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mardi 31 octobre 2006
Souvenez-vous, fidèle lecteur !
J'avais entrepris d'apprendre le chinois, seule. Je suis une autodidacte, une dilettante et un ours polaire. Tout ceci est normal. Retour en janvier dernier.
Vous pourriez me demander : pourquoi le chinois ?
La curiosité a tué le chat, comme disent nos voisins d'outre-Manche ! Mais je suis dans d'excellentes dispositions, donc je vais vous répondre.
En débutant dans le travail de traduction, je me suis rendue compte, avec une acuité nouvelle, des difficultés qui existaient dans l'expression d'une idée d'une langue à l'autre, et des richesses et limites propres à une langue ou à l'autre. J'ai décidé d'étudier un idiome aussi éloigné que possible de ceux que je connaissais plus ou moins, afin d'en apprendre davantage sur eux, de saisir leurs écueils ou leurs potentialités cachées par opposition et contraste. Le relativisme est ma croyance première. Il n'y a pas d'autres moyens pour améliorer et augmenter sa vision globale que d'élargir son champ de vision. Passé ce truisme, je me suis retroussé les manches.
Le chinois présente aussi un défi en soi pour un locuteur occidental. Je suis convaincue que le chinois m'aidera à progresser dans d'autres matières, de même que le grec m'a permis d'améliorer un sens de la logique déficient.
Force est de constater que je n'avais pas choisi la meilleure des méthodes qui existaient sur le marché et que travailler en autodidacte la prononciation n'est pas une bonne idée, malgré la présence de CD. En effet, si le chinois est une langue qui me paraît aisée à apprendre (il suffit d'avoir une bonne mémoire et de travailler un minimum, il n'y a pas d'autres secrets), la phonétique quant à elle demeure mon angoisse principale, car un son ne signifie pas la même chose selon le ton employé et il en existe quatre (plus un neutre) ! Ainsi, le son [ma] peut indiquer une question ou un cheval ! C'est infernal.
Je me suis donc inscrite à un cours afin de ne pas prendre de mauvaises habitudes et de progresser à un rythme raisonnable. Mon professeur est une chinoise de naissance, ancienne journaliste, qui est arrivée en France il y a quelques années.

J'ai la chance d'avoir rencontré un excellent pédagogue, une femme compétente et adepte d'un humour imperturbable, qui est en train de m'ouvrir un nouvel univers, car la langue chinoise n'est en rien comparable aux langues auxquelles je suis habituée (le français, l'anglais, l'allemand, le grec, le latin ou même l'italien, dont je connais trois mots mais pas assez pour discuter avec ce monsieur qui m'a mise en lien). Nous travaillons avec l'une des trois méthodes les plus connues, celle du professeur Bellassen :
Je la recommande vivement à tous. Le chinois ne possède pas de grammaire ou de conjugaison véritables et sa syntaxe n'est en rien comparable à la nôtre.
Chaque sinogramme contient en soi un univers. Certains signes distillent une réelle poésie. Par exemple, celui qui désigne le "je" et dont le tracé représente les lignes de la main.
J'aime comparer cette langue à un vaste jeu de Lego, où chaque pièce peut s'emboîter avec une autre et créer un autre sens. Certains caractères sont des clefs, qui vous permettent d'ouvrir le sens de nouveaux signes, sans même en connaître la signification.

Exemple :

J'ai découvert un excellent logiciel, qui se nomme Wenlin, et qui donne la possibilité de chercher des mots en chinois, écrits en Pinyin (une transcription dans notre alphabet de la prononciation des sinogrammes et qui permet de reproduire les signes chinois dans divers logiciels) ou en anglais (car le logiciel est conçu dans cette langue). En passant devant chaque caractère avec sa souris, on obtient sa sonorité, ce qui est très utile pour le débutant ou celui se trouve au milieu du chemin. Ce logiciel, qui est davantage qu'un banal dictionnaire, est devenu pour moi une drogue ! Il y aussi la calligraphie à apprendre. Je ne suis pas au bout de mes peines. Un petit échantillon de mes débuts :
J'écrivais très gros et la main tremblait. Maintenant, je sais écrire dans les petites cases. A ce propos, chez Gibert Joseph (à Paris), dans le rayon idoine, au quatrième étage, ils vendent des cahiers de chinois bien pratiques ! Sinon, vous pouvez télécharger des grilles vierges ici. J'ai le sentiment d'être un enfant qui apprend à lire et à écrire. C'est assez troublant comme sensation. Mieux vaut cela que d'être victime d'une aphasie ! Bien que l'un n'empêche pas l'autre...
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  • samedi 6 janvier 2007
    五言古詩 張九齡
    感遇其一
    孤鴻海上來,
    池潢不敢顧;
    側見雙翠鳥,
    巢在三珠樹。
    矯矯珍木巔,
    得無金丸懼?
    美服患人指,
    高明逼神惡。
    今我遊冥冥,
    弋者何所慕? Zhang Jiuling
    THOUGHTS - I
    A lonely swan from the sea files,
    To alight on puddles it does not deign.
    Nesting in the poplar of pearls
    It spies and questions green birds twain:
    "Don't you fear the threat of slings,
    Perched on top of branches so high?
    Nice clothes invite pointing fingers,
    High climbers god's good will defy.
    Bird-hunters will crave me in vain,
    For I roam the limitless sky."
    Non, je n'ai pas progressé à ce point en chinois. Mais avec du temps et un dictionnaire, je peux déchiffrer ce petit poème. A raison de deux heures de cours par semaine, j'avance à la vitesse d'un unijambiste. Je balbutie, mais je tiens le cap. Je parlerai et écrirai chinois correctement un jour. Tout n'est qu'une question de travail. En tout cas, ce site évoqué plus haut est excellent. C'est un dictionnaire et mieux encore. Je le recommande à ceux qui, comme moi, sont peut-être en apprentissage de cet idiome. La langue chinoise me ravit chaque jour davantage. J'ai hâte de pouvoir lire Lao She dans le texte. Heureusement que je suis patiente, car je ne sais pas combien d'années il me faudra peut-être pour parvenir à ce but.
    ***********
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  • dimanche 8 janvier 2006
    J'ai toujours été fascinée par les langues étrangères, et particulièrement par les langues qui s'expriment au moyen d' un alphabet autre que le nôtre. C'est ainsi que, très tôt, je me passionnai pour le Grec. Grand bien me prit car j'usai de cet idiome lors de mes études de philosophie et c'est toujours le cas, puisque je suis toujours une étudiante (à mon âge !) même si je perds la main (façon de parler) faute d'un usage intensif. Idem avec le latin. Au moins, je ne fus pas complètement démunie pour lire Umberto Eco et son incroyable Nom de la rose. Savez-vous qu'il a écrit une apostille fort judicieuse à ce livre ?
    J'ai un peu manié, autrefois, le Japonais, mais que m'en reste-t-il ? Rien, avouons-le. Une amie, Claire C., entame de brillantes études de langues - Claire est une jeune fille douée de mille manières et son cursus universitaire sera étincelant, je le sais - et elle va suivre des cours de Chinois, en sus des cours de Japonais et d'Anglais. J'ai donc décidé de l'imiter, afin de vivre en parallèle avec elle quelques heures. Je vous tiendrai au courant de mes progrès que j'espère fulgurants...
    mardi 2 octobre 2007
    ... je vous écris ces quelques lignes.

