jeudi 10 novembre 2005


Ce film de Clifford Odets est un des plus beaux films de Cary Grant, parce qu'il y donne, comme dans Soupçons d'Hitchcock, une autre dimension de son jeu d'acteur. Cary Grant excelle dans la comédie mais, contrairement à un James Stewart par exemple, il est capable d'interpréter avec force conviction des personnages ambigus, noirs, ou désespérés.

Ici, il incarne un homme qui aspire à devenir meilleur, mais qui n'en a pas la force morale, figé dans une inertie de l'âme et du coeur, prêt à la chute dans le crime, mais qui connaîtra une forme de rédemption, lorsque sa mère tombera gravement malade.
Cary Grant fut nommé pour l'Oscar, mais il ne l'obtint pas - à tort !
Ce message fait suite au précédent. Ne pas lire ce qui suit, si vous n'avez pas vu ou lu les oeuvres, dont il est question : Witness for the prosecution (Témoin à charge) de Billy Wilder, Beyond a reasonnable doubt (L'invraisemblable vérité) de Fritz Lang, The stage fright (Le grand alibi) d'Hitchcock, The strange affair of uncle Harry de Robert Siodmak, Le meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie. Certains auteurs de polars usent de ce crédit que nous accordons à ce qui nous paraît vrai, à ce dont nous ne pensons pas douter. Ce procédé est magistralement mis en œuvre dans certains films d’Hitchcock (Le grand alibi -Stage fright, par exemple où l’innocent apparemment accusé à tort se révèle bel et bien coupable à la fin, procédé repris dans L’invraisemblable véritéBeyond a reasonnable doubt de Fritz Lang) ou dans le film de Billy Wilder intitulé Témoin à charge (Witness for prosecution). Dans les deux cas, « nous nous faisons avoir » (et nous sommes à la fois furieux et ravis du procédé, puisqu’il nous surprend). En effet, si nous pensons à Témoin à charge, un homme, encore jeune, est accusé du meurtre d’une vieille femme avec qui il se serait conduit en séducteur. Il hérite de sa fortune. Or, selon toutes apparences, il n’est pas coupable. Son épouse détient un alibi ; mais voici qu’au lieu de le défendre, elle l’enfonce, donne toutes les preuves de sa culpabilité ; parallèlement, on découvre le passé sordide de cette femme (qui est déjà mariée à un autre et qui a un amant). L’avocat de l’accusé (interprété par le savoureux Charles Laugthon) parvient à innocenter l’homme en enquêtant sur le passé de sa femme, sur la foi de qui reposent l’accusation. L’homme est acquitté et, très vite, nous comprenons qu’il est réellement coupable, et que sa femme et lui ont imaginé ce plan afin de le faire innocenter. En effet, quelle meilleure preuve de son innocence que de se faire accuser à tort, apparemment, par une femme vile et adultère ? Idée vicieuse mais efficace. L’avocat de la défense s’exclame : « J’avais pensé à tout, sauf à ça ! » La logique n’a pas été épuisée… Or, il se produit alors un autre retournement de situation : l’homme a une maîtresse (qui vient narguer l’épouse au tribunal, après le