenant Randy Disher (Jason Gray-Stanford) – un simple d’esprit, très sympathique.
Il espère récupérer son poste. Monk ne fait rien d'autre que d'attendre des choses improbables. Mais l'attente convient à sa complexion figée.
Pendant plusieurs années, Monk a été aidée par Sharona (Bitty Schram), une infirmière reconvertie en assistante du détective. Celle-ci le laissera tomber sans préavis (Monk est éternellement abandonné) – pour rejoindre son ex-mari - et, au cours d’une enquête, il fera la connaissance d’une autre blonde, mère de famille et veuve, Natalie Teeger (Traylor Howard). Elle sera sa nouvelle assistante. Contrairement à Sharona, qui n’avait aucune complaisance pour Monk, Natalie
Il espère récupérer son poste. Monk ne fait rien d'autre que d'attendre des choses improbables. Mais l'attente convient à sa complexion figée.
Pendant plusieurs années, Monk a été aidée par Sharona (Bitty Schram), une infirmière reconvertie en assistante du détective. Celle-ci le laissera tomber sans préavis (Monk est éternellement abandonné) – pour rejoindre son ex-mari - et, au cours d’une enquête, il fera la connaissance d’une autre blonde, mère de famille et veuve, Natalie Teeger (Traylor Howard). Elle sera sa nouvelle assistante. Contrairement à Sharona, qui n’avait aucune complaisance pour Monk, Natalie
se montre maternelle, aimante envers son patron. Monk dira d’elle qu’elle lui rappelle, par certains aspects, son épouse défunte. Le compliment n’est pas mince, car Monk semble hermétique à tout sentiment, faisant preuve d'un égoïsme presque inconscient tellement il lui est naturel.
Les enquêtes de Monk ne brillent pas par leur intelligence scénaristique : tout est hautement improbable – nous sommes loin du réalisme et du travail d’orfèvre des séries policières anglaises-, mais leur loufoquerie, la tendresse qui s’installe au fil des épisodes pour les divers personnages (ne pas oublier de citer le psychiatre de Monk et le rival de ce dernier, l'exaspérant Harold Krenshaw, qui dispute à Monk les bonnes grâces du thérapeute), la quête de Monk (qui n’avance guère), les efforts que fait ce dernier pour se libérer de ses démons intérieurs, la mélancolie du personnage, l’atmosphère un brin surréaliste font de cette série une œuvre qui mérite notre attention – ou, pour le moins, notre affection. Sans omettre de citer, à partir de la saison 2, le générique écrit et interprété par l'excellent Randy Newman.
Les enquêtes de Monk ne brillent pas par leur intelligence scénaristique : tout est hautement improbable – nous sommes loin du réalisme et du travail d’orfèvre des séries policières anglaises-, mais leur loufoquerie, la tendresse qui s’installe au fil des épisodes pour les divers personnages (ne pas oublier de citer le psychiatre de Monk et le rival de ce dernier, l'exaspérant Harold Krenshaw, qui dispute à Monk les bonnes grâces du thérapeute), la quête de Monk (qui n’avance guère), les efforts que fait ce dernier pour se libérer de ses démons intérieurs, la mélancolie du personnage, l’atmosphère un brin surréaliste font de cette série une œuvre qui mérite notre attention – ou, pour le moins, notre affection. Sans omettre de citer, à partir de la saison 2, le générique écrit et interprété par l'excellent Randy Newman.
It's a jungle out there...
En vérité, Monk, c’est moi, mais avec une quinzaine d’années de moins. J'ai, en effet, très récemment pris conscience d'avoir quitté le monde des "monstres" et je suis tellement normale que je me reconnais à peine.
