Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Jane Austen. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Jane Austen. Trier par date Afficher tous les articles
vendredi 24 mars 2006
J'évoquais le livre d'Allan Bloom ici. J'ai commencé la lecture de cet essai remarquable. Le style en est, ma foi, fort plaisant et le contenu à la hauteur de mes attentes. L'auteur dresse un panorama de l'amour, que celui-ci soit Eros, Philia ou Agapè, selon la tripartition grecque.
L'originalité ou le charme du propos est de nous emmener en voyage à travers les grands romans de la littérature mondiale. Nous y rencontrons Stendhal, Rousseau (que l'auteur a traduit), Tolstoï, Montaigne et surtout Shakespeare.
Il manque quelqu'un à l'appel.
Personne n'ignore que j'ai une passion pour Jane Austen et M. Darcy
en particulier. Si vous négligez ce détail, vous faites fi d'un des piliers les plus solides de ma complexion.
Allan Bloom analyse le roman de Jane Austen dans une perspective restrictive (rousseauiste et aristotélicienne) mais néanmoins éclairante.
"L'ironie véritable a beaucoup à voir avec cette vertu absente de la pensée moderne, la modération." "Ainsi, en dépit de son goût très marqué pour la litote, Austen est une romantique qui croit que l'aveugle amour a de bons yeux." "La plupart des mariages sont des relations humaines qui n'existent que par la loi et l'opinion publique. Seul un petit nombre connaît cet attachement profond où la compagnie de l'autre est un bonheur qui ne cesse pas." "On ne peut s'empêcher de songer à la remarque d'Aristote que l'orgasme et la pensée s'excluent mutuellement. Bien sûr rien n'empêche qu'un être humain ces deux choses, chacune en son temps. Mais si l'on a un patenaire unique, le choisit-on d'abord pour l'une ou pour l'autre, ou en fonction d'une cote mal taillée entre les deux ? Et si l'on it qu'iil vaut mieux avoir deux partenaires, un pour chacune de ces deux grandes activités, reste la question : lequel a la première place, laquelle est la principale ? Ceux qui ne veulent pas poser ces questions cachent leur tête dans le sable. (...) Tout cela peut sembler inapproprié dans une discussion concernant l'austère Jane Austen. Ces questions sont pourtant nécessaires précisément parce qu'à la différence des autres romantiques, Jane Austen célèbre l'amitié classique comme le coeur de l'amour romantique." (je souligne)
samedi 3 mai 2008
Nous sommes passés du Surrey au Hampshire, et réciproquement, en quelques coups de volant. Robert nous a conduits à chacune des étapes avec un soin et des égards que je n'ai cessé d'apprécier. Robert est un gentleman et il aurait beaucoup plu à Miss Austen, car il possède également un bel esprit : il est impossible de ne pas rire d'intelligence en sa compagnie. Ceux qui ont lu son livre n'ont pas pu ne pas remarquer la parenté d'humour qui existe entre lui et Barrie...
Nous ne pouvions pas ne pas nous arrêter en chemin pour rendre hommage à ce grand auteur, que je place, dans ma bibliothèque, entre Henry James et George Eliot, non loin de Conrad et de Thomas Hardy. J'aime que mes amis pliés en volumes aient bon voisinage (jamais de classement alphabétique - une hérésie à mes yeux !). Et je crois que ceux-ci ne s'entendent, ma foi, pas trop mal. Aucun grand froid dans mes étagères ni volumes qui seraient tombés à terre à signaler.
L'arrivée à Chawton.
Oui, je ris beaucoup, car le mot est imprononçable, pour moi, du moins parfaitement. J'aime tellement la langue anglaise que je la parle le moins possible, afin de ne pas l'outrager, mais je l'écris et la lis quotidiennement, parce que je ne sais pas comment je pourrais vivre autrement. De toute façon, il est prévu que je m'installe un peu à Oxford, un jour pas si lointain... et je suppose que l'accent parfait me viendra comme le Saint-Esprit se pose sur certains imbéciles.
A l'intérieur. Avouons-le de suite : la maison de Jane Austen est un peu décevante, car elle n'est pas vraiment donnée à voir dans l'idée de reconstituer le passé qui fut le sien lorsque Miss Austen l'habitait. Aucune atmosphère - tout ce que je recherche lorsque je pars sur les traces de Barrie ou d'un autre auteur aimé. Je ne félicite pas le conservateur de la maison.
Nous avons plutôt l'impression de visiter une consigne à bagages qu'un lieu qui a bercé en lui un auteur. Je n'ai pas beaucoup apprécié l'exhibition des divers costumes qui ont servi aux films ou téléfilms variés, adaptations de ses oeuvres. Cela n'a rien à voir avec Jane Austen ! Diantre !
Et c'est ainsi que les gens confondent tout, symptôme de notre époque moderne, où sont substituées à la vérité, à l'oeuvre, aux êtres et aux choses, des représentations muettes et défraîchies... Le règne du faux.
Alors, les vidéos que je vous propose sont davantage des vignettes un tantinet désappointées qu'autre chose.
Ceci étant, j'étais heureuse d'être là, mais ce n'est pas cette maison qui m'a aidée à l'être. Simplement l'idée de faire un voyage dans le temps, par la seule force de persuasion et de gravitation de mes facultés imaginatives.
Nous avons plutôt l'impression de visiter une consigne à bagages qu'un lieu qui a bercé en lui un auteur. Je n'ai pas beaucoup apprécié l'exhibition des divers costumes qui ont servi aux films ou téléfilms variés, adaptations de ses oeuvres. Cela n'a rien à voir avec Jane Austen ! Diantre !
Et c'est ainsi que les gens confondent tout, symptôme de notre époque moderne, où sont substituées à la vérité, à l'oeuvre, aux êtres et aux choses, des représentations muettes et défraîchies... Le règne du faux.
Alors, les vidéos que je vous propose sont davantage des vignettes un tantinet désappointées qu'autre chose.
Ceci étant, j'étais heureuse d'être là, mais ce n'est pas cette maison qui m'a aidée à l'être. Simplement l'idée de faire un voyage dans le temps, par la seule force de persuasion et de gravitation de mes facultés imaginatives.
Objets et effets.
La chambre à coucher de Jane :
L'endroit où elle écrivait. Simplicité, modestie et inconfort entourent l'acte d'écrire. Un des seuls objets qui aient fait fructifier le pouvoir de mon imagination, avec le fac-similé de son testament. Sa transciption donne ceci :
Enfermées dans une cage de verre, deux mannequins en cire, qui représentent Jane et sa soeur.
La fameuse proposition de mariage relatée dans une lettre à sa soeur...
Le jardin.
Les dépendances.
Le four à pain et la carriole tirée par des ânes...
A SUIVRE...
Libellés :Angleterre,Jane Austen,voyage
dimanche 11 novembre 2007
Pensées lumineuses à Frédéric, qui aime le cinéma, et à Jim, qui malheureusement ne l'aime plus.
Le cinéma a une place presque aussi grande dans ma vie que les livres et, désormais, la musique. Le cinéma en salles, mais aussi le cinéma en DVD et sur les nombreuses chaînes du câble dédiées au septième art.
J'aimerais pouvoir écrire un billet pour chaque film aimé, mais à raison d'un film par jour, parfois plus, l'entreprise me paraît impossible. A défaut d'être profonde, j'ai décidé de reproduire ici les très petites notes que je prends pour chaque film, mais seulement pour ceux vus ou revus en salles - habitude qui est mienne depuis cinq ou six ans et qui me permet de mesurer avec une certaine précision la force de mon attachement pour un film ou, au contraire, l'évolution de mes perceptions et de ma sensibilité dans le temps, à l'occasion de la "revisite" d'une oeuvre qui m'avait déplu ou que j'avais aimée.
Mes repères sont simples, enfantins : des étoiles, qui correspondent au degré de plaisir que j'ai éprouvé à me frotter à tel ou tel film. Subjectivité absolue d'une personne qui a trop de respect pour les cinéphiles pour se prétendre telle.
Lorsque j'ai commencé à conserver mémoire de mes séances de cinéma, The Straight Story, le très beau film de David Lynch, venait de sortir en France. C'est le film qui m'a obligée à considérer l'ajout d'une cinquième étoile à un classement, qui, de prime abord, n'en possédait que quatre. Je pense toujours à ce film, qui est une sorte d'étalon-mesure à mes yeux. Je me rappelle également que le superbe Noi Albinoi de Dagur Kari, avait obtenu 4 étoiles et demi dans mon classement. Pourquoi parler de ces deux films ? Parce qu'ils ont laissé une entaille en moi.
Mes critères "mélancHollyques " de sélection :
Un carreau [Cela m'arrive rarement de dessiner ceci sur mes carnets, car je sais d'instinct quel film m'est destiné] : film honteux, nul, sans intérêt ;
Une étoile : mauvais film, proche de la nullité avec un éclair possible de beauté ;
Deux étoiles : film moyen, sans originalité, mais qui témoigne simplement d'un usage de la caméra et de certaines qualités moyennes ;
Trois étoiles : bon film, non sans défauts, qui aurait pu devenir un très bon film ;
Quatre étoiles : très bon film, proche de l'excellence, presque parfait, avec un petit manque cependant ;
Cinq étoiles : l'excellence, au plus près du paradis des films.
Les films, vus en salle, lors des deux dernières semaines - j'ajouterai des notes au fur et à mesure dans ce billet - ce qui me permet également de ne pas perdre contact avec vous :
Eastern Promises (Les Promesses de l'Ombre) de David Cronenberg : 4 étoiles et demi ; [Ceux qui me lisent savent peut-être à quel point Spider est un film important dans mon existence ; j'en parlais ici. J'espère avoir le temps d'écrire ma chronique de ce film, car c'est l'une des oeuvres que j'ai préférées cette année. Je sors de la séance et je suis encore tremblante. Certaines scènes sont insoutenables de violence mais le film est fascinant.]