verdict) et s’est joué de sa femme ! Cette dernière, qui va être jugée pour parjure et est abandonnée, l’assassine aussitôt avec un coupe-papier qui traîne opportunément dans le tribunal ; justice est faite, finalement ! La troublante Marlene Dietrich joue également un rôle de premier plan dans le film d’Hitchcock susnommé. Le vrai-faux meurtrier, là encore, paie à la fin, par la chute providentielle d’un rideau de fer du théâtre. Le film est remarquable par la « tricherie » du cinéaste : l’histoire nous est racontée par le meurtrier sous la forme d’un flash-back mensonger et nous sommes incités à croire ce que nous voyons (les images du film justifient le propos de l’homme). C’est le deuxième élément, après l’épuisement de la logique, que nous souhaitions mettre en évidence : l’envie de croire. Le film de Siodmak repose malgré la valonté du cinéaste sur un procédé comparable (les studios lui ont imposé cette fin décevante), et le héros interprété par George Sanders (encore lui ! Mais je l'adore !) se réveille à la fin de cette aventure meurtrière. Nous nous sommes faits piéger dans et par son rêve. Le meurtre de Roger Ackroyd constitue sûrement la plus éclatante réussite du genre. Agatha Christie fut accusée de trahison, tout comme Hitchcock, ce dont elle se défendit dans son autobiographie[1]. La lecture de l’essai de Pierre Bayard[2], bien que très contestable dans le fond et la forme, se révèle fort plaisante et agréablement stimulante du point de vue intellectuel. [1] « Là [dans Le Meurtre de Roger Ackroyd ] j'avais trouvé une bonne formule, et je la dois en partie à mon beau-frère James qui avait dit d'un air maussade, quelques années auparavant : - Maintenant, tout le monde peut se révéler coupable, dans un roman policier, même le détective. Moi, ce que j'aimerais, c'est un Watson coupable. C'était une idée fort originale, et j'y repensai souvent. Il se trouva qu'une suggestion très similaire me fut faite par celui qui était alors Lord Louis Mountbatten. Il m'écrivit pour me demander si je ne pourrais pas envisager une histoire racontée à la première personne par quelqu'un qui se montrerait ensuite être l'assassin. (…) L'idée me paraissait ingénieuse, et j'y réfléchis longuement. Elle présentait d'énormes difficultés, bien sûr. Mon esprit rechignait à imaginer que Hastings pût tuer qui que ce soit, et de toute façon, il ne serait pas facile de monter une telle histoire sans tricher. Certes, beaucoup prétendent que Le Meurtre de Roger Ackroyd est une tricherie. Mais qu'ils le lisent avec attention, et ils verront qu'ils se trompent. Une phrase ambiguë permet de dissimuler les inévitables sauts dans le temps. Quand au Docteur Sheppard, il éprouve un malin plaisir à n'écrire que la vérité : pas toute la vérité, mais la vérité tout de même. » Agatha Christie, Une autobiographie, Ed. Le Masque, Paris, 2002, p. 413-414, je souligne. [2] Qui a tué Roger Ackroyd ?, Ed. de Minuit, « Paradoxe », Paris, 2001