Je veux croire que l’on finit par guérir de soi et que ce n’est pas si terrible que cela d’oser être, un jour, un peu plus et un peu mieux qu’on ne le croyait permis. Contre ceux qui, jadis, avaient décidé pour nous ou tout simplement par égard pour nous-mêmes, ce qui est encore mieux. C'est la raison pour laquelle, Monk est condamné à ne jamais progresser, et pas seulement parce qu'il n'est qu'un personnage typique ou exemplaire de fiction, un caractère, mais parce qu'il possède la perfection ou à la perfection son défaut d'être ou son supplément d'âme. A cause de ceci, je l'envie.
En vérité, Monk, c’est moi, mais avec une quinzaine d’années de moins. J'ai, en effet, très récemment pris conscience d'avoir quitté le monde des "monstres" et je suis tellement normale que je me reconnais à peine.
Je veux croire que l’on finit par guérir de soi et que ce n’est pas si terrible que cela d’oser être, un jour, un peu plus et un peu mieux qu’on ne le croyait permis. Contre ceux qui, jadis, avaient décidé pour nous ou tout simplement par égard pour nous-mêmes, ce qui est encore mieux. C'est la raison pour laquelle, Monk est condamné à ne jamais progresser, et pas seulement parce qu'il n'est qu'un personnage typique ou exemplaire de fiction, un caractère, mais parce qu'il possède la perfection ou à la perfection son défaut d'être ou son supplément d'âme. A cause de ceci, je l'envie.
Libellés :Monk,série télévisée
lundi 5 février 2007
Alors que je traduis A kiss for Cinderella,
une très belle pièce de Barrie (ce personnage est capital dans son oeuvre), et que je tente vaille que vaille d'écrire quelque chose qui pourrait ressembler à un roman, avec l'idée serrée entre deux angoisses existentielles d'oser finir un petit truc, songeant qu'à mon âge il est temps et plus que temps... Je prends quelques vitamines littéraires ou cinématographiques pour me donner le teint frais. Si cela ne repose pas mes yeux, qui sont en très mauvaise santé en ce moment, cela apaise un peu la douleur d'écrire des foutaises avec un style à qui pas un lecteur ne ferait la mendicité, moi la première. Je crois que je suis bien trop lucide et exigeante envers les livres pour jamais prétendre faire mieux qu'essayer d'en donner un au monde. Je ne compte plus les rebuts dans mon ordinateur et dans ma poubelle. Je n'ai jamais compris tous ces médiocres qui publient sans avoir honte d'eux-mêmes. Je comprends encore moins leurs lecteurs. Je préférerais toujours Sophocle, Homère, Dickens, Céline... à ces putes des lettres ; je ne parle même pas de leurs maquereaux d'éditeurs qui sont encore mille fois plus coupables. Il n'ont même l'excuse de l'innocence, c'est bien là leur plus grande faute.
Je me gâte et l'un de ces plaisirs est celui de retrouver, chaque jour, deux vieux amis.
Je vous offre cette petite sucrerie avant de revenir bientôt poster un billet un peu plus conséquent et peut-être même un peu plus sérieux.
Nul besoin de vous les présenter, je crois que la plupart d'entre vous les connaissent.
Sinon, la voix d'Al Jarreau devrait vous rafraîchir un peu la mémoire.
Some walk by night,
Some fly by day,
Nothing could change you,
Set and sure of the way.
There is the sun and moon,
They sing their own sweet tune,
Watch them when dawn is due,
Sharing one space.
We'll walk by night,
We'll fly by day,
Moonlighting strangers
Who just met on the way.
Dans les années 80, j'étais une (très) petite fille et je ne regardais pas la télévision. Ce n'était pas tellement le genre de la maison. J'avais très peu de permissions pour les divertissements. Ce n'était pas un mal en soi. J'ai ainsi pu profiter de mon enfance en mourant d'ennui chaque jour et cet ennui m'a conduite à inventer mes premières histoires et à écrire mes premières bêtises (mais je ne devins pas Jacques Laurent pour autant).