    [Louis Wain et un de ses amis...]

    Ma belle amie Fauna, la reine des royaumes sombres, parce que, justement, elle n'est que lumière, guide mes pas depuis que je ne suis plus ici. Je travaille dans un théâtre d'ombres et me plais à m'imaginer sous les traits d'un horloger des viscères littéraires ou d'un docteur des revenants. Viennent, dans ma retraite, me rendre régulièrement visite Jim, Mélanie, Siréneau, Marie, et l'irrésistible Robert qui traverse la Manche en imagination.

    J'ai le sentiment, quoi qu'il advienne, d'avoir conquis une terre inconnue en moi. Apprendre une langue étrangère (le chinois, souvenez-vous) et se découvrir un second cœur, siamois du premier, par le contact d'un violon, voici qui était encore improbable lorsque j'ai déposé mes premières brassées de roses ici. Notre existence colimaçonne plus qu'on ne l'imagine. A chaque fois que je me visse dans un lieu, je m'enfonce toujours davantage. Un petit cran supplémentaire et je découvre, émerveillée, une autre profondeur à ce monde. Je vis en spirale.



    J'ai reçu des témoignages trop chaleureux, trop nombreux, parfois de personnes inattendues (je songe, en particulier, à un réalisateur et à une femme écrivain que les bourrasques d'automne ont poussé jusqu'ici et qui ont pris la peine de m'écrire pour m'encourager), depuis que j'ai soufflé aux quatre vents les pages de cet album, pour ne point me donner des petits pinçons de regrets d'avoir fermé la porte de ce JIACO. Non pas que je juge que cette très petite chose faite de mots, de sons et d'images ait une utilité pour moi ou pour les autres. Au contraire, ce serait sa contingence qui lui donnerait son sens. J'aime les paradoxes apparents, qui révèlent leur vérité lorsqu'ils sont deux fois pensés. Mais, voilà, je sens poindre comme une peur et un remords affreux : négliger ceux avec qui j'ai tissé des liens d'amitié. En témoignent les courriels orphelins, qui attendent une réponse qui tardera encore faute de temps. Alors, ce billet est un gage de fidélité pour ceux qui ne m'oublient pas (l'incomparable Jean-Christophe, ma précieuse amie E., Xavier, Alexandre, Wictoria, Jean-Claude, Nicolas, Simonne, Claire et bien d'autres... sans omettre Frédéric, qui ne sait pas à quel point je suis heureuse d'avoir fait sa connaissance. Je vous engage à lire son premier roman dont je parlerai un jour. Son journal, en devenir, est ici.)

    Je pense également à vous, n'en doutez jamais. Je vous demande pardon de ne pouvoir sortir du brouillon de mes phrases pour vous dire tout ce que mon esprit porte de tendresse pour vous.

    Le volume Barrie devrait paraître en septembre 2008 et il me reste encore beaucoup à faire. Et ceci n'est que le profil du monstre apprivoisé qui habite mes jours.

    Je profite de ce passage ici, pour partager avec vous une très belle photographie envoyée de nouveau par Sandrine Sénéchal. Qu'elle soit remerciée de tout coeur ! Elle est notre Marraine et découvre toujours de jolis petits trésors.




    [Cliquez pour agrandir l'image.]



    Elle me précise qu'elle a été prélevée dans les archives du San Fransisco Examiner et que cette photographie de presse, en date de 1931, est identifiée par cette légende : "Marion Clayton as Peter Pan and Mary Jane Higby as Wendy at the Currau, Jan 6."


    Incidemment, je promets à tous les lecteurs du site Barrie des mises à jour importantes avant la fin de l'année et l'ouverture de "La Société des amis de James Matthew Barrie", société qui sera franco-britannique. D'ores et déjà, ceux qui veulent adhérer à ce "Club" peuvent m'écrire avec leurs coordonnées postales à cette adresse.

    Il me paraît aussi intéressant de mettre en exergue cet article consacré au père de Barrie, déniché par le merveilleux Andrew Birkin.



    [Cliquez pour agrandir l'image.]


    Dans cet article, il est question de la figure paternelle de Jamie que j'ai depuis le premier jour ressentie comme absente, pour ne pas dire porteuse d'un silence très significatif. Je l'ai toujours plus ou moins identifiée avec celle du père de Tommy dans le roman éponyme : un contour vide. Cet article nous présente une autre image du père : un homme cultivé, vif d'esprit, voire admirable. Barrie aurait tiré de lui sa douceur, son aspect délicat et sa force tranquille. Cependant, ceci ne suffit pas à réformer mon jugement sur l'influence sans partage exercée par la mère sur le génie en devenir que fut ce petit garçon qui écrivait des histoires dans son grenier. Mais ceci constitue, sans nulle doute, un petit contrepoids à l'opinion reçue, de même que le père semble avoir été le faible antidote à l'amour probablement excessif d'une mère pour son fils.

    Je me suis éloignée du motif premier de ce billet d'outre-tombe.


    Le problème en question est un problème de temps (une journée hollyesque est une course éperdue, une fièvre de cheval, un échec permanent car je ne fais pas le dixième de ce qui était prévu) et un problème de frontière, celle entre l'intériorité et l'extériorité de mon univers fantasmatique. Gageons un instant que je puisse dans le futur tout concilier, lorsque j'aurai pris un peu de distance. Et j'entends mon ami Jim dire qu'énoncer ce jour équivaut à penser au jamais.

    Entre toujours et jamais.


    "La nuit, quand le pendule de l’amour balance entre Toujours et Jamais,
    Ta parole vient rejoindre les lunes du cœur et ton œil bleu d’orage tend le ciel à la terre."
    Paul Celan
    La conséquence de ce qui précède en serait l'écriture de quelques billets que je posterais ici, de temps à autre. On ferait comme si j'avais fermé la porte de la cave et comme si, néanmoins, de temps en temps, s'échappait de dessous la porte des effluves rémanents de mon univers intérieur. Sans rien compromettre d'autre. Gratuitement, épisodiquement. Des raptus, des impromptus. Je ne suis pas là, mais la porte est entrebâillée.


    Aujourd'hui, mon dessein était simplement de vous signaler la naissance du journal de mon ami Jean-Sébastien.

    Il m'a offert l'un des plus beaux cadeaux que l'on puisse offrir à une amie de M. Barrie, l'ombre de Peter Pan qui orne mon "Musée Barrie".


    Faites-lui bon accueil.