Dans Les Entretiens d'Hitchcock et Truffaut (que tout cinéphile se doit d'avoir lu et de conserver dans sa mémoire et, à défaut dans sa bibliothèque), Hitch nous livre cette définition du MacGuffin :



Alfred Hitchcock : Oui, il faut que nous parlions du MacGuffin!

François Truffaut : Le MacGuffin, c’est le prétexte, c’est ça?
A. H. : C’est un biais, un truc, une combine, on appelle cela un « gimmick ». Alors, voilà toute l’histoire du MacGuffin. Vous savez que Kipling écrivait fréquemment sur les Indes et les Britanniques qui luttaient contre les indigènes sur la frontière de l’Afghanistan. Dans toutes les histoires d’espionnage écrites dans cette atmosphère, il s’agissait invariablement du vol des plans de la forteresse. Cela, c’était le MacGuffin. MacGuffin est donc le nom que l’on donne à ce genre d’action voler.., les papiers, voler… les documents, voler... un secret. Cela n’a pas d’importance en réalité et les logiciens ont tort de chercher la vérité dans le MacGuffin. Dans mon travail, j’ai toujours pensé que les « papiers », ou les « documents », ou les « secrets » de construction de la forteresse doivent être extrêmement importants pour les personnages du film mais sans aucune importance pour moi, le narrateur.Maintenant, d’où vient le terme MacGuffin ? Cela évoque un nom écossais et l’on peut imaginer une conversation entre deux hommes dans un train. L’un dit à l’autre :« Qu’est-ce que c’est que ce paquet que vous avez placé dans le filet ? » L’autre: « Ah ça ! C’est un MacGuffin. » Alors le premier: « Qu’est-ce que c’est, un MacGuffin ? » L’autre: « Eh bien! C’est un appareil pour attraper les lions dans les montagnes Adirondak. » Le premier: « Mais il n’y a pas de lions dans les Adirondak. » Alors l’autre conclut: « Dans ce cas, ce n’est pas un MacGuffin. »Cette anecdote vous montre le vide du MacGuffin... le néant du MacGuffin.
F. T. : Très intéressant !
A. H. : Un phénomène curieux se produit invariablement lorsque je travaille pour la première fois avec un scénariste, il a tendance à porter toute son attention au MacGuffin et je dois lui expliquer que cela n’a aucune importance. Prenons l’exemple des Trente-neuf Marches : que cherchent les espions ? L’homme à qui il manque un doigt ?... Et la femme au début, qu’est-ce qu’elle cherche ?... S’est-elle approchée à ce point du grand secret qu’il a fallu la poignarder dans le dos à l’intérieur de l’appartement de quelqu’un d’autre ? Lorsque nous construisions le scénario des Trente-neuf Marches, nous nous sommes dit, complètement à tort, qu’il nous fallait un prétexte très grand parce qu’il s’agissait d’une histoire de vie et de mort. A ce moment, nous pensions que le MacGuffin devait être grandiose. Mais plus nous réfléchissions, plus nous abandonnions chacune de ces idées au profit de quelque chose de beaucoup plus simple.
F.T. : On pourrait dire que, non seulement le MacGuffin n’a pas besoin d’être sérieux, mais encore qu’il gagne à être dérisoire, comme la petite chanson d’Une femme disparaît ?
A.H. : Certainement Finalement le MacGuffin des Trente-neuf Marches est une formule mathématique en rapport avec la construction d’un moteur d’avion, et cette formule n’existait pas sur le papier puisque les espions se servaient du cerveau de Mister Memory pour véhiculer ce secret et l’exporter à la faveur d’une tournée de music-hall.
F.T. : C’est qu’il doit y avoir une espèce de loi dramatique quand le personnage est réellement en danger, en cours de route, la survie de personnage principal devient tellement préoccupante que l’on oublie complètement le MacGuffin. Mais il y avoir tout de même un danger, car, dans certains films, lorsqu’on arrive à la scène d’explication, à la fin, donc lorsqu’on dévoile le Mac Guffin, les spectateurs ricanent, sifflent ou rouspètent. Mais je crois que l'une de vos astuces est de révéler le MacGuffin, non pas tout à la fin du mais à la fin du deuxième tiers troisième quart, ce qui vous permet d’éviter un final explicatif?
A .H. : C’est juste, en général, mais la chose importante que j’ai apprise cours des années, c’est que le Mac Guffin n’est rien. J’en ai la conviction mais je sais par expérience qu’il très difficile d’en persuader les autres.Mon meilleur MacGuffin (et, par meilleur, je veux dire le plus vide, le plus inexistant, le plus dérisoire) est celui de North by Northwest. C’est un film d’espionnage et la seule question posée par le scénario est : « Que cherchent ces espions? » Or, au cours de la scène sur le champ d’aviation de Chicago, l’homme de L’Agence Centrale d’Intelligence (C.I.A.) explique tout à Cary Grant, qui lui demande en parlant du personnage de James Mason : « Qu’est-ce qu’il fait? ».L’autre répond: « Disons que c’est un type qui fait de l’export import. - Mais qu’est-ce qu’il vend?- Oh !... juste des secrets du gouvernement! » Vous voyez que, là, nous avions réduit le MacGuffin à sa plus pure expression : rien.
F. T. : Rien de concret, oui, et cela prouve évidemment que vous êtes très conscient de ce que vous faites et que vous dominez parfaitement votre travail. Ce genre de films, construits sur le MacGuffin, fait dire à certains critiques : Hitchcock n’a rien à dire et, à ce moment-là, je crois que la seule réponse serait: « Un cinéaste n’a rien à dire, il a à montrer ».
A. H. : Exact !