Ce n'est que que très récemment que j'ai découvert la série Clair de lune, qui fit, jadis, les beaux jours de la télévision française (et mondiale). C'est une chance, somme toute, car à l'époque je n'aurais pas été capable de goûter les subtils clins d'oeil au cinéma, à la télévision ou à la littérature que cette série ne cesse de provoquer. Dans un épisode, vous pouvez savourer une parodie du Crime de l'Orient-Express mêlée à certaines scènes ou propos décalqués d'Un cadavre au dessert ; dans un autre, la scène du miroir de Duck soup fait bon ménage avec la plus farfelue des enquêtes... J'avais dit un mot sur le sujet il y a quelques mois. Je n'en étais qu'au début de ma relation avec cette oeuvre loufoque, qui traitait le téléspectateur avec beaucoup de galanterie, faisant tout autant appel à son intelligence qu'à sa mémoire.
Les maîtres mots de cette création télévisuelle étaient non-sens et deuxième (ou troisième) degré. Cette série avait la classe et la répartie de certaines screwball comedies, celles de Howard Hawks, par exemple, qui demeurent une référence en matière d'esthétique du comique, de vivacité dans les dialogues et dans les situations, et d'intelligence dans l'auto et l'extra-référentiel. Brillant est le mot qui convient pour dire l'indicible.
La Dame du Vendredi
est le modèle le plus évident pour décrire à la fois les rapports entre les deux protagonistes principaux (l'homme qui titille et la femme qui s'énerve jusqu'à l'hystérie collective) et le principe nerveux qui soutient l'ensemble. Souvenez-vous de cette scène, lorsque le personnage incarné par Cary Grant fait référence à un certain Archie Leach (qui n'est autre que lui-même, puisque Cary Grant est un pseudonyme) ou encore ce moment où il évoque "the Mock Turtle" et qu'il fait alors écho au film où il jouait ce personnage de Lewis Carroll...
On pourrait tout aussi bien citer certains films de Billy Wilder, de Leo McCarey, de Capra ou de Preston Sturges, qui sont le vivier où puise cette série, sans compter mille autres choses, qui sont toutes assumées par les scénaristes et les réalisateurs.
Ce qui me plaît le plus, ce sont peut-être les références les plus fines que, somme toute, assez peu de gens peuvent saisir, surtout s'ils n'ont aucune connaissance en matière de cinéma (mais pas seulement, car que serait un cinéphile qui ne goûterait à aucun autre aspect de la culture ?).
Aujourd'hui, je puis dire que je suis confondue par tant de métalepses et de mises en abyme et même de profondeur, oserai-je dire, de la part d'une oeuvre dont le premier but était un innocent divertissement.
Aucune autre série télévisée n'a peut-être créé une complicité aussi exacerbée entre les personnages et leurs admirateurs (nous). Les acteurs s'adressent à nous et nous demandent notre avis. On a l'impression, parfois, qu'ils viennent cogner contre la vitre du téléviseur.
Force est de constater que Moonlighting fit date et inspira ses suivantes, au moins quelques-unes.
Cette époque est plus ou moins révolue et hormis des productions télévisuelles de haut vol (Six feet under, The Sopranos, Angels in America, Carnivale...) et quelques O.V.N.I. (Dead like me), nous sommes entrés dans l'ère de la vulgarité et de l'insipide. Je n'allume jamais ma télévision sans m'être assurée que je ne risquais rien et, exceptés quelques moments de grâce passés en compagnie de Morse ou de Frost, je préfère m'abstenir...
C'est un scénariste de la série Remington Steele, Glenn Gordon Caron, qui eut l'idée de cette fausse série policière. En effet, les enquêtes policières ne sont qu'un prétexte, parfois on démonte même le décor avant de terminer l'histoire... Le véritable sujet est la relation entre les deux protagonistes, David et Maddie, que tout oppose, qui ne cessent de se crêper le chignon, de s'insulter et de se séduire sans oser se l'avouer. Je me souviens d'un coup de poing dans l'oeil gracieusement envoyé par la dame au monsieur...