    *************************

    « Lait noir de l'aube nous le buvons le soir
    nous le buvons midi et matin nous le buvons
    la nuit
    nous buvons nous buvons
    nous creusons une tombe dans les airs on n'y
    est pas couché à l'étroit
    Un homme habite la maison il joue avec les
    serpents il écrit
    il écrit quand vient le sombre crépuscule en
    Allemagne tes cheveux d'or Margarete
    il écrit cela et va à sa porte et les étoiles
    fulminent il siffle ses dogues
    il siffle pour appeler ses Juifs et fait creuser
    une tombe dans la terre
    il ordonne jouez et qu'on y danse. »
    Paul Celan

    *****************
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  • mercredi 23 avril 2008

    Je pars ! Je ne suis qu'un frisson.
    Il paraît d'après ceux qui en sont revenus que, là-bas, à certaines heures, l'herbe est bleutée et qu'elle se balance très poétiquement. L'image me fait un peu mal car cette simple idée énoncée concurrence mon imagination. La réalité peut-elle encore être à la hauteur de cette déclaration ?
    Le coeur de ceux qui viennent réveiller les lieux donne le "la", m'a-t-on dit, et tout prend vie le temps d'un printemps. Je sais bien que je vis l'un des derniers printemps de mon printemps et qu'ensuite il faudra vieillir.
    J'ai hâte de voir - non ! d'éprouver - cela, je veux dire l'herbe bleutée et froufroutante. Il me semble que je touche et croque déjà le fruit de mes songes.
    Il paraît même que je pourrai visiter pendant ces jours prochains la dernière maison où a habité Jane Austen.
    Il paraît que je ne vis plus que mes rêves.
    Je rends visite à mes "parents". Ils sont tous morts et ne vivent plus qu'entre les pages des livres.
    C'est bien.
    De toute façon, je réprouve la compagnie des trop vivants.
    Rien ne va plus ! Tout est en désordre ! Je m'active ici et là. Je dépose une note bibliographique ici ; là, je taille et allonge en même temps un chapitre trop long ; ailleurs, je prends des notes, sur un carnet surchargé de ratures et d'ajouts, pour une autre histoire. Je gobe, sans le goûter, un litre de café et dispense ma désinvolture à tous. Puis, je me contemple dans l'incompréhension des autres, surtout de ces femmes qui n'ont pas la moindre idée que je ne suis pas tout à fait comme elles, que je m'en trouve bien, et qui ne comprennent pas que je préfère porter des livres plutôt que des enfants et que les deux sont, pour moi incompatibles.
    Déjà l'enfance me distinguait d'elles. Déjà j'étais consciente de tout ce qui nous séparait. Sans indisposition.
    Pas le temps.
    Je suis sûre d'avoir oublié mille petites choses qui me feront défaut au moment propice.
    La leçon de Chinois n'était pas assez apprise, hier ; ce matin, le violon n'est pas assez caressé. Je suis coupable, oui. Je fais trop et pas assez. Surtout en amitié.
    Dernières recommandations à qui de droit.
    Quand, comme moi, on cohabite avec quatre chats et trois chiens qui vous font l'honneur de vous accorder une petite place dans leur territoire, il est hors de question de partir de chez soi sans trouver quelqu'un qui va habiter votre maison, à votre place, pendant votre absence. J'ai de la chance, je connais cette perle, qui emménage chez nous le temps d'un voyage et qui ne dérange pas trop les ombres que je laisse derrière moi, même si elle ouvre mes pots de confiture.
    Il ne me reste plus qu'à remplir légèrement des valises.
    Je suis devenue plus raisonnable au fil du temps. Je me le répète pour m'encourager à l'être vraiment. Un peu plus que chaque dernière fois.
    Autrefois, j'emmenais une armoire avec moi. Ma valise avait la taille d'une malle-cabine et était le cauchemar de tous porteurs dans les hôtels. Désormais, je voyage avec le minimum.
    Je suis consciente, cependant, que mon minimum n'est pas nécessairement celui des autres. L'apparat vestimentaire n'est pas ma préoccupation, étant donné que je ne m'habille que de noir et que j'ai souvent les mêmes vêtements en double ou en triple. Mon seul éventuel indice de sophistication est mon Chanel number 5 ou Le monde est beau de Kenzo ou encore ma collection de sacs à main. Pour le reste, je suis une personne plus que modeste. L'invisibilité est mon ambition. On observe mieux en retrait.
    Mais je refuse de voyager sans mes livres, mes encyclopédies ou mes dictionnaires. Dieu merci, l'informatique permet d'alléger la valise.
    Que vais-je emmener ?

    Le sac que j'ai dérobé en imagination à Miss Poivert, avant de me l'offrir, parce que j'aime bien l'idée et que, finalement, je n'emporterai pas, car hier soir j'ai trouvé un cadeau de princesse dans la maison (une très belle création Lancel, l'Easy flirt décliné en rose, bien sûr, car la couleur je ne la porte qu'en bandoulière).




    Dans ce confortable sac, je vais pouvoir mettre plein de choses. Raisonnable, ai-je dit ?
    Un carnet ventru, Wuthering Heights et Jane Eyre pour faire bon poids, symboliquement. Mes extensions : mon précieux IPhone (lui et moi, nous sommes inséparables depuis sa sortie en France, en novembre dernier) et mon tout nouveau eeepc (un ultra-portable qui tient dans un sac à main et qui fait tout comme un grand ! Bien pratique quand, comme moi, on aime écrire n'importe où...), qui me permettra peut-être de faire des "reportages" en direct sur place et, surtout, de continuer à travailler un peu. Parce que ce qui m'importe vraiment, c'est de savoir si on peut dire le réel.

    Un stylo-plume qui dégorge d'encre noire et un autre d'encre violette, pour écrire des cartes postales que je n'aurai pas le temps d'envoyer à tout le monde, c'est certain. Des disques que j'ai chargés sur mon précieux IPhone, dont celui-ci (beau, beau, beau) : ainsi que les cours du Collège de France - que je n'aurai pas le temps d'écouter, mais cela me rassure.
    Un appareil photo et un camescope numériques - le domaine de M. Golightly, afin de ramener vidéos et photographies pour les indulgents lecteurs de ces pages.

    De toute façon, les souvenirs ne servent à rien, car on les vit au présent et le présent n'existe pas. Et puis, tout est vain.
    Vite ! Vite ! Je suis en retard ! Au secours ! Au revoir !
    jeudi 4 mai 2006
    Quelques liens, qui me sont utiles, et qui profiteront peut-être à certains :

    • Lire et écrire en grec avec Word :
    http://pedagogie.ac-toulouse.fr/lettres/ecr_grec.html
    • Littératures :
    http://www.fh-augsburg.de/~harsch/augustana.html
    • Textes classiques :
    http://www.perseus.tufts.edu/
    • Ecrire en chinois avec Word :
    http://www.chinese-tools.com/resources/windows-xp.html http://www.chine-informations.com/mods/outils/onlineIME/index.php
    Et l'envers du décor des Roses de Décembre :

    Je me suis rendue compte que certains visiteurs étrangers utilisaient google pour traduire mon JIACO ! Cf. ici.
    Le résultat est très surprenant, voire délirant ! Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'une machine pourra remplacer l'être humain.
    dimanche 11 novembre 2007
    Pensées lumineuses à Frédéric, qui aime le cinéma, et à Jim, qui malheureusement ne l'aime plus.

    Le cinéma a une place presque aussi grande dans ma vie que les livres et, désormais, la musique. Le cinéma en salles, mais aussi le cinéma en DVD et sur les nombreuses chaînes du câble dédiées au septième art.