Je crois que le Maître veut dire que le cinéma - et l'on pourrait appliquer cela à la littérature - est avant tout le style avec lequel on entraîne le spectateur (ou le lecteur) dans une aventure, une manière de captation de l'esprit et de l'imaginaire. Ce but implique une certaine ruse ou rouerie de la part de l'auteur.
Il existe quelques films et oeuvres qui exploitent parfaitement cette conception de l'histoire, filmée ou narrée.



Colin Dexter est fort connu par les amateurs de la très bonne série policière L'Inspecteur Morse. Mais les livres qui relatent ses aventures, et qui sont au nombre de 13, sont encore bien plus savoureux.


Le dernier bus pour Woodstock
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 1

Portée disparue
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 2

Les silences du professeur
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 3

Service funèbre
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 4

Mort à Jericho
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 5

Casse-tête en trois temps
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 6

Le secret de l'annexe 3
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 7

Mort d'une garce
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 8

Bijoux de famille
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 9

À travers bois
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 10


Les filles de Caïn
Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 11


La mort pour voisine

Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 12 – nous apprenons ici le prénom de l’inspecteur Morse. Surlignez ce qui suit, pour le savoir. Endeavour.

Remords secrets

Les enquêtes de l'inspecteur Morse - Tome 13 --- Lire celui-ci en dernier et, surtout, NE PAS LIRE la quatrième de couverture.
Malheureusement les livres sont épuisés, mais on peut les trouver d’occasion – ce que j’ai entrepris de faire, avec succès. 10 / 18 ne prévoit pas de les rééditer pour le moment, si je me fie à la réponse qu’ils ont adressé à mon message électronique…

Colin Dexter est né en 1930 en Angleterre. Il a été professeur de Latin / Grec et il a dû abandonner ce travail car il est devenu sourd. Il s'est contenté par la suite de corriger les copies d'examen.
C'est un très grand cruciverbiste et il adore le bridge. C'est un homme plutôt cérébral. Son personnage fétiche lui ressemble beaucoup.
Morse, est un homme d'une cinquantaine d'années, amateur de bière(s), pas très bien de sa personne, un peu sourd, petit, gros, et célibataire. Il est extrêmement intelligent et très cultivé. Il aime la poésie et les mots croisés. Il est très irascible. Bizarrement, les femmes semblent lui trouver quelque chose ...

Le style est très soigné, empreint à la fois de délicatesse et de fermeté. L'écriture est précise et soucieuse d'elle-même. Il y a beaucoup de références littéraires de bon aloi, mais rien de pesant. La structure des romans est classique, à savoir celle d'un whodun(n)it. Le charme principal réside dans l'atmosphère, dans la peinture du personnage principal et celle des autres protagonistes. Les intrigues sont intelligentes et bien menées. Il y a une réelle originalité dans cette série. C'est une oeuvre de qualité, qui représente ce qui s'écrit de mieux dans ce genre.

Impossible de ne pas imaginer Morse avec la dégaine de John Thaw, qui l’a incarné à l’écran. http://www.tmaw.co.uk/johnt.html
http://www.inspectormorse.co.uk/


Sa femme a écrit un livre plutôt bien senti sur son compagnon et l’homme présenté nous paraît vraiment illustrer cette citation de Fitzgerald : « Toute vie est un processus de démolition. » (in La Fêlure)
mercredi 9 novembre 2005
Serendipity est un mot qu'a inventé un écrivain anglais du XVIIIe siècle, nommé Horace Walpole (il écrivait des romans dits "gothiques", comme Le château d'Otrante - mais non je ne vais pas digresser pendant des heures !).
Il voulait désigner par ce mot un heureux hasard mais aussi la capacité à se servir de cette découverte due au hasard. La sagacité dont fait preuve celui qui sait user de ce qu'il a trouvé est aussi exprimée par ce petit mot anglais. Walpole a inventé ce mot à partir d'un conte perse (Voyages et Aventures des trois Princes de Sarendip, traduits du persan par le Chevalier de Mailly, 1719) , repris par la suite par Voltaire, dans Zadig.