Dans cette scène-ci que je vous présente en images, Maddie croit s'adresser à l'homme qui l'a demandée en mariage (Sam) et elle lui explique qu'elle ne peut accepter car elle aime aussi un autre homme (David). Bien sûr, elle n'est pas encore capable de se dire qu'elle n'aime que ce dernier. Elle veut leur offrir une nuit d'adieux. Or, il se trouve que c'est David et non Sam qui est dans le lit... Situation on ne peut plus classique de quiproquo mais quel fantastique affrontement !
Leur histoire durera un peu moins de cinq ans. Ce qui devait arriver arriva mais... vous le savez mieux que moi.
Qui pourrait encore se vanter d'avoir une standardiste
qui parle en vers plutôt qu'en prose ?
"Blue Moon Detective Agency. If persons are missing, if objects are lost, we'll find then for you at a reasonable cost. Your runaway husband that non-paying louse. We'll find and bring him back to the house. Lost a prize winning dog? Lost a prize winning cat? We'll find them both for you in just no time flat. So tell us your problem, it'll all work out fine. Just tell me your problem, it's why I'm on the line. "
est le modèle le plus évident pour décrire à la fois les rapports entre les deux protagonistes principaux (l'homme qui titille et la femme qui s'énerve jusqu'à l'hystérie collective) et le principe nerveux qui soutient l'ensemble. Souvenez-vous de cette scène, lorsque le personnage incarné par Cary Grant fait référence à un certain Archie Leach (qui n'est autre que lui-même, puisque Cary Grant est un pseudonyme) ou encore ce moment où il évoque
"Blue Moon Detective Agency. We're detectives with a heart, we really do our part. In your moment of need, we'll be there indeed. So please don't be shy, just give us a try. We're co-operative and discreet, we really can't be beat. And if I may be so bold, I'd like to put you on hold."
Allyce Beasley, qui donne vie au personnage d'Agnes DiPesto, est une actrice remarquable. Les yeux écarquillés et le visage tendre, c'est peut-être elle la véritable héroïne... Tous ces gens, trop discrets, dont la présence semble ne point compter et qui font pourtant la différence dans la vie des autres. Il en existe certainement un dans votre propre existence. Regardez bien.
Le personnage sera chouchouté pendant quelques épisodes (North by North DiPesto, par exemple, sur le modèle de La mort aux trousses d'Alfred Hitchcock ! ) qui seront centrés sur son personnage. Sa présence est indispensable, car elle apporte une touche de générosité et de naïveté au sein de toute cette agitation. J'aimerais beaucoup rencontrer une telle personne dans la vie réelle...
Qui pourrait encore se vanter d'obtenir la présence d'Orson Welles (mon admiration pour lui est sans bornes)
pour présenter un épisode réalisé en noir et blanc, une variation sur le film de Tay Garnett, Le facteur sonne toujours deux fois et un hommage aux film de la MGM et de la Warner ?
Le grand Orson mourra quelques jours après avoir enregistré sa participation à Clair de lune.
Qui pourrait nous refaire le coup de La mégère apprivoisée et nous entraîner au pays de Shakespeare ?
Les scripts étaient deux fois plus longs que les autres séries contemporaines et la série coûtait beaucoup plus chère que toutes les séries qui étaient à l'écran à l'époque et qui épuisaient un concept malingre (des séries policières niaises et sans intérêt : L'Amour du risque - Hart to Hart - par exemple) et se donnait à coeur joie de se moquer de ses consoeurs.
L'alchimie entre les deux acteurs est tellement intense
que l'on en vient à se demander si tout n'est que fiction !
Mais ceci est une autre histoire...