Paranoid Park de Gus Van Sant : 3 étoiles et demi ;
[Un sujet et un traitement, qui, a priori, avaient tout pour m'irriter, mais un film très noble et très juste, sans la moindre afféterie. Un film sur la culpabilité et l'adolescence qui, par hasard, n'est pas sans écho avec le dernier film de Woody Allen, qui nous entraîne lui aussi dans la sphère du meurtre et le labyrinthe de la conscience morale. Garanti sans "moraline".]
Le Mariage de Tuya de Wang Quan'an : 3 étoiles, mais de justesse ;
[Tout film chinois, par principe, m'intéresse, puisque la langue de ce pays multiforme et insaisissable est une de mes préoccupations. Un film bien trop lent, qui manque d'ambition et d'ampleur, malgré une bien belle idée de départ et l'exposition de sentiments purs...]
Un secret de Claude Miller (cinéaste que j'adore mais ce film-ci n'exprime pas du tout son talent véritable) : 2 étoiles et demi ;
[Terrible déception à l'aune de ma grande attente - car j'attends chaque film de Miller. Je crois que le sujet a été épuisé par l'art et qu'à moins de faire preuve d'une folle originalité ou d'un style puissant, on ne peut qu'échouer à ce qui est devenu, de par le thème éculé, un exercice. Cependant, les acteurs sont tous magnifiques. Trop peut-être. Je fus agacée par ce film qui a essayé, je l'ai senti, de me piéger : avec de bons sentiments et des couleurs trop éclatantes.]
Le rêve de Cassandre de Woody Allen : 3 étoiles et demi ;
[Woody Allen reprend ici partie certains thèmes de sa pièce Puzzle, que j'ai eu l'heur de voir au Théâtre du Palais-Royal assez récemment (la structure familiale est quasiment identique). Le film explore la veine noire de l'auteur, sans atteindre les sommets de ceux qui sont véritablement sombres (un Siodmak, par exemple, un de mes cinéastes fétiches). Un film qui prolonge, à certains égards, Match point. Ma petite chronique : ici. Et, à propos de Siodmak, ne manquez pas le Cinéma de Minuit, sur France 3, ce soir.]
La forêt de Mogari de Naomi Kawase : 3 étoiles et demi.
**********Ajout du 19 novembre :
American Gangster de Ridley Scott : 3 étoiles et demi ;
Film d'excellente facture, du point de vue formel en tout cas, qui reprend avec intelligence et brio les codes du film noir et surtout des films des années soixante-dix (à la Sidney Lumet and co), mais en insufflant à ce thème un regard qui appartient à notre époque, lourd de toute l'histoire des trente dernières années (les conflits ethniques plus ou moins explicités, qui transcendent ceux qui opposent les gangsters et la police). J'aime beaucoup cette New York à l'atmosphère fangeuse et avide de sa pitance : du sang et des larmes. Denzel Washington et Russell Crowe (dont je ne suis pas du tout une fanatique) donnent une dimension particulièrement profonde à leur personnage. Certains traits caricaturaux auraient pu être gommés et le scénario a ses failles, mais il n'en demeure pas moins que l'exercice est réussi. Ce film n'est pas sans lien avec Les Infiltrés de Scorsese (ce dernier étant néanmoins supérieur) et avec Les Promesses de l'ombre. Petite déception quant à la fin, trop conventionnelle. Mais une belle couleur de noir qui se répand en nous.
De l'autre côté (Auf der anderen Seite) de Fatih Akin : 4 étoiles ;
Difficile de demeurer tranquille devant ce très beau long métrage, qui met en scène, de manière posée, presque froide, et pourtant avec grande émotion, des personnages fragiles jusqu'à la cassure (que l'on perçoit dans leur visage), perdus ou en quête de rédemption. Chacun des héros de ce film porte en lui une part de notre existence, passée, présente ou à venir. Leur solitude et leurs silences sont parfois douloureux mais nous nous enivrons de cet amour de la vie qui triomphe, malgré tout, et l'on a envie de croire, un instant, que la bonté est de ce monde. Malgré l'irréparable dommage de l'exister, il existe toujours une chance de survie. A noter la présence de Hanna Schygulla, égérie de Fassbinder, mère éplorée et admirable.
**********Ajout du 27 novembre :
On sait ma passion, parfois aveugle, pour Jane Austen, mais force est de constater que je ne puis plus supporter l'engouement qui entoure ce nom, au détriment d'une oeuvre la plupart du temps mal comprise - quand elle a été lue. C'est mon ami américain Jim, fin lecteur, qui m'a ouvert les yeux. Oui, je suis snob et je n'aime pas Jane Austen, depuis presque deux décennies, pour les mêmes raisons que vous.
Il faut replacer l'oeuvre dans le contexte et lire les contemporains de Jane Austen pour mesurer sa force, son impudence parfois, mais aussi ses limites. Non, non, Jane Austen n'était pas une oie, une nénette qui glousse, cette femme que l'on pense ou sous les traits d'une vieille fille sevrée de plaisirs ou sous ceux d'une incurable romantique qui se pâmait d'amour. Il ne faut pas non plus la lire à l'aune d'un féminisme anachronique. (Je hais les féministes.)
Lisez simplement ces romans, avec un oeil critique, et prenez de la distance avec les divers films, qui essaient à tout prix de nous vendre Darcy, Darcy et encore Darcy. Je crois que vous n'en apprécierez que davantage cet auteur talentueux qu'elle était.
Même si le parti pris du film est un peu différent, a priori, de ses prédécesseurs, il semble que la confusion de l'oeuvre et de la vie de Jane Austen ne soit guère pertinente. Tom Lefroy n'était peut-être pas une relation amoureuse très sérieuse de l'auteur et rien ne prouve que Darcy eût été créé d'après ce modèle...
Hormis, le dernier quart d'heure du film qui possède une forme de noblesse dans l'âme, presque tout est à jeter dans ce film. Du vu et du revu. De belles images, certes, mais le propos est creux et aussi savoureux qu'un scone sans crème, desséché qui plus est.
Je ne suis pas loin de penser comme ce monsieur, si ce n'est que j'avais apprécié le film de Joe Wright.
Libellés :cinéma
vendredi 2 mai 2008
En préambule à notre visite de la maison de Chawton, par un heureux hasard, j'ai eu le privilège de regarder, dimanche 27 avril, sur la BBC1, ce téléfilm, qui retrace avec plus ou moins de vérité les dernières années de la vie de Jane Austen, en se fondant sur divers documents (dont une proposition de mariage reçue par Jane ; je vous montrerai en vidéo copie de cette lettre, conservée à Chawton). Je l'ai trouvé assez remarquable, parce qu'il laisse entrevoir le tragique de l'existence de l'auteur, faille déjà perceptible dans ses romans qui, pour je ne sais quelle raison, sont souvent simplement compris comme s'il ne s'agissait que de bluettes...
J'ai notamment apprécié la mise en lumière de la relation qui existe entre Jane et sa soeur, Cassandra. (D'autres couples de soeurs célèbres, Emily et Charlotte Brontë, Virginia Woolf et Vanessa Bell...) En dehors de ceci, j'aurais bien une foule de critiques à formuler.
Voici qui nous change, cependant, des films niais autour de la vie de l'auteur (Becoming Jane, par exemple, qui était souvent insupportable). Mais, il est vrai que l'on en revient toujours au même (je grince des dents) : le fait que Jane Austen soit demeurée "vieille fille", comme s'il était absolument indispensable de se marier et de procréer. Mon Dieu ! Les gens sont d'un conventionnel et manquent singulièrement d'imagination, encore plus à notre époque... et c'est d'autant moins pardonnable. Il vaut mieux en rire, je crois.
Le téléfilm est sorti en DVD le lendemain et je l'ai commandé sur amazon.co.uk.
Vous pouvez, avec profit, consulter cette page si vous êtes intéressé par ce téléfilm.
Libellés :Jane Austen
Je rédige ces lignes en écoutant le très bel album de Rickie Lee Jones,
offert, entre autres merveilles (cessez de me "pourrir" ainsi ! Mais si je dis cela sérieusement, je le dis également avec un sourire à dévorer le soleil...), par mon ami Jean-Christophe. Oh, yes, I won't grow up... Vous me connaissez si bien - j'adore Here's to Life sur cet album-ci, qui est une très belle découverte également, de A à Z. 
*************
*************
Lundi 28 avril
Mon grand ami anglais Robert avait préparé en amont une journée de rêve pour moi, en guise de cadeau d'anniversaire, et ce fut probablement la journée la plus riche en émotions, même si ce voyage fut un rêve éveillé du début à la fin.
La journée était consacrée à James Matthew Barrie, afin de compléter la cartographie que j'ai commencé à dessiner, à Londres et en Ecosse l'année dernière (et je vais donc pouvoir remplir la partie laissée vierge, depuis l'année dernière, sur mon site, pour ce voyage à Black Lake !). Il ne me restera plus, après ce voyage, que deux lieux à Londres à visiter, un séjour aux Hébrides extérieures pour voir l'île de Mary Rose (l'année prochaine) et quelques endroits en France... Mais le voyage ne sera jamais terminé. La preuve, lundi, Robert et moi, nous avons découvert des choses inédites sur mon bien-aimé auteur (que je conserve par devers moi pour un de mes livres - sachant qu'elles ne seront pas présentes dans le prochain que je compte présenter à la fin de l'année si... si... mais je sais que... tout ira pour le mieux !), présentes dans aucune biographie - et surtout pas la moins que passable biographie de Rivière - ce qui aiguise mon appétit.