Je vous recopie quelque chose à ce sujet :

"Les trois Princes de Sarendip partent en voyage pour parfaire leur instruction et rencontrent sur leur route un chamelier. Celui-ci leur demande s’ils n’auraient pas vu « par hasard » un de ses chameaux égaré. « Ces jeunes princes, qui avaient remarqué dans le chemin les pas d’un semblable animal, lui dirent qu’ils l’avaient rencontré, et afin qu’il n’en doutât point, l’aîné des trois princes lui demanda si le chameau n’était pas borgne ; le second, interrompant, lui dit, ne lui manque-t-il pas une dent ? Et le cadet ajouta,ne serait-il pas boiteux ? Le conducteur assura que tout cela était véritable. C’est donc votre chameau, continuèrent-ils, que nous avons trouvé, et que nous avons laissé bien loin derrière nous. » Plus tard, alors qu’ils rencontrent à nouveau le chamelier ayant cherché envain son animal et pensant avoir été dupé, les trois frères complètent le signalement du chameau pour lui prouver leur bonne foi : il portait d’un côté du beurre et del’autre du miel, une dame voyageait dessus et cette dame était enceinte. Croyant alors avoir été volé, le chamelier fait arrêter les trois frères qui, pour se disculper, déclarent que c’est « en riant » qu’ils ont affirmé avoir vu le chameau. Mais personne ne les croit. C’est alors que le chameau est retrouvé et qu’on leur demande d’expliquer comment ils ont pu « donner des indices si justes d’un animal qu’ils n’avaient pas vu ». Ils ont su que le chameau était borgne en observant que l’herbe n’était rongée que d’un seul côté du chemin, alors que celle qui était de l’autre côté était meilleure ; qu’il lui manquait une dent parce que des bouchées d’herbe à demi mâchées, de la largeur d’une dent de chameau, jonchaient le chemin ; qu’il était boi-teux en raison des traces de pieds laissées sur le chemin ; qu’il portait du beurre d’un côté et du miel de l’autre parce que des fourmis, qui aiment le gras, s’étaient agglutinées sur la partie droite de la route, et sur la partie gauche, une quantité de mouches, qui aiment le miel ; enfin, ils ont remarqué la figure d’un soulier de femme là où le chameau avait dû s’agenouiller, et à côté une flaque dont l’odeur leur a faitreconnaître qu’il s’agissait de l’urine d’une femme ; les marques de mains imprimées sur la terre ont fait « conjecturer » qu’elle était enceinte car, pour soulager le poids de son corps, elle avait dû se relever appuyée sur ses mains. Leur talent d’observateurs et la justesse de leur raisonnement va valoir par la suite aux princes de devenir les conseillers de l’empereur Behram."
J'aimerais ardemment voir ce film : La chasse au trésor (Love Happy, de David Miller), où Marilyn joue aux côtés des Marx Brothers.