    J'aimerais pouvoir écrire un billet pour chaque film aimé, mais à raison d'un film par jour, parfois plus, l'entreprise me paraît impossible. A défaut d'être profonde, j'ai décidé de reproduire ici les très petites notes que je prends pour chaque film, mais seulement pour ceux vus ou revus en salles - habitude qui est mienne depuis cinq ou six ans et qui me permet de mesurer avec une certaine précision la force de mon attachement pour un film ou, au contraire, l'évolution de mes perceptions et de ma sensibilité dans le temps, à l'occasion de la "revisite" d'une oeuvre qui m'avait déplu ou que j'avais aimée.


    Mes repères sont simples, enfantins : des étoiles, qui correspondent au degré de plaisir que j'ai éprouvé à me frotter à tel ou tel film. Subjectivité absolue d'une personne qui a trop de respect pour les cinéphiles pour se prétendre telle.

    Lorsque j'ai commencé à conserver mémoire de mes séances de cinéma, The Straight Story, le très beau film de David Lynch, venait de sortir en France. C'est le film qui m'a obligée à considérer l'ajout d'une cinquième étoile à un classement, qui, de prime abord, n'en possédait que quatre. Je pense toujours à ce film, qui est une sorte d'étalon-mesure à mes yeux. Je me rappelle également que le superbe Noi Albinoi de Dagur Kari, avait obtenu 4 étoiles et demi dans mon classement. Pourquoi parler de ces deux films ? Parce qu'ils ont laissé une entaille en moi.



    Mes critères "mélancHollyques " de sélection :


    Un carreau [Cela m'arrive rarement de dessiner ceci sur mes carnets, car je sais d'instinct quel film m'est destiné] : film honteux, nul, sans intérêt ;

    Une étoile : mauvais film, proche de la nullité avec un éclair possible de beauté ;

    Deux étoiles : film moyen, sans originalité, mais qui témoigne simplement d'un usage de la caméra et de certaines qualités moyennes ;

    Trois étoiles : bon film, non sans défauts, qui aurait pu devenir un très bon film ;

    Quatre étoiles : très bon film, proche de l'excellence, presque parfait, avec un petit manque cependant ;

    Cinq étoiles : l'excellence, au plus près du paradis des films.



    Les films, vus en salle, lors des deux dernières semaines - j'ajouterai des notes au fur et à mesure dans ce billet - ce qui me permet également de ne pas perdre contact avec vous :


    Eastern Promises (Les Promesses de l'Ombre) de David Cronenberg : 4 étoiles et demi ; [Ceux qui me lisent savent peut-être à quel point Spider est un film important dans mon existence ; j'en parlais ici. J'espère avoir le temps d'écrire ma chronique de ce film, car c'est l'une des oeuvres que j'ai préférées cette année. Je sors de la séance et je suis encore tremblante. Certaines scènes sont insoutenables de violence mais le film est fascinant.]





    Paranoid Park de Gus Van Sant : 3 étoiles et demi ;
    [Un sujet et un traitement, qui, a priori, avaient tout pour m'irriter, mais un film très noble et très juste, sans la moindre afféterie. Un film sur la culpabilité et l'adolescence qui, par hasard, n'est pas sans écho avec le dernier film de Woody Allen, qui nous entraîne lui aussi dans la sphère du meurtre et le labyrinthe de la conscience morale. Garanti sans "moraline".]


    Le Mariage de Tuya de Wang Quan'an : 3 étoiles, mais de justesse ;

    [Tout film chinois, par principe, m'intéresse, puisque la langue de ce pays multiforme et insaisissable est une de mes préoccupations. Un film bien trop lent, qui manque d'ambition et d'ampleur, malgré une bien belle idée de départ et l'exposition de sentiments purs...]


    Un secret de Claude Miller (cinéaste que j'adore mais ce film-ci n'exprime pas du tout son talent véritable) : 2 étoiles et demi ;
    [Terrible déception à l'aune de ma grande attente - car j'attends chaque film de Miller. Je crois que le sujet a été épuisé par l'art et qu'à moins de faire preuve d'une folle originalité ou d'un style puissant, on ne peut qu'échouer à ce qui est devenu, de par le thème éculé, un exercice. Cependant, les acteurs sont tous magnifiques. Trop peut-être. Je fus agacée par ce film qui a essayé, je l'ai senti, de me piéger : avec de bons sentiments et des couleurs trop éclatantes.]



    Le rêve de Cassandre de Woody Allen : 3 étoiles et demi ;


    [Woody Allen reprend ici partie certains thèmes de sa pièce Puzzle, que j'ai eu l'heur de voir au Théâtre du Palais-Royal assez récemment (la structure familiale est quasiment identique). Le film explore la veine noire de l'auteur, sans atteindre les sommets de ceux qui sont véritablement sombres (un Siodmak, par exemple, un de mes cinéastes fétiches). Un film qui prolonge, à certains égards, Match point. Ma petite chronique : ici. Et, à propos de Siodmak, ne manquez pas le Cinéma de Minuit, sur France 3, ce soir.]




    La forêt de Mogari de Naomi Kawase : 3 étoiles et demi.


    **********Ajout du 19 novembre :
    American Gangster de Ridley Scott : 3 étoiles et demi ;
    Film d'excellente facture, du point de vue formel en tout cas, qui reprend avec intelligence et brio les codes du film noir et surtout des films des années soixante-dix (à la Sidney Lumet and co), mais en insufflant à ce thème un regard qui appartient à notre époque, lourd de toute l'histoire des trente dernières années (les conflits ethniques plus ou moins explicités, qui transcendent ceux qui opposent les gangsters et la police). J'aime beaucoup cette New York à l'atmosphère fangeuse et avide de sa pitance : du sang et des larmes. Denzel Washington et Russell Crowe (dont je ne suis pas du tout une fanatique) donnent une dimension particulièrement profonde à leur personnage. Certains traits caricaturaux auraient pu être gommés et le scénario a ses failles, mais il n'en demeure pas moins que l'exercice est réussi. Ce film n'est pas sans lien avec Les Infiltrés de Scorsese (ce dernier étant néanmoins supérieur) et avec Les Promesses de l'ombre. Petite déception quant à la fin, trop conventionnelle. Mais une belle couleur de noir qui se répand en nous.


    De l'autre côté (Auf der anderen Seite) de Fatih Akin : 4 étoiles ;

    Difficile de demeurer tranquille devant ce très beau long métrage, qui met en scène, de manière posée, presque froide, et pourtant avec grande émotion, des personnages fragiles jusqu'à la cassure (que l'on perçoit dans leur visage), perdus ou en quête de rédemption. Chacun des héros de ce film porte en lui une part de notre existence, passée, présente ou à venir. Leur solitude et leurs silences sont parfois douloureux mais nous nous enivrons de cet amour de la vie qui triomphe, malgré tout, et l'on a envie de croire, un instant, que la bonté est de ce monde. Malgré l'irréparable dommage de l'exister, il existe toujours une chance de survie. A noter la présence de Hanna Schygulla, égérie de Fassbinder, mère éplorée et admirable.