Mon grand ami anglais Robert avait préparé en amont une journée de rêve pour moi, en guise de cadeau d'anniversaire, et ce fut probablement la journée la plus riche en émotions, même si ce voyage fut un rêve éveillé du début à la fin.
La journée était consacrée à James Matthew Barrie, afin de compléter la cartographie que j'ai commencé à dessiner, à Londres et en Ecosse l'année dernière (et je vais donc pouvoir remplir la partie laissée vierge, depuis l'année dernière, sur mon site, pour ce voyage à Black Lake !). Il ne me restera plus, après ce voyage, que deux lieux à Londres à visiter, un séjour aux Hébrides extérieures pour voir l'île de Mary Rose (l'année prochaine) et quelques endroits en France... Mais le voyage ne sera jamais terminé. La preuve, lundi, Robert et moi, nous avons découvert des choses inédites sur mon bien-aimé auteur (que je conserve par devers moi pour un de mes livres - sachant qu'elles ne seront pas présentes dans le prochain que je compte présenter à la fin de l'année si... si... mais je sais que... tout ira pour le mieux !), présentes dans aucune biographie - et surtout pas la moins que passable biographie de Rivière - ce qui aiguise mon appétit.
Le programme de la journée s'est présenté ainsi - je recopie ce que Robert m'a écrit, sans le traduire parce que cela me plaît que ce soit ainsi...
A Wonderful Adventure - Monday 28 April 2008 :
09.55 - Meet at Farnham StationNous étions tous à l'heure. J'ai aperçu, la première, Robert et j'avais grand mal à retenir mes guiboles qui avaient envie de courir dans tous les sens, éperdue de joie que j'étais. Je n'ai pas souvent la chance de voir Robert, alors c'est en soi une grande fête que cette occasion très spéciale.
10.20 - Medstead StationJ. M. Barrie n'avait pas d'autre choix que d'emprunter le train qui s'arrête à cet endroit, afin de rendre visite à sa soeur et à son beau-frère, Mr et Mrs Winter.
09.55 - Meet at Farnham StationNous étions tous à l'heure. J'ai aperçu, la première, Robert et j'avais grand mal à retenir mes guiboles qui avaient envie de courir dans tous les sens, éperdue de joie que j'étais. Je n'ai pas souvent la chance de voir Robert, alors c'est en soi une grande fête que cette occasion très spéciale.
10.20 - Medstead StationJ. M. Barrie n'avait pas d'autre choix que d'emprunter le train qui s'arrête à cet endroit, afin de rendre visite à sa soeur et à son beau-frère, Mr et Mrs Winter.
10.30 - The Boynes
Il vous faudra lire le beau livre de Robert Greenham si vous voulez mesurer l'importance de cette maison, où ont vécu les Winter et le petit Willie, le neveu de Barrie. C'est dans cette maison que, selon la vraisemblance, est née la fée Tinker Bell... J'ai touché cette lampe magique...
11.45 - Jane Austen's House, Chawton
Lectrice non hystérique de Jane Austen, mais très admirative de son oeuvre et de sa personne, je ne pouvais pas ne pas m'arrêter à sa maison, transformée en musée. Bientôt, les vidéos de la visite en ligne.
13.15 - Lunch at The Bishop's Table Hotel & Restaurant, 27 West St, FarnhamExcellent déjeuner. Robert sait que la cuisine a beaucoup d'importance pour moi et il avait choisi un endroit parfait.
14.45 - Waverley Abbey
J'ai aimé Walter Scott avant de connaître Barrie, qui l'admirait beaucoup. Cf., par exemple, ce qu'il en dit dans Margaret Ogilvy. N'oubliez pas que, à l'instar de Jamie, je suis d'humeur jacobite ! Je ne voudrais pas, cependant, vous induire en erreur et vous laisser croire que, comme le prétend la pancarte à l'entrée du site, ce lieu a un réel rapport avec le roman et la série de romans étiquetée "Waverley novels". Il n'est pas exclu, en tout cas, que Scott ait choisi ce nom par association d'idées avec cet endroit. Ces ruines ont une grande puissance évocatrice pour moi.
(lire ceci)
15.30 - Pine woods by Black Lake Cottage
Une merveille que cet endroit. Marcher dans les pas de Barrie... Vous n'imaginez pas l'atmosphère proprement magique de ce bois (celui de Lob dans Dear Brutus) et, à travers les pins, on aperçoit le cottage de Barrie, là où il a été heureux, puis profondément malheureux, là où un jour il n'est jamais revenu...
Anthony Hopkins était présent au même moment que nous. Un film y était tourné... Etrange coïncidence : avant mon départ, mon amie Wictoria me faisait remarquer qu'il y avait une ressemblance entre Barrie et lui...
16.00 - Black Lake
Le centre de gravité de ce voyage. Je n'en dirai rien ici, car je suis liée par serment. J'ai eu beaucoup de mal à contenir mes larmes et mon émotion. Tout barrien rêve de cet endroit, sinon il n'est pas un barrien. Merci à ceux qui ont permis que je respire cette "île" barrienne.
16.45 - Cream tea at The Bishop's Table Hotel and Restaurant
Il faut savoir que, si vous me donnez des scones (des véritables), vous pouvez presque tout obtenir de moi... Le scone, je le rappelle, se fend en deux. Vous disposez d'abord une couche de beurre, une autre de confiture et ensuite une grosse cuillère de crème épaisse par-dessus. C'est l'ordre précis dans lequel se succèdent ces ingrédients, d'après Robert, qui me paraît expert en la matière.
17.40 - Lobswood House
et
18.40 - Barrie HouseL'ancien et fameux Black Lake Cottage de Barrie, bien après son divorce d'avec Mary Ansell, qui l'habitera encore longtemps, sera transformé en hôtel, puis coupé en deux maisons, celles que nous avons visitées, plan en mains et les livres de Mary Ansell en guise de guide. Le petit miracle, c'est que certaines parties du cottage n'ont pas du tout été changées ou détruites depuis l'époque de Barrie et que nous avons pu retrouver des fragments du passé du génie écossais... Les photographies d'époque nous indiquent certaines découpes dans le présent... Mais c'est une autre histoire que je ne raconterai pas ici. Imaginez simplement mon émotion extrême et la reconnaissance que j'éprouve à l'égard des propriétaires de ces maisons qui nous ont laissés visiter leur demeure du grenier à la cave. Ce qui m'a le plus fait plaisir, c'est que les divers particuliers rencontrés (quatre) présentent tous un intérêt pour Barrie et possèdent des livres de lui, dans d'anciennes éditions. L'une de ces personnes a même une bibliothèque assez conséquente construite au fil des ans.
19.28 - Part at Farnham StationLe seul moment un peu triste de la journée et du séjour tout entier. La séparation et le départ. Nous rentrons à notre hôtel. J'interpelle un chef de gare et je lui demande, en anglais, si c'est bien le train pour London, tout simplement parce que j'ai toujours rêvé de le faire... Et nous rentrons sans encombre à notre bel hôtel de Baker Street.
Et je décide d'arrêter l'écriture de ce rétrojournal ici, ce qui ne signifie pas qu'il n'y aura pas des développements ultérieurs.
Les billets qui suivront celui-ci seront les réminiscences en vidéos et photographies des diverses étapes consignées ici.
A SUIVRE, donc...
jeudi 1 mai 2008
Après la visite du cimetière - j'y suis restée des heures, j'y suis revenue plusieurs fois, j'y retournerai un jour -, il faut absolument visiter le presbytère connu dans le monde entier. J'étais très fière de présenter ma carte de membre de la Brontë Society et d'entrer sans m'acquitter de la taxe.
Hélas, je ne pourrai pas vous montrer l'intérieur, car il est interdit de filmer.
Sachez simplement que l'on y trouve divers objets de la famille Brontë (parfois très émouvants, comme les petits cahiers cousus de la taille d'un gros timbre où les petits génies du lieu écrivaient des histoires) et que le musée entretient avec ferveur l'esprit du lieu. Le papier peint a même été reconstitué à partir de fragments d'origine ! Souci du détail et sobre, mais pourtant frappante, mise en scène des objets. Tout le contraire de la maison de Jane Austen, dont je parlerai ensuite (nous avons eu le loisir de tout filmer), qui donne le sentiment d'un endroit où sont "stockés" des objets, tandis que le presbytère essaie de reconstituer un climat, une impression : celle d'une maison encore habitée par ses anciens occupants, qui seraient sur le point de revenir.
Ceux qui ne seraient pas familiers de la vie des Brontë y prendraient tout de même intérêt - ce qui n'est pas tellement le cas de la maison Jane Austen, où les objets exposés manquent d'explication pour le néophyte.
En guise de bibliographie, je vous conseille ces livres que j'ai achetés sur place et qui me semblent assez intéressants.
Sachez simplement que l'on y trouve divers objets de la famille Brontë (parfois très émouvants, comme les petits cahiers cousus de la taille d'un gros timbre où les petits génies du lieu écrivaient des histoires) et que le musée entretient avec ferveur l'esprit du lieu. Le papier peint a même été reconstitué à partir de fragments d'origine ! Souci du détail et sobre, mais pourtant frappante, mise en scène des objets. Tout le contraire de la maison de Jane Austen, dont je parlerai ensuite (nous avons eu le loisir de tout filmer), qui donne le sentiment d'un endroit où sont "stockés" des objets, tandis que le presbytère essaie de reconstituer un climat, une impression : celle d'une maison encore habitée par ses anciens occupants, qui seraient sur le point de revenir.