Je n'ai jamais été fan de Bruce Willis (son cinéma n'est pas du tout le mien) et de Cybill Shepherd je me souvenais surtout de son rôle dans le film de Scorsese, Taxi driver. J'ai fait connaissance, jour après jour, de ces deux acteurs avec la plus grande des objectivités et je dois reconnaître que Cybill Shepherd pouvait rivaliser avec une Katharine Hepburn et Bruce Willis, l'oeil goguenard, le mot impertinent et le smoking de travers, n'avait rien à apprendre des grands acteurs des années 40 et 50.
Deux coffrets DVD sont sortis en France. Ils couvrent les saisons 1 à 3. Nous attendons avec impatience les deux derniers.
Quelques extraits vidéo ici sur l'excellent site David and Maddie.
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Catégorie :
Séries
mardi 14 mars 2006
Cette vidéo est extraite d'un petit film que j'ai réalisé (en cachette) avec ma caméra numérique, lors d'une "Convention" (un rassemblement de fans hystériques) organisée autour de la série Alias.
Londres, juin 2005.
Victor Garber parle de sa relation avec la comédienne Jennifer Garner, l'héroïne de la série, et de sa future (à l'époque) maternité. A ses yeux, l'actrice a toutes les qualités... Il affirme même qu'elle est un ange... et avoue son bonheur de travailler à ses côtés.
Victor Garber (et Ron Rifkin) furent mes deux motivations pour suivre cette série qui perdit de l'altitude, peu à peu, au fil des saisons.
Libellés :Alias,série télévisée,Victor Garber
mardi 21 février 2006
Je ne sais si cela est dû à l'imminence d'un voyage aux États-Unis (une contrée dont j'ai tant rêvé, qui me fait si peur, qui a le goût d'Auster, d'Hemingway, de Truman Capote ou de Marilyn Monroe), mais je me sens soudain nostalgique de séries qui ont rythmé mes longues années d'ennui (l'enfance et l'adolescence). Les rues de San Francisco
est l'un de mes meilleurs souvenirs datant de cette époque pourrie à point.
La série était un grand cru.
est l'un de mes meilleurs souvenirs datant de cette époque pourrie à point.
Une jeune star en devenir, Michael Douglas
- pour qui, nécessairement, j'en pinçais - et une pointure Karl Malden
(je n'étais pas non plus insensible), qui avait déjà une belle carrière derrière lui, formaient un duo (la sagesse tranquille et l'impétuosité combative) qui quadrillait les rues de San Francisco. Mike Stone et Steve Keller, deux archétypes, se débattaient dans des histoires pas toujours très bien construites ou originales. Malgré tout, l'alchimie entre les deux protagonistes était si forte que l'on ne pouvait qu'être pris au piège de leur relation. Les enquêtes étaient moins importantes que les personnages et les impressions physiques suscitées par cette série.
- pour qui, nécessairement, j'en pinçais - et une pointure Karl Malden
(je n'étais pas non plus insensible), qui avait déjà une belle carrière derrière lui, formaient un duo (la sagesse tranquille et l'impétuosité combative) qui quadrillait les rues de San Francisco. Mike Stone et Steve Keller, deux archétypes, se débattaient dans des histoires pas toujours très bien construites ou originales. Malgré tout, l'alchimie entre les deux protagonistes était si forte que l'on ne pouvait qu'être pris au piège de leur relation. Les enquêtes étaient moins importantes que les personnages et les impressions physiques suscitées par cette série.
Il me reste des sensations visuelles (le nez boursoufflé de Malden) et auditives (la voix de doublage de Mike Stone, quand il s'énervait) et gustatives.
Ce goût qui me revient est ferreux ; c'est la saveur des films noirs mis en couleurs et en petites bobines. Sapidité de l'insignifiance, du bitume, des pots d'échappement. Bouquet garni de la ville et de ses habitants.
Jeu de la vie et de la mort. Mais les dés sont pipés, bien sûr.