Il me semble que c'est dans ce film que Marilyn se plaint auprès de Groucho qu'un homme la poursuive et que celui-ci lui répond : "Seulement un ?"
Il est disponible en zone 1, sans sous-titres.
Je tenterai sûrment ma chance très vite, lorsque j'aurais terminé de regarder les films qu'elle illumine de sa présence et qu'il me reste encore à découvrir : Nid d'amour, Rendez-moi ma femme, Chérie divorçons, Cinq mariages à l'essai...
J'ai feuilleté ce livre, édité récemment chez La Martinière (j'aime cet éditeur), dans une librairie. Je ne sais pas ce qu'il vaut exactement, n'ayant pas eu le loisir de le regarder assez attentivement. A priori, il me tente. Je suis fascinée par Marilyn Monroe. Je suis une collectionneuse, donc une proie idéale.
Quatrième de couverture : "Lorsque Marilyn Monroe et Eve Arnold se rencontrent en 1952, chacune est à un moment fort de sa carrière : la première comme star incontestée du 7e art, la seconde comme photographe de l'agence Magnum. Dès le début, Eve Arnold remarque la magie captivante qui se dégage de la jeune actrice. Pour saisir cette aura, elle va suivre Marilyn pendant plus de dix ans et au fil du temps, une véritable amitié naîtra entre les deux femmes, Marilyn se livrant alors sans retenue et sans fard, lors des séances de photographies ou sur les tournages. Pour une fois, c'est le regard tendre et singulier d'une femme, mais aussi d'une amie, qui nous dévoile Marilyn touchante et sensible jusque dans les derniers moments de sa vie. "
J'ai la chance de posséder le SUBLIME coffret des éditions Taschen dont je laisse une photo dans ce JIACO ! C'est vraiment un objet à aimer, à toucher avec des mains tremblantes.

Dans le même ordre d'idées, le livre à couverture de velours jaune, toujours édité par Taschen, et qui contient le story-board du film de Billy Wilder, est une pièce de collection inestimable à mes yeux. Il recèle un fac-similé de l'emploi du temps de Marilyn pendant le tournage.



Ce film de Billy Wilder date de 1957 et c'est un de mes préférés.
C'est une histoire romantique à l'extrême, pleine de fraîcheur, de sensibilité, mais aussi de drôlerie. Audrey (très jeune, très innocente) est amoureuse d'un homme à femmes, un Gary Cooper vieillisant et cynique, mais ô combien charmant. Elle va entamer une relation avec cet homme désinvolte et lui laisser à penser qu'elle est aussi une séductrice dont le coeur ne s'attache à personne, afin de pouvoir l'approcher. En effet, pour Gary Cooper, l'amour n'est qu'un jeu et il en fuit les conséquences si elles s'avèrent sérieuses. Il va croire ou faire semblant de croire qu'il ne vole pas la pureté de la demoiselle et s'accommoder un temps de la situation, en fermant les yeux...
Le film laisse à penser qu'Audrey et lui ont des relations très intimes, l'après-midi, et, pour l'époque, le sujet est somme toute assez osé... Le film dégage une atmosphère quelque peu érotique bien que très feutrée, parce que rien n'est vraiment dit ou montré. Le pouvoir de suggestion est immense dans ce cas, comme dans d'autres...
La dernière scène du film m'a émue aux larmes - mais je suis une indécrottable midinette.
Le rôle de Gary Cooper fait écho à celui qu'il interprète dans La huitième femme de Barbe-bleue de Lubitsch (le pétillant).
Le film a été adapté d'un roman de Claude Anet, Ariane.

Citations :
"Actually, I don't much care for young men. Never did."
"If people loved each other more, they'd shoot each other less."



Donald Fauntleroy Duck est apparu, pour la première fois, en 1934, dans les studios Disney. Mais c'est Carl Barks (1901-2000) l'homme qui a donné à Donald le caractère que nous lui connaissons. Il a dessiné parmi les tous premiers cartoons qui le mettaient en scène et a donné à Donald une épaisseur qu'il n'avait pas dès le départ. Il a offert à Donald une personnalité, une maison, un entourage : son richissime oncle, Scrooge Mc Duck (d'après Dickens bien sûr - Picsou en version française), Gladstone Gander (Gontrand, le chanceux et rival de Donald, en français), Daisy Duck, Gyro Gearloose (Géo Trouvetout). Carl Barks disait ceci de Donald : "Je me suis toujours identifié avec une personne comme Donald, qui est victime de tant de circonstances. Il n'y a pas une personne aux Etats-Unis, qui ne puisse s'identifier avec lui. Il est M. Tout le monde. Il commet les mêmes erreurs que nous. Il est quelquefois méchant et, souvent, c'est un brave type. Et, la plupart du temps, il n'est qu'un balourd, à l'image de ce que nous sommes en général. C'est une des raisons pour lesquels les gens aiment Donald."