    **********Ajout du 27 novembre :


    Jane (Becoming Jane) de Julian Jarrold : 2 étoiles et demi.


    On sait ma passion, parfois aveugle, pour Jane Austen, mais force est de constater que je ne puis plus supporter l'engouement qui entoure ce nom, au détriment d'une oeuvre la plupart du temps mal comprise - quand elle a été lue. C'est mon ami américain Jim, fin lecteur, qui m'a ouvert les yeux. Oui, je suis snob et je n'aime pas Jane Austen, depuis presque deux décennies, pour les mêmes raisons que vous.
    Il faut replacer l'oeuvre dans le contexte et lire les contemporains de Jane Austen pour mesurer sa force, son impudence parfois, mais aussi ses limites. Non, non, Jane Austen n'était pas une oie, une nénette qui glousse, cette femme que l'on pense ou sous les traits d'une vieille fille sevrée de plaisirs ou sous ceux d'une incurable romantique qui se pâmait d'amour. Il ne faut pas non plus la lire à l'aune d'un féminisme anachronique. (Je hais les féministes.)
    Lisez simplement ces romans, avec un oeil critique, et prenez de la distance avec les divers films, qui essaient à tout prix de nous vendre Darcy, Darcy et encore Darcy. Je crois que vous n'en apprécierez que davantage cet auteur talentueux qu'elle était.
    Même si le parti pris du film est un peu différent, a priori, de ses prédécesseurs, il semble que la confusion de l'oeuvre et de la vie de Jane Austen ne soit guère pertinente. Tom Lefroy n'était peut-être pas une relation amoureuse très sérieuse de l'auteur et rien ne prouve que Darcy eût été créé d'après ce modèle...
    Hormis, le dernier quart d'heure du film qui possède une forme de noblesse dans l'âme, presque tout est à jeter dans ce film. Du vu et du revu. De belles images, certes, mais le propos est creux et aussi savoureux qu'un scone sans crème, desséché qui plus est.
    Je ne suis pas loin de penser comme ce monsieur, si ce n'est que j'avais apprécié le film de Joe Wright.
    mercredi 28 février 2007
    "Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l’abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu’on nous avait fait emporter et que nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et où nous ne pensions qu’à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l’importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec tant d’amour,) que, s’il nous arrive encore aujourd’hui de feuilleter ces livres d’autrefois, ce n’est plus que comme les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis, et avec l’espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n’existent plus. " Marcel Proust
    J'aime beaucoup attendre le facteur, le matin, car il m'apporte presque toujours une lettre ou un paquet. "Mais j'ai craint que vous, esprit subtil et cœur ultra-sensitif, ne vous mettiez martel en tête en ne recevant pas de lettre (…)" Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Folio, p. 531. La journée débute sous les meilleurs auspices. J'ai hésité à écrire ce petit billet, car il me paraît presque trop personnel. Mais, somme toute, l'humeur, que je considère comme le résidu vivant et le dernier frétillement d'une passion éphémère, est un phénomène étonnant à analyser et à observer.
    "Le soleil et la pluie ne sont ni gais ni tristes, l'humeur ne dépend que des fonctions organiques élémentaires, le monde est affectivement neutre." Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception

    On a eu l'extrême bienveillance de m'envoyer un livre, dont j'ignorais l'existence et où il est question de... J.M. Barrie ! Je vais m'empresser de le lire.

    Ce qui me plaît aussi, c'est cette concomitance temporelle que ce livre symbolise. Depuis quelques mois, je suis en train de me réconcilier avec Marcel Proust. Je lui dois cet effort. Dans ma prime jeunesse, j'ai lu environ les trois quarts de la Recherche et je confesse sans honte que je n'ai jamais pu rejoindre la dernière ligne. Proust m'avait asphyxiée, vidée de toute émotion, du plaisir même de lire. Sa puissance littéraire avait eu raison de ma faiblesse, comme si Proust était impossible à lire pour certaines natures. Il y a un phénomène physiologique à l'oeuvre dans la lecture de Proust. J'en suis désormais persuadée. Je me souviens de cette jeune femme entrevue à la Sorbonne, il y a maintenant longtemps, qui se promena pendant des mois un volume de Proust à la main, ondulant un peu plus alors qu'elle progressait dans ce sanctuaire de mots qui me glaçaient, essayant vainement de me faire partager son extase. J'étais un peu jalouse de ce plaisir qui m'était défendu. Aujourd'hui, j'entrevois, mais à peine, son bonheur d'alors. Depuis, je suis peut-être plus vaillante car je lis Proust, gorgée par gorgée, et ma jouissance monte peu à peu. Je me rends compte que je n'aimais pas Proust car il révèle mon impuissance et demande une attention dont j'étais probablement incapable il y a encore très peu de temps. Je songe à une explication plus élaborée.
    "Probablement ce qui fait défaut, la première fois, ce n’est pas la compréhension, mais la mémoire. Car la nôtre, relativement à la complexité des impressions auxquelles elle a à faire face pendant que nous écoutons, est infime, aussi brève que la mémoire d’un homme qui en dormant pense mille choses qu’il oublie aussitôt, ou d’un homme tombé à moitié en enfance qui ne se rappelle pas la minute d’après ce qu’on vient de lui dire. Ces impressions multiples, la mémoire n’est pas capable de nous en fournir immédiatement le souvenir. Mais celui-ci se forme en elle peu à peu et, à l’égard des oeuvres qu’on a entendues deux ou trois fois, on est comme le collégien qui a relu à plusieurs reprises avant de s’endormir une leçon qu’il croyait ne pas savoir et qui la récite par coeur le lendemain matin. " Proust, A l’ombre des jeunes filles en fleurs Je ne l'aime pas encore tout à fait, mais quelque chose se met à bouger dans mon esprit et je me plais en sa compagnie.
    Je ne saurais trop vous conseiller les leçons d'Antoine Compagnon au Collège de France. Mais aussi et surtout les travaux du regretté Malcolm Bowie.
    Et la lecture de Proust, bien entendu. Sur votre écran ou bien, plus posément.
    L'autre lettre m'a été écrite par mon professeur de chinois, une femme pour qui j'éprouve amitié et admiration. N'ayant pas de cours pendant une semaine pour cause de vacances, j'ai eu dans l'idée de faire une petite version pour m'entraîner et avancer dans le manuel, de mon côté. Je lui ai envoyé par courrier électronique mon travail. Elle a pris la peine de me corriger et de m'envoyer une lettre calligraphiée. Je suppose qu'il va me falloir un bon moment pour en comprendre le sens, puisque j'ignore une partie des sinogrammes, mais je me sens irradiée par tant de bienveillance, par ce que je considère être des encouragements sincères. Et puis, et puis, je suis encore assez enfantine pour aller à la recherche des bons points, que je ramasse comme on irait à la cueillette des champignons, je m'endimanche en ayant de bonnes notes, oubliant parfois qu'il n'y a aucune espèce d'estime à attendre de la part des autres, que c'est faiblesse et bêtise, danger immense et mal défini, que ce qui importe c'est une juste opinion de soi, ni au-delà ni en deçà. Mais seul un ancien cancre demeure cancre toute sa vie, ayant besoin mille fois de prouver qu'il ne l'est plus, que l'on s'est même trompé sur lui, voulant réparer de lui-même l'injustice que d'autres lui ont faite et qui ne peut cependant être effacée. Je n'ai jamais oublié ces années d'école primaire où je m'ennuyais et où je n'aimais que l'école buissonnière, qui me permettait de lire en cachette. Je n'ai pas oublié ce mépris des gens comme il faut pour la petite sauvageonne débraillée. En y repensant, je me dis qu'un jour ils verront. Et l'instant d'après, j'éclate de rire, me moquant un peu de moi-même. Rien n'a d'importance, dans le fond. Surtout pas eux. Plus maintenant.
    Je n'ai eu aucun bon maître dans mon enfance, hormis Aline.