Le mot "série" s'appliquait parfaitement à ce genre de productions télévisuelles, comme Mannix, avec l'inégalable Mike Connors
- qui me faisait aussi de l'effet ; je ne suis guère constante, mais fidèle malgré tout... - car les scenarii ne présentaient aucune réelle surprise ; on connaissait la fin dès les premières minutes. Mais, paradoxalement, il fallait une sacrée dose de savoir-faire pour maintenir à flot l'attention du spectateur.
Michael Douglas quitta la série, après quatre saisons, en 1976, et l'on affubla Karl Malden d'une autre recrue, Richard Hatch.
L'ambiance avait la même texture chaleureuse mais les spectateurs ne suivirent guère les aventures ; ce qui prouve si besoin était que le spectateur, à l'instar du lecteur, est davantage attaché aux personnages qu'aux intrigues ; la série fut annulée après une saison.
Aujourd'hui, je suis toujours en extase devant Karl Malden, un peu moins devant Michael Douglas, dont je nie pas, néanmoins, le grand talent.
Libellés :Karl Malden,série télévisée
mercredi 4 janvier 2006
Alias redevient une bonne série. Ce n'est pas aussi excitant que lors des 2 premières saisons mais je me suis réconciliée avec la série. L'épisode 9 est absolument excellent. J'ai hâte d'avoir la suite en mars. Je crois désormais qu'il est possible que les scénaristes écrivent une fin satisfaisante. Quelques captures de cet épisode ci-jointes : les moments qui m'ont donné le plus d'émotion. Je me demande si le titre de l'épisode ("The Horizon") ne fait pas implicitement référence au roman de James Hilton, Lost Horizon, adapté à l'écran par Capra. http://en.wikipedia.org/wiki/Lost_Horizon
Ajout en date du 28 août 2008 : la série ne parvint pas, hélas, à retrouver son orginalité des débuts, ni sa cohérence, et nous offrit une fin absurde et décevante.
Libellés :Alias,série télévisée
vendredi 14 octobre 2005
Je vous livre, ici, une traduction rapide d'une interview de Peter Krause (Nate Fisher), qui fait suite à la fin de la série (attention aux révélations ou "spoilers" comme disent les franglais !) :
Dans cet épisode final, SFU se serait terminé différemment si on avait pris en compte l'avis de P. K. Les fans ont été estomaqués quand Nate Fisher, un personnage central, s'est effondré, pour mourir, ensuite, victime d'une hémorragie cérébrale. Le dernier épisode la série sera diffusé ce week-end, bien d'autres surprises sont prévues. Selon Krause, l'acteur qui a donné vie - de main de maître - au personnage si torturé de Nate, ce fut une journée épuisante, une expérience qui a requis toutes ses forces et a atteint son apogée quand Nate est mort. "Ce fut vraiment très difficile pour moi parce que je savais que, même si je retournais travailler, je ne serai plus jamais Nate Fisher." Je le questionne au sujet des actes étranges de Nate durant cette saison. Le personnage fut, tour à tour, lugubre, résigné, expansif, distant, mais par dessus tout, statique. Pourquoi Nate n'a-t-il rien appris de ses erreurs passées ? "J'étais, dans une certaine mesure, frustré, nous confie Krause." "Il s'est produit certaines choses dans la série que je ne cautionne pas.""Par exemple, Nate et Brenda se marient alors même qu'elle est en train de perdre son bébé, et cela ne me paraît pas découler naturellement de la complexion de leurs personnages respectifs."Il y a toujours une tension créatrice dans n'importe quel spectacle télévisé. Et SFU - une série très subtile - qui fonctionne selon le mantra suivant : "Les êtres humains sont des noeuds de contradictions"- n'était pas prémunie contre les frictions. Les acteurs et les auteurs diffèrent souvent lorsqu'il s'agit de raconter des histoires, de développer des personnages. "Le problème, selon moi, au bout d'un