De 1942 à 1966, Barks fut le premier créateur des comic strips mettant en scène Donald. Il a écrit environ 500 histoires !
Scrooge fut le plus populaire de tous les personnages qu'il a inventés. Il a fait ses débuts dans un comic book d'une vingtaine de pages, Christmas on Bear Mountain, en 1947. Il donna vie aussi aux Beagle Boys (Les Rapetou), une bande de criminels qui en ont après la fortune de Scrooge.
Les neveux de Donald, Huey, Dewey and Louie (Riri, Fifi et Loulou) apparurent en 1938 et Gus, le cousin de Donald, en 1939.
Cf. l'arbre généalogique ci-joint de Donald.

Don Rosa (né en 1951) est un continuateur talentueux de Barks, même si ses histoires sont moins complexes que celles de son éminent prédécesseur. Son oeuvre la plus célèbre s'intitule La jeunesse de Picsou (The life and times of Scrooge McDuck), elle nous narre les aventures de Picsou, la manière dont il a conquis son premier sou, à l'origine de son immense fortune. Il a gagné, grâce à cette oeuvre, un Will Eisner Award en 1995. Will Eisner étant le "père" du comic book, l'auteur du fameux Spirit, entre autres. J'en reparlerai une autre fois... Don Rosa rend hommage à Barks dans ses planches, en introduisant, de manière plus ou moins cachée, les lettres D. U.C.K. qui signifie Dedicated to Unca Carl from Keno.
Pendant l'été 2004, puis pendant celui de 2005, deux volumes des oeuvres de Don Rosa sont sorties en France, en tant que hors série de "Picsou magazine".
mardi 8 novembre 2005

Le titre est sublime.
D'emblée, il me plonge dans une réalité, qui m'est propre. En effet, le mien de coeur a un grain de sable dans son mécanisme d'horlogerie qui, pour sûr, n'est (hélas !) pas suisse... Bref. Là n'est pas le sujet, même si comme Tristram Shandy je suis adepte de la digression.
Je n'aime pas Romain Duris : ce n'est pas mon genre d'homme, donc difficilement mon genre d'acteur. Je ne sais pas trop ce qu'est mon genre. Mais je n'aime pas les vilains garçons, à moins qu'ils n'aient beaucoup de classe... Néanmoins, dans ce film, il m'a fait tourner la tête. Il interprète son rôle sans failles. J'aime la douceur qui sourd de son extrême violence.
Ce film est un "remake" de Fingers de James Toback , mais on s'en fiche. Le film est un coup de poing, un poème débraillé aux allures d'oxymore.
Un très beau film, qui demeure en moi, depuis sa première (et dernière, mais le DVD est sorti) vision au cinéma.
J'ai envie de mieux connaître le cinéma de Jacques Audiard, qui n'est pas que le fils de son père (que j'aime).

Jonathan Strange and Mr Norrell, Ed. Bloomsbury, une de mes révélations de l'année 2004. Un gros livre d'une qualité stylistique exceptionnelle et dotée d'une histoire absolument prenante. La seule restriction que je ferais, si je devais en faire une, serait la lenteur. Ce n'est pas un défaut pour moi, lorsque le rythme est justifié, mais je suppose que ce ne sera pas le cas pour tout le monde. Mais je n'imagine pas que l'on ne puisse pas avoir envie de savoir le fin mot de l'histoire.