    ************ Catégorie :
    mercredi 27 décembre 2006
    "Il faut se dégoûter soigneusement des autres avant d'être bien fixé soi-même sur ce qu'on peut faire." "L'essentiel c'est pas de savoir si on a tort ou raison. Ce qu'il faut c'est décourager le monde qu'il s'occupe de vous... Le reste c'est du vice." (Céline, Lettres à des amies)

    ***
    A la grâce de Dieu, disait-elle, en joignant les mains pour que la grâce divine lui tombe dans les mains comme un soleil ou un bonheur liquides. Elle s'asperge de foi. Moi, je préfère Chanel number five et un tour de manège sur la fifth avenue. A Dieu vat ! Ce billet est le plus échevelé que j'aie jamais écrit ici. Un vrai chemin de croix. Pas sûr qu'une parenthèse ne vous perde pas en route... Le fil d'Ariane, c'est Nietzsche qui le tient, ou peut-être la liberté que procure l'écriture automatique, errante, sans rature ni retour en arrière. Ce n'est pas moi qui tiens le clavier, mais le petit démon de l'après-Noël, la femme-saule-pleureur que je suis quelquefois, à l'heure des morts, entre six et sept heures du soir, quand les choses et le ciel tournent mal. Le propos ne tient que par associations d'idées multiples. Dieu y retrouvera les siens et, puisque je n'ai aucun va-tout à jouer, je vous le livre tel quel. Personne ne vous oblige à lire. Noël est arrivé en avance, le 23 décembre, sur le dos d'un macchabée. Il avait de la gueule mais ne pipait mot sans pour autant tendre main vers l'offrande de ce truc que l'on appelle coeur dans les dictionnaires. J'ai compris, à six heures du matin, par un coup de fil, que c'était râpé. Mais j'ai fait l'étonnée, la prude et la chochotte. Pourtant, chaque année, c'est pareil : Noël est orchestré par l'esprit de Dickens. Je devrais y être habituée. Il faut dire que je n'ouvre la boutique (mon coeur) qu'une journée par an et que les chalands se pressent à l'occasion, comme s'ils inauguraient quelque chose d'aussi sacré que la grotte de Lourdes ou bien le cul de la Vierge Marie. Ce jour-là, je suis bonne, ce qui m'autorise à être une ordure les autres jours de l'année. En toute connaissance de cause, et ce, sans cynisme aucun. Si vous croyez que vous valez mieux que moi, vous vous égarez. Rares sont ceux dont la bonté n'a rien à voir avec une pitoyable affaire de morale. Je ne connais qu'une seule personne au monde de cette sorte.[Digression assumée, puisque ce billet est un labyrinthe à diverses entrées: lorsque j'évoque la morale, je songe à Kant et je me permets de vous recommander cet excellent ouvrage de présentation des trois critiques du philosophe de Könisberg par son traducteur, Luc Ferry, dont on a oublié, pour raisons politiques, qu'il est un homme intelligent et un excellent pédagogue.


    N'hésitez pas, car le style de Ferry est d'une clarté extraordinaire et ce n'est pas une vulgaire vulgarisation mais une oeuvre d'honnête homme.]
    Je crois tout simplement que c'est une grâce, une inspiration du coeur, comme il en existe de temps en temps, dans un autre domaine mais dans une contrée proche, pour l'écrivain. L'année dernière, j'ai passé la matinée du 24 décembre à l'hôpital, la salle d'attente d'Atropos, afin d'obliger un alcoolique à remettre son foie entre des mains compétentes sous peine qu'il ne claque avant la fin de l'année. L'année d'avant, j'avais préparé et partagé un petit-déjeuner de Noël avec un clochard de mes connaissances - je ne fraie pas non plus avec le premier venu, on ne sait jamais. Je n'avais pas encore refait la salle à manger, donc je ne craignais pas qu'il salît les murs en s'appuyant dessus pour avancer, mal équilibré sur ses guiboles couvertes d'ulcères. Depuis, il nous a quittés. Oui, la formule est pudique. Qu'importe, il savait bien qu' "Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l'indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue." Ce fut son dernier mot, apocryphe. J'entends parfois son pas, là où il se posait, et je m'aperçois qu'il me manque. Je ne m'épanche pas au point de croire que j'aie pu l'aimer. Non, simplement je me sentais propre, privilégiée, à l'abri, face à son effritement. Mon bien-être tenait la main de sa misère, en toute amitié, avec condescendance aussi. Les jolies filles ont toujours une copine très moche afin de réfléchir leur éclat. La vie est une garce qui aime s'afficher avec la mort. Le bonheur et le désespoir sont comme cul et chemise. Non que je sois une jolie fille, mais les clochards présentent un indéniable attrait pour ma pomme. Depuis toujours. Depuis l'enfance, quand on m'interdisait de leur parler, parce que cela faisait aussi honte que la douleur. Aussi mal fringuées qu'eux, la grand-mère avait peut-être peur qu'on nous prenne pour de la famille... Et puis la pauvreté est contagieuse. On se retire.

    [ "L'Oreiller-bouteille", photo de Holly G., à Paris, il y a quelques années. Je regrette de ne pas savoir prendre des photographies, de rien connaître de cette technique, car je ferais des photographies très intéressantes si j'étais douée. J'aime regarder la vie de la ville ; je tombe toujours juste. Le fourmillement d'hommes et d'âmes qui l'agite s'imprime en moi. Cet homme qui dort à poings fermés sur ce banc, les mains recouvrant son sexe, à l'abri du froid, a quelque chose d'innocent dans la posture. Je l'admire et le crains en même temps.]
    Peut-être parce que je pressens que je pourrais finir ainsi, peut-être parce que je sais que je finirai ainsi. De Léautaud à Céline, de Marcel à Germaine ou Titi, je n'établis pas de hiérarchie dans le monde des pouilleux. Il y a la cloche de naissance quasiment et le parvenu. Céline fait partie de cette deuxième engeance. Mais une cloche avec ses aises, bourge encore un peu dans les apparences, mais à la moelle viciée. Céline à Meudon, les derniers jours de la vie du plus grand écrivain du XXe siècle. De très beaux clichés