certain temps, fut le suivant : j'ai eu des passages difficiles, où je n'arrivais pas à donner corps à ce qu'on attendait de moi, car je ne parvenais pas à ressentir de la justesse dans le développement de mon personnage, dit Krause." "Il y avait des idées qui forçaient plus le personnage qu'elles ne découlaient de lui." A une époque où, à Hollywood, les mauvaises langues et les "petites phrases" vont bon train, sa candeur est charmante et rafraîchissante. "Vous voyez, dit-il, les gens ont des idées différentes. Mais ce fut, en dernière instance, un lieu plein de créativité pour travailler. Il n'y a rien d'inapproprié dans les histoires qui ont été écrites cette saison. Mais, si j'avais été le capitaine du bateau, je l'aurais dirigé différemment." L'une des issues artistiques de la série fut la manière dont Nate a réagi, au cours des 5 saisons, à la myriade de coups portés au coeur et aux défis qu'il dut subir. Il est retourné, malgré sa nature, à l'entreprise familiale. Il eut une relation tumultueuse avec Brenda. Il fut sur le point de mourir. Il épousa Lisa. Elle mourut mystérieusement. Maya, leur fille, n'est peut-être même pas la sienne. Il assista à un suicide épouvantable. "Je ne sais pas combien de fois quelqu'un doit être frappé derrière la tête pour, au moins, prendre un peu de plomb, dit-il."Alors, quand a-t-il réalisé que l'évolution de Nate serait retardée, que Nate était condamné à faire avec une pitoyable inertie ? La prise de conscience s'est produite, dit-il, à la fin dela saison 4. Après avoir assisté au suicide de Hoyt, Nate retourne auprès de Brenda et la demande en mariage. Cela a frappé Krause comme un acte qui s'opposait résolument à l'évolution de Nate. "Ce fut le premier indice qui me fit comprendre que Nate ne se "réveillerait pas." Cette saison-ci, Krause eut aussi des difficultés avec la scène qui prend place, à son réveil, entre lui et Brenda, à l'hôpital, les instants qui précèdent sa mort. "Je pense honnêtement qu'il y avait quelque chose qui manquait plutôt de clareté et qui était très sombre dans cet arc de l'histoire - le "pourquoi", la raison pour laquelle Nate et Brenda ne pouvaient plus demeurer proches. Je n'ai pas cautionné cela. Laissez-moi simplement dire cela." Plus tard, dans la conversation, Krause dit ceci : "Je pense que la chose que j'ai préférée dans cette série, c'est la manière de peindre honnêtement l'existence humaine." "Cela s'est fait, ce fut quand SFU fut à son apogée. Je pense que c'est distrayant de regarder un soap-opera, mais quelquefois les lignes directrices de l'histoire me semblent - je ne veux pas dire qu'elles dépassent une limite - tracer un chemin qui paraît moins honnête, dans le but de faire sensation. Ces moments me paraissent toujours moins attrayants parce que je pense qu'ils ne révèlent rien. Je ne sais pas... L'élément de vérité a été perdu. Ce fut décevant parce que c'est ce qui avait été saisi dans les premiers épisodes - les terminiasons nerveuses de la vérité émotionnelle."Ne fut-il pas difficile de se débarrasser des problèmes de Nate, dans la vie réelle ? "Ce fut parfois difficile, concède Krause. Je dirais que j'ai très peu de désir, après SFU, d'interpréter des personnages torturés."Krause est entré dans la quarantaine la semaine dernière. Je lui demande l'effet que cela a produit en lui d'interpréter un personnage qui meurt soudainement à 40 ans."Je n'ai pas vécu mes propres 40 ans avec des arrière-pensées, jusqu'à ce que je fusse obligé de passer 4 jours à fêter mes 40 ans dans la peau de Nate Fisher. Et cela vous amène à vous demander pourquoi les gens donnent tant d'importance aux 40 ans. J'en suis arrivé à la conclusion que c'est parce que tout le monde se donne