Imaginez un peu que Jane AUSTEN ait écrit un roman de fantasy. Vous auriez un livre qui ressemblerait à celui-ci. Bien qu'il soit question de l'histoire de deux magiciens, en Angleterre, nous sommes dans un roman qui reste très "réaliste", ne serait-ce que par la facture dudit roman qui est résolument écrit comme un roman classique (par cette expression j'entends roman de type pré- ou victorien par exemple), ce qui m'a frappée peu à peu. Il y a de l'humour mais un humour plutôt subtile et pince-sans-rire, qui ressemble à s'y méprendre à de l'ironie. Le ton avec lequel est écrite l'histoire donne autant de plaisir que cette dernière.
Le livre est parmi les meilleures ventes d'Amazon.com et les droits ont déjà été achetés pour le cinéma. Je ne suis guère étonnée de ce succès, mérité.
Une traduction française devait voir le jour en 2005, chez Laffont, me semble-t-il. Je ne sais ce qu'il en est.
Les illustrations de Portia Rosenberg sont très belles et ajoutent une patine au texte.


Je ne comprends pas pourquoi la mise en page de mon blog est dénaturée dans Internet Explorer alors qu'elle est parfaite dans Firefox. La barbe !

Aperçu dans une librairie, un petit livre, qui parle de tout et de rien : Les Miscellanéés de Mister Schott. Les éditions Allia me surprendront toujours agréablement.
Parmi, mes préférés : Jack l'éventreur de Robert Desnos (GENIAL !) ; Virginibus puerisque de Stevenson et Une apologie des oisifs du même Stevenson ...

Quelques achats intéressants, en occasion :
la première édition d'une biographie de Barrie publiée par Peter Davis en 1941 ! Et la première édition d'un discours de Barrie, The entrancing life, le tout pour quelques euros.
Je suis très heureuse de ces acquisitions. Ma bibliothèque va me remercier pour cette pitance de premier choix.

Il faut que je travaille sur ma thèse.
Les derniers mètres sont les plus pénibles. Rêver une "oeuvre" parfaite et se retrouver face à sa propre médiorité. J'ai pitié de moi-même.

J'attends depuis des lustres une édition DVD de ce film, que je n'ai jamais vu - ce qui accentue mon désir à son égard.

Il est sorti, il y a peu, en zone 1. J'ai failli me jeter dessus. Mais il va sortir en décembre (le 6) en France, chez l'excellent éditeur Carlotta.

Claude-Jean Philippe (que j'adore et qui anime chaque dimanche, à 11 h, son ciné-club, à l'Arlequin, dans le VIe - on le répétera jamais assez) écrit ceci au sujet du film : "Le film est un extraordinaire ballet où le danseur et la danseuse étoile font valoir toute leur virtuosité. Les figures se succèdent, de la séduction, du dépit amoureux, du bonheur, de l'amertume, de la colère et du renouvellement subit de la passion. C'est une suite d'élans, de fuites et de retours, avec d'admirables pauses." "Dans ce film, Audrey Hepburn peut donner tout son registre. Vulnérable et forte, rieuse et déchirée, elle concilie le charme de la pudeur avec celui de la franchise. Tout est grâce en elle à chaque instant."

Audrey Hepburn aurait été très nerveuse à l'idée de tourner certaines scènes de nu - ce qu'elle n'avait jamais fait auparavant - mais ces séquences n'apparaissent pas dans le montage final.

La musique est, bien évidemment, de Mancini et je suppose que, comme de coutume, sa création doit parfaitement servir l'émotion véhiculée par le film. C'est un compositeur que j'apprécie particulièrement. Il agit comme un révélateur sur Audrey Hepburn.

Sans avoir vu ce film, je pense que l'on doit pouvoir le ranger au côté du beau Voyage en Italie de Rossellini, avec Ingrid Bergman et George Sanders dans les rôles principaux. L'anatomie, ou plutot l'autopsie, d'un couple est le sujet de ces deux films. J'ai toujours voulu connaître ce qu'on nous cache : ce qui se passe après le mot "fin" dans les films qui se terminent bien, les contes de fées, avoués ou non comme tels. Peut-être parce que j'ignore ce qu'est le déclin de la passion, la mort (pourtant annoncée) des sentiments trop grands pour être contenus dans nos fragiles et étroites âmes.

Les roses du Pays d'Hiver

Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.

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Never Never Never Land, au plus près du Paradis, with Cary Grant, France
Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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Cioran tous les jours

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