Ceux qui ne seraient pas familiers de la vie des Brontë y prendraient tout de même intérêt - ce qui n'est pas tellement le cas de la maison Jane Austen, où les objets exposés manquent d'explication pour le néophyte.
En guise de bibliographie, je vous conseille ces livres que j'ai achetés sur place et qui me semblent assez intéressants.
Libellés :Angleterre,Brontë,Haworth,voyage
mercredi 30 avril 2008
Avertissement(s) :
***
Jeudi 24 avril
à la recherche des fameuses pierres tombales dont il est question à la fin du Little White Bird. Nous nous sommes égarés la dernière fois.
Faut-il revenir sur le lieu de ses jours très heureux ? Ou abîme-t-on ce qui était beau ? Non, j'ai trop confiance en notre sens du bonheur, en notre exigence quant à l'instant présent pour redouter cela.
Je m'en vais chatouiller les orteils de Peter Pan et faire le pitre, puisque l'Orangery is closed - une fête privée s'y prépare.
Nous repartons, le coeur léger et lourd à la fois, sans savoir que nous sommes passés près des pierres sans les voir... Maintenant, je sais que le rire entendu derrière notre dos était le leur.
Je remarque, le soir, sur Oxford Circus, à quel point les jeunes anglaises chics peuvent être délurées. La londonienne argentée porte un sac à main Dior, une robe noire classe, et des escarpins à talons aiguille. Elle m'impressionne grandement, moi, qui suis complètement avachie dans mes petites ballerines d'enfant et qui ai l'allure d'un vieux pot à tabac.
Petit arrêt au Starbucks café couplé avec un magasin de livres – je ne dis pas librairie, je suis trop respectueuse –, Borders.
Les serveurs parlent à peine l'anglais, moins bien que moi (c'est dire ! Mais je le comprends très bien, en revanche...) et toutes les professions de ce genre sont exercées par des immigrés. Il me demande mon prénom pour inscrire sur le gobelet en carton en attente, je réponds, d'humeur malicieuse : « Jane Austen ». Il me regarde ahuri et je renonce.
La première journée à Londres s'achève.
Première page du voyage.
Holly se présentera souvent à vous sans fards - c'est le cas de dire, je ne me maquille jamais -, décoiffée, mal fagotée et souvent crottée, pas trop comme il faut (elle gueule plus qu'elle ne parle). Elle est tout à fait ridicule la plupart du temps, mais elle s'en moque complètement, parce que c'est l'Aventure, n'oubliez pas. Hélas, les "héros" de la vie réelle et moderne n'ont pas le maintien parfois aristocratique des chasseurs d'épaves ou de trésors que l'on rencontre dans les livres. Mais... Mais... Vous verrez bien si vous me suivez jusqu'au bout.
Tout a été filmé en direct, rien n'a été préparé, alors parfois je trébuche sur les mots et les idées qui affleurent. Je voulais partager avec mes proches amis mes émotions immédiates. Alors, parfois, mon français et mon anglais laissent à désirer.
La qualité des vidéos est obligatoirement dégradée parce qu'elles seraient impossibles à télécharger sur un serveur autrement et je n'ai pas le temps de les retravailler pour le web. De plus, c'est de la vidéo très amateur, de même les photographies, alors... fermez les yeux.
Holly se présentera souvent à vous sans fards - c'est le cas de dire, je ne me maquille jamais -, décoiffée, mal fagotée et souvent crottée, pas trop comme il faut (elle gueule plus qu'elle ne parle). Elle est tout à fait ridicule la plupart du temps, mais elle s'en moque complètement, parce que c'est l'Aventure, n'oubliez pas. Hélas, les "héros" de la vie réelle et moderne n'ont pas le maintien parfois aristocratique des chasseurs d'épaves ou de trésors que l'on rencontre dans les livres. Mais... Mais... Vous verrez bien si vous me suivez jusqu'au bout.
Tout a été filmé en direct, rien n'a été préparé, alors parfois je trébuche sur les mots et les idées qui affleurent. Je voulais partager avec mes proches amis mes émotions immédiates. Alors, parfois, mon français et mon anglais laissent à désirer.
La qualité des vidéos est obligatoirement dégradée parce qu'elles seraient impossibles à télécharger sur un serveur autrement et je n'ai pas le temps de les retravailler pour le web. De plus, c'est de la vidéo très amateur, de même les photographies, alors... fermez les yeux.
***
Jeudi 24 avril
voyageant en bonne compagnie d'un couple d'anglais traditionnels, à qui je demande précision quant à la prononciation que je sais « irrégulière » de « Keighley ». Mais je préfère vérifier ce que j'ai lu dans les livres... Le « gh » se prononce comme un « th ». La femme me donne d'abord une mauvaise réponse, puis s'avise auprès de son mari, qui rectifie. Elle m'explique qu'entre les diverses régions d'Angleterre les prononciations divergent et que même les anglais entre eux ont parfois du mal à se comprendre.
Digression :
Voici ce que j'appelle un anglais traditionnel, mais il n'en existe pas beaucoup, je crois, seulement dans notre imagination. Admirez le parallélisme des valises, le port et le parapluie. Reprenons.
La femme a la peau ridée, dans le décolleté qu'elle laisse entrevoir, le ventre rebondi des caprices de la vieillesse et l'homme, qui semble plus jeune mais ne l'est pas, a le nez couperosé. Il boit peut-être. Ils ne s'adresseront pas plus de trois fois une parole rapide et efficiente pendant la durée du voyage. Cela signifie soit qu'ils n'ont plus rien à se dire soit qu'ils communiquent par télépathie. Ils n'ont pas l'air hostiles l'un envers l'autre ni même indifférents.
Non loin de nous, en face à face, un couple de français, d'origine malgache peut-être. Elle, plutôt belle. Mais d'un milieu social que je juge assez bas, eu égard à la tenue vestimentaire et au relâché désagréable du langage et des manières.
Je ne suis pas Jane Austen, mais j'ai l'oeil acéré. Y compris en ce concerne mes propres négligences.
La femme sort, sans gêne, un sein après l'autre, sous le prétexte de nourrir un enfant qui a bien six mois et qui ne tète pas. La scène choque quelques puritains de mon genre. Il me paraît de mon devoir d'aller informer la femme qu'il est des politesses élémentaires, mais M. Golightly grince des dents - car, lui, est un gentleman et il sait que mon attitude serait encore plus vulgaire que la sienne. Je ronge mon frein.
Nous arrivons dans la nouvelle gare de St. Pancras,
Non loin de nous, en face à face, un couple de français, d'origine malgache peut-être. Elle, plutôt belle. Mais d'un milieu social que je juge assez bas, eu égard à la tenue vestimentaire et au relâché désagréable du langage et des manières.
Je ne suis pas Jane Austen, mais j'ai l'oeil acéré. Y compris en ce concerne mes propres négligences.
La femme sort, sans gêne, un sein après l'autre, sous le prétexte de nourrir un enfant qui a bien six mois et qui ne tète pas. La scène choque quelques puritains de mon genre. Il me paraît de mon devoir d'aller informer la femme qu'il est des politesses élémentaires, mais M. Golightly grince des dents - car, lui, est un gentleman et il sait que mon attitude serait encore plus vulgaire que la sienne. Je ronge mon frein.
Nous arrivons dans la nouvelle gare de St. Pancras,
propre, éblouissante, neuve. L'anglaise qui nous a aimablement informés en matière de linguistique reviendra sur ses pas pour nous souhaiter un beau voyage. Elle a semblé intéressée et ravie lorsque je lui ai expliqué le but de mes divers déplacements. Demain, il faudra changer à Leeds et au retour, le dimanche, à Leeds et à York.
Nous éprouvons quelques difficultés à comprendre le système ferroviaire anglais, alors que nous nous mettons en quête des billets de train pour le lendemain, à Haworth. Mais, en vérité, ce sytème me semble meilleur que le nôtre.
Notre hôtel se situe, pour cette première nuit, en face des Jardins de Kensington. La brochure de l'hôtel dit – mais ce n'est pas la vérité vraie – que « It is widely believed that James M Barrie wrote his famous story of Peter Pan sitting on a bench where the hotel now stands. » « Widely believed »? I don't think so ! Where didn't Barrie write Peter Pan? Tell me!
Nous retournons aux Jardins
Notre hôtel se situe, pour cette première nuit, en face des Jardins de Kensington. La brochure de l'hôtel dit – mais ce n'est pas la vérité vraie – que « It is widely believed that James M Barrie wrote his famous story of Peter Pan sitting on a bench where the hotel now stands. » « Widely believed »? I don't think so ! Where didn't Barrie write Peter Pan? Tell me!
Nous retournons aux Jardins
Malgré les instructions très précises d'Andrew Birkin, l'entreprise s'avère un échec absolu. Peut-être dimanche ? Pour mon anniversaire ?
Un écureuil gris tourne autour de moi après que j'ai invoqué le nom de Sir James Matthew. Est-ce celui que j'avais vu l'année dernière ? Quelle est la durée de vie d'un écureuil gris ?
En tout cas celui-ci s'approchera assez près de moi pour déposer un baiser mouillé et frais sur mon index droit. Le fait est que cet écureuil est celui qui m'indiquera, quelques jours plus tard, l'emplacement des pierres...
Un écureuil gris tourne autour de moi après que j'ai invoqué le nom de Sir James Matthew. Est-ce celui que j'avais vu l'année dernière ? Quelle est la durée de vie d'un écureuil gris ?
En tout cas celui-ci s'approchera assez près de moi pour déposer un baiser mouillé et frais sur mon index droit. Le fait est que cet écureuil est celui qui m'indiquera, quelques jours plus tard, l'emplacement des pierres...