    du docteur Destouches et de son bestiaire, femme comprise, Lucette A. Célinienne convaincue, doublement, j'ai découvert des photos que je n'avais jamais contemplées. Clochard céleste, Céline vaut mieux que Diogène, même s'il est réduit par les cons à n'être que Cassandre et souvent bien pire. On ne prête qu'aux riches et toute la clique d'intellectuels de gauche est l'usure des grands esprits. Céline est l'un des grands brûlés de l'Histoire et de la chiennerie humaine. Il y a tout de même une sacrée ironie d'être accusé de collaboration quand on est, dès le départ, un pacifiste pur jus. Il faut avoir connu les horreurs de la guerre pour la haïr autant que lui. Il faut être diablement lucide pour être si mal compris de ses semblables. Enfin semblables, non. Tous ceux qui l'ont condamné sont des morveux, ce sont des mouches à merde. Je ne dis pas ça pour choquer, je le pense réellement, et si mes manières vous déplaisent, je le regrette.
    Je suppose que mon oreille est comme un lavabo bouché. Je n'entends plus depuis longtemps les vociférations de la charogne. Je n'écoute plus rien depuis longtemps. Hormis le téléphone. Mais je ne réponds pas. Ne m'appelez pas : je hais le téléphone. Personne ne me croit et il sonne toujours et je me sens obligée, de temps en temps, de répondre, car ceux qui appellent peuvent m'être aimables. Mais si vous m'aimez réellement ne m'appelez pas. J'ai failli vous offrir le conte de Noël que certain événement m'a inspiré, une histoire que j'ai écrite, puis que j'ai détruite ensuite. Je ne pouvais pas abolir toute décence, même si le strip-tease psychique est une de mes insupportables tentations. Ce n'est pas le lieu. De plus, cette histoire ne m'appartenait pas, même dénaturée par le travail de fiction. Elle était celle d'étrangers que je ne connais par ouï-dire, mais on aime toujours davantage ceux que l'on ne connaît pas en première personne. C'est comme les morts qui, rarement, déçoivent. Du moins, les morts que l'on a élus. Ce constat s'applique aux inconnus pour qui on déploie sans peine des trésors de compréhension et d'affection. Il faut dire que le butin est plus difficile à dilapider quand il s'agit de gens imposés, de la famille. Finalement, c'est peut-être elle le centre à partir duquel s'inscrit ce billet désordonné. La famille connaît tous nos travers. Normal, logique, puisque c'est elle qui nous a tordus. Elle nous encadre dans certaines attentes, nous épingle dans la conviction qu'elle nous connaît et, de ce fait, nous empêche de changer de peau, même pour vingt-quatre heures, tandis que l'étranger nous autorise à être qui on veut, le temps que l'on veut, ne serait-ce que pour quelques instants pendant lesquels on passe en fraude des sentiments et des actes que l'on renierait devant nos proches car on n'oserait pas, de peur peut-être que l'on nous prenne au mot et que l'on se sente obligés d'être plus gentil que nécessaire chaque jour. [Clin d'oeil barrien] Un triste conte de circonstance a devancé l'inévitable : mes tristes pensées ; car Noël, malgré la joie délirante qu'il suscite en moi, ne manque jamais de me rappeler mes amères années et la misère du monde, quotidienne, des autres, qui n'est que plus flagrante, par un évident contraste, ces jours-ci. Je ne suis pas hypocrite au point de pas songer que cette pensée altruiste n'est qu'une manière de me sentir gentille, aimante, compassionnelle, et une tentative esquissée envers une possible déculpabilisation. Voilà j'ai atteint mon degré ultime de faux-cul. Mais je sais très bien que tout se paie. Le bonheur au centuple. Plus dure sera la chute. Chacun son tour. Au suivant ! Pas besoin de s'appeler Brel pour cette évidence. Par conséquent, je paierai la facture, un jour ou l'autre. Cette certitude ne m'empêche pas de vivre. Au contraire, je crois que cette logique du pire m'oblige à vivre intensément les plus infimes joies comme les plus inespérés bonheurs. Je ne fais rien de plus que la plupart de mes contemporains pour les malheureux et les délaissés. Je pense souvent à cette citation de Céline, qui pourrait me servir d'épitaphe, si je ne désirais pas être incinérée : "Si on se laissait aller à aimer les gens gentils la vie deviendrait atroce. Je ne sais pas pourquoi mais ce serait ainsi. Il faut se raidir pour vivre." (Lettres à des amies) C'est pour cette raison que je suis fière de n'avoir pas plus de coeur qu'une huître ou une puce. L'huître se retrace devant l'aigu du couteau qui vient la tenailler. Mon coeur est pareil. Ce n'est qu'un muscle qui réagit devant certains stimuli. La puce, elle, est bien trop petite pour avoir de la place pour un coeur. J'ai beau être une grosse vache. On ne me trait qu'une fois par an. Je ne me ferai pas avoir plus que de raison. Aimer, c'est toujours risquer sa peau. Pour ça, je préfère encore les barbelés de l'écriture. Oh, oui. J'aime quelques personnes (dont quelques lecteurs de ce JIACO, qui le savent, je le pense), ça, c'est le piège et il est trop tard pour y remédier, mais je n'aime personne en général. Aimer au particulier est déjà si pénible ; c'est un joint par où l'on peut vous atteindre et vous désolidariser de vous-même. Quelle horreur ! Un homme quelque part est mort et sa femme, à peine plus âgée que lui (20 ans de différence ne comptent plus du tout quand on arrive au bout du rouleau, quand les années se comptent avec trois chiffres), a passé la veille de Noël et le jour de la Nativité en compagnie d'un cadavre sur une table réfrigérée dans son petit appartement, perché quelque part. Elle est sans doute plus raisonnable que moi parce qu'elle n'a pas pleuré. A quoi ça servirait de se bouffer le visage et de raviver le cours d'eau à sec de ses vieilles rides ? La mort n'est qu'une formalité. Déplaisante, certes, mais ce n'est pas l'essentiel. Que serait cet essentiel sinon d'aimer les êtres quand on le peut, de se damner pour eux s'il le faut. Je n'aime réellement qu'une personne et je me sais au moins aimée une fois, sans conditions. Qui peut en dire autant, hein ? C'était Noël, après les préliminaires tristes. Soyons gais ! Crevons d'abondance ! Voyez comme je peux, en un tour de main, redevenir celle que je n'ai jamais cessé d'être : Holly la bienheureuse ! Holly que Siréneau, l'un des tous premiers lecteurs de ce JIACO, devenu ami, a dévoilée à elle-même. Holly a été gâtée. Beaucoup trop, bien entendu. Je ne pourrai pas faire une liste exhaustive sans un effort de mémoire. Il me faudra plusieurs mois pour tout découvrir. Je n'ai pas été aussi gentille que cela pour prétendre à tant d'hommages matériels. Mais, comme me l'a dit un jour Monsieur Anon, admiratif devant la gamme étendue et variée de mes sacs à main (la seule frivolité vestimentaire à laquelle je sacrifie volontiers et plus que de raison ! Le sac à main est à la femme du XXIe siècle ce que le manchon était à la femme selon James Matthew Barrie. Bénabar l'a très bien compris :
    "J'le tiens, j'ai réussi, je procède à l'autopsie De cet animal fidèle qui la suit comme un petit chien Coffre-fort, confident, partial et unique témoin Qu'elle loge au creux de ses reins Mais qu'elle appelle, comme si de rien, son "sac à main" )
    que "M. Holly" (alias Père Noël, le mois de décembre) ne cesse d'agrandir au fil des saisons,