environ 80 ans à vivre et que 40 représente la moitié d'une vie."Oh, mon Dieu, Peter, vous parlez comme... Nate. "Ouais, probablement que j'ai interprété trop longtemps son personnage, plaisante-t-il." Une autre révélation intéressante : Nate était presque en trop. Il y a eu une discussion, dit Peter, selon laquelle Claire serait tuée mais la mort de Nate n'a pas été une surprise. "J'ai appris cette possibilité au cours de la première saison, dit-il. C'est quelque chose qu'Alan Ball voyait comme le point culminant de la série, si l'on peut dire." Dans la vraie vie, la mort de Nate a affecté la famille de Krause et ses amis. "Ce fut difficile pour les gens qui me connaissent de voir ces deux épisodes (la mort et l'enterrement). Je pense qu'ils ont très bien su symboliser l'absence, avec ce trou qui reste béant après le départ de Nate." Krause sera bientôt à Vancouver pour commencer le tournage d'un nouveau film, l'histoire d'un homme qui croit que son voisin est un terroriste. Il cherche à fausser compagnie à Nate Fisher. En fait, l'équipe des acteurs était totalement épuisée quand la série a été terminée de tourner en juin. "Ce fut une série triste et assez dure, dit-il. Nous avons tous appris à nous aimer de plus en plus, parce qu'on nous demandait, à chacun, d'accomplir des choses très difficiles en tant qu'acteurs. Nous nous nous sommes réellement soutenus et encouragés les uns les autres, lors de notre travail sur cette série."Comme il réfléchit à tout cela, finalement on peut lui demander quel était le message de SFU."Si cette série délivre un message, c'est le suivant, dit Krause après une pause: "De toute façon, nous allons tous mourir, alors accommodez-vous au mieux de votre vie." Source : http://www.thestar.com/NASApp/cs/ContentSe...tacodalogin=yes
Libellés :série télévisée,Six Feet Under
Je n'ai guère de respect pour la télévision et peu de séries m'ont touchée ou intéressée, mais Six Feet Under fait partie de mes meilleurs souvenirs de télévision.
D'ailleurs, Six Feet Under (Six pieds sous terre) est plus qu'une série télévisée : c'est une œuvre d'art à part entière, un univers bouleversant, où tout est vrai, bien que sublimé par l'inventivité des scénaristes et de la réalisation.
Nous entrons dans l'univers de la famille Fisher, croque-morts de leur état et devenons, soudain, un membre à part entière de ce clan.
La saison 5, la dernière saison, a été diffusée il y a peu aux États-Unis. J'ai eu la chance de la voir et je n'ai jamais ressenti une telle communion avec une œuvre télévisée. Le final est époustouflant. Je n'en dirai pas plus, bien sûr, mais je pense que c'est la meilleure fin possible pour la meilleure série jamais créée.
Il y a quelques années était sorti un livre (qui n'a rien d'un gadget ou d'un produit commercial dérivé), Better Living Through Death, et qui se présente, en quelque sorte, comme un album familial, qui fourmille de détails et d'anecdotes qui rendent encore plus vivants (si cela est possible) chaque membre de la famille Fisher. Je le conserve précieusement, avec les trois précédents coffrets, en attente du dernier.
Libellés :série télévisée,Six Feet Under
lundi 3 octobre 2005
La sortie d'un mauvais remake de la célèbre série Bewitched aka Ma sorcière bien-aimée
est l'occasion de parler de deux petits bijoux : le livre qui a donné l'idée de la série, celui de Thorne Smith, mais également le film de René Clair, qui est une autre adaptation tout à fait délicieuse, avec Veronika Lake, la femme aux yeux de chat, dans le rôle de la sorcière.
Que cela ne vous empêche pas de vous délecter des aventures de Samantha, puisque la saison 1 vient de sortir en DVD chez nous !
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