Nous repartons, le coeur léger et lourd à la fois, sans savoir que nous sommes passés près des pierres sans les voir... Maintenant, je sais que le rire entendu derrière notre dos était le leur.
Je remarque, le soir, sur Oxford Circus, à quel point les jeunes anglaises chics peuvent être délurées. La londonienne argentée porte un sac à main Dior, une robe noire classe, et des escarpins à talons aiguille. Elle m'impressionne grandement, moi, qui suis complètement avachie dans mes petites ballerines d'enfant et qui ai l'allure d'un vieux pot à tabac.
Petit arrêt au Starbucks café couplé avec un magasin de livres – je ne dis pas librairie, je suis trop respectueuse –, Borders.
Les serveurs parlent à peine l'anglais, moins bien que moi (c'est dire ! Mais je le comprends très bien, en revanche...) et toutes les professions de ce genre sont exercées par des immigrés. Il me demande mon prénom pour inscrire sur le gobelet en carton en attente, je réponds, d'humeur malicieuse : « Jane Austen ». Il me regarde ahuri et je renonce.
lundi 30 janvier 2006
Je suis une lectrice assidue et admirative de Jane Austen. Je me languis toujours du second volume de la Pléiade, qui se fait très attendre... Les livres de la Pléiade sont des coquets. Espérons qu'il sortira avant ma mort.
Je ne suis pas la seule, il faut croire, à priser fort le style de Jane A. !
J'ai commandé le DVD du téléfilm produit par la BBC. Je n'ai pas encore eu le temps de le visionner, mais mon préjugé est favorable si j'en crois les éloges de certains.
Il me semblait naturel de voir le film de Joe Wright. Encore un cinéaste que je n'ai pas le plaisir de mieux connaitre. L'affiche du film attire l'oeil et n'est pas mensongère : elle dit l'esprit élégant du film.
Contrairement à la dernière adaptation d'un classique anglais que j'ai eu l'heur de voir, ce film est parfait. Rien de moins. La mise en scène est intelligente, la réalisation somptueuse : il y a des plans continus d'une hardiesse à couper le souffle. Que dire de la scène du bal qui représente à elle seule des difficultés sans nombre pour la caméra ? Le travail de la photographie est impressionnant. J'ignore comment l'on peut donner naissance à un tel prodige. Les décors sont magnifiques, aucun acteur n'est déplacé dans ce jeu subtile de l'amour et de l'intelligence ; l'esprit austenien est respecté. Il y a une puissance joyeuse dans ce film qui sourd et pourtant ce monde-là n'a rien d'idyllique. Se marier pour une femme, à l'époque, était la seule ambition raisonnable. Et, si possible, avec un homme ayant une fortune... Difficile d'être romantique dans ces conditions. Et pourtant...
Avec la meilleure volonté du monde, je ne saurais faire grise mine. Keira Knightley est une Elizabeth Bennet presque trop belle (j'imaginais l'héroïne d'Austen bien moins gracieuse) mais elle porte le film avec l'élan de sa jeunesse. Son charme réside, entre autres, dans le petit défaut de la numéro 22 (entendez sa dent numéro 22, en léger décalage avec les autres).
M. Darcy, quant à lui, est sûrement une image possible de l'homme idéal : un homme qui ne sait dire les mots d'amour que la mâchoire crispée ; un homme loyal, généreux et sensible à l'extrême ; un homme qui ne sentimentalise pas pour rien mais néanmoins un homme romantique.
Que le goût de l'amour d'antan devait être doux ! Que l'amour donnât de l'esprit et de la noblesse me paraît la moindre des choses.
Ma scène préférée : le baiser que dépose Elizabeth sur la main de M. Darcy, lorsqu'il la demande en mariage pour la seconde fois.
Et que dire de ce baiser non épanoui lorsque leurs deux front se touchent et que la pudeur les retient ?
Je suis une néo-romantique. Je n'y puis rien.
Nous touchons au sublime dans ces instants.
mercredi 30 avril 2008
Je ne peux pas exprimer mon ressenti et mes vidéos ne sont pas en mesure de montrer la splendeur de cet endroit ni son immense pouvoir de fascination et d'inspiration.
Il ne s'agit pas seulement d'une vague séduction exercée par le romantisme noir ou le gothique. Ceci est une interprétation trop évidente et facile (donc fausse), si tant est, en outre, que l'on s'entende sur le sens du mot "gothique". Et la littérature dite gothique est moins aisée à circonscrire et à expliquer qu'on ne le croit au premier abord, mais tel n'est pas notre sujet pour le moment.
Il ne s'agit donc nullement d'un attrait morbide.
Il ne s'agit que d'atmosphère, de capacité respiratoire de la part du lecteur ou de l'écrivain des lieux, de possibilité ou non de s'imprégner de la beauté décadente de l'endroit, de l'amour des ruines et des pierres. J'ai toujours un rapport extrêmement sensoriel avec les lieux que je visite. Je touche, je palpe, je respire, je regarde en fronçant les sourcils.
Ce cimetière est également le contexte de livres que je juge admirables et que d'autres, parmi mes amis très chers, conçoivent comme des "opéras-savonnette pour demoiselles éplorées". Sauf que je ne lis pas ces œuvres, je le pense, sous ce biais. Je crois que la poésie d'Emily Brontë, par exemple, est très grande et que Jane Eyre ou Wuthering Heights possèdent une noblesse, une profondeur que peu de lecteurs, finalement, leur reconnaissent, tout en les aimant. Le même problème, bien que de nature différente, se pose pour l'oeuvre de Jane Austen - que nous croiserons sur le chemin.
Nous nous attarderons sur l'aspect littéraire et psychologique plus tard, car le voyage ne fait que commencer.
Regardez attentivement le début de cette vidéo, la première image.
Il s'agit sans conteste de la plus belle tombe du cimetière, qui est à lui seul une oeuvre d'art, celle de ces hommes qui ont sculpté, souvent avec beaucoup d'adresse, la pierre. Parfois, ces hommes étaient même analphabètes...
Cette tombe est celle d'un sculpteur de pierre, dont le nom est Heaton, et qui a perdu sept enfants - fait très répandu, à l'époque et dans cette région au climat si rude. Il a sublimé sa souffrance dans ce magnifique tombeau.
Admirez la beauté de la sculpture qui représente un enfant couché (un de ses enfants), protégé par un baldaquin. On aperçoit si l'on s'approche une rose coupée ou brisée - symbole victorien assez fréquent sur les tombes d'enfants et la base a la forme d'un berceau... Voici qui aurait plu à Peter Pan qui danse sur la tombe des enfants morts ...
Il ne s'agit donc nullement d'un attrait morbide.
Il ne s'agit que d'atmosphère, de capacité respiratoire de la part du lecteur ou de l'écrivain des lieux, de possibilité ou non de s'imprégner de la beauté décadente de l'endroit, de l'amour des ruines et des pierres. J'ai toujours un rapport extrêmement sensoriel avec les lieux que je visite. Je touche, je palpe, je respire, je regarde en fronçant les sourcils.
Ce cimetière est également le contexte de livres que je juge admirables et que d'autres, parmi mes amis très chers, conçoivent comme des "opéras-savonnette pour demoiselles éplorées". Sauf que je ne lis pas ces œuvres, je le pense, sous ce biais. Je crois que la poésie d'Emily Brontë, par exemple, est très grande et que Jane Eyre ou Wuthering Heights possèdent une noblesse, une profondeur que peu de lecteurs, finalement, leur reconnaissent, tout en les aimant. Le même problème, bien que de nature différente, se pose pour l'oeuvre de Jane Austen - que nous croiserons sur le chemin.
Nous nous attarderons sur l'aspect littéraire et psychologique plus tard, car le voyage ne fait que commencer.
Regardez attentivement le début de cette vidéo, la première image.
Il s'agit sans conteste de la plus belle tombe du cimetière, qui est à lui seul une oeuvre d'art, celle de ces hommes qui ont sculpté, souvent avec beaucoup d'adresse, la pierre. Parfois, ces hommes étaient même analphabètes...
Cette tombe est celle d'un sculpteur de pierre, dont le nom est Heaton, et qui a perdu sept enfants - fait très répandu, à l'époque et dans cette région au climat si rude. Il a sublimé sa souffrance dans ce magnifique tombeau.
Admirez la beauté de la sculpture qui représente un enfant couché (un de ses enfants), protégé par un baldaquin. On aperçoit si l'on s'approche une rose coupée ou brisée - symbole victorien assez fréquent sur les tombes d'enfants et la base a la forme d'un berceau... Voici qui aurait plu à Peter Pan qui danse sur la tombe des enfants morts ...
Libellés :Angleterre,Haworth,voyage
mercredi 23 avril 2008
Je pars ! Je ne suis qu'un frisson.
Il paraît d'après ceux qui en sont revenus que, là-bas, à certaines heures, l'herbe est bleutée et qu'elle se balance très poétiquement. L'image me fait un peu mal car cette simple idée énoncée concurrence mon imagination. La réalité peut-elle encore être à la hauteur de cette déclaration ?
Le coeur de ceux qui viennent réveiller les lieux donne le "la", m'a-t-on dit, et tout prend vie le temps d'un printemps. Je sais bien que je vis l'un des derniers printemps de mon printemps et qu'ensuite il faudra vieillir.
J'ai hâte de voir - non ! d'éprouver - cela, je veux dire l'herbe bleutée et froufroutante. Il me semble que je touche et croque déjà le fruit de mes songes.
Il paraît même que je pourrai visiter pendant ces jours prochains la dernière maison où a habité Jane Austen.
Il paraît même que je pourrai visiter pendant ces jours prochains la dernière maison où a habité Jane Austen.