    [Photographie extraite du site Longchamp, Sac Vintage cuir, couleur rouge]
    à quoi bon un cadeau si on le mérite ?
    My Mister Anon vient d'ouvrir, sans le désirer, une brèche philosophique. Vous le savez sûrement mais le mot cadeau a une étymologie intéressante. Littré nous informe ainsi :
    Catellus, petite chaîne, de catena, chaîne (voy. CHAÎNE), à cause de la forme enchaînée des traits de plume. Ménage nous apprend que faire des cadeaux s'est dit pour faire des choses spécieuses, mais inutiles, comparées métaphoriquement à ces traits de main des maîtres d'écriture. De là on passe sans peine à cadeau dans le sens de divertissement, fête et, finalement, présent.
    (Je souligne en rouge, de la couleur de mon nouvel animal domestique, mon sac à main...)
    Le cadeau utile est donc, par définition, un anti-cadeau, car il court-circuite l'idée gratuite qui préside à sa naissance. Mais reste à savoir ce qui est futile et utile, car une seule lettre sépare ces deux exigences contradictoires ! Tout dépend de la complexion du destinataire. Le cadeau, reçu ou donné, est très révélateur de notre rapport à nous-mêmes et aux autres. La difficulté à recevoir et / ou à donner en dit long sur nos sentiments les plus cachés et sur notre désir ou refus de nous mettre à nu devant les autres, de même la pléthore ou la générosité de l'échange. Parfois, le cadeau est empoisonné, une prison car il engage à la gratitude, il peut être à sens unique plus rarement, mais quelquefois il est un don des dieux, quand il n'est pas relais de certaines rancoeurs. Une photo du pied du sapin, la nuit de Noël, est une radiographie de la famille. Tout est contenu est germe. Le cadeau est aussi, pourquoi pas, l'avatar des sacrifices que l'on faisait aux dieux... Il pose la question du don véritable, à laquelle seul l'amour véritable peut répondre.
    Pendant cette fausse trêve scripturale que j'avais décidée, en écoutant la voix envoûtante et kitsch pour beaucoup, russe (dès que je serai un peu à l'aise en chinois, je débuterai l'apprentissage du russe ; apprendre une langue est à chaque fois naître ailleurs et éveiller un autre pan de son âme) et allemande, d'Ivan Rebroff qui va si bien avec mon humeur du jour et les Kindertotenlieder (Chants pour les enfants morts) de Gustav Mahler, je me délecte en lisant ou relisant quelques ouvrages. Certains, je les possède depuis quelques temps, d'autres me furent offerts pour Noël, mais tous ont en commun le pouvoir de m'émerveiller. Démons et merveilles est l'un des plus beaux livres qui soient sur le sujet.

    A la fois histoire du monde féerique et panorama luxueux de l'iconographie relative, ce livre est un trésor inestimable. Certaines reproductions s'étendent sur une double page pour le plaisir des yeux les plus blasés. La part belle est faite aux peintres victoriens, parmi lesquels mon chéri, John Anster Fitzgerald. Le monde des fées est lié à une certaine idée d'harmonie entre l'homme et la nature, le petit peuple étant le messager de valeurs qui échappent à l'homme au fur et à mesure qu'il se polit au contact de la société. Attention, il existe deux éditions et il serait dommage d'acheter l'édition de poche car on profite moins des reproductions. Dans un genre comparable est sorti en traduction française ce petit livre d'images. La couverture emprunte à Grimshaw l'une de ses toiles les plus célèbres. Le livre est un parfait petit guide pour qui ignore tout du monde merveilleux par la peinture.

    Si les dragons vous fascinent, peut-être serez-vous heureux de posséder ce grimoire, qui vous éduquera et vous apprendra l'art et la manière de dresser cet animal mythologique, cher aux chinois.
    Je ne quitte pas un instant le monde des fées, en évoquant ce très beau livre consacré à la divine Audrey Hepburn. Je suis émue d'ouvrir les enveloppes transparentes qui le composent en partie et de sortir le fac-similé de divers documents qui jalonnent son existence, telle cette lettre d'excuse de Cary Grant... ou un faire-part ou encore une page de scénario annotée de sa main.

    Les éditions du Seuil avaient sorti un ouvrage comparable dans la conception et l'esprit qui s'adressait aux fans de Sinatra, de ces Old Blue Eyes, grâce auxquels je ne connais aucun Foggy day.
    Je suis très fière de le posséder dans ma bibliothèque, de même que cet inattendu cadeau :
    Cinq disques d'enregistrements publics de l'immortelle voix du plus célèbre crooner au monde.
    Sinatra était aussi un acteur, célébré par Capra ou Minnelli. Comme un torrent vient d'être édité en zone 2:
    Je n'en parlerai pas encore puisque je n'ai pas encore eu le plaisir de le visionner. Il est tombé très récemment dans mon giron. J'aime davantage Sinatra chanteur, mais je ne nie pas son talent d'acteur, et Minnelli est génial.
    L'avide inculte que je suis se promet quelques heures de plaisir en dévorant cet ouvrage qui me parle d'un autre cinéma cher à mon coeur.

    Noël engage les marchands de culture à déverser des tonnes de coffrets pendant les fêtes et parfois c'est une aubaine. Après le premier et indispensable coffret James Ivory, qui réunissait trois films magistraux inspirés de E. M. Forster (le superbe Maurice, mon préféré, Chambre avec vue ainsi que Retour à Howard End,


    Noël a amené celui-ci, qui évoque le versant indien de l'oeuvre du grand cinéaste :



    Je ne suis pas encore, loin de là, une spécialiste du Bollywood, mais j'aime beaucoup les couleurs, l'agitation, les sagas indiennes. Je ne connais aucun de ces quatre films mais je suis persuadée de les adorer. Je reviendrai en parler si 2007 ne me fait pas un croc-en-jambe, si les roses ne fanent pas dans l'intervalle. Cela me rappelle certain livre foisonnant de John Irving
    et parfois la déraison romanesque, le goutte-à-goutte sentimental de certains soaps. Je suis une sentimentale au sens de Barrie, c'est pourquoi je vous fais l'aveu suivant, qui n'intéresse qu'une seule personne.
    Un de mes plus beaux cadeaux est une lettre qui m'a été écrite la nuit de Noël par une jeune personne très spéciale qui se reconnaîtra. Il est des lettres auxquelles on n'ose pas répondre de peur de les abîmer et de détruire la fragile magie par laquelle elles tiennent. Néanmoins, je dépasserai cette crainte légitime, un peu plus tard. Il m'est doux de penser que la véritable famille est celle en laquelle on se reconnaît d'âme. Je ne réapparaîtrai que dans les premiers jours de 2007. J'escompte écrire un chapitre ou deux, pour moi-même, dans le secret de mon antre.
    Je vous souhaite une "Bonne année mon cul !", comme je le fais à mes très proches, donc ne soyez pas offusqués, c'est très affectueux.
    *********************** Catégories :

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