Il paraît que je ne vis plus que mes rêves.
Je rends visite à mes "parents". Ils sont tous morts et ne vivent plus qu'entre les pages des livres.
C'est bien.
De toute façon, je réprouve la compagnie des trop vivants.
Rien ne va plus ! Tout est en désordre ! Je m'active ici et là. Je dépose une note bibliographique ici ; là, je taille et allonge en même temps un chapitre trop long ; ailleurs, je prends des notes, sur un carnet surchargé de ratures et d'ajouts, pour une autre histoire. Je gobe, sans le goûter, un litre de café et dispense ma désinvolture à tous. Puis, je me contemple dans l'incompréhension des autres, surtout de ces femmes qui n'ont pas la moindre idée que je ne suis pas tout à fait comme elles, que je m'en trouve bien, et qui ne comprennent pas que je préfère porter des livres plutôt que des enfants et que les deux sont, pour moi incompatibles.
Déjà l'enfance me distinguait d'elles. Déjà j'étais consciente de tout ce qui nous séparait. Sans indisposition.
Pas le temps.
Je suis sûre d'avoir oublié mille petites choses qui me feront défaut au moment propice.
La leçon de Chinois n'était pas assez apprise, hier ; ce matin, le violon n'est pas assez caressé. Je suis coupable, oui. Je fais trop et pas assez. Surtout en amitié.
Dernières recommandations à qui de droit.
Quand, comme moi, on cohabite avec quatre chats et trois chiens qui vous font l'honneur de vous accorder une petite place dans leur territoire, il est hors de question de partir de chez soi sans trouver quelqu'un qui va habiter votre maison, à votre place, pendant votre absence. J'ai de la chance, je connais cette perle, qui emménage chez nous le temps d'un voyage et qui ne dérange pas trop les ombres que je laisse derrière moi, même si elle ouvre mes pots de confiture.
Il ne me reste plus qu'à remplir légèrement des valises.
Je suis devenue plus raisonnable au fil du temps. Je me le répète pour m'encourager à l'être vraiment. Un peu plus que chaque dernière fois.
Je suis devenue plus raisonnable au fil du temps. Je me le répète pour m'encourager à l'être vraiment. Un peu plus que chaque dernière fois.
Autrefois, j'emmenais une armoire avec moi. Ma valise avait la taille d'une malle-cabine et était le cauchemar de tous porteurs dans les hôtels. Désormais, je voyage avec le minimum.
Je suis consciente, cependant, que mon minimum n'est pas nécessairement celui des autres. L'apparat vestimentaire n'est pas ma préoccupation, étant donné que je ne m'habille que de noir et que j'ai souvent les mêmes vêtements en double ou en triple. Mon seul éventuel indice de sophistication est mon Chanel number 5 ou Le monde est beau de Kenzo ou encore ma collection de sacs à main. Pour le reste, je suis une personne plus que modeste. L'invisibilité est mon ambition. On observe mieux en retrait.
Mais je refuse de voyager sans mes livres, mes encyclopédies ou mes dictionnaires. Dieu merci, l'informatique permet d'alléger la valise.
Que vais-je emmener ?
Le sac que j'ai dérobé en imagination à Miss Poivert, avant de me l'offrir, parce que j'aime bien l'idée et que, finalement, je n'emporterai pas, car hier soir j'ai trouvé un cadeau de princesse dans la maison (une très belle création Lancel, l'Easy flirt décliné en rose, bien sûr, car la couleur je ne la porte qu'en bandoulière).
Dans ce confortable sac, je vais pouvoir mettre plein de choses. Raisonnable, ai-je dit ?
Dans ce confortable sac, je vais pouvoir mettre plein de choses. Raisonnable, ai-je dit ?
Un carnet ventru, Wuthering Heights et Jane Eyre pour faire bon poids, symboliquement. Mes extensions : mon précieux IPhone (lui et moi, nous sommes inséparables depuis sa sortie en France, en novembre dernier) et mon tout nouveau eeepc (un ultra-portable qui tient dans un sac à main et qui fait tout comme un grand ! Bien pratique quand, comme moi, on aime écrire n'importe où...), qui me permettra peut-être de faire des "reportages" en direct sur place et, surtout, de continuer à travailler un peu. Parce que ce qui m'importe vraiment, c'est de savoir si on peut dire le réel.
Un stylo-plume qui dégorge d'encre noire et un autre d'encre violette, pour écrire des cartes postales que je n'aurai pas le temps d'envoyer à tout le monde, c'est certain. Des disques que j'ai chargés sur mon précieux IPhone, dont celui-ci (beau, beau, beau) :
ainsi que les cours du Collège de France - que je n'aurai pas le temps d'écouter, mais cela me rassure.
Un appareil photo et un camescope numériques - le domaine de M. Golightly, afin de ramener vidéos et photographies pour les indulgents lecteurs de ces pages.
De toute façon, les souvenirs ne servent à rien, car on les vit au présent et le présent n'existe pas. Et puis, tout est vain.
Vite ! Vite ! Je suis en retard ! Au secours ! Au revoir !
De toute façon, les souvenirs ne servent à rien, car on les vit au présent et le présent n'existe pas. Et puis, tout est vain.
Vite ! Vite ! Je suis en retard ! Au secours ! Au revoir !
Libellés :Angleterre,voyage
lundi 2 avril 2007
Je dédie ce tout petit billet à Xavier, qui, presque tous les lundis, m'envoie des liens pour me faire rire.
“Yes, of course, if it’s fine tomorrow,” said Mrs Ramsay. “But you’ll have to be up with the lark,” she added.

**********
Catégorie :
*
En me promenant, je me suis arrêtée un instant à Murder One (une librairie qui ne parle que du crime et des assassinats de première ou de seconde classe) ;
j'ai farfouillé dans les casiers et j'ai trouvé des pièces holmésiennes d'intérêt, dont des scenarii et quelques vieilleries précieuses ou anodines. Mais mon étape ultime était située un peu plus loin.
Aller à Londres et ne pas passer chez Foyles est un crime. La librairie est mondialement connue. Que ce soit en matière de livres neufs, récents ou classiques, ou bien d'antiquités vénérables (au dernier étage, j'ai eu entre les mains l'édition originale illustrée par Rackham de Peter Pan dans les Jardins de Kensington ! J'ai découvert, parmi les cinquante planches en couleur et les 12 illustrations noir et blanc, certaines qui m'étaient encore inconnues) vous trouverez votre bonheur. Le mieux est encore d'y aller sans argent ; je vous le recommande. Hélas, il me restait de l'argent de poche. J'ai glané quelques livres, dont je vous offre un échantillonnage.
- Un thriller que je suis en train de lire avec grand plaisir. Freud et sa bande, la "horde sauvage"comme le grand homme appelait ses disciples, sont des personnages de cette histoire haletante, où il s'agit de retrouver un meurtrier particulièrement pervers. Jed Rubenfeld a écrit une thèse ou un travail d'importance sur Freud (le bienheureux !) et on a le sentiment qu'il exploite cette connaissance sans pour autant céder à diverses tentations qui feraient mauvais ménage avec le sens du romanesque, mais bizarrement avec peut-être trop de retenue, cajolant un vice inverse de celui attendu. L'écriture proprette, qui adopte à la fois la narration en première personne et celle du narrateur omniscient, est plaisante mais elle manque de vivacité, de nerf, de piquant. Néanmoins, le livre demeure fermement entre les mains et la lectrice appliquée, imbibée de freudisme, que je suis savoure des clins d'oeil et des perspectives qui frôlent de temps en temps le parodique (involontairement, semble-t-il). Freud était quelqu'un de très drôle et je regrette que beaucoup l'ignorent. L'enquête est bien menée mais manque d'ambition. A moins que le final ne m'emporte - ce dont je doute.
- Petit détour chez Virginia Woolf, un auteur dont la prose m'a toujours beaucoup inspirée et cette collection-ci est très élégante avec sa tranche dorée et son délicat papier : elle enveloppe à merveille sa prose.
- En occasion, mais en parfait état, mon magicien de mari a trouvé ce livre :Il s'agit d'un ouvrage plutôt universitaire (synonyme de sérieux mais pas d'assommant), illustré (mais en noir et blanc) qui recense les divers courants et oeuvres que l'on peut qualifier de préraphaélites. Excellent aide-mémoire et puits dans lequel je me noie volontiers.
- Un livre indispensable pour ceux qui s'intéressent aux comptines, aux berceuses et autres petites histoires anglaises, celles qui nourrissent la culture et l'imaginaire anglo-saxons, et qui ont parfois servi de fil conducteur à certains romans d'Agatha Christie :
- Un petit cahier, pour un usage futur, édité par la National Gallery (où je n'ai pas eu le temps de retourner), qui représente Jane Austen sur sa couverture, un auteur important pour votre Holly en sucre et en verre pilé.
Les deux auteurs restituent les textes dans leur contexte historique, nous en explicitent le sens et nous en découvrent les origines, avec beaucoup de précision. Plus de cinq cents Nusery Rhymes sont passées en revue et au tamis d'une érudition indubitable.
Et maintenant ?
Beaucoup de travail en perspective : finir le gros volume Barrie qui devrait voir le jour en 2008, écrire un petit portrait de l'Inspecteur Morse (l'article est dans ma tête) très rapidement pour le volume Maigret de la Bibliothèque rouge, préparer le voyage en Ecosse...
Et, dans cette délicieuse idée, je m'allonge et me perds dans cet ouvrage et effleure les contours d'une carte des lieux :
Puis, je me reposerai, en écoutant ces deux disques qui nous encoconnent dans l'atmosphère du film noir :
Ce double disque est un paradis pour tous ceux qui éprouvent une excitation brutale aux évocations de Laura, du Faucon Maltais, du Troisième homme, de Gilda, de Key Largo, de La femme au gardénia, de Bob le flambeur... La part belle est faite aux films américains, c'est légitime puisque le modèle du genre n'est pas français.
Chandler, Goodis, Hammett, Irish... Je vous rends hommage et porte le deuil pour vous, même si je ne suis pas une femme fatale.
Bientôt, je reviendrai vous parler très bientôt des jolies pensées de Frédéric Clément :
Ce livre, presque trop beau pour être vrai, vous emmènera loin et vous apercevrez l'ombre de James Mathew Barrie et celle de Lewis Carroll... Mademoiselle Alys a décidément bien de la chance d'avoir un tel papa et cela me ferait presque regretter de n'en avoir jamais eu ! Juste un battement de coeur et une larmichette plus tard, j'oublie cet inconsidéré regret et je prends mes aises dans cette quête poétique.
**********
Catégorie :
vendredi 19 mai 2006
Quelques livres achetés ce matin, sur le net, afin de perfectionner mon éducation (victorienne) :
- Une petite encyclopédie holmésienne :
- Ce que mangeait Jane Austen et ce que savait Charles Dickens :
La première page de ce singulier manuel :
- Un guide londonien écrit par le fils de Charles Dickens.
- Et un livre qui manque à ma collection : George Meredith: A Tribute par J. M. Barrie...
mardi 8 novembre 2005
Jonathan Strange and Mr Norrell, Ed. Bloomsbury, une de mes révélations de l'année 2004. Un gros livre d'une qualité stylistique exceptionnelle et dotée d'une histoire absolument prenante. La seule restriction que je ferais, si je devais en faire une, serait la lenteur. Ce n'est pas un défaut pour moi, lorsque le rythme est justifié, mais je suppose que ce ne sera pas le cas pour tout le monde. Mais je n'imagine pas que l'on ne puisse pas avoir envie de savoir le fin mot de l'histoire.
Imaginez un peu que Jane AUSTEN ait écrit un roman de fantasy. Vous auriez un livre qui ressemblerait à celui-ci. Bien qu'il soit question de l'histoire de deux magiciens, en Angleterre, nous sommes dans un roman qui reste très "réaliste", ne serait-ce que par la facture dudit roman qui est résolument écrit comme un roman classique (par cette expression j'entends roman de type pré- ou victorien par exemple), ce qui m'a frappée peu à peu. Il y a de l'humour mais un humour plutôt subtile et pince-sans-rire, qui ressemble à s'y méprendre à de l'ironie. Le ton avec lequel est écrite l'histoire donne autant de plaisir que cette dernière.
Le livre est parmi les meilleures ventes d'Amazon.com et les droits ont déjà été achetés pour le cinéma. Je ne suis guère étonnée de ce succès, mérité.
Une traduction française devait voir le jour en 2005, chez Laffont, me semble-t-il. Je ne sais ce qu'il en est.
Les illustrations de Portia Rosenberg sont très belles et ajoutent une patine au texte.
vendredi 7 mars 2008
"Seule une pure pensée serait capable d'englober l'effectivité de la mort sans être concernée par les circonstances spatio-temporelles de cette mort. A défaut d'une telle super-conscience, c'est encore notre demi-savoir qui préserve le mieux notre demi-pouvoir. Mais ce n'est qu'un demi-savoir. L'homme sait qu'il mourra, mais il ne s'explique pas pourquoi il doit disparaître, ni comment il peut être nihilisé ; il pense et conçoit la mort, mais il ne la comprend pas ; c'est-à-dire qu'il ne jauge jamais la mort dans toutes ses dimensions à la fois : si intensément qu'il approfondisse le problème, si loin qu'il conduise le cours de ses pensées, il y a toujours une dimension qui lui échappe ; toujours le mystère se reforme au-delà du problème : l'a priori opaque a déjà devancé la conscience. La conscience de la mort ne retenant de la mort qu'une vide effectivité, reste sans contenu et nous laisse dans un état d'impréparation totale."
Vladimir Jankélévitch, extrait de son très beau livre, La mort, Paris, Ed. Champs-Flammarion, 1992, p. 430, je souligne.
La mort nous concerne et ne nous concerne pas, parce que nous sommes de raison, puis de sensibilité et d'imagination. Il faudrait être raison pure pour n'être traversé que de son idée sans trembler, pas plus que la feuille de papier ne s'émeut de la lame qui la coupe en deux. Mais nous sommes tous des Entre-Deux. Nous savons sans comprendre ; nous pleurons sans être noyé de ce flux, plus littéraire que réellement sentimental. Nous sommes dérobés à notre fin et nous vivons et crevons comme des chiens.
***
J'ai décidé d'écrire de nouveau quelques billets ici même, plus rapidement que prévu, suite à la mort de Marie, parce que, je l'avoue, cela va constituer pour moi un antidote contre cette crainte que j'éprouve à l'idée d'ouvrir à nouveau les pages de ce JIACO et de ressentir de plein fouet son absence. A l'idée que jamais plus elle n'écrira ici, pour déposer une marque de tendresse, je me sens désemparée. J'ai peur de ne plus jamais pouvoir écrire en ce lieu, si j'attends pour le faire. J'ai le sentiment que ma crainte va estampiller chacun des jours passés et à venir et amputer le présent de ses saines racines.
Ne pas nourrir la peine avec la peine, afin de ne pas la métamorphoser en ce qui n'est pas elle, à savoir vague sensiblerie et caricature de l'émotion première. Être présent à son absence, mais être vivant à soi-même.
Emily Dickinson, que j'aurais aimé faire mieux connaître à Marie, parle de ce grand Indicible, de cet incendie de la raison, de la mort, pour qui s'adonne trop à sa contemplation.
"If I shouldn't be alive
When the Robins come,
Give the one in Red Cravat,
A Memorial crumb."
quelques heures après un rouge-gorge est venu cogner à ma fenêtre de cuisine. La coïncidence entre ma pensée et l'occurrence de ce réel, que je sais bien dépourvu d'intentionnalité, me fait comprendre comment l'on peut croire qu'il existe un ailleurs, même si cet autre de la réalité ne m'a jamais semblé assez solide pour que j'y abandonne totalement ma pensée. C'est ainsi que je suis un être plus rationnel qu'il n'y paraît, peut-être, mais pas totalement, ce qui me permet de laisser filtrer un peu de merveilleux et d'illusoire beauté d'outre-monde entre les briques de mon univers de verre et de sable, où Raison est reine, où je suis sujette d'un royaume condamné à la dislocation permanente.
Puisque de ma chère Emily, il est question, je ne saurais trop vous recommander de lire le livre
de Bobin, qui atteint à une forme de sublime et de communion rarement égalée avec le poète, tout en ne cessant de parler de lui et de nous, de biais.
*******************************************************************************
[Cf. ce billet-ci que j'ai particulièrement apprécié. Je suis une inconditionnelle de ces livres marqués d'un pingouin. Depuis très longtemps. ]
Bien que je traduise et que j'apprenne en faisant ce qu'implique le fait même de traduire, j'apprécie de moins en moins de lire des traductions de livres en anglais ou en allemand. Qui peut prétendre connaître vraiment un auteur s'il n'a pas lu ses propres mots ? Lire les Brontë, Dickens, Barrie ou Jane Austen en français m'est inconcevable sans pouvoir me désaltérer à la source vive de leur langue. Certes, j'aime plus que tout certaines traductions, je suis fière de ma collection de Dickens en Pléiade, mais ma passion me conduit à passer à travers l'écheveau des mots et même à tréfiler leurs pas presque effacés dans des terres un peu lointaines.
C'est ainsi que je prépare ma visite à la famille Brontë, qui aura lieu dans plusieurs semaines. Je les relis et, hier, j'ai reçu cet essai, dont on m'a dit grand bien. (Petit clin d'oeil à Malice.)
Avril est le mois de mon anniversaire, mais aussi le mois choisi afin d'effectuer ce qui est en passe de devenir un voyage annuel en Angleterre. Les voyages forment la jeunesse et ma prononciation de la langue de Shakespeare. Mon royal ami Robert m'a mise en garde un jour de ne pas perdre mon intonation française - très peu de risques à mon avis ! - sous peine de rogner sur mon potentiel charismatique... ! Je songe à m'installer quelques mois à Oxford, un jour, afin de suivre des cours. L'idée me séduit et puis, pendant des années, lorsque des importuns me téléphonaient, j'avais coutume de faire dire par "M. Golightly" que son épouse était à Oxford, ce qui était une manière polie - bien que peu vraisemblable eu égard à la fréquence de l'affirmation - de signifier que je ne leur parlerai pas. Alors, j'aime imaginer y aller pour de vrai. J'appartiens aux contrées où l'on parle Anglais.
Cette année, l'idée est de visiter, bien évidemment, un lieu barrien, dont je vous réserve la surprise - ce n'est guère difficile à deviner - mais aussi le pays de la famille Brontë (Patrick, Branwell, Anne, Emily et Charlotte) : HAWORTH.
Wuthering Heights et
Jane Eyre
sont parmi mes romans préférés et il faut manquer sacrément d'intelligence et de goût pour ne point les reconnaître comme deux des chefs-d'oeuvre de la littérature en langue anglaise. Ma préférence va au premier de ces romans, mais, l'âge venant, je découvre d'autres mérites au second. Nous y reviendrons.
Jane Eyre
sont parmi mes romans préférés et il faut manquer sacrément d'intelligence et de goût pour ne point les reconnaître comme deux des chefs-d'oeuvre de la littérature en langue anglaise. Ma préférence va au premier de ces romans, mais, l'âge venant, je découvre d'autres mérites au second. Nous y reviendrons.
Mais Emily Brontë est pour moi la plus grande de la famille.
[In Cahiers de poèmes, traduction de Claire Malroux, qui traduit également avec talent Emily Dickinson, Ed. José Corti]
Il y a fort longtemps - depuis l'enfance - que je rêve de visiter Haworth. J'ai pris mon temps, comme pour beaucoup de choses. Marie ne disait-elle pas de moi que j'étais une petite abeille travailleuse ? Cela me convient bien. Je tire tout le jus que je peux du réel. Je le mâche jusqu'au néant. Je prends tellement mon temps que je serai sûrement en retard à ma mort.
Je suis fièrement membre de la Brontë Society .
La Gazette sort trois fois par an et j'attends le numéro de mars. Je m'inspire de l'organisation pour ma propre Société Barrie.
La Gazette sort trois fois par an et j'attends le numéro de mars. Je m'inspire de l'organisation pour ma propre Société Barrie.
Haworth, contrée sauvage et rude des Brontë, se situe ici :
Il faut prendre le train à Londres et s'arrêter à Keighley - 3 heures de voyage - et d'ici prendre un bus (lignes 663,664 ou 665) ou un taxi pour vous rendre au pays des Brontë (assez peu éloigné de Keighley).
Je logerai dans un lieu que je sais convenir à mes attentes et qui n'est pas dépourvu de liens avec les Brontë. Du presbystère reconverti en musée, j'aurai cette vue gothique et romantique :
J'irai hanter les landes et saluer les fantômes du temps jadis.
Mes liens indispensables en guise de préparatifs :
http://www.visitbradford.com/bronte-country/http://www.haworth-village.org.uk/
http://www.ashmounthaworth.co.uk/
Sans oublier cette biographie amicale et circonstanciée de Gaskell :
Et cette édition d'un livre consacré à Branwell, le frère maudit et sacrifié, dont le corps est absent du portrait, mais pas son ombre...
Roman - biographie, on ne sait plus, par Daphne Du Maurier, qui n'est pas elle non plus sans lien avec mon obsession number one, J. M. Barrie.
Le livre existe chez Penguin.
***********************************************************************************
Après mon séjour à Haworth, ma visite dans le Surrey commencera à Farnham, qui se situe ici :
De Londres, en train, il faut compter environ une heure de voyage, ce qui nous permettra de passer une journée là-bas et de rentrer à Londres, le soir, pour y fêter l'année supplémentaire qui me tombe, assez légèrement, sur les épaules.
Et je crois bien que Miss Holly prend goût, finalement, au voyage et je pourrais bien vous emmener en Bavière dans l'ombre de certain roi déchu, sa Majesté des Cygnes, l'été venu... Tout n'est qu'étapes et le voyage n'est pas encore terminé.
*******************************************************************************
Je logerai dans un lieu que je sais convenir à mes attentes et qui n'est pas dépourvu de liens avec les Brontë. Du presbystère reconverti en musée, j'aurai cette vue gothique et romantique :
Mes liens indispensables en guise de préparatifs :
http://www.visitbradford.com/bronte-country/http://www.haworth-village.org.uk/
http://www.ashmounthaworth.co.uk/
Sans oublier cette biographie amicale et circonstanciée de Gaskell :
Et cette édition d'un livre consacré à Branwell, le frère maudit et sacrifié, dont le corps est absent du portrait, mais pas son ombre...
Roman - biographie, on ne sait plus, par Daphne Du Maurier, qui n'est pas elle non plus sans lien avec mon obsession number one, J. M. Barrie.
Le livre existe chez Penguin.
***********************************************************************************
Après mon séjour à Haworth, ma visite dans le Surrey commencera à Farnham, qui se situe ici :
A Farnham, un ami très cher à mon coeur attendra sera le guide vers... Comment vous n'avez pas deviné ? Je ne sais pas encore si je pourrais pénétrer au coeur du lieu où tout a commencé, mais au moins, je serai en mesure de m'imprégner de l'atmosphère... Nous verrons. L'aventure, l'aventure, l'aventure !
Je reviendrai en Ecosse - aux Hébrides - l'année prochaine pour ce lieu barrien, qui était d'abord élu pour l'année 2008, et que je réserve pour dans quelques mois, si la vie ne se retire pas de moi.
Je vous raconterai tout ceci, bientôt, en images et en vidéo, comme j'en ai pris l'habitude.Et je crois bien que Miss Holly prend goût, finalement, au voyage et je pourrais bien vous emmener en Bavière dans l'ombre de certain roi déchu, sa Majesté des Cygnes, l'été venu... Tout n'est qu'étapes et le voyage n'est pas encore terminé.
*******************************************************************************
Ce billet a été rédigé le coeur en Alsace, la tête ailleurs et les pieds flottants sous mon bureau. L'accompagnement musical fut de premier ordre, puisqu'il s'agit d'un disque offert par mon très fidèle ami, Jean-Christophe.
Je n'ai pas fini de saisir toute la substance de ce disque très étonnant, dont j'aurai l'occasion de reparler en détail, je l'espère.
J'écoute également avec délectation cet autre cadeau de cet ami, aussi discret que rare :
Et ma semaine a oscillé entre deux autres disques qui possèdent pour l'un une audace et une force peu communes :
et pour l'autre la rigueur et la sensibilité de Maurizio Pollini dans les Nocturnes de Chopin.
A bientôt, peut-être.
J'écoute également avec délectation cet autre cadeau de cet ami, aussi discret que rare :
Libellés :Angleterre,Brontë,Haworth,James Matthew Barrie,Londres,voyage
Inscription à :
Articles
(Atom)
Quelques chapitres...
Les roses du Pays d'Hiver
Retrouvez une nouvelle floraison des Roses de décembre ici-même.
!doctype>Rechercher sur mon JIACO
Qui suis-je ?
- Holly Golightly
- Never Never Never Land, au plus près du Paradis, with Cary Grant, France
- Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
Almanach barrien
Rendez-vous sur cette page.
En librairie
Où Peter Pan rencontre son double féminin...
Oeuvre de Céline Lavail
Lettres
Voyages
Écosse
Kirriemuir
Angleterre
Londres
Haworth
Allemagne
Venise
New York
Copenhague
Prague
Les vidéos de mes voyages sont consultables ici et là...
Liens personnels
Le site de référence de J.M. Barrie par Andrew Birkin (anglais)
Mon site consacré à J.M. Barrie (français ; en évolution permanente)
Site Barrie miroir (français ; en construction)
Ma page sur Lewis Carroll (français)
"Une fée est cachée en tout ce que tu vois." (Victor Hugo)
Blog Archive
- 2020 (1)
- 2019 (1)
- 2018 (4)
- 2017 (8)
- 2016 (1)
- 2015 (22)
- 2014 (15)
- 2013 (22)
- 2012 (34)
- 2011 (20)
- 2010 (34)
- 2009 (66)
- 2008 (74)
- 2007 (143)
-
2006
(447)
- décembre(21)
- novembre(19)
- octobre(20)
- septembre(21)
- août(33)
- juillet(23)
- juin(43)
- mai(44)
- avril(62)
- mars(50)
- février(51)
-
janvier(60)
- janv. 31(3)
- janv. 30(3)
- janv. 27(1)
- janv. 26(1)
- janv. 25(4)
- janv. 24(3)
- janv. 23(3)
- janv. 22(1)
- janv. 20(2)
- janv. 19(3)
- janv. 18(2)
- janv. 17(1)
- janv. 16(2)
- janv. 15(1)
- janv. 13(5)
- janv. 12(2)
- janv. 11(2)
- janv. 10(3)
- janv. 09(1)
- janv. 08(1)
- janv. 07(2)
- janv. 05(4)
- janv. 04(2)
- janv. 03(2)
- janv. 02(2)
- janv. 01(4)
- 2005 (217)
Archives
-
►
2018
(4)
- ► juillet 2018 (1)
- ► avril 2018 (1)
- ► février 2018 (1)
-
►
2017
(8)
- ► juillet 2017 (6)
- ► avril 2017 (1)
-
►
2015
(22)
- ► décembre 2015 (3)
- ► octobre 2015 (1)
- ► avril 2015 (1)
-
►
2014
(15)
- ► juillet 2014 (3)
- ► janvier 2014 (1)
-
►
2013
(22)
- ► novembre 2013 (1)
-
►
2012
(34)
- ► novembre 2012 (1)
- ► juillet 2012 (12)
- ► avril 2012 (1)
-
►
2011
(20)
- ► décembre 2011 (1)
- ► octobre 2011 (1)
- ► septembre 2011 (1)
- ► janvier 2011 (1)
-
►
2010
(34)
- ► novembre 2010 (1)
-
►
2009
(66)
- ► juillet 2009 (11)
- ► avril 2009 (8)
-
►
2008
(74)
- ► novembre 2008 (1)
- ► septembre 2008 (4)
- ► juillet 2008 (17)
- ► avril 2008 (11)
-
►
2007
(143)
- ► décembre 2007 (8)
- ► novembre 2007 (6)
- ► juillet 2007 (14)
- ► avril 2007 (18)
- ► février 2007 (16)
-
►
2006
(447)
- ► décembre 2006 (21)
- ► novembre 2006 (19)
- ► octobre 2006 (20)
- ► septembre 2006 (21)
- ► juillet 2006 (23)
- ► avril 2006 (62)
- ► février 2006 (51)
- ► janvier 2006 (60)
-
►
2005
(217)
- ► décembre 2005 (62)
- ► novembre 2005 (98)
- ► octobre 2005 (49)






























